Shisei #1 - La jambe arrière

Regardez avec attention les photos ci-dessous. Elles correspondent toutes à un moment de la technique où O Sensei exécute une poussée. Constatez que sa jambe arrière est toujours dans une extension impeccable.

On parle souvent du shisei comme d’une notion globale : « Soignez votre shisei ! Attention à votre shisei !... ». Ces exhortations ne servent à rien, elles sont trop générales.

Le shisei n’est pas une notion mystérieuse, un effet de la grâce. Un bon shisei se construit progressivement en respectant scrupuleusement des notions élémentaires.

Parmi ces notions élémentaires, la jambe arrière en extension au moment de l’action est fondamentale.

Ce n’est pas un problème d’esthétique, c’est une nécessité, car la jambe arrière a une fonction essentielle : elle transmet l’énergie, elle pousse, en Aikido comme ailleurs.


O Sensei

Cherchez l’erreur… Quand la jambe arrière plie, le buste a tendance à partir vers l’avant, il est impossible alors que le shisei soit correct. Inévitablement la puissance transmise par la poussée est alors plus faible qu’avec la jambe en extension.

Commentaires

Je me méfie des vérités absolues. Certains pratiquants d’arts martiaux chinois feraient voler pas mal de pratiquants d’aikido malgré des postures extrèmement basses ;) Des arts martiaux qui recherchent une génération de puissance pour la frappe ou la poussée, tandis que l’aikido nécessite un corps unis, solide, mais proscrit l’utilisation de la force. Non ?

Bonjour Phillipe,

Ce principe est il valable dans le cas de figure de l’aïkiken ? Certains maîtres ont cette jambe fléchie à la fin de leurs frappes, pour une mobilité plus grande. D’autres ont cette même jambe arrière en extension à la fin de leurs frappes...

Que préconisez vous à vos élèves ? Et que faisait Saito ?

Amicalement.

Bonsoir LdB.

Vous avez raison, rien n’est sûr. Et peut-être bien au fond que c’est le soleil qui tourne autour de la terre. Pour ce qui me concerne voyez-vous j’ai décidé d’apprendre l’Aikido. Le fondateur de l’Aikido travaillait avec la jambe arrière en extension quand il avait besoin d’être « solide » comme vous dites. Alors, plutôt que de prendre comme référence les arts martiaux chinois ou les danseurs de claquettes, je préfère le prendre lui comme référence. Et si je voulais apprendre les claquettes je visionnerais plutôt les films de Fred Astaire que ceux de Morihei Ueshiba.

Philippe Voarino

Bonsoir Aurélien.

Maître Saito avait la jambe arrière en extension au moment de la coupe, de la frappe, de la projection et du contrôle et enseignait cela, que ce soit à mains nues, avec un ken ou avec un jo. Comprenez bien ceci : si l’Aikido s’ordonne autour de certains principes, ces principes ne peuvent pas changer chaque fois que la forme extérieure est modifiée par la saisie d’un ken, d’un jo ou le cas échéant d’une batte de base ball. Un principe c’est précisément quelque chose qui demeure inchangé au coeur de l’impermanence des choses. Un principe qui varierait selon les circonstances ne serait pas un principe justement. C’est l’aspect technique qui varie, pas le principe.

Mobilité, disponibilité plus grandes avec la jambe arrière fléchie (légèrement) ? Je réponds oui sans équivoque, et j’ai moi-même la jambe arrière fléchie … entre les moments où elle doit être tendue. Pour respirer, faut-il inspirer ou expirer Aurélien ? Qu’est-ce qui est préférable ? Les deux sont indispensables évidemment. Simplement il y a un temps pour l’inspire et un temps pour l’expire. Il en va de même pour la jambe arrière qui doit être tendue et fléchie alternativement selon qu’on a besoin d’être stable ou mobile.

Philippe Voarino

"Ce n’est pas un problème d’esthétique, c’est une nécessité, car la jambe arrière a une fonction essentielle : elle transmet l’énergie, elle pousse, en Aikido comme ailleurs." Dites vous avec une belle photo issue d’un stade de foot.
Que la jambe arrière tendue soit une condition de l’aikido de Me Ueshiba je vous croie. Qu’elle soit une nécessité absolue dans une discipline martiale je témoigne que non.

Bonjour,

peut-on ajouter avec le talon légérement décollé du sol pour plus de mobilité ultérieure (difficile d’arracher un talon bien fiché dans le sol).

pour ceux qui en doutent le test le plus simple est d’essayer de pousser un mur de toutes ses forces ou un arbre ou quelque chose de plus mobile comme une lourde voiture : la jambe arrière est en tension.

Bonjour LdB.

Nous sommes bien d’accord, la jambe arrière tendue est une condition de l’Aikido de Maître Ueshiba. Je ne prétends pas que cette nécessité existe dans toutes les disciplines martiales. Je n’ai aucune compétence particulière dans ces disciplines et je me garderai bien d’affirmer quoi que ce soit en ce sens. Mais reconnaissez – si l’on s’intéresse à l’Aikido – qu’il est tout de même essentiel de savoir ce que faisait le Fondateur dans ce domaine. Et ce d’autant plus que beaucoup de pratiquants d’Aikido ne respectent pas aujourd’hui cet enseignement d’O Sensei. La photo de Zidane était un clin d’œil évidemment.

Philippe Voarino

Bonjour débutant.

Disons si vous voulez bien que le talon doit être « léger ».

Philippe Voarino

be02
Bonjour Philippe,
Je voulais juste savoir de quel ouvrage ces photos de O Sensei proviennent ? Elles sont tres explicites en ce qui concerne la posture et la direction de chaque mouvement. merci d avance

Bonsoir Benjamin.

La plupart de ces photos font partie des fameux clichés du Noma Dojo.

Philippe Voarino

Une question pour être sûr : tendu n’est pas verouillé ? Comme pour le cerceau d’acier des bras ?
merci !

Bonsoir Ldb.

La jambe arrière doit être tendue. Je ne suis pas sûr de comprendre ce que veut dire "verrouillée".

Philippe Voarino

En tout cas grand merci de répondre avec tant de patience et de disponibilité.

J’entendais bien "léger" pour décrire ce contact avec le sol.
La pratique du judo m’a appris que l’alternance contact/décollé est un art subtil.

Souvent j’ai la sensation qu’un talon trop ancré (surtout lors de l’expir vers l’avant) tend à figer l’attitude dans une pose un rien théatrale alors que dès cet instant il faudrait déjà se rendre disponible pour autre chose. Un peu comme en musique ou en danse, être dans l’instant mais conscient de tout le reste.

Pour cela un talon trop ancré me paraît (mais peut-être est-ce une question d’avancement dans la pratique) un rien statique. Je ne pense d’ailleurs pas que vous vouliez dire cela , je souscris intégralement à cette notion de jambe tendue, cela parait une simple question de logique...

S’agissant d’autres arts martiaux comme le Wu-Shu et affinitaires, si la jambe arrière n’est pas tendue c’est que, à ma connaissance et expérience, le but n’est pas la projection mais la frappe pour laquelle un appui tendu et ancré n’est pas fondamental.

Le propos n’est pas de taper fort mais sec et juste.

(d’ou certains appuis inversés en boxe ou certaines frappes d’apparence "aérienne" pour lesquelles le contact avec le sol est relatif, il dépend surtout du timing - si Uke est en retard : paf).

Merci pour ces articles techniques. J’y retrouve des choses connues mais aussi la confirmation de principes soupçonnés, parfois déduits d’enseignements "modernes" mais ici décortiqués d’une façon que je trouve honnète et très généreuse.

Bien à vous

euh... Je parlais de l’articulation du genoux : verouillé correspond à l’extension maximale d’un membre, comme on fait parfois quand on est debout, qui n’est pas (pour le coude) comme vous l’avez montré avec le cerceau d’acier ou comme on le voit en escalade la solution la plus "rentable". Souvent "tendu" dans les arts martiaux veux dire "en extension mais avec un léger fléchissement" (i.e. cerceau d’acier) et "verouillé" (qui est généralement proscrit sauf coude sur les fin de tsuki shotokan p. ex) veut dire "extension maximale".

Ok LdB,expliqué comme ça, je dirai que la jambe arrière doit être tendue mais pas verrouillée.

Philippe Voarino

merci beaucoup :D

Bonjour à vous tous
Cocnernant la posture de la jambe droite je voudrai vous faire part de mon expérience de karateka où effectivement la jambe arrière est un membre essentiel à la bonne posture.
Je voudrai premièrement signaler à sensei Voarino que contrairement à un autre article du site la technique de karate n’est pas en 2 temps malgrè les clichés abusifs et volontaires du karateka raide comme un piquet dans une action de déplacement puis atemi. Pour la petite histoire le karate est un kempo, une boxe originiare de Chine où la notion de 2 temps ne peut être présente car l’action doit se faire en un mouvement d’inspiration/expiration.
Ceci peut vous éclairer sur la tenue de la jambe arrière. Le déplacement doit être relaché, jambe semi-fléchie (comment peut-on se déplacer avec agilité et souplesse en ayant la jambe raide) mais au moment de l’extension et de l’impact la jambe se doit être tendue et figée au sol pour un double emploi : elle va participer à la poussée en même temps que la hanche et va permettre la stabilité du corps au moment de l’impact. Puis relachement de cette jambe pour rassurer une mobilité. La boucle est bouclée. Ceci ne dure qu’un laps de temps très court, à l’expulsion de l’énergie.
Si cette explication peut vous aider dans votre recherche je n’en serai que plus heureux.

Bonjour Shotokan.

Ce que vous venez de décrire à propos du travail de décontraction/contraction de la jambe arrière lors des mouvements de karate, j’aurais pu l’écrire à propos des mouvements d’Aikido. Tout cela, je suis bien d’accord avec vous, n’est au fond que bonne logique et devrait sembler évident à chacun. Mon expérience sur les tapis m’a appris cependant que ce qui est évident pour les uns doit passer chez les autres par la réflexion et la compréhension avant d’être accepté. Votre témoignage qui est une pierre de plus est donc parfaitement bienvenu.

Par ailleurs, je vous remercie de votre commentaire sur les propos de Pierre Chassang. Je vois Pierre demain. Il n’est pas adepte de la souris, j’imprimerai donc votre texte et je le lui donnerai. Comme d’habitude il protestera qu’il n’a rien dit de très spécial, mais je sais qu’au fond de lui vos phrases feront mouche. Ce qu’on a acquis ne suffit pas, encore faut-il le transmettre, et c’est la part la plus difficile. Constater de temps à autre qu’il y a un écho au travail et aux efforts de toute une vie n’est pas un plaisir négligeable. Merci.

Philippe Voarino

bonsoir a tous
je reste perplexe sur le verrouillage de la jambe arriere,car si celle-ci est tendu,il sera plus long(dans le temps)de flechir a nouveau soit pour pouvoir bouger ou pour frapper,ce qui laisse un temps d avance a une personne mal intentionnee.

Titi

Pour répondre à votre interrogation, je vous répondrai encore une fois ceci.

Il faut arriver à savoir à quel niveau nous pratiquons.

Lors de l’apprentissage, après une projection par exemple nous restons fixement la jambe arrière en extension, les bras en kokyu...

Mais tout ceci n’est que du domaine de l’apprentissage la réalité est tout autre. O’Sensei ne s’arrete jamais de bouger, l’aikido est mobile.

Et si l’aikido doit nous permettre de comprendre les lois qui nous dirige, commençons par voir que chaque chose à un rythme, le rythme de la vie,... Et un rythme n’est qu’une succession de temps fort et de temps faible.

Donc imaginez vous constament en mouvement en train de realiser des projections, il y aura des temps faible de déplacement et des temps fort de projection à proprement parler. Lors des temps fort il sera necessaire que la jambe arriere soit en extension pour toutes les raisons citées plus haut.

la différence c’est que plus vous travaillerez vite, et plus vous subirez d’attaques, plus les temps seront court.

Et le danger c’est de commencer trop tot à travailler trop vite, et par manque de travail anterieur et de comprehension des choses, recreer des principes, des positions, pour pouvoir "s’en sortir"...

Amicalement

Matthieu

P.S n’oubliez pas Titi de tenir compte que tout déplacement vous permet de sortir d’une position dangereuse pour vous rendre dans un espace de sécurité relative, si les uke attaquent franchement, ils leur faudra également du temps pour armer, réarmer une attaque ;-)

Matthieu

la jambe arrière doit être tendue mais pas verrouillée.

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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