Pas de shiho nage ...

pas de kote gaeshi, pas même d’ikkyo ! Sommes nous donc si loin de l’Aikido ?

Non, nous feuilletons le livre BUDO de 1938, seul livre jamais écrit par O Sensei Morihei UESHIBA, Fondateur de l’Aikido.

Et à aucun moment un nom quel qu’il soit n’est utilisé dans ce livre pour désigner les mouvements qui y sont représentés. Les seuls noms employés par O Sensei font référence à des principes (irimi, tai no henka, irimi-tenkan). Ensuite sont définies deux attaques (shomen et yokomen). Voila tout.

Quand il compare cette réalité aux interminables catalogues techniques d’examens élaborés par les fédérations, le candidat au dan d’Aikido peut tout de même s’interroger sur les raisons d’une contradiction aussi évidente. Et si l’on est honnête, on se gardera de répondre cette fois en tirant, comme il est d’usage, la vieille ficelle de l’évolution de l’Aikido. Il y a une explication, elle tient en peu de mots : la technique n’est pas une fin.

C’est la raison pour laquelle O Sensei n’a jamais souhaité la définir avec des mots. Et ce n’est pas lui, ce sont ses étudiants qui ont accroché des noms sur les mouvements à seule fin de pouvoir les retenir. Il ne s’y est pas opposé, mais il n’a jamais œuvré dans ce sens. Car le verbe, qu’on y prenne garde, n’est pas un vulgaire instrument. Le verbe est créateur. Nous le savons bien, nous qui disons qu’au commencement était le verbe. Nos officines fédérales ont transformé l’Aikido en meuble d’apothicaire chinois. On sort une technique d’un tiroir, on referme le tiroir, on ouvre un autre tiroir... « Monsieur, il faut apprendre le vocabulaire... Faites shomen uchi ikkyo s’il vous plaît... »

En Aikido il n’y a pas de tiroir. Il y a un principe organisateur qu’utilise l’énergie pour s’orienter vers la manifestation. Cette manifestation, ou cette création si l’on préfère, donne évidemment naissance à des formes variées. Mais la diversité de ces formes n’est qu’une apparence. Toutes parlent en réalité de la même chose. Ce n’est qu’à cause de la grande myopie de notre regard que nous voyons différent ce qui est en réalité identique.

Ces formes apparemment diverses, nous les appelons techniques. Ensuite nous choisissons un nom pour chacune d’entre-elles. Nous disons « kata dori men uchi shiho nage ». En faisant cela, nous faisons vivre ces formes d’une vie autonome à laquelle elles ne peuvent pas prétendre. Alors le piège se referme. Le principe est devenu invisible, évanoui derrière le voile d’Isis. Et notre ambition entière se résume désormais à ajouter une nouvelle technique à toutes celles qui s’empilent déjà sans effet dans les tiroirs de notre « savoir ».

Puis on dit sans rire : « Il faut oublier la technique ! » Mais comment oublier la technique si la technique est proposée en permanence comme le seul but à atteindre ? Quelle chance un culturiste qui ne pense qu’à ses muscles a-t-il de jamais les oublier ?

La technique n’est importante que dans la seule mesure où elle est la conséquence juste de l’application du principe. Car le principe est à l’origine et gouverne, la technique est seconde. Voila pourquoi O Sensei écrit dans son livre « Allez au centre des choses et vous maîtriserez tout le reste ». Autrement dit, allez au principe et vous maîtriserez la technique. Allez à la technique et vous ne maîtriserez jamais cette dernière parce que vous vous perdrez dans le labyrinthe des formes. On ne sort pas de ce labyrinthe sans fil d’Ariane. Le multiple est le mode qu’adopte le Un pour se manifester à nous.

Tout est simple et sous nos yeux et nous ne voyons pas. Chercher la vérité, c’est comme chercher des champignons. Si l’on jette au sous-bois un coup d’œil circulaire, on ne voit rien, le sol paraît stérile. Et pourtant les champignons sont là, superbes et sans voile. Mais pour les voir, il faut fixer le regard.

TAI s’efforcera de fixer le regard dans la rubrique intitulée « Cahiers techniques » afin d’attirer l’attention sur la technique bien sûr, mais surtout - a travers la technique - sur ce qui rend possible la technique juste. La rubrique « Tribune des clubs » a une autre fonction. C’est l’endroit où peuvent s’exprimer les opinions. Elle est ouverte à tout pratiquant qui souhaite échanger des idées par l’écrit ou par l’image. Documents et références doivent être envoyés directement au webmaster.

Philippe Voarino, 1er janvier 2005

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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