Yokomen Uchi Ikkyo Omote #1

Uke : Avancez votre pied droit et frappez yokomen avec votre te-gatana droit sur le côté gauche de la tête de votre partenaire.

Tori : Avancez légèrement vers la gauche et neutralisez l’attaque de votre agresseur de votre te-gatana gauche tout en le frappant au visage avec votre main droite.

— O Sensei, BUDO p 50/51

Si vous tentez d’entrer quand la frappe d’uke est en train de s’abattre, vous vous opposez à sa force et vous serez écrasé par sa puissance : vous devez entrer quand le bras d’uke est dans sa phase ascendante, juste avant qu’il ne redescende. Les deux forces doivent aller dans le même sens.

Commentaires

Bonjour, je ne comprend pas comment le pied de uke peut être avancé et le yokomen encore en phase d’armement ??
Le pied ne se pos epas en même temps que la frappe atteint sa cible ?
Merci.

Bonjour Ldb. Le moteur du mouvement est la rotation sur lui même de l’axe vertical du corps matérialisé par la colonne vertébrale. On dit souvent par commodité "pivotez les hanches" mais le pivot des hanches n’est qu’une conséquence de la rotation de la colonne vertébrale sur laquelle elles sont attachées. Ce point est essentiel, c’est la clef de la compréhension du principe irimi-tenkan. Dans l’attaque yokomen, la rotation de la colonne transmet l’énergie et met en mouvement deux parties du corps : d’une part les hanches et donc les jambes qui y sont attachées, et d’autre part les épaules et donc les bras qui y sont attachés. Mais cette transmission n’est pas tout à fait simultanée : la jambe qui est la partie la plus lourde arrive une fraction de seconde après le bras. Vous pouvez facilement vérifier cela sur un suburi de jo comme tsuki gedan gaeshi par exemple. Pourtant, au départ de la rotation de la colonne, la hanche a un petit temps d’avance sur les épaules pour la raison qu’elle est située plus près de l’axe du corps (le bras plus léger rattrape en quelque sorte son retard dans la deuxième partie du mouvement). Et bien c’est dans ce temps très subtil que vous devez neutraliser l’attaque yokomen : au départ de la rotation de la colonne, quand la hanche d’aite a un très léger temps d’avance et que son bras a un très léger temps de retard. Le contrôle du bras est alors aisé car sans opposition, mais la forte impulsion qui a été transmise à la hanche d’aite fait que sa jambe avance malgré tout alors que le haut de son corps est maintenu en arrière (et légèrement sur le côté) par votre contrôle. Et cette situation est précisément ce qui est souhaité, car c’est la condition du déséquilibre d’aite. Ce n’est qu’en respectant cette dynamique du yokomen uchi que peut être mise en oeuvre une technique comme kokyu nage dans sa version irimi par exemple (vous trouverez prochainement sur le site une vidéo montrant ce mouvement).

Bien sûr toutes ces explications font un peu prise de tête. Elles n’ont d’intérêt que si vous essayez de les mettre en pratique sur un tatami. Tout ceci doit être compris par le corps. L’esprit tout seul est impuissant. Aiki c’est aussi l’union du corps et de l’esprit.

Oui, merci j’ai pu le constater en étant attentif à ce point le soir même où j’ai posé la question, je vous remercie pour les détails anatomiques !
Est-ce bien le même mécanisme utilisé pour certains iriminage et sokumen où l’on contrôle aite au niveau du visage mais les jambes s’engagent quand même ce qui occasionne un fort déséquilbre arrière ?

LdB je réponds à votre remarque du 02 mai. Ce que j’ai expliqué sur la rotation de l’axe du corps possède un caractère anatomique vous avez raison puisqu’il s’agit du corps. Mais ne vous y trompez pas, ces détails anatomiques ainsi que vous les qualifiez sont en réalité l’aspect physique , matériel, de l’application du principe. Ce dont je vous ai parlé n’est pas un détail propre à telle ou telle technique, je vous ai parlé du coeur de l’Aikido : je vous ai parlé d’irimi-tenkan. Irimi-tenkan n’a rien à voir avec omote et ura par exemple. Irimi-tenkan est l’origine du mouvement. Omote et ura représentent une phase secondaire, ou seconde si vous préférez, propre à l’aspect technique des formes. La compréhension claire du principe irimi-tenkan est la clef qui ouvre la porte de l’Aikido d’O Sensei. Connaissez vous cette remarque d’O Sensei à une personne qui était venu le trouver en lui disant "Je désire pratiquer votre Aikido." Il répondit avec une pointe d’ironie : "Comme c’est inhabituel, d’ordinaire personne ne semble vouloir pratiquer mon Aikido"

Oui je connais cette anectdote mais je ne suis pas sur de bien saisir ? Voulez vous dire que le principe d’entrée irimi-tenkan est la rupture de cette unité entre le bas et le haut du corps de l’attaquant ? Ou est-ce que je ne suis pas encore assez général ?
Mais peut être cela fera-t-il un jour l’objet d’un article complet... ;)
Merci pour vos explications. :)

Irimi-tenkan est la conséquence de la rotation de l’axe corporel sur lui-même. Ce qui est attaché d’un côté de la colonne vertébrale fait alors irimi, ce qui est attaché de l’autre côté fait alors nécessairement et simultanément tenkan. Voilà pourquoi on peut écrire que toujours et dans tous les cas : irimi = irimi-tenkan.

Bonjour Monsieur Voarino,

Cette même entrée paraît importante, puisqu’elle est utilisée en réponse aux attaques yokomen de ikkyo à gokyo. Le texte de Budo y met l’accent : "L’entraînement dans les attaques yokomen vous permet de saisir l’essence de toutes les techniques"(p51).

Les cahiers techniques disponibles sur ce site, concernant les kumitachi, ainsi que ceux concernant les relations ken/tai jutsu proposent, il me semble, de "répondre" aux attaques yokomen par une frappe shomen pour les "contrôler" en adoptant une position ai hanmi. Alors que dans le cas présent l’entrée s’effectue, sauf erreur de ma part, en gyaku hanmi.

Je suis curieux de savoir s’il existe une transposition identique à cette entrée en aiki ken et/ou en aiki jo. Merci et bravo pour les cahiers techniques qui offrent des points de repères à un débutant passionné.

Bonjour Kakuto.

Oui, il y a une transposition identique avec le ken à cette entrée sur yokomen. C’était même selon maître Saito une technique favorite d’O Sensei. C’est un peu difficile à décrire avec des mots. J’aurai l’occasion d’expliquer cela à l’aide d’une vidéo. Je vous demande donc un peu de patience.

Philippe Voarino

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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