Un tour à Babel

 « Croisement des lignes » 丁条 ??? « D'où sortez-vous à la fois cette écriture et cette traduction?  Outre que cette association de kanji ne se prononce pas "Kajo", le mot ne veut également rien dire. Le terme Kajo, qui s'écrit ainsi 箇条 ou か条, a seulement le sens de "article", "clause"...

http://www.aikidotakemusu.org/fr/comment/1972#comment-1972

Bonjour Eric.

Voilà donc la question que vous posez sur le forum TAI, à propos du Kajo #23.

Elle est assez importante je crois pour justifier une réponse de ma part sous la forme de cet éditorial.
Le sens de l’expression kajo est en effet un enjeu majeur pour la compréhension de l’Aikido. Et à ma connaissance, cette expression n’a jamais été traduite de manière satisfaisante jusqu’à ce jour.

Pour vous le kajō de l’Aikido s’écrit donc 箇条.Et quand O Sensei, Gozo Shioda, Tadashi Abe, Nobuyoshi Tamura et d’autres l’écrivaient, ils l’écrivaient de cette manière. Et le sens qu’ils lui donnaient était donc celui d’article, d’élément. Ikkajo serait donc le premier point, nikajo le deuxième point, sankajo le troisième et ainsi de suite, rien de plus que cette banalité...

On dirait que le destin s’amuse parfois un peu avec nous. Il est en effet assez ironique en m’envoyant cette question par votre intermédiaire.
Vous étiez, si je comprends bien, un élève proche de maître Tamura dans les dernières années de sa vie. Et bien je vais peut-être vous étonner, mais j’ai « sorti » cette écriture japonaise du mot kajo d’un ouvrage majeur publié en français en 1980 par l’association Europe Aikido, dont le titre est « Aikido », et dont l’auteur est un certain Nobuyoshi Tamura…
A la page 253 de ce livre intéressant à plus d’un titre, se trouve l’index des mots japonais utilisés, et maître Tamura a eu l’excellente idée d’indiquer l’écriture en kanji de chaque terme, en regard du romaji.

Voici l’extrait qui nous intéresse pour l’heure :

Vous pouvez vérifier à la quatrième ligne que kajo n’est écrit par votre professeur d’aucune des deux manières que vous indiquez, qu’il est au contraire écrit ainsi que je l’indique (丁条), et que cette association de kanji est bien prononcée par lui « kajo ».

Voilà pour l’écriture et la prononciation, la première partie de votre question.
Il me semble que c’est sans appel.

Passons maintenant à la traduction.
Il va falloir que les lecteurs qui ne sont pas familiarisés avec la sémantique japonaise s’accrochent un peu.
Je suis allé chercher le sens de丁 (ka) et de 条 (jō) dans un dictionnaire étymologique des kanji. Ce dictionnaire est celui de Kenneth G. Henshall publié en 1988 par Tuttle Company, Inc. (Vermont/Tokyo).
Kenneth Henshall est un philologue, c'est-à-dire qu’il s’intéresse à l’histoire de la formation des idéogrammes, en établissant pour cela la filiation de leurs sens successifs. Les sens modernes étant toujours dérivés d’un sens fondamental pouvant remonter fort loin dans le temps.

Voilà ce qu’il écrit concernant le kanji n° 346 sur la liste des Jōyō Kanji (liste officielle de 1945 idéogrammes de base prescrits par le Ministère Japonais de l’Education pour une lecture courante) :

丁 est donc à l’origine le dessin d’un clou. C’est à cause de sa forme qu’il en est venu à signifier bloc. Il suggère en effet l’intersection de deux rues à angle droit, délimitant deux blocs de bâtiments. C’est pour cela qu’on le retrouve aujourd’hui dans l’expression teijiro qui signifie croisement de rues, et dans le mot chōme qui veut dire bloc urbain (j’habite à deux rues d’ici = I live two blocks from here).


teijiro


chōme

Le sens fondamental de 丁 est donc celui de chemins ou de lignes qui se croisent comme l’écrit textuellement Henshall.

Il est vrai qu’il se prononce normalement chō ou tei. J’ignore pour quelle raison on le prononce ka dans kajo, et si un lecteur connaît la réponse je lui serais reconnaissant de bien vouloir partager l’information sur le forum.

Voilà maintenant ce qu’explique Kenneth Henshall à propos du kanji n° 716 :

条 est donc à l’origine le dessin d’une main frappant une personne avec un bâton (de bois).
Le bâton a conduit à l’idée de quelque chose de droit, et donc d’une ligne, y compris au sens figuré d’une « ligne d’arguments », c'est-à-dire d’un raisonnement.
C’est pourquoi on retrouve jō dans le sens moderne de clause ou d’article (d’un traité par exemple ou d’un contrat), ainsi que vous l’évoquez très justement dans votre question.

En conclusion, si l’on considère le sens profond, le sens étymologique, 丁 (chō/ka) signifie croisement, intersection de lignes, et 条 (jō) signifie ligne.

On s’aperçoit ainsi que l’idée de ligne est au cœur de l’expression kajō, elle y est même redondante, répétée dans chaque idéogramme comme pour la faire apparaître avec une force redoublée. Elle est, dans le deuxième kanji, comme le tronc parfaitement droit autour duquel l’arbre se structure, et elle est, dans le premier kanji, associée à la notion de croisement, d’intersection, comme les branches de l’arbre croisent la ligne du tronc. N’oublions pas que nous avons commencé le premier Kajo avec Georges Brassens :

Auprès de mon arbre, je vivais heureux… 

Voilà pour quelles raisons j’ai traduit kajō par « croisement des lignes ».

J’ai eu, vous vous en doutez, la curiosité de chercher le 箇 (ka) que vous indiquez pour l’écriture de kajō (qui est correcte bien-sûr en japonais moderne) dans le dictionnaire étymologique, et je vous livre ce que j’y ai trouvé qui est tout de même assez étonnant :

Coïncidence …, le sens étymologique de 箇 (ka) exprime lui aussi quelque chose de parfaitement droit, tout comme 条 (jō). Cet idéogramme était en effet utilisé à l’origine pour désigner un comptoir destiné exclusivement aux lames de bambou sélectionnées pour leur rectitude.
Mais si on retrouve la ligne droite dans 箇, il n’y a pas en revanche d’idée de croisement comme dans 丁, et il n’est pas impossible que ce soit à cause de cette lacune que丁 ait été préféré à 箇 pour écrire kajō, à cause du sens très particulier que cette expression devait revêtir dans le cadre de l’Aikido. Ce qui expliquerait alors que 丁 (chō) ait été prononcé ensuite comme 箇 (ka). Mais ceci n’est qu’une hypothèse.

Quoi qu’il en soit, une chose est certaine désormais, c’est que le kajō de l’Aikido doit être écrit丁条 et traduit par « croisement des lignes ».

Maintenant que ceci est acquis, mettez cette expression en regard de l’archétype qui a été mis en évidence dans la série des kajos, par lequel les techniques de l’Aikido sont organisées selon un plan rigoureux de lignes rayonnant à partir d’un centre, et se croisant en ce centre selon des angles d’une précision mathématique.
Le sens de « croisement des lignes » prend alors une résonnance et une dimension tout à fait particulières, non ? Il me semble qu’il donne le ton, qu’il annonce clairement le sujet : les techniques divines de l’Aikido naissent sur des lignes, et ces lignes se croisent de manière parfaitement ordonnée en vertu d’une harmonie qui est à la frontière de l’entendement humain… croisement des lignes :

C’est pourquoi j’avais gardé la révélation de ce sens très remarquable pour la fin de la série des kajos, en sachant qu’il était impossible au lecteur de le comprendre sans être passé au préalable par l’explication détaillée de tout le système. J’attendais depuis ce moment qu’un peu de curiosité intellectuelle de la part d’un internaute me fournisse l’occasion de m’expliquer de manière plus approfondie. Merci Eric, d’être celui qui a fait preuve de cette curiosité.
Merci surtout d’avoir éclairé un problème que je n’arrivais pas à résoudre.
En effet, je ne trouvais rien d’étonnant à ce que les occidentaux soient passés complètement à côté du sens de kajo, puisqu’ils ne lisent pas les kanji. Mais il y a une chose que je ne parvenais pas à comprendre jusqu’à votre question, c’est comment il se faisait que les Japonais ne tenaient pas plus compte que les occidentaux du sens de « croisement des lignes », qui devrait normalement leur sauter aux yeux en écrivant 丁条.
Vous m’avez apporté la réponse, les Japonais sont comme vous, ils parlent et écrivent le japonais moderne, ils ne connaissent pas le sens profond des kanji qu’ils utilisent, et ne retiennent que le sens le plus récent et le plus superficiel. Ils n’ont donc tout simplement pas vu ce qui était écrit, et ils ont assimilé kajō à une vulgaire énumération, ikkajo, nikajo… point n° 1, point n°2…, parce que c’est l’unique sens qu’ils donnent à 箇条.

Si l’écriture, le sens et la prononciation de 丁条 (kajō) sont inconnus du japonais moderne, ça n’en reste pas moins l’écriture qu’utilisait O Sensei, le sens qu’il lui donnait, et la prononciation qu’il en avait. N’oubliez pas que le Fondateur avait souvent recours aux formes archaïques de la langue pour exprimer les notions difficiles qu’il essayait de transmettre, parce que ces formes archaïques véhiculent des sens nécessaires, quoique dissimulés par l’épaisseur du temps, et évidemment inconnus de la modernité (ce qui explique au passage que personne ne comprenait vraiment ce qu’il disait).
Je vous fais observer à cet égard que maître Tamura, qui était un homme moderne, un homme de la seconde moitié du XXème siècle, n’aurait jamais pu prononcer et écrire kajo comme il l’a fait s’il ne l’avait tenu d’O Sensei.

« Paroles précieuses », dites-vous sur votre blog de Budoshugyosha, à propos de maître Tamura… kajō en est une, assurément. Il nous l’a laissée, pour notre édification.
Sachons reconnaître ce qui est important.
Car ces deux syllabes sont de la dynamite. Plus que de longs discours, elles sont susceptibles de balayer l’ignorance, de transformer radicalement la compréhension de l’Aikido, et donc la pratique de tous ceux qui accepteront d’emprunter la voie indiquée.
Celui qui veut avancer autrement qu’à l’aveugle doit admettre ceci et en tirer les conséquences : la pratique d’un Aikido qui ne respecterait pas le plan divin est sans issue.
Ensuite il doit se mettre au travail.
Il y a du pain sur la planche, la pseudo-connaissance est une tour de Babel.

Philippe Voarino, 11 septembre 2012.

Commentaires

Mr Voarino,

Merci pour votre réponse.

Mais hélas, vous êtes totalement dans l'erreur et de là, vous vous laissez emporté par votre imagination (fertile, je dois l'avouer)

Vous vous basez sur le lexique à la fin de l'ouvrage de Tamura sensei (et vous m'en fournissez une copie, je vous remercie, mais par chance, j'en ai également un exemplaire) malheureusement dans ce livre, les idéogrammes sont manuscrits de la main de Tamura sensei, et vous vous êtes fourvoyé.

Ce n'est pas 丁条 qui est écrit mais ヶ条, en effet, le son "ka" dans certains mots composés est parfois transcrit par le katakana "ke" ケ, que l'on écrit plus petit...c'est une bizarrerie de la langue japonaise.

Si vous avez des doutes sur mon explication, je ne peux que vous inviter à consulter un japonophone (c'est ce que j'ai fait avant de vous répondre, pour être sur de ne pas vous dire de bétise)

Et donc lorsque vous écrivez:

"Quoi qu’il en soit, une chose est certaine désormais, c’est que le kajō de l’Aikido doit être écrit丁条 et traduit par « croisement des lignes »."

Je suis au regret de vous dire que vous êtes totalement à côté de la plaque (si vous me permettez l'expression)

C'est dommage car vous auriez pu éviter cette erreur si vous aviez lu vos propres références.

Regardez le kanji n° 346 sur la liste des Jōyō Kanji (liste officielle de 1945 idéogrammes de base prescrits par le Ministère Japonais de l’Education pour une lecture courante) : les prononciations associées sont Chô et Tei, et donc pas Ka, comme dans Kajo.

Je pense que vos articles deviendraient meilleurs si vous étiez moins dans l'affirmation catégorique...

Voila, je pense que vous avez bien choisi le titre de votre article, car sans la tour de Babel, et le châtiment qui découla de sa construction, vous n'auriez pas eu de souci pour comprendre l'écriture japonaise...non?

Cordialement, et merci pour votre lecture de mon blog.

Bonjour Eric

Vous avez cru bon de le souligner, mais je crois qu’il allait sans dire, que le titre de l’article faisait allusion aux difficultés liées à la traduction d’une langue comme le japonais, et plus spécialement du japonais parlé par le Fondateur de l’Aikido. Problème réel il me semble et négligé jusqu’à la parution récente des traductions des discours d’O Sensei dans Takemusu Aiki par les éditions du Cénacle de France.

Que les choses soient claires : je ne revendique aucune compétence particulière quant à la traduction du japonais. Je suis un homme de tatami. Là en revanche il me semble avoir compris certaines notions regroupées sous le terme de kajo, qui ne sont pas enseignées autant que je sache. Ces notions ayant une importance majeure pour la compréhension de l’Aikido, il m’a paru utile d’essayer de déterminer le sens précis du mot « kajo » choisi pour les désigner, ce qui n’avait pas été fait jusqu’à présent.

Vous objectez à mon interprétation de l’écriture manuscrite de maître Tamura :

« Ce n'est pas 丁条 qui est écrit mais ヶ条, en effet, le son "ka" dans certains mots composés est parfois transcrit par le katakana "ke" ケ, que l'on écrit plus petit...c'est une bizarrerie de la langue japonaise. »

L’écriture de maître Tamura est difficile à lire, et je ne sais pas si vous avez raison de l’interpréter par ケ plutôt que par 丁. Il faudrait l’avis d’un traducteur autorisé, ce que ni vous ni moi ne sommes.

Mais imaginons que votre interprétation soit la bonne et que maître Tamura ait bien utilisé le katakana ケ(ke) pour écrire kajo, il y a mieux à faire alors que de jubiler comme un enfant du bonheur d’avoir raison. Pardonnez-moi, mais c’est le sentiment que provoque la lecture de votre message. Vous vous prenez les pieds dans votre joie, elle vous arrête, et elle vous empêche de tirer de l’information que vous produisez les réflexions qui pourraient être utiles à vous-même comme aux autres.

En effet, si Tamura écrit kajo ainsi : ヶ条, il ne l’écrit donc pas du tout comme vous indiquiez dans votre premier message qu’il convenait de l’écrire. Je rappelle vos propos :

«Le terme Kajo, qui s'écrit ainsi 箇条 ou か条, a seulement le sens de "article", "clause"...»

Cette contradiction vous aurait fait réfléchir si vous aviez regardé les choses plus froidement. Vous n’ignorez pas en effet que l’usage des katakana est limité, et de manière très stricte, en japonais. Ce syllabaire sert essentiellement à retranscrire un mot ou un nom étranger qui ne vient pas du chinois (car dans ce dernier cas on utilise le kanji, ou au pire le hiragana, quand on ne connaît pas le kanji). Pourquoi donc Tamura utilise-t-il un katakana alors que l’usage est d’utiliser le kanji ? Tamura ne connaissait-il pas le kanji de kajo qui vous semble pourtant, à vous gaijin, si évident ?

Il y a des zones d’ombre, et dans une telle situation ce qui serait constructif Eric, puisque votre connaissance du japonais vous le permet, ce serait de chercher comment quelqu’un comme Shioda par exemple écrivait kajo, ou comment l’écrivent les pratiquants du Daito ryu. Voilà qui permettrait à tout le monde d’avancer et serait plus productif que d’écrire des commentaires comme celui-ci, par lequel vous discréditez votre jugement :

« …vous auriez pu éviter cette erreur si vous aviez lu vos propres références. Regardez le kanji n° 346 (…) : les prononciations associées sont Chô et Tei, et donc pas Ka, comme dans Kajo. ».

Par cette phrase, vous montrez malheureusement que c’est vous qui ne prenez pas le temps de lire, tant vous êtes pressé par le plaisir d’apporter une contradiction qui vous semble définitive. Car vous n’avez même pas vu que j’ai pris le soin de préciser à propos de 丁 :

« Il est vrai qu’il se prononce normalement chō ou tei. J’ignore pour quelle raison on le prononce ka dans kajo, et si un lecteur connaît la réponse je lui serais reconnaissant de bien vouloir partager l’information sur le forum. »

Pour tout dire, ce qui est désagréable dans votre message c’est ce qu’on y devine en arrière plan, sous la politesse ironique, l’éternel et stérile esprit de chicane.

J’explique ce que je veux dire par là.

Si vous avez raison, que Tamura a utilisé le katakana ヶ à la place d’un kanji, et que le kanji correct est bien 箇 ainsi que vous le dites vous-même, alors la notion de croisement que j’avais cru trouver dans丁 disparaît. C’est entendu, et je suis prêt à l’admettre et à vous remercier de votre contribution.

Mais pour autant, ce n’est pas une attitude intellectuelle honnête, parce que vous braquez le projecteur sur un élément secondaire de la discussion, d’évacuer d’un revers de la main, sans même l’évoquer, l’essentiel du problème.

Car le point essentiel de la discussion qui nous occupe reste bien la notion de ligne, non ?

Et les deux kanji 箇 et 条 de kajo, que vous-mêmes acceptez comme l’écriture correcte, ont – l’un comme l’autre– un rapport fondamental avec la notion de ligne, ainsi qu’il a été démontré.

Que le sens du mot chargé de désigner un système de lignes soit lui-même celui de ligne interpellerait n’importe quel critique de bonne foi qui mettrait en rapport le nom avec le sujet traité.

Dans le système de l’Aikido révélé par O Sensei, ce qui est remarquable en effet, n’est pas tant que les lignes se croisent (ce qui n’est jamais que la conséquence de la position de l’homme au centre du mouvement), que le fait précisément qu’il s’agisse de lignes. C'est-à-dire que les techniques de l’Aikido soient organisées deux par deux selon des lignes qui adoptent des angles précis et qui permettent ainsi de repérer et de comprendre les directions nécessaires des déplacements.

Vous n’ignorez pas, Eric, que cette notion de direction avait une grande importance dans l’esprit du Fondateur, au point qu’il utilisait couramment l’expression « roppo » (six directions) pour désigner l’ouverture des possibles en Aikido à partir de hanmi. Vous faites même de ce « roppo » un thème de réflexion sur votre blog :

« Mais au fait quel est le sens de Roppo (six directions) ou plus exactement de Roppo ni hikari 六方ニ開キ (ouvrir dans les six directions) ? Sans doute tout simplement que l'on adopte une position permettant de se mouvoir en fonction des circonstances dans n'importe quelle direction avec aisance et rapidité...»

Hélas la conclusion à laquelle vous parvenez ici est un lieu commun qui montre que vous n’avez pas compris la réalité dont il s’agit. C’est une naïveté qui vous ferme la porte des kajo et explique que ce système vous demeure étranger. Dès lors, la notion de ligne qui est au cœur des choses vous paraît à ce point dénuée d’intérêt que vous en détournez le regard avant même toute analyse.

Car il y a bien (dans le plan horizontal) six directions fondamentales Eric … réellement… pas « n’importe quelle direction » comme vous le pensez. Et c’est parce que ces six directions sont immuables que les lignes des kajo ont un sens. Et le fait que l’on retrouve ce sens dans l’étymologie même du mot kajo devrait vous faire réfléchir davantage.

A cet égard voyez-vous, s’il m’arrive de donner des conseils, c’est quand on me le demande. Et je ne me permets pas, au contraire de vous, de conseiller des personnes qui ne m’ont rien demandé. Mais je dérogerai pour une fois à la règle, puisque en écrivant ce qui suit vous adoptez le ton du donneur de leçons :

« Je pense que vos articles deviendraient meilleurs si vous étiez moins dans l'affirmation catégorique... »

Vous avez semble-t-il un esprit curieux, et vous mettez le doigt sur des choses intéressantes. C’est prometteur et on s’attend à ce que vous en tiriez certaines conséquences qui feraient progresser la connaissance dans le pauvre paysage de l’Aikido moderne. Au lieu de cela, c’est à chaque fois comme un soufflet qui retombe : vous écrivez des pages entières sur roppo pour accoucher d’une banalité qui passe à côté de l’essentiel, vous voyez que Tamura a écrit ヶ et vous n’en tirez pas davantage que la petite satisfaction d’amour propre de me dire que je me suis trompé d’idéogramme.

Je vous conseille donc de méditer ce proverbe irlandais qui a le bon sens des paroles nées de la terre : « Y penser ne labourera pas le champ ». Il ne suffit pas en effet de voir certaines choses, il faut ensuite en tirer un enseignement, il faut travailler, car un éclair de conscience, aussi brillant soit-il, ne peut à lui seul dissiper les ténèbres qui l’entourent.

Philippe Voarino

"il y a mieux à faire alors que de jubiler comme un enfant du bonheur d’avoir raison."

En effet, je suis d'accord, je me suis laissé débordé par la joie de mettre un frein dans l'arrogance que je devinais (peut-être à tord) dans vos propos...mea culpa et d'ailleurs, comme vous le soulignez:

« …vous auriez pu éviter cette erreur si vous aviez lu vos propres références. Regardez le kanji n° 346 (…) : les prononciations associées sont Chô et Tei, et donc pas Ka, comme dans Kajo. ».

Par cette phrase, vous montrez malheureusement que c’est vous qui ne prenez pas le temps de lire, tant vous êtes pressé par le plaisir d’apporter une contradiction

Oui, vous m'avez percé à jour.

Par contre, passée cette brillante analyse de ma personnalité, vous avez du mal à accepter qu'on vous contredise:

L’écriture de maître Tamura est difficile à lire, et je ne sais pas si vous avez raison de l’interpréter par ケ plutôt que par 丁.

Mille excuses, mais c'est vous qui êtes dans l'interprétation, dans le cas présent, moi je me suis contenté de lire (et de demander à plusieurs japonais ce qu'ils lisaient ici)

En effet, si Tamura écrit kajo ainsi : ヶ条, il ne l’écrit donc pas du tout comme vous indiquiez dans votre premier message qu’il convenait de l’écrire. Je rappelle vos propos :

«Le terme Kajo, qui s'écrit ainsi 箇条 ou か条, a seulement le sens de "article", "clause"...»

Cette contradiction vous aurait fait réfléchir si vous aviez regardé les choses plus froidement. Vous n’ignorez pas en effet que l’usage des katakana est limité, et de manière très stricte, en japonais. Ce syllabaire sert essentiellement à retranscrire un mot ou un nom étranger qui ne vient pas du chinois.

Il n'y a nul contradiction, je vous rassure...simplement dans un passé assez récent (je dirais période d'avant-guerre) les katakana remplissaient le rôle qu'occupent de nos jours les Hiragana (particule grammaticale, terminaison de verbe, transcription phonétique de kanji, etc.

Donc dans ma phrase il fallait lire:

«De nos jours, le terme Kajo, qui s'écrit ainsi 箇条 ou か条, a seulement le sens de "article", "clause"...»

Cette façon d'écrire à l'ancienne, ヶ条, se retrouve encore de nos jours dans divers toponymes comme 梅ヶ丘 , Umega oka, par exemple.

Ensuite,

Pour tout dire, ce qui est désagréable dans votre message c’est ce qu’on y devine en arrière plan, sous la politesse ironique, l’éternel et stérile esprit de chicane.

Alors que vous, pas même un soupçon...

Si vous avez raison, que Tamura a utilisé le katakana ヶ à la place d’un kanji, et que le kanji correct est bien 箇 ainsi que vous le dites vous-même, alors la notion de croisement que j’avais cru trouver dans丁 disparaît. C’est entendu, et je suis prêt à l’admettre et à vous remercier de votre contribution.

Enlevons le conditionnel, si vous voulez bien:

Tamura sensei a utilisé ヶ à la place d'un kanji, le kanji correct est bien 箇 et donc la notion de croisement que vous aviez cru trouver dans 丁 disparait. C'est entendu, vous êtes prêt à l'admettre et vous me remerciez pour ma contribution...et bien, avec plaisir.

vous voyez que Tamura a écrit ヶ et vous n’en tirez pas davantage que la petite satisfaction d’amour propre de me dire que je me suis trompé d’idéogramme.

J'ai des goûts simples

une attitude intellectuelle honnête, parce que vous braquez le projecteur sur un élément secondaire de la discussion, d’évacuer d’un revers de la main, sans même l’évoquer, l’essentiel du problème.

Merci de vous soucier de moi, mais je n'ai pas évacuer quoi que ce soit, seulement vous avez tendance à voulor démontrer la véracité de vos théories par le biais de ce type d'éléments secondaires...et bien là, pour celui-ci je vous dis simplement...non, vous vous trompez.

vous écrivez des pages entières sur roppo pour accoucher d’une banalité qui passe à côté de l’essentiel

Oh moi vous savez en ce qui concerne l'accouchement, tant que le bébé est en bonne santé et que la maman se porte bien...

Vous au contraire en écrivez davantage et tentez de nous faire croire que c'est l'ultime vérité quitte à déformer un peu la réalité...c'est clairement pas banal.

Sincères salutations.

Eric Grousilliat

Bonjour Eric.

Je crois que vous êtes un peu injuste avec moi. Accepterais-je d’échanger comme je le fais sur ce forum si j’étais fermé à la discussion ? Vous pouvez vérifier que les oppositions n’y ont pas manqué ces dernières années.
Non seulement j’accepte la contradiction, mais je dirai même que c’est la contradiction qui m’a fait avancer jusqu’à ce jour. L’expérience est une somme d’erreurs que l’on a reconnues et acceptées comme telles. On dit généralement que l’homme a le droit de se tromper. Je dis moi qu’il ne peut pas faire autrement que de se tromper, parce que s’il ne se trompait pas il serait déjà là où il doit parvenir. Le progrès n’existe et n’a de sens qu’à la condition que l’erreur soit universelle.

Notre discussion nous a fait progresser l’un et l’autre. J’ai appris une particularité que j’ignorais de l’écriture japonaise, et vous avez peut-être accepté que la notion de ligne ne soit pas à rejeter, même si elle dérange la conception moderne de l’Aikido. A condition bien sûr que j’interprète correctement votre expression quand vous écrivez que vous n’avez pas évacué quoi que ce soit.

Je ne connais pas l’ultime vérité. Reconnaissez que cette caricature est un peu facile. En utilisant une telle expression vous poussez votre argumentation au-delà des limites de l’objectivité, et vous le savez bien.
A supposer que la notion d’ultime vérité ait un sens, je ne crois pas que l’homme puisse jamais y accéder.
En revanche, je pense avoir trouvé un chemin qui laisse de côté les trois impasses de l’Aikido seulement sportif, de l’Aikido seulement martial, et de l’Aikido bobo ou new age comme vous voulez. Ce qu’il y a au bout de ce chemin, je l’ignore, mais j’ai commencé à le parcourir, et ce que j’y trouve n’a rien à voir avec tout ce que je vois autour de moi sous le nom d’Aikido.
Je suis désolé de faire ce constat, mais c’est ainsi. Je ne demande pas d’adhésion aveugle, je prends au contraire la peine de proposer à la réflexion des arguments solides, dans mes cours et sur ce site. Si on me démontre qu'un argument n'est pas correct, j'accepte et je corrige, comme je le fais sur le point que vous indiquez. Je ne trouve pas toujours en face de moi la même attitude.

Saper les vérités de l’ordre établi est sans doute iconoclaste, mais pas arrogant, et si j’ai pu vous donner l’impression d’une quelconque arrogance, je le regrette car ça ne traduit pas la réalité de mes sentiments. Quand on commence à voir apparaître et se dessiner le tableau merveilleux de takemusu aiki, le sentiment qui grandit c’est au contraire l’humilité. On aurait davantage envie de se mettre à genoux que d’être insolent envers ses semblables. Sincèrement.

Une dernière chose. Si vous trouvez l’écriture de kajo par Shioda ou par le Daito ryu, je suis preneur comme vous le savez. Nous sommes peut-être au début d’une collaboration.

Philippe Voarino

Cher Monsieur Voarino,

Depuis les lumières, la validité de la démonstration est la clé de voute de la communication et de la vérifiabilité d’une théorie. Si la rigueur est manquante, je trouve difficile à accepter que vous attendiez de nous, les lecteurs, que nous respections vos positions. N’étant pas sur le tapis avec vous, nous ne pouvons juger de ce que vous dites que par le bais de ce que vous écrivez, et si vous avez décidé de vous lancer dans la communication sur Internet, vous ne pouvez l’ignorer.

D’un point de vue plus personnel, je trouve surtout ennuyeux que vous reléguiez les inexactitudes que les lecteurs vous signalent au rang de détails, en impliquant quelque part que vous êtes le savant qui montre la lune, et que les sceptiques sommes les benêts qui regardent votre doigt.

Pourtant, il me semble claire qu’assez régulièrement, vous utilisez des approximations que nous serions sensé accepter comme des faits, un peu comme un scientifique qui tracerait sa courbe et seulement ensuite, placerait les point par lesquels celle-ci est sensée passer. Autant je laisse à des gens plus érudits que moi le soin de vous reprendre sur votre japonais, mais par contre, je ne peux pas vous laisser utiliser de la pseudoscience pour justifier vos arguments, en particulier lorsque dans votre dernier commentaire, vous vous attaquez à l’”Aïkido New Age”.

Vous-même, vous avez pourtant tendance à accepter des concepts “New Age” avec peu de discernement s’ils vous semblent servir votre cause. Notez que je ne remets pas en cause votre compétence d’Aïkidoka qui est infiniment supérieure à la mienne, mais bien le ton et la façon dont vous présentez vos explications.

Voici un exemple parmi d’autres mais je trouve qu’il illustre certaines lacunes de vos démonstrations. Dans votre lettre ouverte à l’Aïkikaï http://www.aikidotakemusu.org/fr/articles/lettre-ouverte-laikikai vous dites: “...la spirale logarithmique de valeur 0,618 qui règle à la fois la croissance des spires de l'ADN, la formation de la coquille d'escargot, et l'enroulement des graines du tournesol...”

Je pense que vous faites allusion au nombre d’or (φ), qui est issu du ratio (1 + √5)/2 = 1.618. Vous mentionnez donc son inverse 1/1.618 = 0.618.

Au delà du fait que je trouve l’analogie plutôt hors de propos dans le contexte de ce que vous essayez de dire dans l’article, le postulat est erroné dès le départ puisque la molécule d’ADN est une spirale hélicoïdale, et non, logarithmique comme celle de la coquille d’escargot, donc je vois mal comment elle pourrait « croître » de la même manière, selon un même calcul. De plus, le molécule d’ADN change constamment de conformation et de proportions en fonction de nombreux paramètres dont le type de solution dans laquelle elle se trouve (salinité, température...), son état de méthylation, de phosphorylation, du taux de GC, etc. Mais ignorons tout ces éléments.

Prenons les dimensions fréquemment données à l’ADN dans les livres de biochimie. La molécule d’ADN est une structure hélicoïdale à deux brins. Le diamètre de sa section est de 20 angströms (Å). Elle est constituée d’une succession d’espaces mineurs et majeurs entre les brins (12 Å et 22 Å), le total d’un cycle faisant donc 34 Å. Voir figure ici pour faciliter la discussion: http://www.guillaumeerard.fr/documents/dna.jpg

La question est donc de savoir si l’enroulement de cette spirale est régit par le nombre d’or (ou son inverse). Considérant qu’un cycle (34 Å) fait un tour, on peut s’amuser à jouer avec les nombres en espérant tomber sur ce fameux nombre d’or, mais le plus proche est de prendre le diamètre de la section (20 Å).

Pourtant, 20/34 = 0,588, soit une différence de plus de 5 % par rapport a 0,618

Peut-être considérez-vous que, 0,618 et 0,588, c’est la même chose (comme 23 et 30 degrés…), mais ca ne l’est pas. 5% est une différence significative. C’est pourtant le nombre est le plus proche possible de toutes les permutations que j’ai tenté et encore une fois, il n’a rien à voir avec une quelconque équation de croissance de spirale.

Il est par contre beaucoup plus intéressant de noter que ce fameux nombre d’or sert souvent d’argument à la cause créationniste comme preuve de design... Est-ce un point de votre bibliographie que vous auriez omis de citer?

Bon d’accord, cette petite démonstration n’a que peu d’intérêt. Le point crucial est qu‘il illustre juste l’articulation d’une grande partie de vos argumentaires: vous partez d’une idée (peut être juste, peut être fausse, je ne suis pas juge), et vous essayez de la justifier par tous les moyens possibles, en ayant recours, pardonnez moi de le dire, à des approximation et à des arguments parfois fallacieux.

Prenons un exemple plus concret ; vos analyses des photos du livre Budo et de celles du Doshu Kisshomaru Ueshiba http://www.aikidotakemusu.org/fr/articles/erreur-2-angle-du-bras-sur-lim....

-> Approximation pseudo-scientifique: Vous utilisez des supports photographiques 2D pour calculer des angles alors que la réalité est en 3D

-> Arguments fallacieux: Vous prenez un élément au sein de cet ensemble finit qu’est ce livre, et vous cherchez partout une photo, du Doshu si possible, où il n’exécute pas cette technique de la même manière, en assumant que 1. le Doshu fait toujours comme cela et 2. que tous les pratiquants que vous appelez “Aikikai” font de même.

Vu la piètre élégance de l’attaque du Doshu, je pourrais, comme vous l’avez fait vous-même au sujet d’Eric, attaquer votre personnalité et vos intentions, mais je ne le ferai pas, je resterai sur les faits. Par contre, je dois conclure que ces lacunes de vos démonstrations rendent extrêmement difficile de vous prendre au sérieux. Je note également qu’en Daïto-ryu, on recommande d’ouvrir à un angle supérieur a 90 degrés pour les immobilisations sur ippondori par exemple. Notez que puisque je ne prétend pas tout connaitre, je ne dis pas que « nulle part, dans le répertoire technique du Daïto-ryu on utilise cet angle », je dis qu’en tout cas, on ne le trouve pas ici, ni dans nikajo d'ailleurs.

Au final, peut-être que ce sont nous les pratiquants qui y perdons, car ce que vous dites a peut-être de l’intérêt, mais j’espère que vous nous excuserez de croire que c’est à vous de démontrer de façon conclusive ce que vous avancez, et pas à nous de vous croire sur parole. « Une théorie extraordinaire requiert des preuves extraordinaires » disait Carl Sagan…

Voilà, monsieur Voarino, si j’étais vous, la leçon que je tirerais des critiques que les lecteurs vous ont récemment adressés ; je reverrais mon approche didactique plutôt que de diminuer la portée de mes erreurs et d’attaquer la personnalité ou les motivations de ceux qui les ont formulées.

Cordialement

Guillaume Erard

Bonjour Guillaume.

Pardonnez ma réponse tardive. Je rentre d’un long séjour dans un lieu sans connexion internet. Mais ce n’est pas pour l’instant Sainte-Anne où finiront peut-être par me conduire mes tentatives de communication sur le web.

Serge July, qui ne m’amuse pas toujours, m’a franchement fait rire il y a quelque temps. Il défendait François Hollande contre les critiques du Figaro. Pour dire que ces dernières étaient systématiques il a eu l’image suivante : « Imaginez que François Hollande se rende en Angleterre en marchant sur les eaux, Le Figaro titrerait le lendemain : François Hollande ne sait pas nager. » Et bien votre critique m’apparaît un peu comme celle du Figaro dans l’esprit de July.

Voyez-vous, ce sur quoi j’essaie d’attirer le regard depuis quelque temps avec cette série des kajos est quelque chose d’assez extraordinaire. Ce n’est pas extraordinaire parce que c’est moi qui en parle, je ne suis qu’une fourmi qui regarde le soleil, c’est extraordinaire parce que c’est. Alors bien sûr vous pouvez reprendre tous mes défauts - en grattant on trouve toujours - et me les jeter au visage avec un peu de confiture scientifique. J’accepte tout cela d’autant plus facilement que vous n’avez pas toujours tort évidemment, mais ne commettez pas l’erreur de jeter le bébé avec l’eau du bain.

Je n’ai jamais prétendu que ce dont je parle pouvait être parfaitement expliqué et compris par l’intermédiaire d’internet. Ce dont je parle exige la pratique et l’explication pratique. Je l’ai déjà dit et redit. J’enseigne sur les tatamis savez-vous, et chacun est bienvenu sur mon tapis, je n’y refuse personne. Là, en une minute sont balayées des objections qui semblent des montagnes derrière l’écran d’un ordinateur. Le reproche que vous me faites par exemple de confondre 23° et 30° dans une approximation inacceptable n’est pas la marque de ma légèreté, c’est celle de votre lecture rapide et de l’incompréhension qui en est la conséquence. Hito e mi ouvre le pied avant à 30°, et c’est parce que ce pied avant est ouvert à 30°que le kikai tanden, le triangle de puissance né du ventre est dirigé à 23°. Le triangle de puissance n’est pas dans l’axe du pied, comprenez-vous ? C’est bien la direction du ventre à 23° qui est fondamentale, mais cette direction n’est rendue possible que par une orientation du pied à 30°.

« Une théorie extraordinaire requiert des preuves extraordinaires », je vous remercie de me faire connaître cette idée. En y réfléchissant, j’ajouterais moi que des preuves extraordinaires requièrent des esprits extraordinaires. En dehors de quelques esprits à la pointe extrême de la physique, qui comprend en effet véritablement le boson de Higgs ? Ce dont parle O Sensei est du même acabit, il ne suffit pas, pour comprendre ce dont il s’agit, de se mettre ou pas d’accord sur quelques photos d’époque, il faut intégrer jusque dans les molécules de son corps la compréhension d’un système entier dont la structure est le reflet d’une intelligence à la limite extrême de l’humanité. Et cette intelligence, déférence gardée envers le Fondateur de l’Aikido, n’est pas celle de Morihei Ueshiba bien sûr.

Encore une fois, je n’ai aucune prétention à comprendre mieux qu’un autre, mais les circonstances de ma vie m’ont amené à entrevoir certaines choses par une porte qui était fermée jusque là et que j’ai poussée. Il serait dommage que cette porte ne s’ouvre pas aussi pour d’autres à cause de la faiblesse de mes démonstrations ou de l’arrogance de mon style dont vous me faites griefs.
Et si cela peut contribuer à empêcher que cette porte ne se referme, je m’efforcerai d’être plus rigoureux dans mes démonstrations et de cibler mes réponses en sorte qu’elles ne touchent pas à ce qui transparaît de la personnalité de quiconque pose une question, fût elle orientée et peu innocente. Car je vous rejoins sur ce point : l’essentiel n’est pas là.

Vous voyez, je tiens compte de vos remarques. Tenez compte des miennes.

Philippe Voarino

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

http://www.aikidotakemusu.org/fr/articles/un-tour-babel
Copyright TAI (Takemusu Aikido Intercontinental)