Au-delà de la méthode #59

Kumijo n°7 one to one: base ou variation ?

Pendant longtemps, maître Saito a enseigné le kihon du kumijo n°7 avec contrôle du coude sur le dernier temps. La variation consistait, elle, à crocheter la jambe sur ce dernier temps au lieu de contrôler le coude. C’est sous cette forme que figure ce kumijo dans le volume 2 de son ouvrage Traditional Aikido publié en 1973, et c’est comme ça que je l’ai appris de lui à Iwama dans les années 80.

La première partie de la vidéo est donc le kihon des années 70 – 80, et la deuxième partie la variation des années 70 – 80.

Dans les années 90, maître Saito a modifié sa méthode sur ce point : il a enseigné la variation sur la jambe en place du kihon et le kihon sur le coude en place de la variation. J’ai expliqué dans « Au-delà de la méthode #51 » la raison de cette inversion, et je renvoie à ce qui est dit dans ce dossier :

La raison de cette inversion apparaît seulement si l’on comprend que le kumijo n°7 n’est pas composé de trois frappes mais de quatre en réalité. Le fauchage de la jambe et le contrôle du coude sont deux aspects du même mouvement : quand l’extrémité gedan du jo fauche la jambe, l’autre extrémité est nécessairement jodan et contrôle alors le coude, mais pas du même adversaire évidemment, ainsi qu’il est démontré dans la vidéo.

Maître Saito était dans l’impossibilité matérielle d’enseigner le mouvement complet dans le cadre de la méthode, puisque ce dernier n’aurait aucun sens avec un seul adversaire (si l’on fauche la jambe d’uchi et qu’il est par terre, on ne peut plus contrôler son coude). Aussi imagina-t-il de décomposer le dernier mouvement, d’enseigner sa première partie comme une base et sa seconde partie comme une variante. Ce faisant, il était parfaitement logique d’enseigner comme base (en option 1) le fauchage de jambe, et comme variante (en option 2) le contrôle du coude, puisque cet ordre est l’ordre chronologique dans lequel se présentent les deux techniques dans la réalité du kumijo exécuté selon les quatre directions, avec plusieurs adversaires.

Notons que se comprend alors au passage cette apparente étrangeté de la méthode : retirer l’extrémité gedan du jo, qui était pourtant (maai) en position de frapper immédiatement uchi, et choisir plutôt de frapper son coude avec l’autre extrémité, au terme d’un parcours bien plus long, et en dépit de toute logique martiale.

Il est une question cependant à laquelle je ne répondrai pas, c’est pourquoi cet ordre logique avait été inversé par maître Saito dans son enseignement des années 1970-80.

Philippe Voarino, février 2017.

Commentaires

bonjour a vous , mes travaux et reflexions me menent a la conclusion que la forme la plus " sure" au niveau martiale est la coupe au pied pour des raisons evidentes au niveau de la sphere amicalement Srg

mes excuses ,ma reflexion est surtout basée sur le placmement que l on obtient apres la coupe a la jambe en contraste du controle au coude , faire face aux 3 adversaires restant en sorti du centre

de surcroit Mr Voarino comprendra ma remarque ,le Maai n est pas bon lors du contole au coude si l on accepte une lame de yari au bout d un jo ,mais cela reste bien sur virtuel comme remarque cdt Srg

Bonjour Sensei -apres avoir lu et relu livre de SAITO SHIHAN sur ce 7 kumijo ainsi que revu video il apparait les details suivants : SAITO Shihan 'absorbait pas le tsuki au visage par un recul du corps mais precisait avec le pied droit avancer sur votre coté droit. en ce qui concerne le controle final, il controlait les 2 bras au niveau des 2 coudes afin semble t il d'eviter que uke ne puisse descendre un bras et prolonger l'attaque . en ce qui concerne le fauchage au lieu du controle des bras ,un enseignant avec lequel j'ai travaillé disait que si l'on etait en "retard" lors de l'entrée sur l'attaque finale il devenait impossible de controler les 2 bras (au niveau des coudes) qui etaient deja en "descente" et que de ce fait il etait logique de faire un balayage de la jambe - ceci etant dit sans intention de polemiquer sur quoi que ce soit puisque l'aikido est s'adapter aux situations. salutations et merci pour les videos .

Bonjour Patrick.

Maître Saito était préoccupé par la sécurité de ses élèves à l'entraînement. Pour cette raison, afin d'éviter tout danger, il exigeait très souvent que les techniques ne fussent pas pratiquées de la manière qui conviendrait pour qu'elles soient efficaces. Il enseignait par exemple la projection juji nage en conservant la saisie des deux bras, mais il exigeait qu'on pratiquât en libérant le bras d'uke qui lui permet d'amortir sa chute. Pour le 7ème kumijo, il enseignait effectivement d'avancer sur le deuxième temps, mais à cause du danger que cela représente à l'entraînement, il obligeait au contraire tout le monde à reculer

L'enseignement est une affaire de choix, il est difficile de s'en faire une idée quand on ne comprend pas toutes les raisons qui président à ces choix. Ceci dit, nous ne sommes jamais là que dans la pratique purement linéaire du kumijo, qui est justement aussi un choix, et un choix bien éloigné de la réalité martiale. C'est pourquoi il ne sert à rien à ce stade d'évoquer des problèmes liés à l'aspect martial, tels que l'efficacité.

Philippe Voarino

Bonjour Sensei - tout a fait d'accord sur propos de choix et realité - raison pour laquelle (peut etre) chacun enseigne selon ses propres "resssentis" et réalité de ce qu'il pense etre "vrai" si verité il peu y avoir ...bref je pense que tout le probleme ( des divergences ou desaccords) vient du jugement de chacun et non d'une "reaction" dans le temps et l'espace du moment ,du lieu etc etc ... certains pratiquants "glissent" les pieds sur le tatami..ceci ne peut etre fait sur un sol caillouteux ou autre realité de l'endroit ... donc les polemiques en aikido existeront toujours ( je pense )...bonne pratique .

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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