Lentement on apprend

Les kumijo (ici le numéro 1), les kumitachi, et d’une manière générale tous les exercices avec armes, doivent être pratiqués lentement.

A Iwama, maître Saito interdisait toute vitesse d’exécution dans la pratique des armes, et il se mettait franchement en colère quand les gens ne respectaient pas cette consigne. Un matin à l’entraînement il a expliqué cela, Patricia Hendricks traduisait en arrondissant les angles. Comme il ne voyait pas suffisamment de réaction sur nos visages, il a demandé à Daniel Boubault qui était présent de la remplacer, et de répéter véritablement avec force ce qu’il avait dit :

Vous êtes là pour devenir des enseignants, si vous n’êtes pas capable d’apprendre correctement (en travaillant lentement), prenez vos bagages et quittez ce dojo immédiatement.

En pratiquant lentement, l’entraînement est plus sûr, mais surtout on a le temps nécessaire pour "se regarder pratiquer", on peut alors voir ce qui ne va pas, et corriger ce qui doit l’être.

Dans la réalité d’un combat, ce n’est pas tant la vitesse d’exécution qui est importante que l’harmonisation avec l’attaque (awase), or l’étude de l’awase est d’autant plus profitable que l’on s’entraîne lentement.

Le syndrome du petit samouraï consiste à travailler très vite des exercices d’étude purement conventionnels. C’est comme monter et descendre une gamme musicale à toute allure, c’est transformer un exercice d’apprentissage qui doit respecter certaines règles, et notamment un certain rythme, en exercice de vitesse sans intérêt et parfaitement ridicule. Ce n’est qu’une manifestation de l’ego qui veut paraître et briller.

C’est sur le champ de bataille qu’il y a prouesse guerrière, ailleurs il y a l’étude, ou alors il y a la cour de récréation, et un dojo d’Aikido – c’est ce que voulait dire maître Saito – ne doit pas être confondu avec une cour de récréation.

Philippe Voarino, décembre 2018.

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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