Henka waza #2 - Suwari waza ryote dori

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Ce mouvement s’appelait autrefois « Kuruma-daoshi » (« faire tomber la roue ») et la version que vous montrez est une version très… excusez-moi mais : très approximative. En gros si un enfant la faisait sur vous de cette façon, vous qui êtes grand et costaud, il y a peu de chance qu’il puisse parvenir honnêtement à vous déséquilibrer, surtout sur une saisie à genoux et à deux mains.

Donc, si je peux me permettre, sans aucune mauvaise intention et juste par soucis du détail :

  •  La main qui vient à l’épaule (« au col », dites-vous, ce qui est une version tout à fait « judoesque ») ne vient pas directement à l’épaule mais passe par un double Atémi poing - pied (abdomen (poing, si c’est possible bien sûr), parties génitales (pied : là pas de problème évidemment)), poing qui vient dans la suite « racler » le corps de Uke vers le haut jusque sous son menton (il vient se caler dans le creux du menton en fait, articulation du majeur en avant, mais vous devez connaître cela bien sûr) qu’il éloigne en arrière (troisième « Atémi » si l’on veut : Atémi sans coup cette fois donc mais Atémi pénétrant et surtout incapacitant de poussée en ce sens) qui permet un déséquilibre important par l’éloignement de Uke, la mise hors de service de la main devenue libre d’Uke (ou qui peut facilement le devenir et donc est très dangereuse) et le recul de la tête de Uke (qui ne doit pas être du tout brutale mais contrôlée). Ce poing s’ouvre alors en tournat sur lui-mêm et sans rompre le contact avec le corps de Uke vient glisser en se posant directement sur l’épaule de Uke, en enrobant, en englobant la masse de l’épaule de tous les doigts (comme on prendrait une grosse balle, ou un petit ballon), pouce pratiquement dans l’aisselle, les autres doigts arrivant jusqu’en arrière du muscle deltoïde si la main est assez grande.
  •  Entre-temps, la main qui saisit ici le poignet de Uke (sur la photo du milieu) ne doit pas le saisir justement de cette façon (cela donne un point d’appui à Uke et empêche tori de sentir sa liberté d’action possible ensuite), ne doit pas l’agripper surtout, mais le pincer (ou « pincer » la main ouverte directement ce qui serait encore mieux, mais là, sur la photo la main n’est pas ouverte, donc…) entre le pouce et les autres doigts tendus (comme si c’était une nageoire de pingouin) et faire vriller légèrement ce poignet en ex-tendant en même temps le bras de Uke vers l’extérieur en lui soulevant l’épaule par réaction inverse (difficile à expliquer cela : double action de vrille à la fois dans un sens et dans son sens contraire… un peu et très grossièrement ici comme un sankyo à l’envers… à vous de trouver sur place en expérimentant la chose, il n’y a absolument aucune douleur de toute façon chez Uke à ce niveau, je ne peux mieux expliciter ici).
  •  Pareillement le pied qui avait donné l’Atémi dans les parties et qui était donc entre les genoux de Uke se retire et vient se placer, se poser cette fois (2° temps) sur le côté du genou de Uke et légèrement en arrière de celui-ci (ici le genou droit de Uke sur les photos)
  •  Le partenaire est alors tendu à la fois vers le haut et vers l’extérieur comme un arc et dans l’impossibilité physique de contre attaquer
  •  Et un mouvement conjoint de la main au poignet (elle accentue la rotation et l’extension du poignet en tirant légèrement dans la direction du bras de Uke) et de celle sur l’épaule (Elle enrobe littéralement l’épaule de Uke en tournant le « ballon » et en pointant directement le sol devant Tori) permet de faire chuter le partenaire tout droit et très facilement (il n’a plus de points d’appuis et l’on se tient en dehors de son périmètre de gravité), sans presque aucune force, sur son épaule et au milieu de la sphère de travail de Tori (puisqu’il s’est déplacé pour la circonstance. Donc enchaînement de suite en = > immobilisation).
    Bon, c’est un peu laborieux comme explication mais essayez tranquillement à deux et vous comprendrez que ça marche mille fois mieux (c’est le sens de travail originel de ce mouvement)…

    Bien à vous,

    MusashiKun

    PS : Attention ici dans l’immobilisation que vous faite, vous êtes KO quasiment à coup sûr par coup de pied de Uke : débrouillez-vous pour faire pivoter ses hanches vers le tapis pour éviter cela, ou du moins le faire "ponter" (un genou sous son bras), ce serait quand même mieux... mais bon, c’est vrai qu’on fait de l’aïkido qui est amour et tout le tralala... Ha ! Ha ! Ha !

  • Mushashi kun

    A priori vous ne lisez pas et vous ne vous rendez pas compte de votre comportement, je vous ai explique que vous n’apprehendiez l’aikido qu’au travers d’une vision techniciste.

    Et ainsi encore une fois vous parler de technique, de points techniques... Mais mushashi kun tout cela est tellement loin de l’aikido.

    De plus par honnetete intellectuelle vous auriez pu dire que kuruma daoshi est une technique issu du Daito ryu Aikijujutsu tiré du premier catalogue ikkajo des hiden mokuroku.

    Vous parlez de Daito ryu alors qu’ici, au travers de ses articles techniques, Philippe Voarino propose des aides pour la compréhension de l’AIKIDO.

    Alors plutot que de voir en une technique ce que c’etait, ce que ça pourrait être, essayé de voir ce qu’elle est et pourquoi elle est ainsi.

    Vous nommez les techniques O’Sensei ne l’a jamais fait, se sont les élèves qui ont commencé à donner des noms afin d’avoir un moyen de différencié les techniques pour les retenir, c’est encore une preuve qu’O’Sensei n’apportait que peu d’importance à la forme, l’important étant le principe, la forme n’étant que secondaire, si elle a un intérêt c’est en bout de course si je puis dire.

    Au delà de cette première chose, si vous aviez pris un plus de temps pour étudier l’aikido et pas ce que vous voudriez que soit l’aikido (Daito ryu aikijujutsu, Kito ryu, Takenouchi ryu,...). Alors vous auriez vu que Morihei Ueshiba a séparé cette technique et quelques autres du restes du curriculum. Dans Budo il a crée une partie spéciale , une partie intitulée "développer la puissance du ki".

    Et dans cette objectif suwari waza kokyu ho atteint son objectif et porte bien son nom (ho en japonais signifiant méthode).

    Tant que vous regarderez par le judas du technicisme Musashi kun alors vous ne pourrez voir qu’une infime partie d’un tout bien plus important, ouvrez la porte...

    Matthieu

    Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


    L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

    Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


    La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

    Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


    Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

    Aikido art martial ou art de paix ?


    La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

    http://www.aikidotakemusu.org/fr/articles/henka-waza-2-suwari-waza-ryote-dori
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