Tai no henka

Morceau d’enseignement en vidéo sur Tai no henka de l’ancienne forme à la forme actuelle.

Commentaires

Bonjour,

En consultant le site de TAI est France, j’ai parcouru avec intérêt un article intitulé "réflexion personnelle : La technique en aïkido".

Il y est précisé que O sensei fait référence en 1938 à trois mouvements fondamentaux que sont : Tai no henka, irimi et irimi tenkan.

Vous démontrez dans votre vidéo l’évolution du tai no henka réalisé par O sensei pour aboutir à la forme actuelle, forme qui si je ne me trompe pas est aussi celle que l’on peut observer pages 38 et 39 du tome 1 du takemusu aïkido de Saito sensei sous le terme tai no henko.
(A propos s’agit-il d’une coquille ou les termes henka et henko ont ils la même signification ?).

J’ai maintenant un sérieux cas de conscience à vous exposer, bien que cela ne trouble pas mon sommeil, mais suffisament important puisqu’il concerne ces fameux mouvements de base.

Pour irimi, pas de problème...à priori.
En revanche, tous les sensei sans exception (FFAAA et FFAB confondues) avec lesquels j’ai pu étudier identifient le tai no henka à irimi tenkan !

Pour exemple, en garde hidari hanmi, irimi pied gauche puis pivot à 180° et de nouveau hidari hanmi s’assimile à irimi tenkan.
Du coup, le tai no henka n’existe pas (ou du moins n’est pas identifié comme tel pour cet exercice).

En revanche, un autre mouvement est appelé communément henka. Il consiste en un pivot avec retournement ou la garde hidari hanmi se transforme en garde migi hanmi.Mouvement que j’ai encore vu appelé tenkai ? dans un ouvrage dont vous avez sûrement entendu parler : Aïkido officiel (Bigre !..) rédigé par l’actuel Doshu.

Sans rentrer dans la polémique, je sollicite juste que vous m’aidiez à y voir un peu plus clair :

Quels sont donc les trois mouvements de base auxquels O sensei fait référence en 1938 d’après l’article TAI est ?
Le tai no henka soit, (en 1938 la forme initiale je pense) , le irimi soit, mais le irimi tenkan à quoi correspond il alors ?

Si ce irimi tenkan correspond à l’actuel tai no henka il ne reste plus que deux mouvements de base... Irimi et Tai no henka.Dans ce cas l’engagement sur un mouvement tel que morote dori kokyu ho ne porte pas de nom au niveau du déplacement alors que pour un pratiquant de la FFAAA ce sera henka !

Tout ceci est un peu confus dans mon esprit ce qui est fort ennuyeux pour des éléments fondamentaux... Pourriez vous m’aider à clarifier les choses s’il vous plaît.

Bonjour Phil.

Vous touchez ici un problème qui est au coeur de l’Aikido et le temps me manque malheureusement pour développer comme il faudrait, mais je veux quand même essayer de préciser un peu les choses.

Irimi n’existe pas sans tenkan. Quand votre colonne vertébrale pivote sur elle-même, si la partie gauche de votre corps avance, la partie droite recule nécessairement, et vice versa. C’est pour cela qu’on peut dire qu’irimi est irimi-tenkan.

Pourquoi tai no henka ? Parce que tai no henka est la manière la plus sobre de mettre ce principe en application avec votre corps. Tai no henka est l’illustration la plus simple possible avec le corps du principe d’action irimi-tenkan : c’est pourquoi tai no henka est la "technique" qui commence le cours, toujours. C’est une manière de dire : "voila le principe fondamental de l’Aikido", "voilà le secret". Tout est posé là sous nos yeux depuis le commencement et nous ne voyons rien. Des yeux pour ne pas voir.

Attention cependant à ne pas confondre. Tai no henka n’est pas irimi tenkan. Tai no henka est l’application d’irimi tenkan, la première application. Tai no henka est un mouvement alors qu’irimi-tenkan est le principe de tout mouvement. Irimi-tenkan n’est pas un mouvement.

Ne faites pas un problème avec le terme henka qui veut dire variation en japonais et peut donc s’utiliser à toutes les sauces. Chaque technique a ses henka waza.

Enfin pour la prononciation : henka/henko, c’est simple. Les Japonais prononcent entre le a et le o. Les francophones entendent a et les anglophones entendent o. Ce qui explique les variations.

En espérant vous avoir aidé.

Philippe Voarino

Merci pour cette réponse qui rend plus claire dans mon esprit la distinction entre concept et technique.

Si j’ai bien compris votre réponse,les exemples de déplacements tel que : irimi, un changement de hanmi à 90°, le mouvement fondamental Taï no henka, le passage de hidari hanmi à migi hanmi en effectuant irimi "henka" ne sont que des manifestations de l’application du principe irimi tenkan.

Et si je ne me trompe pas, dans l’absolu, le passage de la garde shikaku à la garde sankaku s’effectue également par la mise en oeuvre de ce principe.

Bonjour Maître,

Je me permets de poser ma question dans cette rubrique, elle concerne les déplacements.

Que penser de techniques (j’ai déjà été confronté à cela) dans lesquelles on reçoit l’attaque de uke sans sortir de la ligne d’attaque.

Cela vous paraît-il pertinent ?

Bonjour Maître,
Je me permets de poser ma question dans cette rubrique, elle concerne les déplacements.
Que penser de techniques (j’ai déjà été confronté à cela) dans lesquelles on reçoit l’attaque de uke sans sortir de la ligne d’attaque.
Cela vous paraît-il pertinent ?

Bonjour Phil.

Je ne sais pas s’il est pertinent de recevoir une attaque sans sortir de la ligne, mais je sais en revanche qu’une telle réponse n’est pas de l’Aikido. En Aikido on sort toujours, et en permanence, de la ligne d’attaque.

Ceci dit, cette sortie de la ligne d’attaque s’effectue au moyen d’un déplacement fondé sur l’utilisation la position hito e mi. Et cette position est de telle nature qu’elle permet à la fois de sortir de la ligne tout en entrant dans la sphère de l’attaquant. Cette particularité peut donner à l’observateur l’illusion que tori ne sort pas de la ligne. Cette sortie est en effet imperceptible. Mais elle est bien réelle et fondamentale. Sans la parfaite compréhension et la parfaite maîtrise de la position hito e mi, elle est impossible à réaliser.

Philippe Voarino

Position hito e mi à laquelle l’ouverture du pied arrière participe ?

Bonjour Phil.

Oui bien-sûr l’ouverture du pied arrière participe à la position hito e mi puisqu’elle permet d’accéder au triangle inversé formé par les pieds lors de la prise de cette position.

Philippe Voarino

Merci beaucoup pour vos remarques et vos conseils.

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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