Shiho Nage Omote #2

Après le pivot, vous devez vous retrouver :

  1. Derrière aite, suffisamment loin dans son dos. Cela pour deux raisons :
    1. c’est là que se trouve le déséquilibre arrière d’aite, qui va déterminer l’angle de votre coupe shomen ainsi que nous le verrons dans le Point 3.
    2. c’est là que vous êtes en sécurité, hors de portée de la main d’aite qui est restée libre.
  2. En position hanmi, car la coupe shomen que vous allez exécuter exige maintenant une rotation des hanches vers l’arrière.

Notez bien la position des mains qui sont décroisées à ce stade parce qu’elles étaient croisées dans la phase précédente. Cette position décroisée permet d’exercer le levier maximum dans la coupe finale, en harmonie avec la rotation des hanches.

La position loin dans le dos d’aite déséquilibre ce dernier et vous laisse hors de portée de son poing libre.

Notez que cette position est identique en omote et en ura. Dans le cadre du travail de base de shiho nage, omote et ura sont deux chemins différents pour arriver exactement au même endroit.

Commentaires

Monsieur Voarino permettez-moi de vous présenter mes meilleurs voeux de
bonheur et de santé pour l’année qui s’annonce.
Concernant Shiho nage, je soumets ce problème à votre expertise, et à celle de tous les participants expérimentés de ce forum.
Il arrive parfois que certains partenaires pivotent également sur eux même et rendent la technique inefficace. Cela provient-il d’une exécution erronée ? Si oui, comment y remédier ? Merci d’avance pour l’aide que vous voudrez bien m’apporter.

Bonjour
J’ai remarqué que Mme GUERRI, pour être bien positionnée après la rotation de shiho nage derrière uke, déplace son pied arrière. J’avais auparavant constaté que beaucoup d’autres professeurs déplace au contraire le pied avant, le rapprochant du pied arrière pour finir la rotation sur celui ci, puis le repositionne.

Que faut il choisir ?

Bon réveillon

Bonjour Kakuto.

Pour exécuter shiho nage, omote comme ura, il est indispensable de déséquilibrer uke. On peut le déséquilibrer vers l’avant dans un premier temps et finir la spirale dans son déséquilibre arrière, c’est shiho nage omote. On peut aussi déséquilibrer directement vers l’arrière, c’est shiho nage ura. Mais dans les deux cas vous remarquerez que le déséquilibre d’uke ne peut s’obtenir que si vous poussez devant vous vos deux mains qui tiennent la main d’uke. Si au lieu de pousser la saisie devant vous, vous la montez directement au-dessus de votre tête, le bras d’uke part en l’air, mais il n’est pas déséquilibré, il lui suffit alors de tourner sur lui-même comme dans un rock’n roll pour annuler la technique. Il faut absolument réaliser shiho nage en ayant la sensation de couper avec un sabre. Cette coupe au sabre est double : c’est un yoko giri suivi d’un shomen uchi. Vous comprenez à l’évidence qu’en montant directement les mains au-dessus de la tête on saute le yoko giri pour ne plus réaliser que le shomen uchi. C’est à cause de cela qu’uke peut tourner.

Un deuxième facteur peut entrer en ligne de compte. Au sein d’un même mouvement d’Aikido, il y a un rythme qui alterne des temps forts et des temps plus paisibles. Dans shiho nage, le pivot sous le bras d’uke est un temps fort et doit être exécuté rapidement. Si tori est trop paisible dans ce temps de rotation, uke pourra éventuellement tourner sur lui-même, et ce d’autant plus facilement bien sûr que son déséquilibre ne sera pas parfait.

Il y a enfin une troisième cause possible à la rotation d’uke dont vous trouverez d’ailleurs bientôt l’illustration dans la rubrique « erreurs courantes ». Un défaut en effet classique sur shiho nage consiste à plier les bras au moment de la rotation sous le bras d’uke au lieu de maintenir l’extension jusque dans son dos. Ce faisant, même si l’on a correctement déséquilibré uke dans le premier temps du mouvement, on le rétablit dans son équilibre au moment de la rotation et il peut aussi dans une telle situation tourner sur lui-même pour annuler le shiho nage.

Merci pour vos vœux, je fais moi celui que vous acquerriez en 2007 un shiho nage imparable et que jamais cependant vous n’ayez à l’utiliser pour blesser qui que ce soit.

Philippe Voarino

Bonjour matlamb.

Les Japonais disent qu’en Aikido le pied arrière tourne autour du pied avant comme la lune autour de la terre. Quand vous pratiquez le cinquième suburi de l’aiki ken (yokomen uchi) par exemple, vous passez alternativement de migi hanmi à hidari hanmi à migi hanmi etc..., vous quittez en permanence une position hanmi pour en retrouver une nouvelle, symétrique de la première, et c’est toujours le pied arrière qui vient s’ajuster derrière le pied avant afin de retrouver un hanmi correct. Pourquoi cela ? Parce que le pied arrière, en tournant autour du pied avant, ouvre la hanche vers l’arrière et autorise la rotation de celle-ci autour de l’axe vertébral, permettant ainsi de mettre en œuvre ce concept fondamental de l’Aikido : irimi-tenkan.

Dans shiho nage, quand vous entrez la jambe arrière et pivotez sous le bras d’uke, au moment très précis où vous arrivez dans le dos d’uke, juste avant d’exécuter la coupe shomen, votre hanche arrière a dû exécuter un large pivot vers l’avant et se trouve de ce fait encore dirigée vers l’avant. C’est normal, il reste encore à l’amener en rotation vers l’arrière pour couper shomen en respectant les lois de l’aiki ken. Ceci n’est possible qu’en pivotant le pied arrière autour et derrière le pied avant. C’est à cette condition que peut être efficacement mise en œuvre la rotation de l’axe vertébral. Si au contraire vous « croisez » en amenant le pied avant près du pied arrière, la hanche arrière qui n’a pas pu bouger reste toujours dirigée vers l’avant. Et à cause de cela, même si la position des pieds peut donner l’illusion que le hanmi est correct, ce n’est pas la réalité. Si vous projetez d’une telle manière, en amenant uke à chuter comme cela doit se faire pour shiho nage sa tête entre vos deux pieds, vous vous apercevrez que vous êtes déséquilibré vers lui. Si au contraire vous respectez la rotation du pied arrière et développez un tenkan correct avec la moitié arrière de votre corps, vous n’aurez aucun problème d’équilibre.

Patricia Guerri a donc parfaitement raison d’exécuter shiho nage comme elle le fait.

Je vous souhaite une très agréable fin d’année 2006.

Philippe Voarino

Bonne année ! Bon shihonage, c’est ca qui compte, le shihonage^^

Ya t’il une rotation dans l’autre sens pour se réajuster après le demi tour sous le bras de uke ? Je dois confesser que je ne suis jamais suffisement engagé dans son dos après cette rotation qui semble incomplète et m’expose un peu le flanc.
D’autres part ya t il un intérêt à fléchir les jambes, notement dans le cas ou uke est petit ? A quelle hauteur travailler plus généralement en aikido ? (mais peut être shisei fera l’onjet d’un article à part entière...^^)

Merci encore pour votre précision/clarté/cohérence/disponibilité ! (la meilleure mais aussi la plus exigeante des publicité...)

Bonsoir LdB.
Vous me permettez avec cette question sur shiho nage de montrer en quoi la pratique des armes de l’Aikido aide à comprendre et éventuellement à corriger les techniques à mains nues de notre discipline quand on a certains doutes. « Y a t’il une rotation dans l’autre sens pour se réajuster après le demi tour sous le bras de uke ? » Oui, bien sûr, mais pas pour se réajuster : pour couper shomen.

Prenez un ken et faites happo giri. Vous êtes chudan no kamae, migi hanmi. Supposons que vous avez le nord dans votre dos, vous allez d’abord couper yoko giri vers l’ouest en croisant votre pied gauche en arc de cercle devant votre pied droit. Dans cette position très inconfortable (ce n’est évidemment qu’un passage) vous pivotez maintenant à 180° en montant le ken au-dessus de votre tête et vous vous retrouvez naturellement en migi hanmi à nouveau, vers l’est cette fois. Mais dans la rotation que vous venez d’effectuer, votre hanche gauche est nécessairement amenée vers l’avant. Vous êtes à contre sens de la coupe shomen qui va suivre en migi hanmi. En effet la règle fondamentale en Aikido si vous êtes migi hanmi et que vous faites shomen, yokomen ou tsuki, c’est que la hanche droite fait irimi quand la hanche gauche fait tenkan (puisque les deux hanche, entraînées par l’axe vertébral, ne peuvent qu’effectuer une rotation simultanée et complémentaire). Donc, si vous voulez couper selon les lois de l’Aikido, vous devez « lancer » la hanche gauche vers l’arrière en même temps que la hanche droite part vers l’avant, c’est-à-dire, pour reprendre votre expression, faire une rotation dans l’autre sens. Shiho nage n’est pas autre chose qu’happo giri à mains nues. Vous avez donc votre réponse.

En Aikido tori doit travailler à sa hauteur, pas à la hauteur d’uke. C’est pourquoi dans certains cas, s’il y a une différence de taille très importante, certaines techniques ne doivent pas être exécutées. Il n’y a par exemple aucun sens à vouloir passer shiho nage ou koshi nage sur un uke qui a deux têtes de moins que soi. Tant d’autres choses sont possibles. Cependant, travailler avec des personnes plus petites que soi (des enfants par exemple) est une excellente chose, car cela oblige, tant que faire se peut, à abaisser son centre de gravité.

Philippe Voarino

Pardon, je parlais de poursuivre la rotation (le demi tour) afin d’entrer plus loin dans le dos d’uke. Vous avez tout de même répondu à ma question en décrivant à nouveau le mouvement du début à la fin mais je continue à être trop sur le côté d’uke à la fin de ma rotation. (bouges tes hanches là c’est tes pieds qui bougent me dit on...).
Auriez vous des points clef à énnoncer afin de trouver un placement juste à la fin de cette rotation ?

Merci pour les indications sur la hauteur de travail, cela pourrait amener d’autre réflexions sur la pertinence de certains suwari waza...

Bonsoir Maître,

Je tenais à vous remercier car je viens de trouver dans la réponse que vous aviez faite à Kakuto, en date du 31 décembre 2006, des éléments qui m’ont permis de corriger un peu mon shiho nage de base et dont j’ai pu faire profiter, à mon modeste niveau, le tout jeune débutant qui contrait mes mouvements en tournant sur lui même.

J’espère également que vous pardonnerez certaines interrogations à venir auxquelles vous avez déjà sûrement apporté des réponses sur ce forum, mais j’avoue qu’il est tellement riche que je n’ai pas encore eu le temps de tout étudier.

Merci également pour les articles concernant les quatre directions de shiho nage. Je comprends enfin ce qui justifie le SHI de Shiho Nage.
J’ai bien peur malheureusement d’être encore confronté à de nombreux enseignants n’ayant qu’une vision partielle des choses...

Toujours dans le souçi d’améliorer mon shiho nage je souhaierais vous demander quelques précisions.

Si toutefois j’ai bien compris, dans la forme omote de base et sur une saisie gyaku hanmi par exemple, vous engagez la technique en vous plaçant à 90° environ de la ligne où se situe uke puis après le déséquilibre que vous prolongez vous faites le pivot.

Ce pivot doit il amener Tori à environ 270° de la direction du placement initial, c’est à dire dans la direction où Tori se trouvait (face à uke) au départ de la technique ?

En second lieu et si c’est bien le cas, est-ce que cette rotation au delà de 180° (270°) n’est rendue possible que grace à un déplacement Happo giri ?

Enfin, lors de la coupe finale en shomen où je tourne les hanches je change encore de direction, est ce donc à dire qu’au cours de cette projection j’aurai pivoté d’environ un tour complet plus un quart de tour ?

Merci pour tous vos enseignements.

PS. Au risque de n’avoir pas été très clair pour la dernière question je sous entendais évidemment un tour complet et un quart de tour dans l’autre sens...

Bonjour Phil

Oui, si vous voulez vraiment arriver dans le dos d’uke sur shiho nage, il est indispensable d’utiliser le déplacement happo giri.

Votre deuxième question :

« Enfin, lors de la coupe finale en shomen où je tourne les hanches je change encore de direction, est ce donc à dire qu’au cours de cette projection j’aurai pivoté d’environ un tour complet plus un quart de tour ? »

Attention : si vous voulez vous exprimer ainsi, vous devez bien dire, ainsi que vous l’avez corrigé dans le post suivant, que vous aurez pivoté d’environ un tour complet moins un quart de tour. Car la coupe finale en shomen est exécutée grâce à une rotation du corps en sens contraire de la rotation initiale qui vous a amené dans le dos d’uke.

Philippe Voarino

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

http://www.aikidotakemusu.org/fr/articles/shiho-nage-omote-2
Copyright TAI (Takemusu Aikido Intercontinental)