Kumijo #1 - Conclusion

Depuis le dossier #114 (Lentement on apprend), nous étudions le kumijo n°1 dans sa forme appliquée aux quatre directions.

Nous avons vu dans quelle mesure le travail linéaire développé dans la méthode de maître Saito est une forme d’étude utile mais artificielle, et qui n’a pas en tant que telle de réalité martiale. La raison de cela, c’est que le déplacement linéaire ne tient pas compte des multiples directions d’attaque, et que de ce fait le déplacement spiralé d’O Sensei ne peut pas y être mis en pratique.

L’application du kumijo aux quatre directions permet au contraire de comprendre le principe de déplacement de l’Aikido, invisible en ligne. Cette étude permet donc de gérer des attaques venant simultanément de directions différentes. Mais c’est encore par souci de simplification que les adversaires sont placés en forme de croix. On pourrait bien sûr les positionner dans n’importe quel angle, cela rendrait simplement l’apprentissage plus difficile. Cependant, le fait qu’un choix soit ainsi opéré en vue de l’étude, montre qu’il s’agit bien ici encore d’une méthode de travail.

SHU HA RI sont traditionnellement les trois grandes phases de l’évolution dans les arts martiaux japonais (j’ai déjà expliqué cette formule sur ce site, et je suis désolé de ne pouvoir retrouver l’endroit précis pour en donner la référence).

La méthode de travail linéaire est un moule qui ne tient pas compte de la réalité martiale, mais qu’on ne discute pas, même si l’on n’en comprend pas toujours les raisons, c’est la phase SHU. Cette phase n’est pas une fin en soi.

La méthode de travail dans les quatre directions est une transgression de la méthode linéaire, elle tient compte de la réalité martiale, c’est la phase HA. Elle est aussi nécessaire que la phase SHU, mais elle demeure cependant un moule dans lequel est coulée une forme plus élaborée, mais une forme quand même.

Un moment vient enfin où la forme ne naît plus d’une quelconque volonté de l’obtenir au moyen d’une étude méthodique. La forme juste naît spontanément sans être recherchée. C’est la phase RI. Cette phase ne peut pas être atteinte sans un passage préalable par les phases SHU et HA.

Philippe Voarino, janvier 2019.

Commentaires

Bonjour à tous.

Merci à HP qui m'a fait remarquer qu'il existait une boîte "Recherche sur le site" en page d'accueil, et merci évidemment à François qui a créé cette boîte. J'ai donc pu retrouver l'endroit du site où j'ai longuement expliqué SHU HA RI, il s'agit de "Méthode Saito 6".

Philippe Voarino

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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