San ju ichi no jo : 4+5+6 Shomen vs Yokomen

Au temps 5 de san ju ichi no jo, les deux adversaires font yokomen. Ils sont dans une parfaite égalité au moment de l’impact, et c’est pourquoi l’un comme l’autre pourraient attaquer dans le temps 6. Il est indiqué que c’est uchi jo qui doit le faire, c’est là une pure convention de la méthode de travail qui a mis en place le kata 31. Il faut respecter cela bien sûr.

Imaginons par hypothèse – for argument sake, comme on dit au pays du Brexit – qu’uchi jo puisse contrôler avec shomen au moment de son recul dans le temps 5, alors nécessairement c’est uke jo qui devrait attaquer dans le temps 6. Mais cette inversion modifierait évidemment le kata.

Si uchi jo ne peut pas, dans cette situation, répondre avec shomen, c’est parce que son arme, tout comme celle d’uke jo, ne part pas verticalement de shomen (shomen signifie le sommet du crâne), mais effectue au contraire une rotation au-dessus de la tête autour du shomen (autour du sommet du crâne), de la gauche vers la droite. La frappe yokomen est une spirale en rotation autour du shomen, ce qui a pour conséquence obligatoire de faire passer l’arme sur le côté (yoko) de l’axe central du corps d’uchi. Attention, je dis bien du corps d’uchi, pas du corps de l’adversaire qui est ainsi frappé : ce qui définit le shomen comme le yokomen n’est pas le point d’arrivée, c’est le point de départ du mouvement. Un shomen est un shomen parce qu’il part de sho, un yokomen est un yokomen parce qu’il part de yoko. Le shomen arrivant aussi sur le sho de l’adversaire, et le yokomen arrivant aussi sur le yoko de l’adversaire, on a pris l’habitude de penser que c’est par rapport au point d’impact que se définissent shomen et yokomen, ce qui n’est pas juste.

Il n’existe en réalité de frappe shomen que celle qui part du shomen, c’est-à-dire la frappe des quatre premiers suburi du ken, et des men uchi du jo. Le shomen le plus pur étant celui du premier suburi de ken, c’est en effet le seul qui permette à la lame de demeurer parfaitement verticale au moment de la coupe. Il faut bien remarquer que le shomen de tous les autres suburi arrive à l’impact avec un léger angle. Cette angulation est une conséquence obligatoire, biomécanique, du changement de hanches. Attention cependant, ce léger angle à l’arrivée ne suffit pas à transformer le shomen en un yokomen, il s’agit toujours là d’un shomen, parce que le coup part du shomen d’uchi. L’angle du yokomen est légèrement plus accentué. Le "shokomen", quant à lui, n’existe pas…

Ce qui ne correspond à aucune réalité en revanche, du point de vue de l’Aikido, c’est de partir du shomen, de baisser la garde shomen sur le côté de la tête, et de transformer ainsi sans raison la frappe shomen en une frappe yokomen. C’est une erreur dangereuse dans la mesure où elle découvre inutilement la tête d’uchi.

Philippe Voarino, mars 2019.

Reprise: 

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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