SHIODA/SAITO # 1 - Shomen Uchi Ikkyo Omote

L’objectif de la série de dossiers qui commence avec ce cahier technique est d’établir qu’il existe une homogénéité profonde dans l’enseignement des élèves qui ont été au contact direct et régulier du Fondateur de l’Aikido pendant suffisamment longtemps immédiatement avant ou après la deuxième guerre mondiale. Koichi TOHEI, Tadashi ABE, Gozo SHIODA, Morihiro SAITO font partie de ces élèves.

Pour être pleinement utile, ce cahier technique 106 devra être étudié après consultation des 5 cahiers techniques regroupés sous le titre Points clefs Ikkyo Shomen uchi.

Photos tirées du livre Dynamic Aikido par Gozo SHIODA.


Point 1
Comme l’a expliqué O Sensei dans son livre Budo et comme l’enseignait Morihiro Saito, Gozo Shioda indique clairement que ce n’est pas tori qui reçoit l’attaque d’uke, c’est au contraire tori qui attaque, qui fait shomen donc, et uke ne lève le bras que pour se protéger.


Point 2
Comme on peut le voir sur les photos d’O Sensei et comme l’enseignait Morihiro Saito, tori doit descendre uke avant d’avancer sa jambe arrière. Ce qui est bien normal puisque dans ce mouvement de descente d’uke la jambe arrière sert d’appui pour exercer la poussée.


Point 3
Comme O Sensei et comme Morihiro Saito, une fois uke descendu, Shioda indique clairement qu’il faut pousser vers uke comme si l’on piquait avec une lance. Il ne faut pas amener à soi comme on le voit fréquemment faire aujourd’hui.


Point 4
Comme le faisait O Sensei et comme l’enseignait Morihiro Saito, les genoux de Shioda sont strictement parallèles au bras d’uke et il est précisé sans équivoque que ce bras doit faire avec la colonne vertébrale d’uke un angle à 90°.

Commentaires

Beaucoup de chose à dire sur cet article, trop peut-être. Je n’en relèverai qu’une seule :

Vous écrivez : "Comme l’a expliqué O Sensei dans son livre Budo et comme l’enseignait Morihiro Saito, Gozo Shioda indique clairement que ce n’est pas tori qui reçoit l’attaque d’uke, c’est au contraire tori qui attaque, qui fait shomen donc, et uke ne lève le bras que pour se protéger.".

Très bien, mais si vous l’ignorez, cette technique de "provocation de l’attaque" s’appelle en japonais "Hi-Kake". C’est une technique d’entrée de Ikkyo parmi d’autre. Ô Sensei savait très bien utiliser cette technique. Des sources historiques que je connais, c’est exact également. Et il n’était effectivement pas le seul à faire cela. Presque tous les shihans connaissent cette technique. Pourquoi faites-vous croire que c’est la seule façon de faire encore une fois ? C’est juste une façon d’entrée, ici privilégiée parmi d’autres (la plus facile sans doute avec un peu d’expérience) ; d’autres entrées qui sont bien, elles, des moyens d’entrer Ikkyo sur un réel shomen-uchi sans le provoquer (ce que savait faire aussi Ô Sensei !). Faire croire que ce n’est pas possible ou que cela n’existe pas n’entraîne-t-il pas une curieuse réaction en chaîne du « je sais, c’est comme ça que ça se fait et pas autrement ; et pas vous » qui me semble très… sujète à caution. C’est un peu finalement ce qu’à fait Kishomaru Ueshiba. On voit ce que ça a donné. Pourquoi l’imiter ici quand il suffisait de présenter cette technique comme une très bonne solution pour ceux qui ont un peu de mal à gérer l’entrée efficiente d’un Ikkyo ?

Vous qui croyez en l’éducation, j’avoue que j’ai du mal à comprendre votre objectif dans ce genre de démarche.

Bien à vous.

Bonjour Musashikun.

Votre pensée est vigoureuse, mais c’est un maelström dans lequel des éléments différents se mélangent, ce qui aboutit à faire perdre le fil directeur de la réflexion.

Connaissez-vous un art qui ne soit pas régi par des règles ? Quand vous construisez un mur, il doit être d’aplomb. S’il n’est pas d’aplomb, il tombera. Le style ou la personnalité du maçon n’ont rien à voir là-dedans, ce sont les lois de la physique, et tout le monde est d’accord là-dessus.

Je m’efforce, dans les dossiers techniques que je mets en ligne sur ce site, de m’intéresser aux lois de la physique, afin que l’on ne puisse pas justement m’opposer ce fameux argument du « style » ou de l’« école » qui peut toujours se discuter à l’infini, rend toutes les discussions stériles, et renvoie au bout du compte chacun à ses opinions.

Je dis par exemple que si un combattant authentique démarre le premier une attaque puissante et rapide au moyen de ce coup dévastateur et difficile à voir venir qu’est shomen uchi, il n’est pas possible physiquement de lui appliquer ikkyo omote. Et vous me répondez que ma vision est réductrice parce qu’il y a bien des moyens de faire ikkyo.

Mais ai-je prétendu qu’il n’y avait pas des moyens de faire ikkyo dans le cas où aite attaquait le premier ? Il y en a plus d’un bien-sûr, mille fois d’accord avec vous, l’Aikido est riche. Cependant la rigueur devrait vous faire voir que ce n’est pas l’objet de mon propos.

Ce que je mets en évidence dans le cas présent c’est ceci : si une force supérieure à la mienne, et partie la première, fonce à pleine puissance dans la direction de mon visage, puis-je la renvoyer directement dans la forme d’ikkyo omote réalisée dans sa version irimi ? La réponse de la physique est non, sauf à développer une force plus grande capable d’arrêter la force initiale. Mais vous admettrez que dans cette dernière hypothèse on ne se trouve plus dans le cadre des lois de non opposition qui caractérisent l’Aikido.

L’Aikido ne se situe pas en dehors du monde physique, et la vérité gagnerait à ce qu’on le considère avec honnêteté de ce point de vue. Qu’il conduise à la métaphysique n’est d’ailleurs pas en contradiction avec cette réalité.

Enfin, une chose nous sépare absolument Musashikun, et je réponds ici aux arguments que vous avancez dans vos postes ultérieurs. Vous prenez de nombreuses références et comparaisons en dehors de l’Aikido, montrant ainsi que Morihei Ueshiba n’est dans votre esprit qu’un maître d’arts martiaux parmi d’autres. Je n’ignore pas évidemment qu’il existe de nombreuses écoles d’arts martiaux au Japon et ailleurs et que l’on peut trouver, ainsi que vous l’indiquez, cent manières de faire nikkyo par exemple. Mais cela ne m’intéresse que médiocrement car j’ai pour ma part expérimenté le contraire de ce que vous pensez, à savoir que l’art d’O Sensei se situe à un niveau qui ne peut pas se comparer à ce qui a été fait avant lui et encore moins après. Je vous engage de ce point de vue à méditer ce propos du Fondateur : « Ce que l’on a appelé Aiki dans les arts martiaux jusqu’à ce jour n’a rien à voir avec ce que j’appelle Aiki. »

Philippe Voarino

bonjour MAITRE,

j'ai l'impression que beaucoup d'erreur viennent de l'interpretation de l'image car en effet entre le go no sen(entrer sous et pendant l'armement) et le jo no sen (entrer sous et pendant la frappe) il y a un mur infranchissable. le sen no sen est la sollicitation de l'attaque et c'est ce qui correspond a l'attaque de MAITRE SHIODA. donc pour moi il est possible en GO NO SEN de rentrer sous le COUDE de UKE et de rentrer IKKYO me semble t'il a partir du moment ou UKE n'a pas commencé sa frappe, de ce fait l'image peut etre interprété des deux façons. dans le cas present votre demonstration est clair car nous parlons d'un shomen de tori. par contre, Il y a matiere a debat sur le yokomen car bloquer un yoko qui a démarré reviens au même que de bloquer un SHOMEN qui commence a descendre.

tres cordialement gmd

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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