Passage

(Instructions aux enseignants pour la transmission de l'Aikido)

I – Rappel historique

Morihiro Saito a reçu l’enseignement quotidien de Morihei Ueshiba à Iwama entre 1946 et 1969.

Le fondateur de l’Aikido était un chercheur, ce n’était pas un pédagogue. Tout son temps et toute son énergie étaient dévorés par la mise au point de son art, et il ne lui restait rien à consacrer à une méthodologie de la transmission.

Maître Saito a expliqué que le cerveau d’O Sensei était comme un volcan en éruption, dont jaillissaient comme un flot les techniques de l’Aiki, et que la richesse de cette production était telle qu’il était impossible d’en apercevoir le fil directeur.

Il a expliqué également que, devant la difficulté qu’il avait à comprendre ce que faisait maître Ueshiba, il a imaginé de mettre au point et de suivre une méthode d’apprentissage, qui lui permettrait de ne pas se perdre dans l’exubérante production technique d’O Sensei. Cette méthode, qui est devenue par la suite la méthode Saito, était donc au départ un outil conçu par Morihiro Saito à son usage personnel. C’était le moyen imaginé par le jeune Morihiro pour retenir ce qu’il voyait et ne comprenait pas.

Cela ne doit jamais être perdu de vue, sous peine que soient confondus la méthode d’apprentissage de maître Saito et l’Aikido du Fondateur.

II – Qu’a donc fait maître Saito ? Qu’est-ce donc que la méthode ?

Il est essentiel de comprendre comment a opéré exactement Morihiro Saito.

Stade #1

Sans le savoir sans doute, il a appliqué la recommandation de Descartes : il a décomposé la profusion illisible des mouvements d’O Sensei, en autant de parties qu’il était nécessaire, en autant d’éléments simples susceptibles d’être vus et retenus.

C’est ainsi que sont nés les sept suburi de ken et les vingt suburi de jo.

O Sensei n’a jamais pratiqué ces suburi sous la forme que nous leur connaissons aujourd’hui d’une liste de mouvements de 1 à 7 et de 1 à 20. C’est Morihiro Saito qui a en quelque sorte extrait de la pratique globale du Fondateur ces 27 mouvements, afin de pouvoir les répéter seul, de les apprendre, et de ne pas les oublier.

En opérant de la sorte, Morihiro concentrait son attention de manière exclusive sur la forme extérieure d’un mouvement qui était – dans ce contexte d’étude – destiné à être pratiqué sans adversaire.

Cette extraction mettait donc en scène une version simplifiée du mouvement : l’adversaire n’étant pas là, l’attaque d’uchi n’étant pas matérialisée, la prise d’angle était sans objet, pire encore elle venait polluer inutilement l’apprentissage de la forme.

Voilà pourquoi il décida de pratiquer les suburi sur une ligne, à partir de la position hanmi, ce que tous ses élèves continuent à faire aujourd’hui avec raison.

Mais pratiquer de la sorte sur une ligne, est un artifice pédagogique qui a une conséquence majeure : il n’est pas possible de mettre en œuvre la rotation des hanches.

Prenons l’exemple de choku tsuki ou de gaeshi tsuki. Position hanmi, pied gauche devant au départ : si je conserve cette position de profil, si je reste dans cette ligne initiale en frappant, si je demeure en hanmi, chacun comprend que mes hanches n’interviennent pas puisque le corps bouge en translation et pas en rotation.

Ce n’est pas grave puisque ce qui est recherché à ce stade n’est pas la mise en rotation des hanches, mais uniquement la forme extérieure du mouvement, le geste si l’on veut.

Maître Saito était parfaitement conscient que tous les mouvements qu’il avait ainsi extraits de la pratique de maître Ueshiba étaient une version simplifiée, et qu’il leur manquait la rotation des hanches. Mais il l’avait voulu ainsi, il avait délibérément choisi cette pratique linéaire afin de pouvoir concentrer la totalité de son attention sur la forme. Son objectif, à ce stade, était d’acquérir et de retenir une gestuelle.

Stade #2

La pratique des suburi du stade # 1 est essentielle, elle permet l’étude des formes et des gestes que le corps doit maîtriser pour être en mesure de passer à l’étape suivante. Elle permet aussi l’étude de la respiration.

Mais une chose est impossible dans la solitude de cette pratique, c’est l’apprentissage de la synchronisation avec une énergie adverse, qui porte en japonais le nom d’awase (awaseru). Cet apprentissage ne devient possible qu’avec l’apparition et l’opposition de l’adversaire, de son rythme, de sa dynamique propre. L’énergie d’aite, l’autre, doit évidemment se manifester à un moment donné pour qu’il soit possible de se mettre en harmonie avec elle.

Morihiro Saito, fidèle à sa logique, imagina alors d’organiser cette étude de l’awase de manière aussi méthodique qu’il avait organisé les suburi de stade # 1.

Il réintroduisit, dans un arrangement technique à deux, les suburi qu’il avait isolés dans un premier temps. Il mit au point – après avoir obtenu l’autorisation d’O Sensei – plusieurs exercices de quelques frappes successives, permettant de pratiquer les suburi non plus seul, mais à deux désormais.

Avec le temps, ces exercices devinrent progressivement les six kumi tachi, les dix kumi jo, la version awase des sanju ichi et jusan no jo et, plus tard, les sept ken tai jo.

Jamais cependant O Sensei n’avait pratiqué de la sorte, pour la raison fondamentale que le type d’action que propose l’Aikido repose sur les concepts d’awase et d’irimi : au moment précis où l’attaque d’uchi est censée parvenir, c’est lui qui est touché, et nage a disparu. Il n’y a pas de deuxième chance.

C’est l’application parfaite, dans l’action martiale, d’un fondement de la culture japonaise, qui est traduit par l’expression ichi-go ichi- e (un moment, une rencontre), et que l’on trouve aussi bien dans la cérémonie du thé que dans la calligraphie ou le tir à l’arc.

Ce fondement est en rapport avec l’unité de l’action née de la rencontre parfaite, avec l’awase donc. Et ce n’est pas un hasard si Aikido et awase s’écrivent avec le même idéogramme 合.

On comprend que ce principe de l’action Aiki parfaite (takemusu), ce principe de la résolution de la dualité dans l’unité, interdise d’envisager la possibilité de passes d’armes multiples avec le même adversaire. Et on comprend qu’elle interdise donc, par voie de conséquence, toute idée de protection, de parade, de riposte, qui sont les attributs de la dualité, les attributs d’un conflit qui ne peut avoir d’existence que dans la dualité.

Ce serait faire injure à Morihiro Saito, ce serait oublier sa vie auprès d’O Sensei, d’imaginer qu’il ignorait cela.

Aussi, la clef fondamentale pour comprendre sa méthode consiste-t-elle à réaliser que les kumitachi, les kumijo, les ken tai jo, n’ont rien à voir avec les phases d’un combat, et n’ont rien à voir avec la réalité de l’Aikido, réaliser qu’il ne s’agit là encore et toujours, et seulement, que de suburi. Mais, ce sont des suburi de stade # 2.

Les suburi de stade # 1 se pratiquent seul, les suburi de stade # 2 se pratiquent à deux. Les suburi de stade # 1 permettent d’acquérir la forme corporelle et la respiration, les suburi de stade # 2 développent également la forme corporelle et la respiration, mais permettent deux acquisitions nouvelles : la sortie de la ligne d’attaque, et l’awase. Ces deux dernières acquisitions se font selon deux modalités :

  • en kotai (après la frappe d’uchi) : la sortie de la ligne d’attaque (désynchronisée de l’action d’uchi),
  • en jutai (au moment de la frappe d’uchi) : l’awase (la sortie de la ligne d’attaque en harmonie avec la dynamique d’uchi).

Toutefois – et ce point est d’une importance capitale – maître Saito mit au point ces suburi de stade # 2 sans pour autant abandonner le mode linéaire sur lequel il avait décidé de répéter les suburi de stade # 1.

Et je demande la plus grande attention pour ce qui va être expliqué maintenant.

Chacun voit bien que les suburi de stade # 1 sont un travail linéaire. Ils ont été conçus comme cela par maître Saito, qui insistait dans son enseignement sur la nécessité d’exécuter ces suburi en ligne, et on comprend peut-être mieux pourquoi, à la lumière des explications qui précèdent.

Mais peu nombreux sont ceux qui voient en quoi les suburi de stade # 2, c'est-à-dire les kumitachi, kumijo et ken tai jo, sont également un travail linéaire où la rotation des hanches n’est pas davantage présente que dans les suburi de stade # 1.

Pour comprendre, reprenons l’exemple de choku tsuki ou gaeshi tsuki.

Quand ce mouvement n’est plus réalisé seul, en ligne, face au miroir, quand l’adversaire, uchi tachi ou uchi jo, est là qui attaque justement sur cette ligne, il est bien clair qu’uke jo doit désormais quitter cette ligne selon un angle, ce qu’il ne devait pas faire dans les suburi de stade # 1.

Que fait-il alors très exactement, à ce stade de l’étude, dans le cadre du kumijo ?

En hidari awase par exemple, il se déplace d’une trentaine de degrés vers la gauche. Il mobilise d’abord son pied avant (gauche), ensuite son pied arrière (droit), et il retrouve très exactement, au terme de ces deux pas, la position hanmi qui était la sienne au départ de l’action.

Cette position est simplement décalée d’une trentaine de degrés.
Elle n’est pas atteinte par une rotation des hanches, elle est atteinte par deux pas successifs sur le côté.

Uke jo frappe alors dans cette position, qui n’est rien d’autre que la position qu’il avait dans le suburi de stade # 1 (planche n°1), mais décalée cette fois de l’angle nécessaire à sortir de la ligne d’attaque.

Mais alors, puisque la frappe était linéaire dans le suburi de stade 1 #, et que c’est très exactement la même frappe qui est reproduite dans le suburi de stade # 2, après que le corps se soit déplacé de l’angle nécessaire, on comprend aisément qu’il s’agisse, dans ce deuxième cas également, d’une frappe linéaire, en translation, et sans rotation des hanches.

Autrement dit – et ceci est fondamental – les exercices d’armes à deux, mis en place par maître Saito, ont pour objectif de développer la forme corporelle, la respiration, la mobilité par rapport à la ligne d’attaque, et la synchronisation avec une énergie adverse (awase), mais ils sont eux aussi conçus pour être pratiqués de manière linéaire. Ils ne sont que le prolongement de la pratique des suburi de stade # 1, dans un contexte où devient désormais nécessaire la prise en compte d’une direction d’attaque et d’un timing propre à cette attaque, deux dimensions qui n’existaient pas encore dans les suburi de stade # 1.

Ce procédé est celui mis au point spontanément et progressivement par le jeune Morihiro Saito pour retenir l’enseignement de son maître.

Deux décennies plus tard, après la mort d’O Sensei, Maître Saito perfectionna ce procédé. Il le transforma en une véritable méthode d’enseignement, qu’il utilisa ensuite pour transmettre à ses élèves les éléments d’une base qu’il jugeait indispensable pour qu’ils puissent retrouver un jour, éventuellement, la réalité de la pratique du Fondateur.

L’espoir de maître Saito était que sa pédagogie permette à tous ceux qui n’avaient pas connu O Sensei et pratiqué sous sa direction, d’avoir une chance de comprendre l’Aikido du Fondateur, ce qu’il jugeait impossible sans méthode.

Voilà pourquoi il choisit de ne jamais enseigner au-delà du stade # 2 : parce qu’il estimait n’avoir pas assez de tout son temps pour renforcer sa méthode, afin de la rendre aussi sûre, aussi efficace, et aussi incontournable qu’il était possible.

Il consacra toute son énergie à cette tâche.

Bien qu’il ait souvent expliqué que le stade # 2 n’était pas encore l’Aikido, que c’était une gymnastique préparatoire à l’Aikido, il avait une autre raison majeure de ne pas enseigner au-delà du stade # 2 : c’est que le stade # 3 aborde la réalité du mouvement d’Aikido. Et maître Saito avait compris qu’enseigner cette réalité faisait courir un très grand danger à sa méthode.

Ce danger est toujours le même aujourd’hui : il consiste en ce que les enseignants qui prendraient goût à la réalité du mouvement se détournent de la méthode, finissent par considérer qu’elle est superflue, et en arrivent à l’abandonner et à l’oublier, en perdant de vue que c’est justement grâce à la méthode qu’ils sont parvenus à dépasser les limites de la méthode.

III – Qu’est-ce que le stade #3 ?

Le stade # 3, c’est la pratique d’O Sensei, c’est l’irimi de l’Aikido.

L’irimi de l’Aikido est une production de la rotation invisible de l’axe vertical du corps sur lui- même. Cette rotation de l’axe a pour effet la rotation en complémentarité des deux hanches, qui en est la manifestation visible. Maître Ueshiba désignait cette rotation des hanches en complémentarité par le terme irimi-tenkan.

C’est la rotation des hanches qui conduit de la position hanmi à la position hito e mi. Sans rotation des hanches, il n’y a donc pas d’irimi possible. L’irimi de l’Aikido est tributaire de la rotation irimi-tenkan des hanches.

Or, nous avons vu qu’un caractère commun aux suburi de stade # 1 et aux suburi de stade # 2, est précisément l’absence de rotation des hanches. Nous avons vu que cette absence est délibérée, qu’elle est voulue dans la méthode afin de concentrer toute l’attention sur l’étude de la forme, des angles, et de l’awase.

La conséquence inévitable de ce choix, c’est que l e concept d’irimi, qui naît seulement de cette rotation, est absent lui aussi des suburi de stade # 1 et des suburi de stade # 2. Et il ne faudrait surtout pas confondre la prise d’angle des suburi de stade # 2 avec un irimi. Répétons que cette prise d’angle, cette sortie de l’axe d’attaque, ne s’effectue pas en rotation, mais en marchant, et que l’absence de rotation, la marche, a pour conséquence la conservation rigoureuse de toutes les caractéristiques d’une action linéaire.

Le stade # 3 est donc le stade de l’étude où va se manifester, pour la première fois, la rotation des hanches, et par conséquent l’irimi.

Mais la rotation des hanches confère au mouvement d’Aikido une caractéristique qui change radicalement par rapport au mouvement tel qu’il a été développé dans les stades # 1 et 2. Cette notion nouvelle est la circularité.

Le mouvement, qui était jusque là linéaire, est radicalement transformé, il devient circulaire. Ce point doit être compris absolument : il n’existe pas de mouvement d’Aikido linéaire, tous les mouvements d’Aikido sont circulaires (ou spiralés si l’on préfère cette formulation).

Ceci revient à dire que la méthode de maître Saito est une étude préparatoire à l’Aikido, mais que ce n’est pas encore l’Aikido.

Maître Saito savait cela, maître Saito a expliqué cela. Il a été très peu entendu.

Croire que pour bien faire de l’Aikido il suffise de reproduire de mieux en mieux, de plus en plus vite, de plus en plus fort, les exercices de la méthode d’apprentissage, c’est croire que l’Aikido se trouve dans la méthode, c’est un aveuglement, c’est une impasse. L’Aikido n’est pas là, l’Aikido est un niveau plus loin encore, et maître Saito l’a fait comprendre plus d’une fois, bien qu’il ait décidé de ne pas enseigner au niveau en question.

Un moment vient où il n’y a plus d’autre solution, pour progresser, que de quitter la méthode pour aborder le stade # 3.

La difficulté, c’est que ce passage représente une modification profonde par rapport aux deux stades précédents : il faut refaire l’apprentissage complet des déplacements autour désormais du principe irimi-tenkan, il faut abandonner le travail linéaire pour découvrir le travail circulaire fondé sur irimi-tenkan.

C’est la mue du serpent qui doit perdre sa vieille peau. Le serpent ne renie pas sa vieille peau, sans elle il n’aurait pu parvenir jusque là, mais il la quitte pour pouvoir grandir. S’il ne la quittait pas, elle l’étoufferait. Car ce qui est bénéfique à un stade du développement devient maléfique au stade suivant.

La méthode de maître Saito est un outil merveilleux, elle est ce qu’il y a de mieux pour la progression, tant que l’on s’en tient aux deux premiers stades de l’apprentissage de l’Aikido. Mais quand la méthode a rempli sa fonction, elle doit être abandonnée, avec respect, avec gratitude, mais avec détermination, comme le serpent abandonne sa peau.

Celui qui est parvenu au terme des possibilités de la méthode, et qui continue néanmoins à chercher le futur de sa progression dans cette méthode, meurt asphyxié sous la contrainte devenue inutile d’une pédagogie sans vie. Parce que cette pédagogie n’a pas été conçue pour durer toute la vie d’un homme, mais comme un artifice momentané, destiné à favoriser son développement initial.

Le stade # 3 ne rejette pas les exercices mis au point par maître Saito, il les utilise encore. Mais il le fait de manière complètement nouvelle, en introduisant enfin dans ces exercices, après des années d’apprentissage, le déplacement authentique du Fondateur, et donc l’irimi d’O Sensei, l’irimi de l’Aikido.

Ce passage du stade # 2 au stade # 3 ne peut être réalisé sans que soient maîtrisés au préalable les stades # 1 et 2.

IV – Remarque concernant le tai jutsu

L’aperçu qui vient d’être donné de la méthode Saito l’a été à partir du travail des armes de l’Aikido. Il était en effet plus facile, dans ce domaine, de faire comprendre le principe de linéarité adopté par maître Saito comme un principe préparatoire à l’étude de l’Aikido.

Expliquer comment ce dernier décida d’appliquer également ce principe de linéarité aux techniques à mains nues, serait trop long et trop complexe. On pourra en avoir une idée en lisant les dossiers du site TAI consacrés à la « Méthode Saito ». Car de la même manière qu’il y a des suburi d’armes, il y a également des suburi de tai jutsu.

La gymnastique préparatoire à l’Aikido caractérise l’ensemble de l’enseignement de maître Saito, qui l’a systématiquement organisé selon le principe et la règle de la linéarité du mouvement. J’insiste sur le mot systématiquement, car ce dont il s’agit ici est bien la mise en place d’un système original d’enseignement préparatoire à l’Aikido.

La paternité de ce système revient à Morihiro Saito et à lui seul, il n’est pas né de l’esprit de maître Ueshiba.

Tout ce qui précède était une explication longue mais indispensable pour comprendre la série d’instructions suivantes concernant la transmission de l’Aikido.

V – Instructions pour la transmission de l’Aikido

  1. La méthode mise en place par maître Saito est utile à la transmission de l’Aikido. L’expérience l’a démontré. La notoriété de l’enseignement d’Iwama repose sur cette méthode.
  2. Cette méthode doit-être utilisée par les professeurs qui l’ont étudiée. Elle doit être transmise aux élèves et futurs professeurs. Elle consiste exclusivement dans la pratique des suburi de stade # 1 et de stade # 2, pour la pratique des armes comme pour celle du tai jutsu.

    Le principe irimi-tenkan a été volontairement retiré de ce niveau de pratique qui ne doit pas être considéré comme de l’Aikido, mais plutôt comme une gymnastique préparatoire à l’Aikido.

    Une conséquence importante de cette circonstance, c’est que la vitesse d’exécution, pas plus que la force physique, ne sont requises à ce niveau d’étude. Le recours à la vitesse, ou à la force physique, sont des preuves de l’incompréhension de l’objet même de l’étude des stades # 1 et 2.

  3. La méthode doit être conservée intacte, elle ne doit pas être modifiée. Ceci veut dire que le principe de linéarité doit être scrupuleusement respecté.

    Aucun élément propre au travail circulaire du stade # 3 ne doit être incorporé à l’enseignement linéaire des stades # 1 et 2, sous peine de confusion. Pas plus que des éléments des stades # 1 et 2 ne doivent se retrouver dans le stade # 3. Car les choses qui sont vraies dans un système donné sont fausses si on les considère depuis un état différent de ce même système. Aussi est-il essentiel de comprendre à quel niveau de pratique on se situe, et d’accepter les contraintes liées à la progression.

    Le temps des fondations n’est pas inutile. Il ne dure pas toujours. La patience est nécessaire. Il est important d’accomplir cette étape sous la direction d’un professeur compétent.

  4. La méthode est considérée connue quand l’élève a atteint le grade de 3 ème dan. L’organisation des examens doit tenir compte de cette exigence.
  5. A partir du grade de 3 ème dan, l’élève/professeur doit recevoir un enseignement supérieur qui, sur la base de ce qu’il a appris jusque là, va lui permettre d’acquérir les éléments nécessaires à accéder au stade # 3, et l’éveiller ainsi progressivement à la pratique de l’Aikido, qu’il n’a, à proprement parler, pas encore commencée.
  6. Il n’est pas souhaitable que les informations relatives au stade # 3 soient données avant que l’élève n’ait atteint la maturité nécessaire du 3 ème dan. Sans maturité suffisante, l’enseignement du stade # 3 pourrait en effet lui laisser penser que la méthode est superflue et que l’on peut se dispenser de l’étudier, ce qui serait une erreur.
  7. L’enseignement donné au stade # 3 doit permettre de comprendre la transformation du mouvement liée au passage de la linéarité à la circularité. Cette circularité apparaît seulement avec la mise en œuvre du principe irimi-tenkan. Le stade # 3 doit être reconnu comme le prolongement de tout ce qui a été étudié dans les stades # 1 et 2, mais appliqué désormais à la réalité du mouvement d’Aikido.
  8. Le stade # 3 ne peut être enseigné que par des professeurs qui ont acquis la compréhension de son principe, mais également la connaissance complète du détail technique de son mode de transmission.

    Le temps d’étude nécessaire après le grade de 3 ème dan, porte le niveau de maturité requis pour transmettre cet enseignement à celui de 6 ème dan.

  9. Maître Saito a consacré sa vie à l’élaboration de sa méthode d’enseignement, mais il n’a pas fait cela pour que les pratiquants restent enfermés toute leur vie dans cette méthode.

    Tout l’objectif de la méthode est, au contraire, de permettre à l’élève de quitter un jour le cadre nécessairement limité de l’étude des bases, pour accéder à la pratique authentique de l’Aikido du Fondateur.

    Maître Saito considérait que son rôle était de permettre à ses élèves de parvenir jusque là. Il considérait même cela comme une mission. Il en a fait, à travers l’élaboration et la transmission de sa méthode pédagogique, un but essentiel de sa vie.

Retrouver l’Aikido d’O Sensei est le plus bel hommage que l’on puisse rendre au travail de maître Saito, c’est respecter scrupuleusement sa volonté. Cela passe par le respect de la méthode, mais cela passe aussi nécessairement par l’abandon de la méthode, quand le moment est venu.

Philippe Voarino
Pâque (Pessa’h, Passage) 2014

Commentaires

Wow! I get your point, sensei, but that raises a doubt in my mind: when you recently explained the hidari awase you made a point in striking using the rotation of the hips ala irimitenkan. I gather, after reading this, that that applies to stage 3 only and not to stage 2. Am I right? Thank you for the wonderful work!

Hi avillanueva.

I guess if you read me in french you don't mind if I don't write in english, do you ? That will save me some trouble for now.

Oui, tout ce que j'ai enseigné pendant la dernière trentaine d'années appartenait au stade 2. Tout ce que j'essaie de décrire, depuis la mort de Pierre Chassang il y a un an, appartient au stade 3.

Mon travail désormais consiste à montrer à quoi correspond, dans la réalité, chacun des exercices de la méthode. Car aucun des exercices de la méthode, avec ou sans armes, n'est la réalité, tous sont des suburi.

C'est pour cette raison que j'ai donné le titre de Passage à ces instructions, parce que mon rôle est d'expliquer pourquoi et comment doit s'effectuer le passage du stade 2 au stade 3. C'est un gros chantier, et je pense avoir trouvé là du travail jusqu'à la fin de mes jours.

Philippe Voarino

Bonjour

Puis je permettre une question / remarque sur cette phrase :

"Mais pratiquer de la sorte sur une ligne, est un artifice pédagogique qui a une conséquence majeure : il n’est pas possible de mettre en œuvre la rotation des hanches."

Prenez un pratiquant en hanmi pied gauche devant, demandez lui en restant sur la ligne de passer en hanmi pied droit devant... Que ce passe t il si ce n'est qu'il est obligé malgré lui de découvrir l'axe central de son corps et de le mobiliser pour pouvoir réaliser ce déplacement.

Le génie de Maître Saito et de son travail linéaire ne serait il pas au contraire de faire découvrir la rotation à tous malgré soi et cela grâce au travail linéaire?

Matthieu

Bonjour Matthieu.

Il y a une grande différence entre changer de direction et mobiliser les hanches en rotation. On peut changer de direction à 180° à partir de la position hanmi sans pour autant mobiliser les hanches.

Pour reprendre ton exemple et passer d’un hanmi au hanmi opposé à 180° (happo tsuki par exemple), maître Saito demandait que l’on fasse cet exercice en tournant le pied avant dans un premier temps et le pied arrière dans un deuxième temps, ce que tous ses élèves continuent à enseigner avec raison. En bougeant ainsi les pieds chacun leur tour, le corps tourne de 180° bien sûr, mais ce mouvement est alors effectué sans aucune participation des hanches : le corps s’est positionné vers la direction arrière au moyen de deux pas successifs. Ces deux pas successifs ne font pas une rotation, et il n’y a donc pas eu de pivot à proprement parler.

Que l’on puisse réaliser le même mouvement en mettant en œuvre la rotation des hanches, que l’on puisse pivoter véritablement, n’est pas discutable évidemment, c’est l’Aikido, c’est le stade 3. Mais chacun sera je crois d’accord sur ce principe et sur cette évolution idéale du mouvement.

Aussi la question ici est-elle seulement de comprendre pourquoi la rotation n’apparaît pas dans les stades 1 et 2, et qui plus est pourquoi elle ne doit pas y apparaître, puisque c’est là l’enseignement de maître Saito. C’est sur ce point très précis que j’essaie de pointer le curseur : la rotation des hanches n’est pas au programme de la méthode, qui exige au contraire que l’on se déplace au moyen de pas successifs, en marchant si l’on veut, et pas en rotation.

C’est pourquoi j’ai expliqué qu’il est d’une absolue nécessité que les niveaux de pratique ne soient pas mélangés.

Ceci dit, que les exercices des stades 1 et 2 de la méthode puissent être conservés et utilisés au stade 3 du développement, je n’en disconviens pas, et je l’ai expliqué aussi. Mais il faut alors définir ce que l’on met exactement dans ce stade 3. Il y a dans ce passage du stade 2 au stade 3 un travail qui reste à faire, un programme qui reste à établir, une terre à défricher dont je mesure chaque jour davantage l’étendue.

Car ce passage ne se fait pas naturellement. On ne peut pas se contenter de suivre à la lettre les préceptes de la méthode et d’attendre que « ça arrive ». S’il suffisait d’une pratique consciencieuse au stade 2 pour « glisser » insensiblement au stade 3, on ne verrait pas d’enseignants 6ème et 7ème dan continuer à faire des pas, comme on le voit trop souvent. Oh certes, ils marchent avec habileté, ils sont même parfois rapides, et leurs déplacements s’accordent au mieux avec une gestuelle parfaitement huilée par les années de répétition. Je poserais seulement une question : quand vont-ils commencer l’Aikido ?

L’Aikido commence avec la rotation des hanches (irimi-tenkan). Cette rotation n’est pas un enseignement de la méthode, et cela par la volonté même de maître Saito qui a obligé tous ses élèves à marcher plutôt qu’à pivoter, pour une raison qui me semblent justifiée, et que j’ai évoquée dans « Passage ».

Philippe Voarino

Bonjour

Si l'on prend le travail du 2ieme suburi (de la méthode Saito), on passe d'un hanmi pied gauche à un hanmi droit en restant sur la ligne. Autre exemple quand on travaille le go no awase, en restant sur la ligne lorsque l'on recule et prend la coupe...

Ces exemples ne sont rien d'autres que des moyens de découvrir et mettre en place la rotation des hanches. Certes pas encore sur le cercle à 360°. Mais bien de découvrir et construire le premier angle de la rotation.

Car comme tout enseignement lorsque l'on veut construire quelque chose, on commence par des "petits morceaux".

Le passage des suburi, au kumi kata, ... est une ouverture de plus en plus importante sur le cercle et de la mobilisation de l'axe.

Cependant les suburi placent les bases et permettent de découvrir l'axe et la rotation du corps d'autant plus justement que le respect de la ligne est maintenu.

Mettez vous en garde jodan no kamae et placez une personne de chaque côté contre vos épaules, vous verrez alors qu'en réduisant le couloir de mouvement par cette ligne que Maître Saito traçait sur le sol d'Iwama, il n'est pas possible de faire autrement que de mobiliser l'axe et la rotation du corps pour couper et finir avec alors un kamae inversé à la position jodan (vu que nous sommes dans la méthode...).

L'une des clés qui permettra le "passage" vers une rotation continue et plus importante sera surtout le fait de rétrécir la base d'appuis au sol comme une toupis pour alors découvrir la continuité d'action.

Il n'y aura alors plus de pas quand le pratiquant apprendra à ne plus avoir de jambe... Là est une modification importante dans la pratique entre le travail linéaire kotai et la pratique ki no nagare.

Bonjour Matthieu.

Je ne crois pas qu’il y ait de « petits morceaux » ou de « petit peu », et je ne crois pas que le deuxième suburi puisse apprendre la rotation des hanches, pas plus qu’aucun autre suburi d’ailleurs. Le deuxième suburi apprend à changer de hanmi sur une ligne, qu’il soit exécuté vers l’avant, ou vers l’arrière comme c’est le cas dans go no awase.

Les suburi ne sont pas là pour apprendre la rotation des hanches. Ils sont conçus pour apprendre quatre choses : la gestuelle et la respiration dans un premier temps, la prise d’angle et l’awase dans un deuxième temps, mais toujours en restant sur une ligne qui est la ligne du hanmi.

Il est vrai que ce travail, en abaissant progressivement le centre de gravité développe également la stabilité des hanches. Mais dans tout cela il n’y a pas encore de rotation, et je suis donc sur ce point en désaccord avec toi.

Ce que j’appelle moi rotation des hanches, n’existe pas, même un petit peu, dans les suburi : c’est un mouvement des hanches autour de l’axe vertical, qui oblige le corps à quitter la ligne du hanmi, et donc le mode d'exécution linéaire des suburi. Et ceci n’a rien à voir avec des rotations sur les 360° du cercle : je parle très concrètement d’une entrée par rapport à une attaque frontale, et pas dans les huit directions.

En résumé, je ne considère pas comme étant une rotation le simple fait que les hanches s’inversent sur une même ligne hanmi, que cette ligne ait un angle ou pas avec la ligne d’attaque de l’adversaire.

Au bout du compte, tout revient à définir ce qu’est en vérité irimi.

Irimi est une action double. Le corps y accomplit simultanément deux actions qui semblent contradictoires mais qui sont en réalité complémentaires : une moitié du corps sort de la ligne d’attaque, alors que, dans le même temps, l’autre moitié entre dans la garde de l’adversaire. Et si j’insiste sur "simultanément" et "dans le même temps" c’est que tout dépend de la compréhension que l’on a de ce point essentiel.

Car cette action double est impossible aussi longtemps que le corps reste sur la ligne du hanmi. On peut en effet quitter la ligne d’attaque en hanmi et frapper l’adversaire en hanmi, c’est le suburi. Mais tout ici est dans le « et » : ces deux actions ne peuvent pas être simultanées. Ce n’est pas une question d’adresse ou de vitesse, c’est une impossibilité physique.

Irimi n’est pas donné par des angles d’attaques en hanmi, irimi est la conséquence de la rotation irimi-tenkan des hanches. Voilà pourquoi il y a une grande vérité à écrire irimi = irimi-tenkan : parce qu’irimi est bien le résultat de cette action double du corps. Et c’est seulement le résultat de cette action. Il n’est pas possible qu’irimi naisse d’une autre action que celle-là. Autrement dit – et cela est fondamental – irimi est physiquement impossible à réaliser dans le mode linéaire d'exécution des suburi.

La circularité de l’action irimi-tenkan est telle qu’elle oblige le corps à tourner sur lui-même dans un déplacement caractéristique de cette circularité, et qui n’a rien de commun avec le deuxième suburi ou tout autre suburi, qui conservent invariablement quant à eux - et par définition même - le corps sur une ligne hanmi.

Philippe Voarino

Bonjour maître

     Dans votre article, vous écrivez que les suburis sont la création de Maître Saito sous l'oeil bienveillant d'O Senseï. Et que la méthode enseignée aujourd'hui chez ITAF résulte de la volonté d'amener les élèves le plus haut possible mais par étapes. Ce sont exactement les idées que j'ai exprimé dans ma précédente intervention. 
      Car derrière ses idées se cachent beaucoup d'éléments. En voici 2.

      Le premier est que Maitre Saito  a réussi quelque chose d'incroyable. Sa méthode est compréhensible et transmissible par la majorité des personnes mais en plus elle devient intemporelle. Elle a des "défauts" mais la connaissance de ses inconvénients est aussi source de progrès.
     Le deuxième est une certaine confusion nait de vos articles sur les suburis. Le premier suburi se fait à droite car c'est ainsi que Maitre Saito l'a défini. Que ce soit au stade 1 ou stade 2. Quant au stade 3, il peut se faire à gauche je n'en sais rien. Mais quel est l'intérêt à ce niveau de pratique de continuer les suburis ? Et peut-on l'appeler encore premier suburi ? (idem pour tous les autres suburis, que ce soit au ken ou au jo)

    Dernière question (pour ce commentaire), pourquoi attendre un certain niveau pour montrer le stade 3 ? Surtout un niveau si élevé ! De peur d'abandonner la méthode pour s'essayer de suite au stade 3. Il n'y en qu'un dans ce forum qui se croit meilleur que les autres en terme technique, didactique et pédagogique. Il va droit au mur, cela lui a été dit plusieurs fois, il n'en a cure. Mais tous les autres dont je fais partie, pourquoi serais-je priver de ce privilège tant qu'administrativement, il n'y a pas de sandan sur mon passeport ? En termes pédagogiques, la méthode des petites marches s'inscrit surtout dans des objectifs de type 80% au bac. Nous avons foison de techniciens et peu d'ingénieurs avec cette méthode mais de bons pourcentages. pa

Par contre (un contretemps informatique m'a coupé mon post en deux), il est bon aussi de montrer à des élèves le niveau supérieur pour qu'ils comprennent mieux leur niveau actuel. Nous avons affaire à des personnes impliquées et motivées qui se sont inscrites de leur propre chef dans cette voie, et à ITAF-France des enseignants formés qui seront faire la part des choses. Cela m'a pris un an pour faire la part entre ce que je dois enseigner et les exercices propres à ma progression et pas tout seul. La force d'un collectif soudé.

Cordialement

Maxime

bonsoir maxime, Je croyais que la curée était finis mais bon si je peux vous permettre de renforcer la force d'un collectif soudé, c'est deja ça. le stade 3, c'est un point de basculement ou l'aller retour avec les deux stades precedent est tres difficile mais surtout prejudiciable pour avancer sereinement dans ce niveau ultime et continuer a former les debutants. bonne chance j'essaye de faire autrement ne vous en deplaise. cdt

Bonjour Gilles

Lorsqu'on s'est rencontré la dernière fois à une stage de Philippe Voarino, tu étais enthousiaste au possible. Et tu voulais à tout prix te lancer dans la rotation comme axe de travail. Je t'avais répondu alors que ce n'était pas du tout le message du maître qui insistait beaucoup d'abord sur la maîtrise des bases données par la méthode Saito. Preuve de mon argumentaire: sont sortis juste après toute la série d'articles sur la méthode Saito. Tu ne veux suivre aucune méthode et toutes les amalgamer. Que connais -tu du stade 3 pour me donner des conseils ? Je ne t'ai pas nommé mais tu t'es de suite reconnu. Mes écrits n'avaient pas de méchanceté en vue à ton encontre, juste la volonté de dissiper les doutes de Maitre Voarino sur notre capacité à faire la part des choses. Cordialement

salut maxime, je sais qu'a hericourt j'était enthousiaste et je le suis toujours. je n'ai aucun conseil a donner a personne, je te donne juste une opinion personnelle mais encore une fois qui suis je pour oser donner une opinion a des gens plus gradé que moi, je suis incorrigible, je vais me refaire une piqure d'humilité. ps;qu'est ce que je connais du stade 3 ? irimi tenkan !!! la rotation comme axe de travail, oserais,je cordialement

Bonjour Philippe,

Si je te comprends bien, le stade 3 est en réalité le 4, voir le 5. Car pour comprendre le cercle, il va nous falloir une autre méthode née de celle de M. Saito, ou pas.

Cordialement.

Bonjour Maxime.

Je crois en effet que l'on ne peut plus parler de suburi au stade 3. Je crois également, comme je l'ai écrit, que l'on ne doit pas introduire d'éléments du stade 3 dans la pratique du stade 2. Quand j'ai commencé à parler du stade 3, je n'ai pas assez averti que je parlais de ce stade, et mes propos ont été interprété dans le cadre du stade 2. Voilà ce qui s'est passé. C'est pour cette raison que j'ai écrit ce texte Passage, pour faire une mise au point, et préciser mon point de vue.

Philippe Voarino

Bonjour Thomas.

Demain sera publié le premier des dossiers techniques qui vont expliquer la manière, sinon la méthode, qu'il est nécessaire d'observer pour sortir progressivement de la méthode. Le chemin est encore long, mais ce qui est au bout désormais c'est l'Aikido d'O Sensei.

Philippe Voarino

Bonjour Sensei,

Je voudrais savoir si mon idée est logique ou non:

Si Maitre Saito a décidé d'enseigner seulement jusqu'à le stade 2 est-ce que ça veux dire que le stade 3 doit être le résultat d'une réflexion personnelle, disons une compréhension personnelle de l'Aikido? C'est-à-dire que ce stade 3 doit être la conséquence d'une "recherche " pour appliquer le principe irimi-tenkan au suburi linéaire des 2 premiers stades.

Si Maitre Saito a décidé de ne pas élaborer ce stade 3 (le "vrai" aikido) donc personne n'a vraiment enseigné cela aux étudiants, (et même futurs enseignant) de SAITO.

D'une autre part, je crois que le stade 3 n'est pas des exercices à étudier. C’est maintenant une application de tout ce qu'on a étudié mais en ajoutant l'irmi-tenkan et considérant des attaques des 4 cotés... c'est pas vrai? Merci pour vos articles, ça fait comprendre le vrai concept de tout ce qu'on étudie. Personnellement je les admire et je suis même très loin de devenir un enseignant encore.

Au revoir aux tatamis. Grégoire.

Bonjour Grégoire.

Ce que vous dites est juste et doit faire réfléchir.

S'il fallait tout ramener à un problème de fond, je dirais ceci : l'Aikido ne peut pas se transmettre. On le trouve ou on ne le trouve pas, mais on ne l'apprend pas de quelqu'un. Il faut accepter cela. Je crois qu'O Sensei avait compris et accepté cela. Ce qu'un professeur peut transmettre, ce sont des outils nécessaires à la découverte de l'Aikido, mais ce n'est certainement pas l'Aikido. Je crois que maître Saito avait compris cela. Les exercices sont inutiles s'ils ne mènent pas à la naissance d'un vision nouvelle.

Philippe Voarino

bonjour, pour en revenir a la pédagogie, il me semble bien qu'osensei avait fait un choix different de Maitre SAITO, bien sur avec son accord mais cela n'empeche que maitre SAITO a appris et compris l'aikido sans sa methode ce qui prouve bien que celui qui peu comprendre les principes peu ne pas se perdre sans celle ci. L'aller retour entre les stades 1.2.3 est inexploitable en cours donc apres le stade 2,il faut partir et travailler en s'isolant completement des nouveaux pour ne pas perturber leurs apprentissage, désolé de vous dire que cela est aberent meme si c'est logique. L'Aikikai forme sans la methode et c'est pour cela qu'il ne marche pas , il y a des solutions intermediaire soyez en certain, j'espere seulement que Philippe se decide a faire ce pas, il est un des garant de la methode donc il est le plus a meme de trouver une pedagogie ou tout le monde puissent pratiquer ensemble sans dictinction de niveau. C'est mon souhait pour la paix sur la planete AIKIDO.cdt gilles

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

http://www.aikidotakemusu.org/fr/comment/2272
Copyright TAI (Takemusu Aikido Intercontinental)