Tai jutsu - irimi nage

Renvoyez l’adversaire que vous projetez vers les autres attaquants de façon à les gêner et à interposer un obstacle entre eux et vous.
Et prenez toute la mesure du texte écrit par O Sensei à l’attention de ses élèves, à l’entrée du dojo de Tokyo :

Même en pratiquant avec une seule personne, il est nécessaire d’être attentif aux quatre et aux huit directions.

Vérifiez toujours que l’exécution correcte de la technique avec un attaquant vous permet en même temps d’éviter les frappes successives du ou des autres attaquants.

De la compréhension de ce point et de l’attention que vous voudrez bien y porter naîtra la réponse à bien des questions et la solution à bien des problèmes techniques.

Commentaires

Voarino-Sensei,

J’aimerai s’il vous plait que vous m’éclairiez quant à l’attitude mental nécessaire à adopter pour rendre l’Aikido praticable en cas de réel danger... Il m’est arrivé de demander à mon partenaire de m’attaquer aléatoirement en ignorant le dojo et l’Aikido...

Lorsqu’il décochait un coup de poing, je n’avais pas le temps de me déplacer. En fait après plusieurs répétitions, j’ai découvert que ma corpulence, mon manque d’agilité et de vitesse n’étaient pas les responsables primaires du coup encaissé. En effet, avant d’étudier ces derniers facteurs de l’échec, j’ai découvert que le coup arrivait avant que je me décide de réagir, cette fois-ci personne pour annoncer quoi ce soit.

Une autre fois, je me suis fait agressé juste parce que mon agresseur voulait un peu d’action. Il a commencé à me provoquer puis s’est rué sur moi avec des coups poings et coups de pieds qu’il décochait un peu partout avec rage... y avait il moyen de sortir de la ligne d’attaque puis de pratiquer au moins un Kotegaeshi ou Iriminage ? Sans compter le fait que peut être mon physique ne le permettait pas, il y avait aussi le facteur stresse tout en étant "submergé" par toutes l’énergie qu’il exerçait sur moi en une fraction de seconde...

Quelque temps après, j’ai repris mon calme, je fut très découragé d’autant plus que mon agresseur était de même corpulence que moi. Beaucoup de questions me "tourmentaient" : Comment se fait il que j’eusse été "submergé" de la sorte ? Devons nous pratiquer des exercices mentaux (reflex, ki...) et des exercices de situations en parallèle de la pratique de l’Aikido au dojo ? Je m’étais rappelé que j’avais négligé les Atemis, je l’avais toutefois touché avec des coups de poings, cet idiot semblait insensible (moi aussi d’ailleur)... Pour pouvoir répondre à ces questions (il y en a bien d’autres), je fit ma propre recherche. Celle-ci m’a guidé droit vers le principes d’états de conscience humaine et vers les Points Vitaux (si on fait attention aux démonstrations de Maitre Shioda Gozo, on remarque que celui-ci effectue des actions qui paraissent irrationnelles en pressant et des endroits précis sur Uke)... Aucun des deux n’est enseigné ni pratiqué dans les dojos...

Vous vous direz surement quelque chose du genre "encore un jeune qui regarde trop de film de Steven Seagal, il pense que l’Aikido l’aidera à mieux casser des gueules...", pourtant je vous garantis que je suis très loin d’être cela.

Merci d’avance de bien vouloir me faire part de votre savoir...

K.Zaki

Voarino-Sensei,

J’aimerai s’il vous plait que vous m’éclairiez quant à l’attitude mental nécessaire à adopter pour rendre l’Aikido praticable en cas de réel danger... Il m’est arrivé de demander à mon partenaire de m’attaquer aléatoirement en ignorant le dojo et l’Aikido...

Lorsqu’il décochait un coup de poing, je n’avais pas le temps de me déplacer. En fait après plusieurs répétitions, j’ai découvert que ma corpulence, mon manque d’agilité et de vitesse n’étaient pas les responsables primaires du coup encaissé. En effet, avant d’étudier ces derniers facteurs de l’échec, j’ai découvert que le coup arrivait avant que je me décide de réagir, cette fois-ci personne pour annoncer quoi ce soit.

Une autre fois, je me suis fait agressé juste parce que mon agresseur voulait un peu d’action. Il a commencé à me provoquer puis s’est rué sur moi avec des coups poings et coups de pieds qu’il décochait un peu partout avec rage... y avait il moyen de sortir de la ligne d’attaque puis de pratiquer au moins un Kotegaeshi ou Iriminage ? Sans compter le fait que peut être mon physique ne le permettait pas, il y avait aussi le facteur stresse tout en étant "submergé" par toutes l’énergie qu’il exerçait sur moi en une fraction de seconde...

Quelque temps après, j’ai repris mon calme, je fut très découragé d’autant plus que mon agresseur était de même corpulence que moi. Beaucoup de questions me "tourmentaient" : Comment se fait il que j’eusse été "submergé" de la sorte ? Devons nous pratiquer des exercices mentaux (reflex, ki...) et des exercices de situations en parallèle de la pratique de l’Aikido au dojo ? Je m’étais rappelé que j’avais négligé les Atemis, je l’avais toutefois touché avec des coups de poings, cet idiot semblait insensible (moi aussi d’ailleur)... Pour pouvoir répondre à ces questions (il y en a bien d’autres), je fit ma propre recherche. Celle-ci m’a guidé droit vers le principes d’états de conscience humaine et vers les Points Vitaux (si on fait attention aux démonstrations de Maitre Shioda Gozo, on remarque que celui-ci effectue des actions qui paraissent irrationnelles en pressant et des endroits précis sur Uke)... Aucun des deux n’est enseigné ni pratiqué dans les dojos...

Vous vous direz surement quelque chose du genre "encore un jeune qui regarde trop de film de Steven Seagal, il pense que l’Aikido l’aidera à mieux casser des gueules...", pourtant je vous garantis que je suis très loin d’être cela.

Merci d’avance de bien vouloir me faire part de votre savoir...

K.Zaki

Bonjour Ishtarus.

Votre analyse est impeccable :

« Lorsqu’il décochait un coup de poing, je n’avais pas le temps de me déplacer. En fait après plusieurs répétitions, j’ai découvert que ma corpulence, mon manque d’agilité et de vitesse n’étaient pas les responsables primaires du coup encaissé. En effet, avant d’étudier ces derniers facteurs de l’échec, j’ai découvert que le coup arrivait avant que je me décide de réagir, cette fois-ci personne pour annoncer quoi ce soit. »

Ce qui vous est arrivé est obligatoire. Il ne peut pas en être autrement tant que l’Aikido est compris comme la réponse à une sollicitation. Si l’autre commence il a un temps d’avance, ... toujours. Si vous attendez l’attaque pour y répondre, vous avez un temps de retard, ... toujours. Vous avez parfaitement raison, ce n’est pas un problème d’agilité ou de vitesse de réaction.
O Sensei expliquait clairement que le Budo véritable exigeait de développer la « force attractive » qui consiste – et je reprends ici les termes que j’ai utilisés dans ma réponse à Gérard Blaize dans le dernier numéro d’Aikido Journal – à appeler l’adversaire et à capturer imperceptiblement son esprit par une attitude de tout le corps, de façon à le guider dans ce qu’il croit être son attaque mais qui n’est que le piège dans lequel notre mouvement le conduit.

Vous touchez du doigt par votre question l’ignorance de tous ceux qui présentent l’Aikido comme un art de défense. L’Aikido n’est pas un art de défense. La défense arrive toujours trop tard. Ce n’est pas non plus à proprement parler un art d’attaque. L’attaque est toujours dangereuse. Il faut accepter que les choses soient un peu plus complexes que ce manichéisme. L’Aikido est une méthode de développement de l’individu (corps et esprit) qui le mène à percevoir l’origine profonde du mouvement et à se comporter en conformité avec elle. Cette origine n’est pas chez l’autre, elle n’est pas davantage chez vous. Elle se trouve dans le rapport subtil, dynamique, qui vous unit à l’autre. C’est la définition même d’Aiki.

Ce n’est pas simple Ishtarus … ce n’est pas simple. Mais il y a une méthode d’entraînement à l’Aikido d’O Sensei. Sans connaissance de cette méthode, je ne crois pas possible, dans les conditions actuelles de l’enseignement de l’Aikido, qu’un individu – aussi doué soit-il – puisse accéder à la compréhension véritable de ce qui est en jeu dans l’art d’O Sensei. Trouvez un professeur qui connaisse cette méthode, c’est essentiel si vous voulez obtenir des réponses aux questions très pertinentes que vous vous posez.

Philippe Voarino

Voarino-Sensei,

Je vous remercie d’apporter lueur dans ma perception de l’Aïkido. Il y a toujours des questions et énigmes qui me "tourmentent" presque après tout ce que je vois, tous ce que j’entends, tout ce que je touche, tout ce que sens et tout ce que je goute. C’est pour ça que j’aborderai pour cette fois qu’une petite partie de votre réponse :

« ...à appeler l’adversaire et à capturer imperceptiblement son esprit par une attitude de tout le corps, de façon à le guider dans ce qu’il croit être son attaque mais qui n’est que le piège dans lequel notre mouvement le conduit. »

Comment serait il possible de capturer son esprit si celui ci ne ressent plus la douleur d’une part et d’autre part frappe comme un sourd avec force et rage ? Franchement, je pense que même si j’étais un homme de métal incandescent, il frapperait toujours comme un sourd avec force et rage même si il devait se consumer... Ce que je veux dire par là c’est que quelque soit la position de mon corps, cet homme mauvais animé par la rage de détruire aura le même comportement et le MÊME type d’agression (je ne dis pas LA MÊME agression, nuance...).

Nous pouvons peut être capturé l’esprit d’un homme calme et peu concentré. Comme par exemple, un de mes amis me taquinait parce que je pratique l’Aïkido, il me donnait de rapide coups de poings. Rien à faire... Alors je me suis mis a le provoquer, et je lui donnai un petit coup d’épaule pour le pousser, et je reculai tout de suite après... Énervé il tenta de me rattraper en me fonçant dessus, j’ai eu le temps de visualiser puis de pratiquer un déplacement Irimi-Tenkan. Il avait lancé sa jambe en avant, j’ai pu juste la saisir pour lui faire perdre l’équilibre, et sa propre énergie cinétique l’a projeté à trois mettre devant moi. J’étais super content du fait que si je n’étais pas un Aikidoka, je n’aurais pas utiliser Irimi-Tenkan... Cependant, c’était un vrai coup de chance... En effet si il avait été moins bête il n’aurait pas foncé comme un âne. On peut dire que je j’ai solliciter chez lui l’idée du rapport de force (le bonheur d’un Aikidoka) en le provoquant dans un premier temps puis dans un deuxième temps, lui donner l’idée de me pousser avec mon coup d’épaule façon de lui dire :" tu crois que tu peux pousser mieux que moi ?"et lui a répondu "biensure que oui !!!".

Si je devais résumer mon idée, je la vulgariserais de cette sorte : Bruce Lee agresse Ô Sensei (cela ne veut pas dire que je manque de foi envers Ô Sensei), Bruce Lee connait la bonne attitude de combat (il ne fonce pas comme un âne respecte le Maai...), ses coups sont si rapide qu’il est impossible de les suivre. Comment Ô Sensei pourrait capturer son esprit ? Comment pourrait t’il pratiqué l’Aïkido ? Cette analogie peut vous paraitre gamine, d’ailleurs elle me dégoute, mais ma soif de réponses et de compréhension de l’Aikido est plus forte que tout. Je veux à tout prix comprendre "l’Homme Invincible" qu’était Ô Sensei. En fait je pense que les cours d’Aikido pratiqué actuellement (je ne sais pas comment ça se passe à Iwama)sont incomplets, Ô Sensei a du transmettre quelque chose qui a été oublié, mystifié ou même dissimulé ou l’a emporté avec lui dans sa tombe. Dans le quatrième paragraphe de mon premier commentaire, je pense toucher quelque chose en rapport avec ce qu’il manque dans les cours actuels d’Aïkido. Faut il vraiment être "élu" pour accéder à ce savoir paraissant si secret, si loin, si puissant, si sage... Est ce qu’il aurait fallu que je naisse avec des yeux bridés dans une famille noble japonaise ?

Merci de votre compréhension.

K.Zaki

Bonjour Ishtarus.

« Faut il vraiment être "élu" pour accéder à ce savoir paraissant si secret … ? »
Non Ishtarus. Il n’y a pas de secret en Aikido. Il n’y a que du travail. Ce qui fait penser qu’il existe un secret, c’est qu’il y a des lois qu’il s’agit de découvrir et de respecter pour qu’O Sensei puisse avoir sa chance contre Bruce Lee (je reprends votre image).

Ces lois ne sont pas d’un accès facile. C’est la difficulté qu’il y a à les comprendre et à les appliquer qui peut laisser croire que notre seule chance d’être dans le « secret des dieux » passe par la révélation d’un mage ou d’un gourou quelconque. C’est le chemin facile. C’est aussi celui qui ne mène nulle part.

Le chemin difficile, c’est celui qui est proposé par O Sensei. Rappelez-vous ses paroles : « la voie que j’ai suivie je l’ai parcourue et je l’ai conquise seul ». Ce qui ne veut pas dire que ne lui ont pas été fournis à certains moments des éléments de réflexion qui ont facilité sa progression. Seulement cette voie exige du courage, de la patience et aussi quelque chose qui ressemble à de la foi dans ce qui est proposé. Posséder une bonne méthode de travail est aussi comme je l’ai déjà dit un atout qui n’est pas négligeable.

Il est tellement plus gratifiant de jouer avec le matériel laissé pour nous par O Sensei, tellement plus commode de se faire plaisir à bon compte en faisant semblant d’être arrivé là où O Sensei nous propose d’aller, mais en demandant évidemment à uke pour ce faire qu’il veuille bien tenir un rôle de composition en se jetant aimablement à droite ou à gauche !

Je doute très fortement, comme vous, que l’Aikido moderne permette de gérer une véritable situation d’urgence. Et je répèterai ici cette réflexion de Saito Sensei en 1989, juste après un cours qui l’avait laissé songeur et sans doute un peu triste, dans une ville de France : « Si l’Aikido ne peut plus servir à sauver éventuellement sa vie ou la vie d’une personne qui est agressée, alors il ne sert à rien. » J’ajouterai pour ma part qu’il est criminel de présenter la forme conventionnelle prise par l’Aikido moderne comme un art martial. Certains qui ont cru à cette mystification et qui ont tenté de mettre en application ce qu’ils avaient appris dans le cours y ont laissé leur vie.

Par écrit, et dans le cadre très précis de votre préoccupation, je ne peux pas fournir plus d’éléments que ça aux questions que vous posez Ishtarus. Il y a un point au-delà duquel le tatami devient indispensable si l’on ne veut pas courir le risque de parler dans le vide.

Philippe Voarino

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

http://www.aikidotakemusu.org/fr/articles/tai-jutsu-irimi-nage
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