Les armes de l’Aikido

Cet article a été initialement publié dans le magazine - Karate Bushido N°185 - de novembre 1991.

Pendant 28 ans, Morihiro Saito vécut avec 0 Sensei Morihei Ueshiba à Iwama, dans le dojo construit par le fondateur de l'aikido. Philippe Voarino, 4° dan, a travaillé plusieurs années sous la direction de Saito sensei. Il fait partie des 8 personnes au monde à qui maître Saito a délivré les 5 diplômes traditionnels mentionnant l'ensemble des techniques d'armes de l'aikido.

C'est parce que les hommes vont luttant contre d'autres hommes, disant et faisant des choses futiles que rien ne va dans ce monde.

Ces paroles, sont celles d'O Sensei Morihei Ueshiba telles que maître Tamura les a rapportées. Je suis trop conscient de l'inutilité des querelles de personnes pour avoir jamais été tenté par cette voie. Mais l'aikido m'a appris que toute action provoque une réaction. Quand on donne un coup de pied à un âne, l'âne donne une ruade. L'âne est un bon philosophe. Le bon maître Apulée n'en prenne pas ombrage, je serai aujourd'hui l'âne de l'aikido. Tant mieux si cela amuse. On peut dire en riant des choses sérieuses.

Ane, mon ami

J'ai rongé mon frein, rompu mes entraves, et me promène librement dans l'étonnant domaine de l'aikido où je croise les humains. Tous vont et viennent portant sur l'épaule un bâton et un sabre de bois. Curieux de cette coutume, j'interroge l'un puis l'autre. Ils disent que l'aikido vient des armes et qu'il est donc naturel qu'ils possèdent des armes. Comme je ne suis qu'un âne, je comprends mal les énigmes et leur demande de me montrer comment ils utilisent le sabre et le bâton. Un âne se méfie toujours des bâtons.

Sans broncher, ils avouent ne rien connaître à cette pratique. Ils ont manié quelquefois ce qu'ils nomment bokken et jo, mais pas suffisamment pour me montrer quoi que ce soit. Sans plus s'occuper de moi, ils repartent droit devant en conversant et répétant que l'aikido vient des armes. Peu satisfait par ces explications, je repère au loin un petit groupe affairé et je m'avance. Il y a là des gens qui virevoltent avec des sabres, d'autres qui jonglent avec des bâtons. Tout ceci me dis-je, est d'excellent augure pour mon information. Profitant d'un instant de pause, je demande s'il est vrai que l'aikido vient des armes. Le chef du petit groupe vient vers moi entouré de ses fidèles et déclare que les armes sont très utiles pour comprendre l'aikido. Je demande alors si ce que je viens de voir est bien ce qu'on appelle les armes de l'aikido.

Absolument pas, me répond-il, les exercices de sabre que tu viens de voir appartiennent au Iaido, et ceux de bâton au Jodo.

Je m'étonne qu'il ne pratique pas les armes de l'aikido puis-qu'il enseigne cet art avec brio. « Ane mon ami, déclare-t-il avec une pointe d'impatience, on ne peut enseigner ce que l'on ignore, et ce que je connais tu l'as vu. » Il ajoute que seul un âne peut douter que l'aikido vient des armes et s'éloigne entouré de ses fidèles qui rient. En bon âne, il y a longtemps que j'ai pris mon parti des railleries et des médisances.

Têtu - c'est la misère, mais parfois la grandeur de notre espèce - je ne m'avoue pas vaincu. Je marche longtemps, erre ici et là, me trompe souvent de chemin, mais parviens finalement à rencontrer le grand chef des aikidokas de ce pays : maître Ratamu. Avec déférence je m'avance et répète mon éternelle question. Il hoche la tête longuement, cligne de l'oeil avec malice et lance à mi-voix que je comprendrais tout, si je ne cherchais rien. Mais ma surprise le fait rire et il ajoute que les armes ont effectivement une importance capitale dans l'aikido. Alors, oubliant toute la réserve qui sied à un âne, je demande ce que sont les armes de l'aikido. A la réponse du grand maître, l'étonnement me coupe les pattes.

Je ne les ai malheureusement jamais apprises, dit-il. mais je puis t'assurer qu'elles sont du plus haut intérêt pour la compréhension de notre art. Excuse-moi maintenant, je dois te laisser.

Et il s'en va vers ses élèves qui l'attendent en bon ordre. Derrière lui un assistant s'empresse, chargé du magnifique étui d'armes du maître.

Iwama

Ainsi me dis-je après avoir remercié de force courbettes - ce qui pour un âne n'est pas chose facile - personne ne peut donc me renseigner ici au sujet des armes de l'aikido. Mais je sais qu'il existe, au pays du Soleil Levant, la Grande Maison Centrale qui a formé tous les Maîtres, et qui les dirige de par le monde. L'âne n'a pas la rapidité du cheval, son frère, mais il peut marcher longtemps. Ne ménageant pas ma foulée, je parviens, au terme d'un long voyage, aux portes de la Grande Maison vénérée où je demande l'autorisation d'assister à un cours d'armes. Le grand maître des lieux, vieillard respectable, se trouve par chance à l'entrée. Ce n'est autre que le fils du fondateur. Me regardant d'un oeil curieux, il daigne répondre lui-même :

Personne n'enseigne dans la Grande Maison les armes de l'aikido, mais tu trouveras ici deux ou trois maîtres qui ont étudié d'autres écoles de sabre et de bâton, et qui mélangent habilement ces techniques avec l'aikido. Entre, si cela t'intéresse.

Je m'excuse poliment, prétexte ma grande fatigue et quitte abattu ces lieux et ces gens sans plus d'utilité pour ma quête que tous ceux rencontrés à ce jour. J'eus peut-être abandonné si ne m'était revenu à ce moment le nom d'un petit village du Soleil Levant, entendu il y a longtemps; par compensation du destin les ânes ont une bonne mémoire.

Iwama, ces trois syllabes étaient tout l'espoir qui me restait. Sans égard pour mes sabots abîmés, je me remets en route. Un âne n'est pas à l'aise dans les villes, quel bonheur pour moi de retrouver la campagne !

Au dojo d'Iwama règne Maître Saito qui m'accepte uniquement en ce lieu si j'y pratique comme les autres. Pensez, quelle promotion pour moi d'étudier avec les humains. Bien me prend d'accepter, car je découvre enfin là ce pour quoi j'ai tant marché. Il y a longtemps déjà, le fondateur de l'aikido construisit lui-même le dojo où nous vivons aujourd'hui. Il l'habita pendant les 28 dernières années de sa vie. Alors qu'à Tokyo, bien loin d'O Sensei, grandissaient tous les maîtres d'aujourd'hui élèves de son fils Kisshomaru; un seul homme eut le courage et la constance de rester auprès d'O Sensei tout au long de ces années : Morihiro Saito aida et accompagna le Fondateur dans ses tâches quotidiennes à Iwama. Il l'aima avec des actes. Il ne fit pas cela pour être payé en retour. Pour cette raison sans doute il fut largement payé en retour : il assista jour après jour à la naissance de l'aikido.

Et cet aikido ne ressemblait pas à celui qui se développait déjà, sous le même nom, mais de manière autonome à Tokyo. Il n'y ressemblait pas, parce qu'élaboré à partir d'un intense travail d'armes, complètement ignoré dans la capitale où jamais O Sensei n'enseigna la bâton et le sabre. Et je compris en ce lieu, moi, pauvre âne qui n'avait d'autre qualité que mon entêtement, ce que bien peu de gens savent dans le monde : les armes de l'aikido existent et l'on peut aujourd'hui les apprendre. Non pas comme on apprend une curiosité en plus de l'aikido, mais comme un élément moteur de cette discipline divine. C'est à Iwama -- dois-je le rappeler à mes frères humains -- qu'O Sensei construisit l'Aiki-Ginga, le Temple de l'Aikido. A Iwama, pas à Tokyo.

Dire que les élèves de Tokyo ne rendirent autrefois à ce lieu que quelques visites sans lendemain ! Allons, me dis-je le destin qui mène nos pas m'a conduit en ce lieu imprévu. Puis-je faire autrement que d'emprunter la voie qu'il m'indique ? Et sans rechigner je me mets au travail, lentement, patiemment, mais sans repos, comme seul un âne peut le faire.

Retour au pays

Bien des années passent ainsi, partagées entre l'étude des techniques d'armes et des techniques de corps qui toutes ensemble, et ensemble uniquement constituent l'aikido. Vient enfin le jour où Maître Saito me remet le diplôme de maîtrise. Et je sens qu'il est temps pour moi de regagner mon pays. Me voici de retour sur le sol natal, plein d'enthousiasme car je vais pouvoir y aider mes frères humains qui pratiquent l'aikido mais que le hasard des circonstances n'a pas conduit aux mêmes expériences. Une grande fête de l'aikido est organisée que les hommes appellent stage, et l'on me demande d'y enseigner les armes de l'aikido. J'accepte avec joie.

Ce que l'on a appris d'authentique n'est pas à nous, il faut le transmettre sans tarder. La vie ne nous appartient pas, bien que nous soyons vivants, elle était avant nous, elle sera après nous, si nous la transmettons. Après si longtemps je croise à nouveau Maître Ratamu et je m'avance avec respect. Mais une lueur étrange brille dans son oeil.

Ce stage est mon stage, gronde-t-il, ne t'avise pas, âne du diable, d'y enseigner ce que tu as appris. Veux-tu donc m'ôter le pain de la bouche ? Si tu ne te retires pas sur le champ, c'est moi qui annulerai ma participation

, menace-t-il en se tournant vers l'organisateur de la fête qui pâlit en songeant à ses comptes. Et il se dérobe comme je bredouille quelques paroles qu'il ne veut pas entendre. Je n'en crois pas mes fidèles oreilles. L'art divin serait-il devenu un froid commerce ? Le chantage a-t-il pris rang au nombre des vertus martiales ?

J'en suis à ce point de mes réflexions quand m'interpelle une voix que je reconnais aussitôt. C'est le chef du groupe d'autrefois qui approche, entouré de ses fidèles. Entre les dents, pour que je sois seul à l'entendre, il me souffle

Ane présomptueux, as-tu décidé de ruiner mon prestige ? Si tu es seul à connaître les armes de l'aikido, tu le resteras crois-moi ! C'est la guerre que tu veux et tu l'auras.

Il s'éloigne furieux, entouré de ses fidèles qui n'ont pas entendu mais qui hochent la tète. La guerre, moi ! Moi qui n'ait fait des arts martiaux que pour mesurer combien la guerre est vaine. Moi qui n'ai jamais cherché dans l'espoir de me forger un outil de pouvoir. Moi qui n'ai travaillé que pour transmettre ce qui m'a été transmis. Moi qu'anime le désir de voir les hommes s'élever, et qui m'efforce dans ce but de préserver une connaissance traditionnelle qui meurt.

La guerre...

L'âne est un animal pacifique voyons. Rassurez vous, il n'est pas dans mon intention de manger votre pain. Je m'éloigne avec tristesse en songeant que les hommes sont drôles. Il ne savent pas lire leur histoire. Ils ne voient pas qu'un pouvoir fondé sur l'ignorance n'a pas d'avenir, il porte en lui des germes de sa destruction.

La transmission du savoir

Décidément je ne suis qu'un âne, et je ne comprends rien aux affaires humaines. Par fortune, je suis un âne libre et je refuse tout pouvoir qui gouverne par l'organisation de l'ignorance. Je n'ai aucune ambition personnelle. Je ne lutte pas pour moi, car on ne m'enlèvera plus ce que je possède aujourd'hui. Mais j'ai désormais une dette. J'ai reçu en dépôt un trésor. Et je ne puis le garder dans un coffre car ce trésor est vivant, il peut mourir. Alors j'ai décidé de retrouver tous les hommes, par-delà les frontières qui ont reçu comme moi ce joyau. Ensemble nous travaillerons à la mission qui nous est confiée, sans arrière pensée de pouvoir ou de lucre, avec pour guide le seul Maître qui ait démontré à ce jour à la fois une authentique compétence technique, une sincérité dans la transmission du savoir, et un dévouement total à la cause de l'aikido original du Fondateur O Sensei Morihei Ueshiba : Maître Morihiro Saito, gardien des lieux sacrés de l'aikido à lwama.

Ce groupement est ouvert à tous ceux qui ont eu un doute, un jour, sur la vérité de l'aikido qui leur était enseigné. Je n'ignore pas le temps que réclame l'éveil d'une conscience, et qu'on ne donne à boire qu'à celui qui a soif. Je n'ignore pas combien la qualité s'accommode mal de la quantité. Et je sais par avance les quelques-uns que touchera cet appel. C'est pour eux que j'écris. N'en déplaise aux forces obscures qui souhaitent pour le monde moderne un aikido trivial, n'en déplaise aux instances suprêmes nationales ou internationales écrasées sous le discrédit, il existe désormais un centre, un point d'ancrage de la tradition, repère immobile dans l'agitation moderne.

Voyez-vous, l'âne que je suis était au bord d'une falaise. Il aurait pu attendre longtemps avant de sauter, et peut-être ne jamais le faire. On l'a poussé à l'eau, et maintenant il faut bien qu'il nage. Ne croyez pas surtout qu'il y ait dans tout ceci la moindre colère. On exagère beaucoup le mauvais caractère des ânes. C'est tout simplement qu'en vertu des Lois d'harmonie, il ne pouvait en aller autrement.
« Honni soit qui mal y pense. » C'est là une vieille formule du code de la Chevalerie occidentale, qui n'est pas encore tout à fait mort, quoi qu'on en dise, et qui me semble pouvoir en remontrer par moments au code du Bushido.

Philippe Voarino, novembre 1991

Commentaires

bonjour Mr Voarino ;
merci pour la position hanmi, je ne m’attendais pas a cette reponse.
j’ai la chance de pouvoir pratiquer les Armes de l’aikido , je ne suis qun debutant mais je prends un réel plaisir a le faire.
je suis convaincu que sans les armes O’sensei aurais fais un aikido totalement different que celui que nous connaissons .je pense quil etait un samurai a sa façon et sans ses armes il aurait fais autre chose
mais je me pose des questions aussi ,nous ne somme pas des orientaux comme vous dites, nous ne pouvons pas ne pas nous poser de questions. loin de moi de pretendre etre l’ane de l’aikido, disons que je ne suis qun petit ane donc je me garde de poser les questions qui sont trop compliquées mais le petit ane est un tres bon philosophe aussi.il y’a une question qui me creuse l’esprit depuis que j’ai rencontré les Armes de laikido .
l’aikido vient til des armes ? nous les pratiquons pour developper notre tai-jutsu ? c pour ça que il ya happo giri par exemple, ou alors c pour ça que vous avez expliquer l’aikiken et kotegaeshi ?
mais si c pour cela alors pourquoi nous ne pratiquons les suburi que de la main droite pour certains et que de la main gauche pour d’autre ?pourquoi vous n’avez expliquez la relation aikiken kotegaeshi que d’un seul coté ?je suis meilleur en irimi nagé sur katate dori losque aite me tient la main gauche que lorsquil me tient la main droite par exemple, je pense que si je pratiquai mes suburi des deux mains ça m’aiderais a developper mes deux cotés. ?

Ou alors les Armes de l’aikido sont une partie de l’aikido liées au tai-jutsu mais n’existent pas just pour perfectioner celui ci ?

merci d’avance

fouzi

Bonjour fouzi. Je crois qu’il est très important dans ce domaine de faire attention à la manière dont on s’exprime. Car le langage est créateur. Et il est notamment créateur de confusion. J’utilise votre exemple, vous posez la question "l’Aikido vient-il des armes ?". Et bien l’utilisation de cette formule n’est pas neutre. Elle nous met déjà sur une piste : celle des armes d’une part et de l’Aikido d’autre part. Si je réponds sans prendre les précautions que j’utilise en ce moment, je conforterai l’idée qu’il existe bien dans un domaine un peu nébuleux des arts martiaux une pratique plus ou moins générale des armes (sabre et lance), et que par ailleurs, dans un autre domaine, séparé, détaché, le fondateur de l’Aikido aurait créé son art. Seule une étroite passerelle reliant alors dans le meilleur des cas ces deux mondes indépendants. En fait, sans le vouloir et sans que vous vous en rendiez peut-être compte, l’énoncé même de votre question oppose l’Aikido aux armes.

Le génie de Morihei Ueshiba est qu’il a su ne pas s’embarrasser de contingences : pour faire l’Aikido il n’a pas cuisiné le tai jutsu dans une sauce aux armes et pas davantage accompli l’opération inverse. O Sensei est allé à l’essentiel : il a compris quel était et comment fonctionnait le coeur incontournable du mouvement. Partant de là il s’est aperçu que les techniques nées de l’utilisation d’un sabre, d’une lance ou de la pratique à main nues étaient naturellement reliées entre elles : pas parce que l’une ou l’autre avait eu une influence sur ses voisines, mais parce que toutes étaient issues de la même origine.
On a longtemps expliqué les ressemblances étonnantes qui existent entre les traditions de civilisations aussi géographiquement éloignées que peuvent l’être les Incas des peuples indo-européens ou d’Asie en supposant que probablement des voyageurs avaient colporté ces modes culturelles. A la manière dont au 19ème siècle, avant la découverte de la poussée des continents et des plissements géologiques, on expliquait la présence de coquillages en haut des montagnes en imaginant qu’ils avaient sans doute été abandonnés là par des pélerins de Saint Jacques de Compostelle. Les analogies qui existent entre les techniques d’armes et de tai jutsu de l’Aikido ne sont le résultat ni d’un hasard ni d’un laborieux travail de copier-coller de la part d’O Sensei. Quand il existe une cause ou une origine commune, il n’est pas étonnant que les effets soient analogues. Et c’est là que vous touchez juste dans la dernière partie de votre réflexion. En effet les armes de l’Aikido ne sont pas un simple moyen de perfectionner le tai jutsu mais bien une partie constitutive de l’Aikido au même titre que tout le reste. Permettez-moi de conclure avec un peu d’humour en disant que la première partie de votre remarque c’est l’enfer et que la deuxième partie c’est le paradis. Et qu’à tout prendre il vaut mieux que ce soit dans cet ordre.

Si l’aikido est un principe qui se pratique autant à main nues qu’avec les armes, ne peut on pas considérer qu’il existe même si l’on ne pratique pas les armes ?
On pourait donc étudier l’aikido avec d’autres armes que le sabre et le jo, tout comme on pourait travailler d’autres techniques basées sur les même principes universels, ou encore ne jamais pratiquer certaines techniques (qui a dit que l’on pouvait se contenter de kokyu ho, tai sabaki et tai no henka ?...).
Pratiquerait-on encore de l’aikido ? Si l’on respecte ses principes je suppose que oui...
Mais il serait peut être plus difficile de progresser sur la voie sans inclure TOUTE les techniques et formes d’études avec ou sans armes proposées par le fondateur... ??
L’étude des armes est elle alors un moyen de mieux apprendre l’aikido plutot qu’une condition pour pratiquer un "vrai" aikido (non amputé).
Si l’aikido est un principe universel qui s’applique à toutes sortes de mouvements (plutot qu’une collection de techniques à mains nues et avec 2 armes uniquement) il n’est alors pas borné.
Comment dans ce cas pourait il être "enrichi" ou "amputé" ??

votre reponse me rassure Mr Voarino
merci encore

fouzi

En 1946 LdB, quand Morihiro Saito s’est présenté pour la première fois au dojo d’Iwama pour débuter l’Aikido, O Sensei lui a dit : "Avec cet art martial je t’apprendrai à oeuvrer pour le bien de la société et des hommes." Et maître Saito nous a souvent dit qu’à cette époque il ne pensait qu’à devenir fort et qu’il n’avait pas la moindre idée comment un art martial pouvait servir au bien de la société et des hommes. Vous avez parfaitement raison. Si l’Aikido n’était qu’un apprentissage de techniques visant à rendre un homme efficace et redoutable dans un combat, où serait donc son caractère universel ? L’Aikido est une méthode de travail sur soi dont le résultat est d’éveiller le corps et l’esprit à certaines valeurs universelles. En ce sens il n’est pas différent d’autres arts traditionnels qui ont les mêmes objectifs. J’explique souvent par exemple que la société turque traditionnelle des Derviches Tourneurs utilise le déplacement que nous appelons en Aikido happo giri. Evidemment, chacun de ces arts a des outils qui lui sont propres : le musicien a son instrument et les notes de musique, le peintre a ses brosses et ses couleurs, le sculpteur a son maillet, ses gouge et la pièce de bois, le danseur a son corps et le rythme, l’Aikidoka aussi a son corps et il a un sabre et une lance. Si l’on se réfère à ce en quoi tous ces arts sont apparentés, on peut dire sans se tromper qu’un musicien fait de l’Aikido et qu’un aikidoka fait de la danse. Et je prends volontairement ce dernier exemple, moi qui ai parfois des mots assez durs pour critiquer l’évolution de l’Aikido moderne vers une forme de chorégraphie.
C’est avec grand profit pour son art évidemment qu’un musicien pratiquera la danse et le chant, mais son art reste néanmoins la musique. L’Aikidoka doit utiliser les instruments qui sont dans son registre, ce qui n’empêche que nombre de grands maîtres furent d’excellents calligraphes ou de très bons musiciens. Bien sûr de nombreux chemins mènent au sommet de la montagne, mais on ne peut pas les parcourir tous dans le temps d’une vie. Ce qui est amputé ce n’est pas l’Aikido en tant que principe, vous avez raison. Le principe en soi est illimité. En revanche, les outils qui permettent d’accéder à ce principe ont leur importance et les supprimer de manière arbitraire comme cela est fait par le courant dominant de l’Aikido moderne pour ce qui concerne les armes est une régression.

BONJOUR

Dans les diverses écoles de sabre nous retrouvons souvent la position hanmi ainsi que certaines entrées "specifiques" à l’AÏKIDO ;
n’y a-t-il pourtant aucun lien entre ces écoles et l’AÏKIDO ?
Ô SENSEI utilisait-il la position hanmi avant de rencontrer TAKEDA Sensei ?
Le Daito ryu jujutsu n’était-il basé que sur la force (apparemment pas) ce lien avec les armes existait-il ?

Excusez moi pour toutes ces questions,j’espère que vous aurez un peu de temps pour m’eclaircir sur ces differents points,merci !

Bonjour

Quelqu’un me racontait aujourd’hui qu’un enseignant japonais ayant été élève de SAÏTO Sensei puis de Nobuyoshi TAMURA,en comparant leur façon de pratiquer les armes aurait prétendu :"quand tamura prend un boken et fait un suburi,c’est une coupe ;avec SAÏTO c’est une frappe."
Ma maigre connaissance des armes de l’AÏKIDO me laisse cependant sceptique quant au bien fondé de cette affirmation.Cependant je me demandait si Ô SENSEI enseignait la pratique du tameshigiri,l’utilisation du katana était-elle rare ?
Il parait peu probable que TAMURA ait saisi la subtilité de la coupe et pas SAÏTO SENSEI.

Bonjour SLY. Je vais essayer de répondre en une fois à vos deux messages.Dans les années 80, quand je suis allé à Iwama pour la première fois, il était interdit de pratiquer un autre art martial que l’Aikido dans l’enceinte du dojo. Près du kamiza du dojo d’Iwama il n’y avait que des livres d’Aikido, à l’exception toutefois des trois livres du Katori Shinto ryu écrits par maître Otake. Ces livres étaient les seuls que tolérait Saito sensei. Il est vrai que la position des pieds du Katori se rapproche de la position hanmi de l’Aikido. Je ne doute pas que l’on puisse trouver dans beaucoup d’arts martiaux japonais des éléments qui permettent de dire : "Tiens ce mouvement ressemble à tel mouvement d’Aikido." Mais ce sera toujours de manière ponctuelle et anecdotique. Le windsurfer sur sa planche à voile adopte aussi la position hanmi après tout. Ce qui donne à l’Aikido son caractère unique c’est le principe d’irimi. Ce principe est systématique et il dépend d’une position hanmi rigoureuse qui en est en quelque sorte la condition indispensable. Encore une fois, il est certain qu’O Sensei qui a pratiqué et observé beaucoup d’arts martiaux s’est inspiré de divers éléments qui lui semblaient intéressants. Mais il n’a pas fait cela comme on va à la cueillette des champignons en mettant dans son panier un tas de bonnes choses différentes : il a synthétisé ces connaissances pour en faire un art unifié autour d’un principe unique. Voilà pourquoi l’Aikido est profondément original. Voilà pourquoi on ne peut rien comprendre à l’Aikido (avec ou sans armes) tant qu’on n’y voit qu’une collection de techniques différentes.

Alors O Sensei utilisait-il la position hanmi avant sa rencontre avec Takeda sensei en 1915 ? Ce n’est pas impossible, bien que cette position n’ait pas pu avoir alors la dimension qu’elle prit par la suite dans la naissance de l’Aikido. Mais bien malin celui qui pourrait le certifier. En revanche, ce qui est plus sûr c’est que Takeda n’utilisait pas, lui, la position hanmmi. Et la contradiction entre la position carrée du Daito ryu et la vision qu’avait O Sensei de l’art martial le conforta dans le choix de la position hanmi et l’éloigna dès lors du Daito ryu et de son maître Takeda.

Le Judo n’est pas basé sur la force puisque c’est la voie de la souplesse. Pourquoi le Daito ryu, dont maître Jigoro Kano est également l’élève le serait-il ? La position carrée (shikaku) est tout à fait compatible avec l’usage de la souplesse. En revanche, il y a deux choses fondamentales qu’elle ne permet pas et que permet au contraire la position hanmi : la très grande mobilité dans toutes les directions de l’espace et la notion d’irimi.

Le lien qui existe en Aikido entre les mouvements avec ou sans armes est une relation unique qui n’est présente de cette manière systématique qu’en Aikido. Mais bien sûr vous trouverez ici ou là dans les autres arts martiaux des technique à mains nues qui présenteront des analogies avec certaines techniques d’armes de l’école. N’oublions pas qu’un homme a toujours deux bras et deux jambes et qu’à la longue il est naturel qu’un mouvement finisse par faire penser à un autre. Mais il n’y a là que des accidents ou au mieux des éléments accessoires. C’est le génie de Morihei Ueshiba au contraire d’avoir compris que le mouvement devait avoir une source unique et d’avoir élaboré son art tout entier à partir de cette découverte.

Enfin, je ne sais pas qui est ce professeur japonais qui aurait été élève de Saito sensei puis de Tamura sensei et aurait dit quand Tamura prend un bokken il coupe et quand Saito prend un bokken il frappe. Pour parler avec un peu de sérieux il faudrait quand même vérifier ces propos et savoir de qui ils émanent. Mais je peux vous dire que j’ai pour ce qui me concerne suivi le chemin exactement inverse. J’ai été élève de Tamura sensei puis de Saito sensei. Et je ne regrette pas d’avoir accompli mon parcours dans ce sens. J’aime bien votre dernière expression... "peu probable" en effet.

J’ai récemment visionné des vidéos d’O sensei disponibles sur internet (notamment sur youtube et sur google video).

Deux d’entre elles : "Divines techniques" et "The founhder of aikido" ont particulièrement retenu mon attention. Les mouvements de "swing" du maître agé ferait pâlir d’envie bien des adeptes du golf ou du base-ball.

Cependant, j’ai remarqué que le fondateur en alternance avec le boken, emploie fréquemment ce qu’il est convenu d’appeler une lance en bois puisque l’une des extrémités est effilée. Lors de divers passages, on voit des élèves d’O sensei (notamment son fils et maître Saito) utiliser cette lance pour l’attaquer.

Par ailleurs Le fondateur semble accorder une importance toutes particulière à cette arme, puisqu’il exécute à maintes reprises un magnifique kata donnant une large place à des mouvements tournants.

Pouvez vous nous en apprendre plus sur ce kata ? Est-il encore transmis ?

Pourquoi et comment est-on passé de la lance au baton ?
Est-ce uniquement pour des raisons de sécurité ?

Bonjour monsieur Voarino,

Veuillez m’excusez mais le message est parti avant que je n’ai inscrit mon pseudonyme.

Je précise que dans le film "The founder of aikido" il existe une séquence très belle, presque allégorique, durant laquelle le disciple Saito pousse de sa main gauche dans le dos celui qui le guide (fabuleuse "mise en abime"), tout en tenant les deux armes de l’aikido dans la main droite. Tout deux gravissent l’escalier qui les mènera au lieu de leur entraînement.

Ce film est riche d’enseignements, on y retrouve déjà en germe les différences actuelles. Je pense à une séquence où le maitre démontre une technique irimi nage avec un pivot plutôt court, suivi immédiatement par l’application d’élèves dans un style tourbillonnant.

Bonsoir Kakuto,

Je vous remercie pour cette question parce que le passage effectué par O Sensei de la lance au jo est au coeur de la compréhension des armes de l’Aikido, et que la réponse permettra je crois d’éclairer bien des perspectives.

Malheureusement je m’absente quelques jours et je ne pourrai la traiter qu’à mon retour.

Que ma trop courte apparition soit donc l’occasion de vous souhaiter, ainsi qu’à tous les visiteurs de ce forum, une fête de Noël qui, tout comme l’Aikido, ouvre grand le coeur et l’esprit de chacun à ce qui existe de sacré dans notre monde.

Philippe Voarino

Bonjour Kakuto,

Je connais bien la lance dont vous parlez. Elle a trôné pendant des années au kamiza du dojo d’Iwama et je l’ai prise en mains bien souvent pour m’entraîner, loin des yeux de maître Saito je l’avoue qui n’aimait pas beaucoup qu’on touche aux armes d’O Sensei. J’ai quelques photos avec cette lance et si cela vous intéresse je les mettrai sur le site un de ces jours. Elle est très courte, très pointue et dans un bois extrêmement dur.

Il n’est pas faux de dire que la lance japonaise (le Yari) est à l’origine des techniques utilisées en Aikido avec le jo. Cependant quand on a dit cela on n’a dit qu’une partie de la vérité. Car l’aiki jo, s’il est issu pour partie des techniques de lance, dérive pour une autre partie des techniques de sabre. Et c’est justement cette double filiation qui confère au jo de l’Aikido son originalité et rend impossible de le comparer au jo du Muso Shindo ryu par exemple qui utilise le jo comme un bâton. En Aikido on n’utilise pas le jo comme un bâton, on l’utilise tantôt comme une lance et tantôt comme un sabre.

Prenez par exemple un suburi d’aiki jo comme tsuki jodan gaeshi uchi. Le jo est tenu sur le côté droit du corps en garde hidari hanmi : le bras arrière n’est pas tendu, il est en flexion de manière à ce que le jo soit parallèle au sol. Le premier temps de ce mouvement est une pique à la gorge exécutée selon les règles de l’art de la lance (tsuki). Le deuxième temps du mouvement qui consiste à monter le jo au dessus de la tête, le crâne à mi-distance entre les deux mains, est également une position caractéristique de la lance (jodan). Puis les mains changent au-dessus de la tête (gaeshi) afin de permettre l’attaque suivante (uchi). Si l’on devait respecter les règles de l’art de la lance, il faudrait à ce moment précis descendre le jo sur le côté droit de la tête afin d’attaquer yokomen (bien que la lance ne soit pas conçue pour ce genre d’attaque) en veillant à conserver un grand écartement des mains, indispensable à la bonne tenue d’une lance de plusieurs mètres de long au porte-à-faux très important. Croyant bien faire, c’est d’ailleurs ce que beaucoup de pratiquants s’efforcent de réaliser. Mais justement, il se trouve qu’en coupant la lance et en la transformant en jo, O Sensei a supprimé le porte-à-faux et permis que le dernier temps de ce suburi (yokomen uchi) ne soit plus réalisé selon les règles de l’art de la lance mais selon celles de l’art du sabre. Après la rotation au-dessus de la tête, les mains qui ont changé peuvent donc se rapprocher l’une de l’autre pour tenir le jo comme un ken, et la frappe yokomen qui suit (et qui devient à ce moment très logique) peut donc être exécutée selon les règles de l’aiki ken. C’est-à-dire en partant directement du sommet du crâne sans descendre au préalable sur le côté droit de la tête, et se terminer avec le jo dans le prolongement exact du kikai tanden, comme avec un sabre, ce qui serait impossible avec une lance bien trop lourde de plusieurs mètres de long.

Vous l’avez compris, l’aiki jo tel qu’il a été mis au point par O Sensei n’est pas, en dépit des apparences, un art de bâton. C’est l’union de la lance et du sabre. C’est une synthèse des possibilités de ces armes majeures, synthèse permettant sans changer d’arme d’enchaîner des mouvements dépendant alternativement de la lance et du sabre.

Vous trouverez aisément confirmation de cela en passant en revue les vingt suburi de l’aiki jo :

Choku tsuki : technique de lance pure

Gaeshi tsuki : technique de lance pure

Ushiro tsuki : technique de lance pure

Tsuki gedan gaeshi : technique de lance pure

Tsuki jodan gaeshi : technique mixte lance / sabre

Shomen uchikomi : technique de sabre pure

Renzoku uchikomi : technique de sabre pure

Men uchi gedan gaeshi : technique mixte sabre / lance

Men uchi ushiro tsuki : technique mixte sabre / lance

Gyaku yokomen ushiro tsuki : technique mixte sabre / lance

Katate gedan gaeshi : technique mixte lance / sabre

Katate tooma uchi : technique mixte lance / sabre

Katate hachi no ji gaeshi : technique mixte lance / sabre

Hasso gaeshi uchi : technique mixte sabre / lance / sabre

Hasso gaeshi tsuki : technique mixte sabre / lance

Hasso gaeshi ushiro tsuki : technique mixte sabre / lance

Hasso gaeshi ushiro uchi : technique mixte sabre / lance / sabre

Hasso gaeshi ushiro harai : technique mixte sabre / lance /sabre

Men uchi hidari nagare gaeshi uchi : technique mixte sabre / lance / sabre

Gyaku yokomen migi nagare gaeshi tsuki : technique mixte sabre / lance

En conclusion, le jo de l’aiki jo ressemble à un bâton, mais ce n’en est pas un, c’est une arme nouvelle conçue par O Sensei pour lui permettre d’agir en conformité avec les lois de l’aiki. Il faut s’imprégner profondément du sentiment que l’on manipule en même temps une lance et un sabre. Si l’on manipule un jo en croyant qu’il s’agit d’un simple bâton ou d’une simple lance, on ne fait pas d’aiki jo et on passe à côté de l’Aikido.

Regardez une nouvelle fois avec un tel sentiment les divers « kata » de jo effectués par O Sensei et je suis certain que vous y trouverez des choses bien différentes de ce qu’on peut y voir au premier abord.

Philippe Voarino

relançons le débat !

http://www.aikidoka.fr/modules/news/article.php ?storyid=240

:D

Bonsoir "Anonyme", je rectifie votre lien :

http://www.aikidoka.fr/modules/news/article.php?storyid=240

Bonsoir, anonyme, et merci beaucoup pour ce lien.

J’ai lu avec intérêt l’interview sur l’aiki jo qu’a donnée Pascal Krieger à Aikidoka Magazine. Intérêt à plus d’un titre. D’abord parce que je suis évidemment concerné par ce qui touche l’Aikido et donc l’aiki jo. Ensuite, parce que je suis d’autant plus attentif à ce qui est dit que la personne qui écrit est à ce jour, dans le monde, un des très grand maîtres de l’art du jodo Shindo Muso ryu, dans la ligne du dernier grand soke, maître Shimizu et de son plus fidèle élève, maître Kaminoda. Enfin, parce qu’il se trouve que cette personne fut mon professeur de jodo pendant quelques années, à l’époque où, jeune pratiquant, je me promenais dans tous les stages d’Aikido avec l’espoir d’y apprendre la pratique du jo, sans jamais hélas trouver quiconque qui l’enseignât. J’ai donc, avant de découvrir l’aiki jo, eu la chance de pratiquer le jodo Shindo Muso avec Pascal Krieger (que je salue ici par-delà les années). J’ai également, de manière plus anecdotique, reçu l’enseignement de Shigehiro Matsumura, le professeur de Gérard Blaize et de Jean-Pierre Reniez.

En 1987, après avoir enfin découvert l’aiki jo à Iwama auprès de Maître Saito, j’ai décidé d’abandonner la pratique du jodo Shindo Muso. Que Pascal ne m’en tienne pas rigueur, il fallait que je fasse un choix, ces deux arts sont incompatibles. Et l’Aiki était le chemin que je désirais suivre.

L’insignifiance de mon expérience en jodo est inversement proportionnelle à celle que j’ai acquise au fil des années en aiki jo. Et de ce fait je ne pense pas être le plus mal placé aujourd’hui pour émettre quelques réserves aux propos tenus dans cette interview.

Je partage évidemment l’avis de Pascal Krieger quand il explique que le tsuki de l’aiki jo serait plus efficace si l’on restituait à l’extrémité du jo la pointe de lance qui lui a été enlevée. Mais au-delà de cette boutade, je pense que Pascal, qui n’a jamais étudié l’aiki jo et qui le considère donc de l’extérieur, commet une erreur d’appréciation. Cette erreur, je la comprends d’autant mieux que je l’ai commise personnellement pendant des années, alors même que, contrairement à lui, j’étais investi de la manière la plus sérieuse dans l’étude de l’aiki jo.

En effet, s’il semble bien qu’O Sensei ait étudié la lance Hozoin avec Takeda, il faut se garder de penser que remettre une lame au jo de l’aiki jo (et le rallonger d’un mètre ou deux) suffirait à lui restituer le statut d’une lance.

L’aiki jo n’est pas l’art de la lance. Je peux en donner une preuve très simple : une bonne partie des mouvements de l’aiki jo serait impossible à réaliser avec une véritable lance (hasso gaeshi, katate gedan gaeshi, katate tooma uchi, katate hachi no ji gaeshi, shomen uchikomi, renzoku uchikomi, jodan gaeshi uchi …).

L’aiki jo n’est pas davantage l’art du ken puisqu’une partie également des mouvements y serait impossible avec un sabre (choku tsuki, gaeshi tsuki, tsuki gedan gaeshi, hasso gaeshi, katate gedan gaeshi …)

Mais l’aiki jo n’est pas non plus l’art du bâton. En effet bien que l’instrument utilisé ressemble de très près à celui de Muso Gonnosuke, les principes d’utilisation en sont radicalement différents. Je ne peux pas ici entrer dans les détails mais qu’il me suffise de dire ceci : la logique des mouvements d’aiki jo tient compte simultanément des quatre directions de l’espace et considère qu’il n’y a pas une seule mais quatre attaques venant de quatre directions différentes au même moment. Ce n’est pas le cas du jodo conçu pour se battre contre un sabre.

Le jo d’O Sensei n’est donc pas ce qu’il paraît être. C’est une arme hybride en ce sens qu’elle fonctionne tantôt avec les attributs de la lance, tantôt avec les attributs du ken, et tantôt avec les attributs du bâton. Le génie d’O Sensei est d’être parvenu à ce résultat à la manière d’une synthèse et non pas à la manière d’un assemblage hétéroclite et artificiel de pièces rapportées, de techniques sans lien entre elles, empruntées au sabre, à la lance et au bâton. Dans l’aiki jo, les techniques propres à ces trois armes coulent et s’enchaînent au contraire, naissent les unes des autres, et meurent l’instant d’après les unes dans les autres, toutes manifestations de la même essence, et sans jamais qu’aucune ne domine les autres. Un simple morceau de bois, dans les mains d’O Sensei, est parvenu à unifier trois disciplines martiales jusque là rivales.

Si l’on perçoit cela, il devient évidemment impossible de dire, comme le fait Pascal Krieger que « les techniques d’Aiki-jo sont plus limitées (que celles du jodo), car elles sont accordées avec le principe harmonieux de l’Aïkido ». C’est tout l’opposé : c’est justement parce qu’elles sont accordées avec le principe harmonieux de l’Aikido que les formes de l’aiki jo sont au contraire illimitées. Au lieu de se borner au domaine fini, aussi vaste soit-il d’un art particulier, l’aiki jo multiplie tous les possibles nés à l’intersection des différents arts sur lesquels s’étend sa compétence. Le fondateur n’a donc pas « élagué la plupart des techniques qui n’entraient pas dans son schéma ». Il n’a au contraire jamais rien voulu faire entrer dans un moule. Le principe de l’Aikido n’est pas le résultat du choix arbitraire d’un homme : c’est la complémentarité des contraires, autrement dit le principe même de la vie, celui du yin et du yang. S’il y a schéma, il faut plutôt rechercher celui-ci du côté des créations martiales qui supposent que l’on peut donner aux formes une existence et une réalité indépendantes du principe. Multiplier les formes techniques dans cette dernière perspective c’est accumuler des cadavres et vivre avec eux. C’est ce que font nos fédérations d’Aikido. Et c’est le même type de danger que la méthode du kata fait courir au jodo Shindo Muso. O Sensei n’a rien élagué. O Sensei s’en est remis au principe. Il a posé son esprit et son cœur au centre du monde, et ce qui a été créé l’a été à partir de là. Rien de ce qui n’a pas été créé ne pouvait l’être. O Sensei n’a pas choisi ce qui devait être rejeté, il a retenu tout ce que le principe a justifié qu’il retienne, et seulement cela.

Je comprends mieux aujourd’hui pourquoi j’ai autrefois arrêté le jodo. L’Aikido ne se dévoile pas à quiconque n’a pas fait le choix de s’y plonger corps et âme. On n’entre pas dans cet art en conservant un pied à l’extérieur. La connaissance ne peut venir que de l’intérieur. Et de ce point de vue, je terminerai en indiquant que la notion d’irimi a peut-être un sens plus profond que celui qui lui est généralement attribué dans les catalogues techniques d’Aikido. En effet iru en japonais veut dire entrer, tout comme inito en latin, qui est en même temps le radical du mot initiation.

Philippe Voarino

Bonjour, le forum avait oublié mon nom, je m’excuse de cette erreur de manip ^^

Je profite d evotre longue réponse pour poursuivre sur le problème de puissance évoqué par M Krieger. Voulez vous expliquer un peu plus ce qui donne sa puissance au tsuki, son but (cible et mode d’action). Faut-il une très longue pratique pour dégager une puissance dite "efficace" ?
D’autre part un article d’aikido journal parlait (d’après mon vague souvenir) de la puissance "vibratoire" (en fin de frappe ?) dans le jo de Maitre Saito et de O Sensei, pouvant faire penser à des disciplines chinoises. Avez vous des choses à nous dire sur ce point ?

Bonjour,

Dans un précédent message, vous notiez que l’aiki jo était le fruit de la synthèse du sabre et de la lance. Et puis, dans votre réponse au lien sur les considérations de M. Krieger, vous ajoutez un élément (de taille) à cette synthèse en ajoutant au sabre et la lance, des mouvements du bâton.

Une question me vient alors à l’esprit : si l’aiki jo englobe en son sein, en partie, des mouvements de bâton, ceux-ci proviennent-ils du jodo ( ou d’une autre autre école de jo) ?

Merci par avance pour votre réponse.

Désolé, j’ai oublié de mettre mon pseudo avant de poster ...

Bonjour Frankie.

Ce qui rend difficile la compréhension de l’aiki jo c’est que cette arme est utilisée par O Sensei de diverses manières. J’ai déjà expliqué la manière de la lance et la manière du sabre. Dans ma réponse à Pascal Krieger j’ai effectivement évoqué en plus la manière du bâton. Vous savez lire.

Il y a en effet un problème quand on réfléchit un peu sur la polyvalence de l’aiki jo. Un suburi comme shomen uchikomi par exemple se classe sans discussion possible comme une frappe du ken. Un suburi comme choku tsuki se classe sans discussion possible comme une frappe de la lance. Mais il existe en aiki jo un certain nombre de suburi qu’il serait impossible de réaliser avec un sabre et d’autres qu’il serait impossible de réaliser avec une véritable lance. Avec un sabre, c’est évident, on ne pourrait effectuer aucun des suburi qui exigent que l’on glisse les mains le long de l’arme (choku tsuki, gaeshi tsuki, ushiro tsuki…). Avec une véritable lance, l’impossibilité ne viendrait pas des lames que l’on ajouterait aux deux extrémités, puisque en aiki jo les mains ne pivotent jamais autour des extrémités du jo (à la différence du jodo). Cette impossibilité naîtrait en revanche de la longueur de l’arme. En effet, avec une lance de deux mètres cinquante ou trois mètres, il devient impossible d’exécuter un mouvement comme hasso gaeshi ou katate gedan gaeshi par exemple. Or ces mouvements ne sont pas non plus réalisables avec un sabre.

Cela veut dire qu’il y a dans l’aiki jo une troisième dimension : dans certains mouvements, le jo de l’aiki jo ne se comporte ni comme une lance, ni comme un sabre, il se comporte comme un bâton. Je peux dire avec certitude que dans ces cas là il n’a rien de commun avec le jo du jodo. O Sensei a-t-il été influencé par d’autres écoles ? Je n’ai aucune information sur ce point. Mais j’ai le sentiment que cette partie « bâton » de l’aiki jo est née spontanément de sa recherche quand il a décidé de couper sa lance et compris qu’il pouvait désormais l’utiliser d’une façon interdite à l’orthodoxie de l’art de la lance.

Philippe Voarino

Bonjour LdB.

La puissance vibratoire du jo est bien réelle en Aikido. Elle se développe à la fin du mouvement à l’aide d’un travail que l’on appelle shimeru. Si elle n’est pas une conséquence exclusive de la position hanmi, elle est en tout cas grandement favorisée par cette position.

C’est aussi grâce à la position hanmi que peut être développée la puissance de frappe : la rotation de l’axe du corps sur lui-même entraîne une hanche vers l’arrière, envoyant l’autre hanche vers l’avant. De ce mouvement naît la puissance. Le jodo Shindo Muso, qui utilise la position shikaku (pieds plus ou moins parallèles) et qui oblige pour cette raison à présenter les hanches de face, interdit, ce faisant, la rotation de l’axe du corps. Dans le jodo, la puissance de frappe dépend donc de la masse du corps, de la vitesse d’exécution, et de la puissance des épaules. En aiki jo, si la masse et la vitesse ont également un rôle, la puissance des épaules est presque nulle, elle est remplacée par la rotation de l’axe corporel. Cette rotation, terminée par la prise de position hito e mi, est en outre ce qui permet de sortir de la ligne d’attaque.

Comme en jodo, toutes les frappes de l’aiki jo visent en réalité les points vitaux. Ce n’est que pour la sécurité de l’entraînement que cette donnée doit être modifiée dans les exercices d’étude.

Philippe Voarino

Bon jours maitre P. voarino mes deux questions seront directes car elles sont d’ordre technique :
a)Bukiwaza
1-quel est le role du kata (13 ou 31 bien sur) ?
2-quel est le role des awase ?
3-quel est le role des kumi jo ?
et pour en finir de quelle façon sera t elle le mieu pour bien progresser en aikjo et aikiken ?.
b)
de quelle façon commençait sensei M. saito le cours avant d’entamer les techniques (comment etait son aikitaiso) ?

j’ai pas trouver les mots exactes pour vous remerciez maitre voarino
sur tout mais quand méme un grand merci .

UN aikidoka qui éspere un jours d’etre deriere vous sur tatami .

OMOTE .

Bonjour Phillipe,
Je m’entraine à la maison au sabre et au baton quotidiennement et je voulais savoir si, de votre expérience c’etait bénéfique de faire cela 2h heures par jour voir meme plus, ou bien qu’il etait plus intéressant de le faire moins souvent mais plus longtemps ? Y a-t-il usure ou plutot progression, je n’arrive pas à savoir ? comment ont été vos entrainements ?
Dsl pour la quantité de question en une fois.
Merci, Michael.

Bonjour omote.

Merci pour vos encouragements. Vous avez raison si vous voulez dire qu’il faut voir le bon côté de chaque chose. Mais j’aimerais ajouter un commentaire à vos propos. Pendant longtemps, omote et ura ont été traduit par positif et négatif. Qu’on ait heureusement abandonné aujourd’hui cette traduction ne veut pas dire qu’on ne continue pas à voir en ura un aspect négatif. J’en veux pour preuve votre amour d’omote. Ura a tout autant de valeur qu’omote. Ce qui fait la feuille est tout autant le verso que le recto, et la pièce de monnaie n’existe que parce que pile est ensemble avec face. Les choses qui sont dans l’ombre viennent un jour au soleil, et disparaît en même temps dans les ténèbres ce qui est resté longtemps au jour. La vie est ainsi faite, et l’Aikido qui est la vie n’est pas différent. Je crois au bout du compte que ce qui est important est d’accepter et d’aborder cette alternance des choses d’un cœur serein. Il n’y a pas de bonheur sans une certaine sérénité.

Pour vos questions techniques, voilà ce qu’il est essentiel de bien comprendre.
La totalité des mouvements d’aiki ken et d’aiki jo, comme le tai jutsu du reste, ne sont pas des combats. Ce sont des exercices d’étude mis en place dans le but de créer des situations dans lesquelles devient possible l’apprentissage de la notion sans laquelle on ne peut pas parler d’Aikido. Cette notion, c’est irimi-tenkan. Irimi-tenkan n’est pas une forme, c’est un principe. C’est pourquoi, pour être matérialisée, elle a besoin de s’appuyer sur des formes de travail et d’étude. Ces formes ce sont tous les exercices que vous faites en Aikido : kumijo et kumitachi, mais aussi exercices du tai jutsu. Les armes ont cet avantage sur le tai jutsu qu’elles « grossissent » les choses et permettent grâce à cela de mieux comprendre certains paramètres comme les distances, les angles et l’awase (le mouvement synchronisé avec celui de l’adversaire).

Si vous comprenez bien l’esprit dans lequel tous ces exercices ont été créés et celui dans lequel ils doivent être pratiqués, alors vous ne perdrez pas votre temps, parce que vous ne transformerez pas la pratique en un vulgaire test de force ou de rapidité.

Et si vous comprenez bien cela, alors vous comprendrez aussi ce qu’a voulu dire un jour maître Saito à un élève qui posait comme vous une question sur ce que devait être le taiso avant la pratique des techniques. Il dit : « Mais ce que vous faites quand vous faites ikkyo, shiho nage, un kumitachi ou un kumijo, c’est le taiso de l’Aikido. »
Je livre cette phrase à votre réflexion.

Philippe Voarino

Merci maitre P voarino pour m’avoir repondu et pour vos éclaircissements et que je considere (reponse) comme un grand geste de gratitude de votre part envers ma perssonne en confirmant (je confirme) encors plus sur votre serieux de faire et de voir les choses .
réellement takemusu a sauvé mes presque 20 annees de pratique en algerie , que je mettaient en cause pour abscence de reponses claires à MES besoins spirituels et techniques et que j’ allais méme remettre en cause l’aikido lui méme ,encore un grand merci maitre .
C vrai les choses qui sont dans l’ombre viennent un jours au soleil .....................SI moi méme JE SUIS CES CHOSES sans pour autant vous venerer (car j’aime pas ça)mais soit sure à toi seul REVIENTl’honneur d’etre ce fameux soleil ,meme si la réplique visait takemusu(iwama) et l’aikio officiel (pas pour moi) .
JE VAIS PRENDRE LE TEMPS qu’il faudra sur la reflexion que tu m’a suggerée avant de revenir me ressourcer sous ce fameux soleil.
MERCI ENCORS .
sincerement omote.

Bonjour Michael,

Plus on s’entraîne et mieux c’est. Cependant il vaut mieux privilégier la régularité quotidienne. Le problème c’est que si l’on est seul on risque de partir sur de mauvaises pistes. C’est pourquoi il faut un guide au début. Le guide c’est celui qui accompagne vos premiers pas, vous évite de vous égarer et de perdre un temps précieux. C’est important parce que si l’on construit de travers il faut encore démolir avant de reconstruire. J’en parle en connaissance de cause. J’ai manqué d’un guide à mes débuts alors même que je pensais en avoir un, et j’ai perdu du temps, j’ai dû démolir beaucoup avant de reconstruire sur des bases saines. Un jour bien sûr le guide n’est plus nécessaire et on avance seul sur le chemin. Bon courage Michael, et bonne chance pour le choix de votre guide.

Philippe Voarino

Bonjours maitre P Voarino c Omote encors une autre fois qui viens se ressourser auprés de votre soleil mais avec un nouveau pseudo ,ce sera NET_ushideachi. Mes questions seront d’ordre technique : 1- entre jo_awase(livre maitre saito basic tech page 122 vol 1) et kumi_jo y a t’il une diferrence sur le plan apprentissage(ce qu’on apprend) et en finalité des choses(ce qu’on gagne à la fin). 2- pour le principe que vous insistez tjrs :executez la tech on tenons cpte des autres attaquants de derrière ,pour par exemple shomen uchi ikkyo omote en entrant devant uke (irimi omote) notre dos reste tjrs à decouvert face aux autres attaquants ,pire encors en executant la terminaison et méme maitre saito fait cela ,ça me preocupe tellement . 3- y a t’il un fil d’espoire de voir takemusu aikido un jrs en ALGERIE . 4- que pensez vous de ça " apprenez l’aikido de ma technique " mtr Tamura .
merci mtr voarino pour tout ce que vous faite pour l’aikido .

Bonjour omote.

La première chose à pratiquer avec le jo ce sont les suburi. Avec les suburi on apprend à développer une forme correcte. Mais avec les suburi on est seul. Et on ne peut pas apprendre awase et irimi tout seul. Pour apprendre awase et irimi, l’autre est nécessaire. Alors, quand les suburi sont connus, on commence à travailler avec un adversaire qui nous offre son énergie propre avec laquelle il faut s’harmoniser. Quand on arrive à ce stade c’est jo awase. Jo awase, ce sont des suburi, éventuellement des enchaînements très courts de suburi, réalisés en harmonie avec l’attaque d’uchi. Quelle est la différence entre jo awase et un kumijo ? C’est simple : le kumijo est un awase sur lequel on a accroché un numéro. En faisant cela on a fixé l’awase dans sa forme une fois pour toutes. Quand on dit ensuite le kumijo numéro cinq par exemple, chacun sait exactement à quoi correspond cet exercice, et peut le reproduire et s’en servir pour l’étude. Autrefois, il n’y avait que des awase, sans aucun numéro. O Sensei les pratiquait d’une manière libre, enchaînant les mouvements selon son inspiration. Maître Saito a fixé dans les kumijo un grand nombre des formes librement pratiquées par O Sensei, afin de conserver le travail d’O Sensei comme une référence à laquelle on puisse revenir. La raison d’être des kumijo c’est d’éviter que les aikidokas ne fassent n’importe quoi avec un bâton sous prétexte de liberté. Maître Saito a préservé une connaissance fondamentale, mais pour cela il n’a pu faire autrement que de la figer en lui donnant un aspect académique. Il faut bien comprendre cela : les kumijo ne sont pas un combat, ce sont des exercices d’étude qui mettent en scène certaines situations grâce auxquelles le pratiquant peut découvrir des notions et des relations qui font que l’Aikido est ce qu’il est.
Les kumijo au fond ne sont jamais que des combinaisons de suburi. A partir d’un certain niveau de pratique, disons mokuroku (une dizaine d’années d’étude des armes), on peut donc créer librement des figures nouvelles en grand nombre. Ces figures seront justes si les formes de base des suburi sont respectées et si les notions d’irimi-tenkan et d’awase sont mises en œuvre comme il convient. Ce travail, qui est légitime et nécessaire, peut être réalisé sans qu’il soit besoin d’accrocher de nouveaux numéros sur de nouveaux kumijo. Les dix kumijo retenus par Maître Saito illustrent en effet, si l’on tient compte des variations, l’ensemble des possibilités techniques de l’aiki jo. Ils sont suffisants. Augmenter le nombre des kumijo « officiels » à vingt, à trente… est chose facile, mais ce n’est pas utile et ça ne fait qu’accroître la confusion entre la connaissance de l’Aikido et la connaissance d’une nomenclature technique. On ne connaît pas l’Aikido parce qu’on connaît un catalogue de techniques. Les techniques ne sont qu’un moyen, et il est malsain de focaliser l’esprit, de le fixer exagérément sur des formes conventionnelles et figées, comme si ces formes étaient le but à atteindre. Un professeur compétent peut donc tout à fait enseigner certains enchaînements techniques de sa facture, mais il ne doit surtout pas les inscrire dans un « programme » technique. O Sensei ne mettait aucun numéro sur ses mouvements d’armes et ne mettait aucun nom sur ses techniques, je comprends mieux aujourd’hui en quoi c’était là une grande sagesse.

Pour votre question concernant shomen uchi ikkyo omote, si l’entrée est correcte, tori quitte la ligne d’attaque dangereuse qui est dans son dos. L’angle dans lequel il entre est le même que celui de shiho nage. Il est donc, au moment de son entrée, en sécurité par rapport aux quatre directions, même s’il tourne le dos. C’est bien pour cela qu’on ne peut pas pousser tout droit vers la jambe arrière d’uke comme on le voit pourtant couramment faire aujourd’hui. Evidemment, tori ne doit pas suivre le mouvement au sol dans le cas d’une attaque multiple. C’est pourquoi j’ai déjà expliqué que l’ « immobilisation » d’ikkyo au sol n’a aucune réalité martiale. C’est un geste purement symbolique. La réalité martiale consiste à briser le coude.

Vous souhaiteriez voir TAI en Algérie ? Pourquoi pas ? En tout cas, pour ce qui me concerne, c’est avec plaisir que je traverserais la méditerranée pour vous rendre visite.

Enfin, vous me demandez ce que je pense d’une phrase comme « Apprenez l’Aikido de ma technique ! » Je connaissais « Volez ma technique ! » qu’aimait bien répéter maître Tamura. Je répondrai simplement ceci : on peut vivre trente ans à côté d’un maître et ne jamais rien comprendre à ce qu’il fait. Les choses bien cachées ne sont pas volées. En tout cas, pas par le commun des mortels. C’est bien d’éveiller le sens de la responsabilité de l’étudiant, c’est nécessaire, mais il y a un moment où le maître véritable doit savoir prendre par la main et accompagner vers la connaissance. S’il ne le fait pas il manque à son devoir de guide.

Philippe Voarino

Bonjour,

A propos de suburis, dont vous dites à juste titre qu’ils sont la base de tous les autres exercices, comptez-vous nous les proposer dans un cahier technique ?
Et pourquoi n’avoir pas commencé par le commencement, c’est-à-dire justement par la présentation de ces suburis ?

Merci pour votre disponibilité.

Bonsoir Frankie.

Vous avez raison, les suburi méritent au premier chef qu’on leur consacre une étude technique particulière. Je le ferai. Je ne l’ai pas fait plus tôt, c’est une question de circonstances. Je ne suis pas très méthodique dans l’ordre de réalisation des sujets des dossiers techniques. De plus, je travaille généralement sur des photos prises lors de stages, et il se trouve que je n’ai pas suffisamment de documents photographiques sur les suburi pour traiter ces derniers dans les cahiers techniques. Je dois donc organiser spécialement une séance de prise de vues pour avoir le matériel nécessaire. J’y pense.

Philippe Voarino

Bonjour maitre voarino
Un grand salut pour tout les aikidokas qui croient que le juste travail nait de la critique constructive .
Un grand salut pour vous maitre pour votre preuve de modestie en acceptant de nous rendre visite et traverser la mediteranee rien que pour nous apporter le chemin de la voie juste alors sachez une chose maitre ,le plus grand plaisir sera pour nous de pouvoir vous accueillir parmis nous avec le meilleur soin qui soit (ce sera une qst de temps).
maitre,pour ma qst tech sur l’entree omote chomen uchi ikkyo ,à un instant donné le dos de tori sera exposé au attaquants situes derieres comme vous l’aviez demontrer ds la rubrique "articles tech" du site ,ds le 1er angle votre dos l’est ,ma qst est :est ce que la regle de prendre en tete tjrs qu’on est entre +ieurs partenaires fait exception ds certains cas si oui lesquelles.meme remarque avec shihonage ura on termine dos face les autres partenaires ..... ?
autre detail est ce qu’on peut prendre ikkyo ni omote ni ura comme etant la meilleure solution du probleme avec tt les formes de saisies et d’attaques (3eme angle).
dans votre derniere reponse du 1er mai vous m’avez dit ,qu’on peut rester 30 ans aupres d’un maitre sans rien comprendre je vous dit que c trés exacte ,de meme qu’on peut simplement discuter avec un autre et voila un max d’embrouilles se degage ,merci infiniment maitre et longue continuiteé sur ce chemin que vous aviez choisis .voila ce qu’a besoin l’aikido aujourdhui des gens qui mettent la realité(verité) des choses au dessus de tout MEME si elle les touche .
amicalement net-ushideachi (ex omote).

Bonjour net.

Je réponds à votre question sans aucune ambiguïté : en Aikido tous les mouvements, je dis bien tous les mouvements, sont conçus pour gérer une attaque frontale et – dans le même temps – des attaques venant de l’arrière et des deux côtés. Ce point est essentiel, c’est ce qui fait de l’Aikido ce qu’il est. C’est une conséquence du principe d’irimi. Si une technique ne vous permet pas de respecter ce principe, il n’y a que deux solutions : soit ce n’est pas une technique d’Aikido, soit c’est une technique d’Aikido mal faite. Et je vous demande de réfléchir à ceci : une technique d’Aikido mal faite n’est pas de l’Aikido. Celui qui comprend bien ceci mesurera combien il est important de respecter scrupuleusement les bases fondées sur la très grande logique des techniques d’Aikido du Fondateur, et combien il est facile, quand on marche sans repère dans une forêt profonde, de s’égarer. Il est vrai qu’il n’est pas facile en revanche de s’apercevoir que l’on manque des repères indispensables. Cela demande une certaine lucidité. La lucidité est une forme de l’intelligence.

Philippe Voarino

Be02
Bonjour Philippe Voarino,
j ai recemment visionne 2 videos d aikido,l une tres interessante de M.Saito sensei,en noir et blanc avec commentaires en francais a l appui,des annees 70 je pense .On peut y voir les explications donnees sur votre site ,exemple kote gaeshi avec le bokken, kokhyu ho..le riai...bref un nombre important d informations qui, en complement de ce site ,m eclaircissent sur la logique des mouvements, tels qu ils doivent etre compris et entendus.
L autre video ,en noir et blanc egalement,est de K.Tohei:fondamental concept.. pincipe elementary .On y voit K.Tohei expliquant avec simplicite les "b-a ba"de l aikido :comme le bras impliable , ou encore irimi -tenkan ,bref des explications plus basees sur le ki, d apres ce que j ai compris(la video est en anglais).
En comparant ces 2 videos ,on peut alors dire qu il s agit la de 2 formes d aikido distinctes. J aurai voulu savoir si M.Saito et M.Tohei avaient etudies en meme temps avec O Sensei Ueshiba,et si oui,pourquoi y a t-il une si grande difference entre ces 2 aikidos.
merci d avance be02

Bonjour Beo2.

Koichi Tohei a commencé l’Aikido en 1939, sept ans donc avant Morihiro Saito. Entre 1942 et 1946 il fut mobilisé dans l’armée impériale et basé en Chine. Il a vraisemblablement eu peu d’occasions de s’entraîner pendant cette période. A son retour au Japon, il reprend l’entraînement au dojo d’Iwama comme uchi deshi auprès d’O Sensei, avec Tadashi Abe et Gozo Shioda. C’est à cette époque que débute Saito qui n’est pas, lui, uchi deshi. Saito habitait à Iwama. Sa maison familiale existe encore, à quelques kilomètres du dojo, tout près de la cascade qui se jette au pied d’Atago san, la montagne sur laquelle O Sensei aimait aller s’entraîner et prier. Saito était donc soto deshi. Il arrivait chaque matin au dojo avant que le soleil se lève et avait pour habitude d’attendre, assis à l’entrée, que les uchi deshi se réveillent, en faisant parfois un peu de bruit quand ils tardaient trop. C’est maître Saito lui-même qui m’a raconté cette anecdote. C’est lui aussi qui m’a dit que Tohei était sans conteste le meilleur élève d’O Sensei à cette époque. Il avait visiblement du respect pour lui.

Tohei était donc le sempai dans le dojo d’Iwama, mais c’est bien là, sur le même tatami, et à la même époque que Saito, qu’il a appris l’Aikido. Il avait simplement pris un peu d’avance avant la guerre. Entre 1946 et 1953, les deux hommes ont donc connu le même visage d’O Sensei et appris de lui rigoureusement les mêmes techniques. En 1953, Tohei est 8ème dan. Il quitte le nid pour voler de ses propres ailes et part enseigner à Hawaii et aux Etats-Unis. A partir de cette date, ses contacts avec O Sensei ne seront plus qu’épisodiques. C’est la première grande différence avec Saito qui continue à s’entraîner très régulièrement avec O Sensei à Iwama jusqu’à la mort du Fondateur en 1969.

Mais il y a, je crois, une deuxième différence tout aussi importante. Vivre c’est se trouver devant des choix. Saito s’est trouvé devant le choix suivant :

.ou bien utiliser les bases reçues auprès d’O Sensei pour développer « son Aikido », pour personnaliser sa pratique et faire vivre en lui le ki selon ce que son tempérament était susceptible d’en faire,

.ou bien éviter toute personnalisation trop marquée de l’enseignement reçu, et devenir comme un témoignage vivant des techniques telles qu’elles furent mises au point par O Sensei, afin d’éviter que ces dernières ne finissent par être modifiées et par se perdre.

Je rappelle ici, c’est important, qu’aucun autre élève d’O Sensei ne s’est trouvé dans la situation de Saito. Ces vingt trois ans de vie commune avec O Sensei ont, je crois, développé chez lui une prise de conscience particulière de sa responsabilité quant à la transmission de la technique. A cause de cette proximité de vie au quotidien avec le Fondateur pendant des décennies, Saito avait un regard sur la technique d’O Sensei qu’aucun autre avant lui n’a pu avoir, et qu’aucun autre après lui n’aura jamais. Maître Saito a longuement réfléchi à cet aspect des choses, il a jugé que sa position lui conférait un devoir qu’il était seul à pouvoir assumer, et il a choisi délibérément de ne pas introduire dans son Aikido une part trop importante de sa personnalité afin de préserver tant que faire se pouvait l’image technique d’O Sensei. Il a expliqué cela, et il répétait souvent cette phrase qui est lourde de sens dans un tel contexte, si vous voulez bien y faire attention : « Quelle que soit la technique d’Aikido, il me suffit de fermer les yeux pour voir O Sensei, comme dans un film, exécuter cette technique. » Je pense qu’il était seul à pouvoir faire cela.

La position de Tohei est différente. Il a pratiqué moins d’une dizaine d’années en continu avec O Sensei. Cela suffisait évidemment pour acquérir toutes les bases nécessaires à fonder la méthode de recherche qu’il mettra au point avec beaucoup d’intuition et beaucoup de talent. Mais cette méthode, le Ki Aikido, sera « son » interprétation et une adaptation de l’Aikido du Fondateur, dans le but de découvrir, à sa manière, ce dont parlait O Sensei : les lois du Ki, les lois de l’énergie. A cet effet, Tohei choisira, et ne conservera qu’une partie de tout le matériel technique mis au point par O Sensei et développera, parallèlement à ces moyens authentiques de l’Aikido, mais sélectionnés par lui, une autre approche : des moyens d’enseignement originaux, complètement différents de ceux utilisés par O Sensei.

Il tentera longtemps de faire adopter cette méthode d’enseignement au Hombu dojo et n’y parviendra pas. C’est une raison majeure de sa démission et de son indépendance de l’Aikikai à partir de 1974.

Tohei ne sentait pas comme Saito la nécessité de conserver fidèlement le patrimoine technique légué par O Sensei parce qu’il pensait que sa méthode était mieux adaptée à la découverte des lois de l’énergie que la méthode laissée comme un héritage par O Sensei. C’est pourquoi il l’avait mise au point.
Ceci dit, Tohei est quelqu’un de sérieux. Sa recherche et sa méthode ne sont pas l’œuvre d’un aimable fantaisiste comme on en voit tant aujourd’hui. Il tenait d’O Sensei les bases qui lui ont permis d’accomplir avec légitimité le parcours qu’il a accompli. Le problème demeure, comme toujours, celui du choix. Il faut savoir et décider si l’on veut suivre la méthode Tohei ou la méthode Ueshiba. Pour ma part, j’ai choisi la méthode Ueshiba. Et je sais que si un homme comme Saito n’avait pas un jour fait le choix que j’ai évoqué plus haut de conserver, au détriment peut-être même de son évolution personnelle, les techniques d’O Sensei, je n’aurais plus, moi, ce choix. Je ne serais plus aujourd’hui, en mesure de savoir à quoi ressemblait l’Aikido du Fondateur, moi qui n’ai jamais eu la chance de le connaître. Je ne pourrais plus m’en faire qu’une vague idée à travers les modifications et les adaptations des uns et des autres, qui ne sont pas toutes, loin s’en faut, à la hauteur de celles de Tohei.

Voilà Beo2, vous avez quelques éléments qui vous aideront à comprendre pourquoi les deux vidéos auxquelles vous faites allusion peuvent sembler bien différentes.

Philippe Voarino

Intervention intéressante M. Voarino.
J’ai cependant du mal à comprendre quelques points. Vous indiquez ainsi que K. Tohei a souhaité créer une nouvelle méthode pédagogique. Il me semble que c’est aussi ce qu’a fait Morihiro Saito qui a développé une méthode pédagogique complètement différente de celle qu’il avait reçue (de son propre aveu, il se serait fait vertement tancer si O Sensei l’avait vu enseigner en découpant et systématisant les techniques comme il le faisait).

Par ailleurs, les anciennes vidéos de M. Saito (par exemple celle de 1964 à Iwama) montrent qu’à une certaine période, il pratiquait, du vivant de O Sensei, une forme d’Aikido présentant des proximités avec ce qui est de nos jours qualifié "Aïkikaï", formes qui auraient sans doute valu un "damme" à ses élèves 30 ans plus tard. Il est alors difficile de dire qu’il n’a pas modifié la technique reçue au fil des ans.

Bonjour DG,

Les mots sont des caméléons. Quel point commun y a-t-il entre la méthode Tohei et la méthode Saito ? Le mot. C’est bien le même mot. Mais derrière ce mot les réalités sont bien différentes.

Tohei a créé une pédagogie dont la nouveauté consistait dans le fait qu’elle substituait à l’enseignement d’O Sensei l’enseignement de Tohei Sensei. Quelques techniques de l’Aikido d’Ueshiba y étaient bien encore présentes, mais c’était la portion congrue. L’essentiel n’était pas là. L’essentiel était dans la conception de Tohei sur le ki, par rapport à laquelle les techniques de Ueshiba n’étaient au fond que des instruments que Tohei n’a pas hésité à remplacer en grande partie par des techniques plus propres selon lui à mettre sur la piste de sa conception du ki.

Saito pensait, au contraire de Tohei, que les moyens mis en place par O Sensei – c’est-à-dire les techniques de l’Aikido – étaient d’une valeur inégalable pour mener à la compréhension du ki, et qu’à ce titre il était légitime de tenter de les préserver dans la pureté de la forme originale mise au point par O Sensei. Et Saito, grâce à la durée et à la qualité exceptionnelle de sa présence auprès du Fondateur, avait été témoin et connaissait cette forme comme personne d’autre. En même temps il voyait très clairement que, du vivant même d’O Sensei, la technique de ce dernier était déjà largement déformée à l’Aikikai même. Alors il décida de fixer très exactement ce qu’il avait vu et appris du Fondateur. Comme un collectionneur de papillon prend ses épingles et son formol, Saito mit au point une méthode lui permettant de « formoler » l’Aikido d’O Sensei. Son souci était donc diamétralement opposé à celui de Tohei : l’objet de la méthode de Tohei était de promouvoir et de transmettre la vision de Tohei ; l’objet de la méthode de Saito était de ne pas perdre le travail et l’oeuvre de Ueshiba. Pour cela, Saito ne pouvait faire autrement que de figer la technique. Et c’est de ce point de vue qu’il plaisantait en disant qu’O Sensei n’aurait pas été content de sa méthode. Car l’Aikido est tout le contraire évidemment de cette rigidité artificielle à laquelle il a obligé ses élèves pour qu’ils acquièrent les formes de base telles que les avait créées O Sensei. Mais imaginez-vous une seule seconde DG que Saito sensei ne savait pas cela ?
Un jour à Iwama, il s’est mis en colère à cause d’un article paru dans un magazine australien d’arts martiaux sous la plume d’un de ses élèves. Ce dernier vantait les mérites de l’Aikido d’Iwama puissant, solide, en lui opposant avec un peu de condescendance la pratique ki no nagare de l’Aikido. Maitre Saito dit que pour écrire de telle bêtises il fallait n’avoir encore rien compris à ce qu’était l’Aikido.

En effet, il y a deux choses qu’il est important de ne pas confondre et qui sont malheureusement souvent prises l’une pour l’autre, y compris chez les propres élèves de Saito : la méthode d’apprentissage d’Iwama et l’Aikido d’Iwama. L’Aikido d’Iwama est l’Aikido d’O Sensei, il est évidemment dynamique et très mobile. Il n’y pas et il ne peut pas y avoir d’Aikido statique. La méthode d’Iwama en revanche utilise le travail kotai pour préserver les techniques du Fondateur dans leur authenticité et pour les transmettre sans modification. Mais une fois ce travail effectué et la technique acquise, vient le moment d’une nouvelle étape : celle du mouvement. En Aikido il ne faut pas être trop pressé. Brûler les étapes ne mène jamais qu’à l’illusion. L’illusion par exemple qui donne à croire qu’il puisse y avoir quoi que ce soit de commun entre la pratique ki no nagare de Saito et la pratique ki no nagare de l’Aikikai. Encore une fois DG, il ne sert à rien de brandir des mots et de les agiter comme s’ils avaient à eux seuls force de démonstration, car sous le même mot peuvent se cacher des réalités bien différentes.

Philippe Voarino

be02
Bonjour Philippe Voarino,
Merci pour votre reponse au sujet de Tohei et Saito.Pour continuer un peu sur cette idee ,j aurai aussi voulu savoir pourquoi Shioda a enseigne d une maniere differente l aikido d O sensei.Il fut lui aussi eleve d O sensei ,il me semble a une periode similaire a celle de Tohei.Cependant, son aikido s est revele assez "cassant",de plus avec une garde specifique au style yoshinkan. Pourquoi donc y a t il une si grande difference ? Est ce l aikido tel qu il fut pratique par O sensei a une certaine epoque de sa vie,ou bien une interpretation personnelle de Shioda ?( au meme titre que K.Tohei avait cree sa propre methode).
Selon vous,quelle conclusion peut on tirer du mouvement "yoshinkan" (pas sur de l orthographe).
merci d avance be02

Merci pour votre réponse, Monsieur Voarino, qui me parait très intéressante.

Elle me semble cependant éluder une partie de ma question, qui concernait l’évolution visible de la pratique de Morihiro Saito, entre la période du vivant d’O Sensei (vidéo à Iwama de 1964), et son enseignement ultérieur. Pour être plus précis, je me suis vu indiquer à plusieurs reprises par des étudiants de courants Iwama que dans la vidéo de 1964, M. Saito montrait par moment des mouvements typiques de ce qu’il qualifiait plus tard de fautes techniques de type Aikikai ("damme" !). Pouvez-vous m’éclairer sur les évolutions et la maturation de la pratique de votre professeur ? Il est assez difficile de trouver des documents sur le sujet.

Merci d’avance

Bonjour. Payday Loans Payday Loans

Bonsoir à tous !

Dans le volume 2 traditional Aïkido -1973- Morihiro Saïto senseï précise qu’il faut garder les mains très proches pour la pratique de tanren uchi (page 17-voir photo).Y a-t-il une raison particulière à cela ?

Merci par avance.

Sly bonjour

Si je ne m’abuse, une des raisons pour laquelle il est meilleure de garder les mains serrees pour le tanren uchi est le renforcement de la poigne et des avants bras. Ce renforcement ce fait en essayant de reduire le rebond du tsuburito à l’impact du pneu. Et moins il y aura d’ecart entre les mains plus cela renforcera les avant bras.

Il y a peut etre d’autre raison mais je ne les connais pas.

Amicalement

Matthieu

Bonjour Sly

L’explication de Matthieu me va bien. Il est en effet bien plus difficile d’effectuer un shimeru correct quand les mains sont collées l’une contre l’autre.

Philippe Voarino

Bonjour,

La position serrées des mains pour la pratique du taren uchi, en sus de l’explication apportée par Matthieu, permet également de prévenir toute blessure au niveau du coude du bras positionné devant lors du rebond et de son contrôle.

Bonjour Maître,

Je ne pratique l’Aikido que depuis 2 ans mais il a pris je crois une part importante dans ma vie.
Je pars de fort loin bien sûr et je m’efforce d’aborder les choses avec curiosité et simplicité. En recherche d’informations sur le net, je suis tombé sur une Interview de Shimizu Kenji dont je retranscris ici une partie :

"Est-il important de travailler les armes en Aïkido ?
Je ne crois pas. Aujourd’hui il y a de plus en plus de professeurs qui enseignent le ken mais dans le temps Osenseï se fâchait si on pratiquait trop le sabre. Il disait "L’Aïkido c’est le taïjutsu alors étudiez profondément le taïjutsu.".
Dans l’entraînement il est bon de varier les situations d’attaques et dans ce sens cela est utile de travailler contre des attaques au ken, au jo ou au tanto. Mais le travail sabre contre sabre ne me semble pas nécessaire. Les gens qui veulent étudier cela peuvent pratiquer le Kendo.
Aujourd’hui les gens parlent d’Aïkiken, Aïkijo, et il règne une grande confusion sur ce qu’est l’Aïkido. L’essence de l’Aïkido est le taïjutsu, il faut garder cela à l’esprit. Mais on utilise le sabre pour apprendre le riai, les principes.
Physiquement il est souvent plus confortable de pratiquer le ken ou le sabre. On ne finit ni projeté ni immobilisé. (Rires)"

Je vois une contradiction entre l’importance donnée aux armes dans l’enseignement de l’Aikido, tel que défini par Maître Saïto, et cette déclaration de Maître Shimizu, dernier Uchi Deshi d’O Sensei, qui pourtant revendique son indépendance vis-à-vis de l’Aikikai. Or l’un comme l’autre ont bien connu O Sensei. Mais peut-être ai-je mal compris le sens exact de ces propos. Pourriez-vous m’orienter ? Sait-on si O Sensei pratiquait lui-même beaucoup les armes et s’il les faisait pratiquer dans son enseignement de façon intensive ? Est-ce que les armes sont utiles "juste" pour les principes, ou bien au-delà ?

J’espère que ma question n’apparaitra pas comme impertinente ni inopportune. Je ne souhaite pas renforcer d’éventuelles divergences mais juste essayer d’y voir un peu plus clair sur un point qui m’apparaît central.

D’avance, merci pour votre éclairage.

Bonjour Maître,

Je m’aperçois à retard, en parcourant le site TAI (qui est très riche, pardonnez-moi de ne pas avoir encore tout lu), que vous avez développé longuement et précisément dans un article nommé "Lettre ouverte à l’Aikikai" l’importance cruciale de l’aikiken et de l’aikijo pour O Sensei. Vous y faites la démonstration que la pratique des armes était fondamentale pour O Sensei, et je ne veux pas vous ennuyer en vous invitant à vous répéter.

Je ne saisis malgré tout pas bien, au strict plan de la logique, la position de Maître Shimizu qui a été, si je le comprends bien, Uchi-Deshi et Uke de Morihei Ueshiba entre 1963 et 1969, donc à une époque où l’Aikido avait atteint l’unité dont vous parlez dans votre article, et qui si je vous ai bien compris donne tout son sens à la trilogie "Aikiken-Aikijo-Taijutsu".
Néanmoins après avoir lu votre article je dois admettre que ma question me met d’autant plus mal à l’aise, car elle peut paraître parfaitement déplacée pour un débutant. Pardonnez-moi si cela est le cas, je n’ai aucune prétention de jugement et je me sens bien ignorant. Je suis simplement en (première) recherche du sens de l’Aikido, en particulier du lien établi par O Sensei lui-même entre la pratique de cet art martial et des lois naturelles qui le gouvernent (et nous gouvernent tous). Je suppose aussi que les questions trouveront leur réponse justement par la pratique.

Bonjour Patrick,

Vous trouverez effectivement dans les différents éditoriaux du site beaucoup d’éléments pour répondre à votre question, notamment dans un commentaire que j’ai fait à propos d’un article de Gérard Blaize.

Votre réflexion est tout à fait juste. Il y a effectivement une contradiction entre l’importance donnée aux armes dans l’enseignement de l’Aikido, tel que défini par Maître Saito, et la déclaration de Maître Shimizu. Mais je n’écrirais pas la phrase que vous écrivez ensuite "Or l’un comme l’autre ont bien connu O Sensei". Elle montre combien il est difficile de se faire une idée précise de la réalité de l’apprentissage de l’Aikido auprès d’O Sensei pendant la période de l’après-guerre. Elle débouche aussi sur la question incontournable : qu’est-ce que l’Aikido ?

Qu’O Sensei ait pratiqué intensivement les armes, nul je pense ne peut le contester sérieusemen. Qu’il ait utilisé ce matériel pour l’élaboration de l’Aikido, tout le monde est à peu près d’accord aussi la-dessus. La divergence de vues intervient au stade suivant dans la vision répandue et que je résume un peu sommairement ainsi : "Maintenant que l’Aikido est créé il se suffit à lui-même et tout ce fatras d’armes ne sert plus à rien".

Je fais remarquer que cette façon de voir est partisane en ce qu’elle prend position et définit de facto l’Aikido comme une simple pratique à mains nues sans rechercher préalablement si l’utilisation des armes par O Sensei ne pouvait pas par hasard être un élément à part entière de l’Aikido.

C’est cette recherche préalable - avant de décider ce qu’est l’Aikido - qui a été menée par des hommes ayant eu le privilège de participer au profond investissement d’O Sensei dans la pratique du ken et du jo. Or Kenji Shimizu ne fait pas partie de ces hommes, à la différence de Morihiro Saito. C’est un fait de l’histoire, et cela ne veut pas dire évidemment que Shimizu n’ait pas reçu l’enseignement d’O Sensei. Simplement il ne l’a pas reçu d’une manière comparable à Saito. Et je ne parle pas simplement là en longueur de temps, mais dans la modalité même de l’enseignement. C’est cela qui est difficile à comprendre et source de confusion, car chacun dans sa revendication de l’héritage néglige volontiers quelques petits détails de l’histoire.

Il est clairement avéré qu’O Sensei s’est progressivement séparé de Takeda et du Daito ryu quand il a modifié sa position de pieds qui est en ce sens à l’origine de l’Aikido. Or c’est la pratique des armes qui a poussé O Sensei à adopter la position hito e mi. Ceci est démontrable sur un tatami et je passe mon temps à le faire. Il est vrai qu’O Sensei utilisait ensuite cette position dans son tai jutsu et qu’il faut l’utiliser bien-sûr. Mais la question est la suivante : peut-on comprendre cette position et la mettre en oeuvre en utilisant exclusivement les techniques du tai jutsu et en faisant l’impasse complète sur le travail du ken et du jo ?

Je ne donnerai pas de réponse décisive à cette question, mais j’observe simplement que partout où les pratiquants d’Aikido ont arrêté l’étude du ken et du jo telle que mise au point par O Sensei, la position hito e mi a disparu de leur pratique de tai jutsu qu’ils appellent Aikido. Et je suis désolé de dire que c’est le cas à tous les niveaux, y compris au plus haut, y compris à celui de Shimizu sensei.

J’ajouterai pour conclure que l’abandon de la position hito e mi, qui rend du coup impossible la rotation autour de l’axe central du corps, a pour conséquence obligatoire l’exagération du travail avec les bras qui est toujours un signe de cette perte de la connaissance de l’enseignement du Fondateur.

Philippe Voarino

Monsieur Voarino,

Prtaiquant le Budo depuis 25 ans, passionné par l’aikido depuis 1996, je lis TAI depuis maintenant quelque temps et je profite de cet article pour vous remercier de partager technique et réflexions avec nous. C’est en vous lisant que j’ai compris les raisons de mon insatisfaction croissante avec l’aikido tel qu’il est enseigné, pratiqué, vécu de nos jours. Soudain tout ce que je ressentais sans avoir les moyens techniques de l’analyser était exprimé noir sur blanc. Non seulement j’ai compris mais j’ai aussi arrêté de culpabiliser ou de me sentir ridicule.

La découverte des livres de 73 de Saito sensei a été une révélation. La conjonction des deux a débloqué ma pratique et relancé mon intérêt.

Je vis dans un pays où hélas, lenseignement d’Iwama n’est pas représenté - tout y est à faire de ce point de vue. Aussi je lance un appel : je travaille autant que je peux mais comme vous le disiez justement je pratique seul.

Je serais extrêmement reconnaissant (et de façon concrète) si un élève lecteur de TAI pouvait - selon des modalités à définir - me faire partager le contenu que les images et les livres ne peuvent transmettre, tous les affreux petits fondamentaux détails, la logique des exercices, tout ce qui fait qu’on travaille bien sans prendre de mauvaises habitudes. Un enseignement à distance en quelque sorte et il va de soi que je pense que toute peine mérite salaire, symbolique et/ou autre.

Pour le reste je peux me débrouiller. Où je suis j’essaie de trouver un partenaire pour l’awase mais cette aide à distance (skype par exemple une fois par semaine) me serait salutaire.

Encore une fois merci, dans l’attente (impatiente) de vous lire

L.

Bonjour Shoshin,

L’un de mes élèves a souhaité prendre contact avec vous pour vous aider dans votre démarche. Je l’ai encouragé à le faire. Vous pouvez faire confiance à tout ce qu’il vous indiquera sur le plan technique.
Il prendra contact avec vous par l’intermédiaire du webmaster. Je suis convaincu que cette collaboration sera utile et vous adresse mes meilleurs encouragements pour votre travail.

Philippe Voarino

Bonjour sensei,
Un immense merci à Matthieu et vous-mêmes. Comme je l’expliquais sur un forum, c’est comme si j’avais accumulé des briques pendant des années et que quelqu’un vienne avec le plan de l’architecte : tout se met en place dans un ensemble enfin cohérent, ouf... Il reste beaucoup de travail mais au moins je vois un chemin.

Encore merci et de toute façon à bientôt, l’aventure ne fait que commencer,

Amicalement
Léon

À monsieur Philippe Voarino,

Les armes de l’aikido, aikiken et aikijo…ce sont une des facettes de l’aikido. L’aikido ne découle pas des armes, il est les armes et les techniques à mains nues. L’un ne va pas sans l’autre.

Dans mon dojo, nous pratiquons les armes…hélas trop peu. Des techniques mains nues contre armes, jo, ken et tanto…et des formes de kumitachi…des techniques de désarmement etc…

Nous pratiquons le kata san-ju-ichi (kata 31)...et encore je dirais que notre connaissance de ce kata laisse à désirer. Je me suis entrainé à réaliser enfin du moins à essayer de comprendre le sens du mouvement du ju san no kata (kata 13)…notamment regardant des vidéos de maître Saito en décomposant le mouvement et en essayant avec ma petite expérience et ma volonté de reproduire les mouvements le plus lentement possible, de comprendre tel ou tel principe, de voir où il plaçait ses mains, ses pieds, son regard, les extrémités de l’arme etc…de saisir le déplacement…Je fais cela car personne ne le fait…personne ne connait le ju san no kata…ni les suburis au ken, ni les formes d’awase…je suis le seul enfin à ma connaissance qui s’y intéresse.

C’est très difficile...je ne maîtrise aucunement ces deux katas…on va dire que je connais le mouvement…mais à mon sens, ce n’est qu’une ébauche du véritable travail, une forme « brouillon ».

Mon senseï pense que les armes de l’aikido sont le prolongement des techniques à mains nues et inversement. Il pense que notre travail aux armes aide à améliorer le reste... que cela aide à percevoir par exemple le bras sur yonkyo pas comme un bras mais comme un sabre.

Vous savez…je crois que pour apprendre à désarmer, à contrer une arme, il faut d’abord apprendre à s’en servir. Donc pour apprendre à faire les techniques de l’aikido je dois apprendre à me servir des armes de l’aikido.

Mon rêve le plus cher est d’apprendre l’aikido…de le transmettre afin qu’il perdure. Toutefois je souhaite apprendre l’aikido dans son ensemble et transmettre à mon tour les armes de l’aikido tel que Maître Saïto vous les a transmises dans leur globalité ainsi que toutes les qualités humaines qui vont avec car les qualités humaines sont bien plus importantes que la technique.

Dans ma région en Charente maritime…il n’y aucun dojo je dirais du style « iwama » bien que je n’aime pas ce terme. L’aikido n’est pas un style…qui en ce monde pourrait être assez digne pour créer un style d’aikido qui découlerait directement du travail d’O’Senseï….à mon avis…personne.

Dans peu de temps j’aurais un travail…enfin espérons. Dès que j’aurais économisé assez d’argent je viendrais vous voir…afin d’apprendre même si ce n’est qu’un apprentissage partiel, au moins j’aurais acquis quelque chose.

Depuis quelques temps je me pose des questions sur ma pratique et j’espère un jour pouvoir grâce à vous et à d’autres senseï et à d’autres pratiquants de tous horizons... découvrir quelques réponses.
J’espère bientôt… d’ici la saison prochaine venir vous rendre visite, pratiquer avec vous et vos élèves…apprendre l’aikido même ne serait-ce qu’un peu. Je préfère avoir un peu de connaissance que de rester dans l’ignorance.

Qui sait…peut être qu’un jour nous échangerons un travail d’aikido intéressant basé sur l’entraide et la passion que nous portons à notre discipline.

Cordialement,

Ono-San.

bonjour

Est ce qu est il possible d apprendre les techniques tt en

regardant des cds ,ou bien appliquer les precieuse conseilles du maitre

phillipe qui sont sur ce site ?

Bonjour Karim

Si tu veux savoir nager, va à la piscine pas à la bibliothèque.

Tu pourras apprendre beaucoup de choses en regardant des dvd (encore faut il savoir regarder là ou il faut) et tu apprendras certainement beaucoup de choses en lisant les articles disponible sur ce site.

Mais si tu veux appliquer les conseils que tu trouveras sur ce site alors il te faudra aller à la rencontre de Philippe VOARINO.

Souvent les articles ne peuvent transmettre la complexité de la pratique et les mots seront limités. Sur le tatami tu pourras être guidé et apprendre par le corps petit à petit les plus petits détails, ceux qui ne se voient pas sur une photo et ne se ressentent pas sur une vidéo.

Matthieu

Bonjour Karim, bonjour Ono-San.

Je réponds ensemble à vos deux messages qui recoupent la même question. Matthieu a déjà dit l’essentiel. Je ne crois pas en effet que les supports audio-visuels ou les livres puissent remplacer le contact direct d’un enseignant qui possède une bonne connaissance de son sujet.

Si je prends mon exemple personnel, il m’arrive fréquemment aujourd’hui encore de découvrir sur les photos des volumes de "Traditional Aikido" de Morihiro Saito des éléments techniques fondamentaux - je dis bien fondamentaux - que je n’avais pas vus auparavant. Pourtant j’ai lu ces ouvrages des milliers de fois, pourtant j’ai vécu l’enseignement direct de leur auteur au dojo d’Iwama pendant des milliers d’heures.

Certains des gens qui m’aiment bien diront sans doute que je suis un peu long à la détente et peut-être n’auront-ils pas tort. Mais il n’en reste pas moins qu’un pratiquant qui n’a jamais eu sous les yeux sinon le modèle du moins un élève capable d’expliquer de manière compétente les éléments techniques des livres ou des dvd, n’a aucune chance d’utiliser de manière constructive les informations qui sont pourtant là sous ses yeux, et cela parce qu’il ne peut les voir.

Philippe Voarino

bonjour maitre Phillipe, bonjour mathieu :
Je vous remercie pour votre reponse.Je veux juste ajouter que pour moi
il m est profitable d apprendre sur un tatami que d essayer de dechiffrer les techniques sur des cds....mais dans mon entourage presque la plupart des pratiquans font pareille dabord faute de moyens , et secondo ils croient que etant donner qu ils y personne
qui les oblige à se corriger , ils copiennt les techniques telles quelles ( aux moins de vue ).
De ma part , je faisais pareille, et je vous assure que le kata de 31
je les appris du cd d une demonstrations de plusieurs sensei dont maitre SAITO qui executer le kata en plein demonstration.
Pour le moment ,je fais toujours pareille mais jai toujours de difficulter à expliquer des techniques , alors comment faire ?

Bonsoir Karim

Il me semble que votre situation ne peut être différente. Vous n’arrivez pas expliquer des techniques car elles ne vous ont jamais été expliquées.
Ce sont des techniques qui restent des images, des formes sans vie.

Malheureusement, ou heureusement, seul la pratique sous la direction d’un pratiquant lui même formé vous permettra d’avoir les cles vous permettant non seulement de pouvoir expliquer les techniques mais plus encore et avant de les transmettre de les assimiler, de les faire votre.

Il est courant de lire dans les interview que l’on trouve sur le net, que Morihiro Saito Sensei conseillait avant toute chose de choisir un bon professeur...

Cordialement

Matthieu

A Matthieu, Karim et Philippe Voarino,

Je comprends Karim qui essaye à sa manière - qui est également la mienne - d’apprendre le travail aux armes.
On ne peut pas apprendre véritablement les kata ou le travail aux armes, ou même n’importe quelle technique sans la présence d’un enseignant compétent à nos côtés, en cela je suis d’accord avec les propos de Matthieu et de Philippe Voarino.

On peut apprendre la forme seul avec les moyens du bord, mais il n’y aura aucune précision technique. On aura peut être acquis une forme « brouillon » du déplacement, mais la forme sera vide.

Pour l’instant n’ayant aucun enseignant qui pourrait m’enseigner les armes de l’aikido dans ma région tels qui ont été transmis par Saito Senseï et ses élèves proches, je m’entraine avec les supports que j’ai en ma possession : photo, vidéo, commentaires sur internet entre autres.

Après à partir de là, j’essaie de retrouver dans le travail aux armes, les placements, les gardes etc…que l’on retrouve à mains nues, j’essaie de travailler mon centrage, le metsuke etc… J’analyse image par image, le sens du regard, le placement de la pointe du jo ou du ken, la position des pieds et des mains.

Alors certes c’est un travail brouillon, une ébauche du véritable travail, mais lorsque j’aurai trouvé un professeur qui pourra me les enseigner, alors je ne serai peut être pas complètement perdu dans l’apprentissage.

En tout cas l’un de mes objectifs est de venir m’entrainer 15 jours - 3 semaines pour commencer auprès de vous Philippe Voarino, afin d’acquérir un minimum de savoir faire dans la pratique des armes. Le peu de conseils que je pourrais avoir lorsque ce moment viendra, et bien je les assimilerai au mieux et je continuerai à m’entrainer après seul en suivant vos consignes. Bien sur, je crois que plusieurs voyages et stages me seront nécessaires et de longues années afin d‘assimiler les bases du travail aux armes.

15 jours - 3 semaines vous me direz c’est peu…mais n’ayant - comme je le disais - aucun professeur ayant été un élève ou un élève d’un élève de Saito Senseï dans ma région, je suis un peu forcé de faire un déplacement occasionnant des frais et réduisant la durée d’un possible séjour dans une autre ville.

Et n’ayant aucun stage proche de mon département à l’heure actuelle, il faut comprendre que pour apprendre je suis hélas, pour l’instant, obligé d’apprendre avec le peu de moyens que je possède.

Je me souviens d’une phrase que vous, Philippe Voarino, avait écrite dans un commentaire m’étant destiné sur le site de TAI : « Vous êtes jeune, vous êtes enthousiaste, vous cherchez à comprendre. Restez tel que vous êtes, votre force est là[…] Ayez confiance dans votre intuition, suivez là sans perdre de temps. »

Aujourd’hui j’essaie de suivre ce conseil…de suivre mon intuition. Je ne sais pas où cela me mènera, mais je sais que mes efforts ne seront pas vains.

Cordialement,

Ono-San

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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