Le jeu de l’aigle et du serpent

Nobuyoshi Tamura a accordé une interview à la revue Dragon dans son numéro 22, sous le titre « L’aigle de l’Aikido ».

L’aigle porte l’éclair de Zeus, il évolue dans les régions du ciel inaccessibles à l’homme. Il fréquente les mondes spirituels. C’est pourquoi Jean l’Evangéliste est représenté sous le signe de l’aigle. L’aigle, tueur de serpents, triomphe des forces obscures. A vivre près du soleil, il incarne la victoire de la lumière.

Mais le regard de l’Aigle, fixé vers le lointain, donne le sentiment qu’il ignore ce qui l’entoure, et qu’il éprouve pour ce qui lui est proche un certain mépris. C’est pourquoi il incarne aussi depuis toujours le péché d’arrogance. Et c’est la raison pour laquelle il est souvent représenté avec deux têtes. L’aigle en vérité a deux visages. Et le serpent connaît le moins glorieux des deux, car il est compagnon du roi des oiseaux dans l’éternel jeu des contraires.

Si l’aigle en effet reçoit sa force du Ciel, le serpent puise la sienne dans la Terre. Depuis toujours ils sont unis, comme le jour et la nuit, comme le masculin et le féminin. Et si le serpent est Diable, il est aussi Kundalini, Ouroboros, et compagnon d’Esculape, lové autour du caducée comme autour de l’axe du monde.

Pour répondre comme il est légitime à l’aigle de l’Aikido, c’est donc en me glissant dans la peau du serpent que j’ai une chance de le faire. Beaucoup, avant même de lire, n’auront d’autre désir que d’écraser la tête de la bête rampante. Pourtant, entre tous les animaux, c’est le serpent qui a qualité pour s’adresser au messager des dieux.

Quand on prend publiquement des positions, on prête le flanc à la critique. C’est inévitable. Je suis bien placé pour le savoir car dans ma folie j’écris beaucoup. Nobuyoshi Tamura le sait également. C’est pourquoi, dans sa sagesse, il ne parle presque jamais. Il a même fait de son silence une force, car à celui qui n’exprime rien on prête généralement les plus hautes pensées. Et il déroge rarement à cette règle.

Qu’un personnage aussi avare de ses paroles, accorde une interview de neuf pages à un magazine grand public n’est donc pas un hasard. C’est un acte délibéré dont le sens mérite d’être cherché. Déguisée sommairement au milieu de quelques anecdotes, la raison de cette prise de parole n’est guère difficile à reconnaître.

L’Aikido « officiel » craint l’enseignement de Morihiro Saito parce qu’il met en question l’autorité technique de l’Aikikai, au Japon comme en France et ailleurs. Et tout est mis en œuvre dans le petit monde de l’Aikido issu du Hombu dojo pour discréditer maître Saito et le travail de sa vie fidèle à l’héritage d’O Sensei.

Dans ce but, il n’y a pas meilleure arme que la désinformation, surtout quand elle émane d’un personnage ayant la stature historique de Nobuyoshi Tamura.

Qu’un tel pontife mette ainsi son poids dans la balance donne en même temps la mesure des craintes et tremblements de tout un empire bâti sur du sable, l’empire de l’Aikido moderne.

Les propos de Nobuyoshi Tamura dans cette interview constituent une attaque froide, sans sommation, et presque frontale, de l’enseignement de Morihiro Saito. En écrivant cela, je n’éviterai pas, bien entendu, de la part de ceux dont le jugement est formé avant même de lire, la sentence de délire paranoïaque. Mais pour les autres, qu’ils veuillent bien m’accorder, avant d’actionner le couperet, un instant d’attention. Je parle de ce que je connais.

En 1989, à l’occasion de la tournée de deux semaines que j’avais organisée en France pour Morihiro Saito, j’avais invité chez moi Nobuyoshi Tamura et son épouse. A ma propre table, devant mes yeux et ceux de plusieurs témoins, Nobuyoshi Tamura sortit de sa poche une épaisse enveloppe et la tendit à Morihiro Saito qui l’entrouvrit, laissant apparaître un matelas de billets de 10.000 yen. Officiellement, c’était une offrande pour le nouveau dojo que construisait Saito sensei à Iwama. A cette époque, l’Aikikai menaçait en effet de le mettre à la porte du dojo dont O Sensei lui avait confié la garde. L’air embarrassé, Saito refusa poliment mais fermement ce cadeau, et Tamura un peu gêné remit l’enveloppe dans sa poche. Quiconque a vécu au Japon et connaît un peu l’âme japonaise, comprendra sans peine le message caché derrière ces civilités et cette politesse de façade. La traduction est à peu près celle-ci : « Vous n’êtes pas le bienvenu ici. Voilà un peu d’argent. Prenez-le et ne revenez plus désormais sur mes terres. »

Cette crainte et ce souci de repousser l’influence de Morihiro Saito ne datent donc pas d’hier. Ce sont eux, qui avaient fait irruption sans courtoisie dans ma propre maison, que je retrouve aujourd’hui dans l’interview de Nobuyoshi Tamura au magazine Dragon.

Les artifices utilisés dans cette interview pour tenter de faire du tort, au-delà de la mort, à l’image et à l’autorité de maître Saito sont au nombre de trois.

1 – Présentation de Hirokazu Kobayashi comme le sempai de Saito sensei.

Patelin, Nobuyoshi Tamura explique :

Maître Hirokazu Kobayashi qui habitait à Osaka avait une grande expérience du travail des armes car c’était un pratiquant avancé de kendo (…) Il m’a raconté qu’il avait souvent aidé Saito sensei à corriger ce qu’il avait vu des mouvements du fondateur (…) Kobayashi sensei avait une grande expérience du sabre et son aide a été utile à beaucoup de disciples,notamment Saito sensei.

Le lecteur peu informé conclura naturellement qu’Hirokazu Kobayashi était le sempai de Morihiro Saito, et qu’il a aidé ce dernier à corriger ses maladresses dans l’interprétation de l’enseignement d’O Sensei.

C’est simplement le monde à l’envers.

Morihiro Saito a commencé l’Aikido en 1946, Hirokazu Kobayashi en 1953, sept ans plus tard. Morihiro était 4ème dan par O Sensei depuis trois ans quand le jeune Hirokazu noua pour la première fois sa ceinture blanche.

Après guerre, le Hombu dojo de Tokyo a rouvert en 1952. C’est donc à cette date seulement qu’O Sensei a commencé à voyager à Tokyo depuis Iwama où il résidait depuis 1941. Ce qui veut dire que Morihiro Saito s’est entraîné chaque jour aux armes à Iwama avec O Sensei pendant sept ans avant qu’Hirokazu Kobayashi ne commence la pratique de l’Aikido.

Sept ans d’entraînements quotidiens représentent environ 2000 heures de ken avec O Sensei comme partenaire quasi exclusif. On comprend qu’avec une si pauvre expérience Saito sensei ait remis à un jeune débutant de 23 ans (Kobayashi est né en 1929), « expert » de kendo comme on peut l’être à cet âge, le soin de le guider !

Et dire que j’avais en plus la naïveté de penser comme O Sensei que l’aiki ken et le kendo n’avaient aucun rapport !

Peu après la mort de Kobayashi, Saito sensei me confia à Iwama une réalité qui est bien différente de celle suggérée dans cette interview. Je l’aurais gardée pour moi si le procédé médiatique de Nobuyoshi Tamura ne m’obligeait à rétablir ici la vérité : Hirokazu Kobayashi invita plusieurs fois Morihiro Saito à Osaka pour qu’il y enseigne l’aiki ken et l’aiki jo. Un jour Koba oublia de lui rembourser ses frais. L’aide apportée par Saito sensei à son kohai se termina ainsi.

2 – Présentation de Saito sensei comme quelqu’un qui ne consacrait qu’une

partie de son temps à l’entraînement.

Nobuyoshi Tamura poursuit sur un ton de fausse compassion :

(Saito sensei) était en même temps conducteur de train et cela a dû être très difficile pour lui. Nous on ne travaillait pas et on ne se consacrait qu’à l’entraînement…

Le lecteur peu habitué à la malice des présentations tendancieuses traduira inévitablement que les uchi deshi de Tokyo se sont entraînés bien plus que le malheureux Saito accaparé par son travail au chemin de fer.

Trois réalités qui changent tout ont simplement été « oubliées » dans cette présentation :

  • Premièrement Morihiro Saito vivait à Iwama auprès d’O Sensei et tout l’entraînement qu’il faisait était avec O Sensei. Alors que les uchi deshi vivaient à Tokyo et apprenaient l’Aikido de Kisshomaru doshu.
  • Deuxièmement Saito travaillait de nuit, ce qui lui permettait d’aider O Sensei dans les champs la journée et de s’entraîner avec lui, quand bien même il n’avait pas dormi de la nuit. Effectivement « cela a dû être très difficile pour lui », mais il l’a fait.
  • Troisièmement, quand les uchi deshi de Tokyo ont quitté définitivement le Japon, leurs années d’études à l’Aikikai s’établissaient comme suit : Tamura 10 ans, Kanai 9 ans, Yamada 8 ans, Chiba 7 ans, Sugano 7 ans, Noro 5 ans… Saito sensei, lui, a vécu et s’est entraîné auprès d’O Sensei pendant vingt trois ans, soit plus de deux fois plus que le plus assidu des uchi deshi de Tokyo.

La vérité c’est que la connaissance de l’Aikido acquise par ces jeunes professeurs après leur départ du Japon ne venait plus ni d’O Sensei ni de Kisshomaru : c’est par eux-mêmes, en enseignant à leurs élèves occidentaux qui ne se doutaient de rien, qu’ils découvrirent seuls, avec plus ou moins de bonheur, ce qu’ils ne pouvaient plus désormais recevoir de leurs maîtres.

3 – Présentation de Saito sensei laissant entendre qu’il a modifié certains

points fondamentaux, s’éloignant ainsi de l’enseignement authentique d’O Sensei.

Nobuyoshi Tamura à qui j’ai offert un jour – c’est un comble – un magnifique bokken d’Iwama, explique :

Saito sensei a imaginé le bokken épais qui porte le nom d’Iwama. O Sensei utilisait généralement un magnifique bokken en ébène, plutôt fin, de type Yagyu.

Autrement dit, Saito sensei aurait modifié le ken de l’Aikido, il aurait « imaginé » un ken différent ? Certes O Sensei utilisait volontiers en démonstration des ken légers, parce que très rapides. Mais nombre de photos prises à l’entraînement le montrent au contraire avec des armes lourdes.

O Sensei et Morihiro Saito à l’entraînement à Iwama.

Sur le râtelier d’Iwama, à l’époque où j’étais uchi deshi dans les années 80, trônait encore l’énorme bokken que l’on voit dans les mains d’O Sensei sur les célèbres photos prises devant le dojo d’Iwama. Le Fondateur y pose dans ses habits de travail.

J’ai fait personnellement des milliers de suburi avec ce ken dans le dojo d’Iwama, et je peux affirmer qu’il n’a rien de léger ou de fin.

Pour développer un authentique travail du corps, il est indispensable de s’entraîner avec des armes lourdes. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on pratique parfois avec un suburito.

Sur cette photo, le ken du haut est celui d’O Sensei, notamment sur les célèbres photos en habit de travail. Immédiatement au-dessous se trouve le « bokken épais qui porte le nom d’Iwama » selon Nobuyoshi Tamura. Que celui qui a des yeux regarde, qu’il compare les deux ken, et qu’il juge par lui-même !

Le même ken à l’entraînement, et dans les mains d’O Sensei en habit de travail. Il est impossible de le manipuler correctement si l’on ne se sert que de la force des bras.

(O Sensei) n’enseignait pas même ikkyo ! (…) il ne suivait pas de pédagogie au sens scolaire du terme avec des étapes établies. » (…) La pensée qui consiste à diviser les choses n’est pas efficace dans notre voie (…) Les techniques d’Aikido(…) doivent être pratiquées, étudiées et comprises dans leur globalité. Si on les apprend en les décomposant il se produit inévitablement des décalages qui les rendent inapplicables.

Cette réflexion est, en quatre lignes, la condamnation catégorique et définitive de tout l’enseignement de maître Saito qui part justement du présupposé inverse. Le lecteur crédule est alors amené à conclure que Morihiro Saito, avec son système très méthodique qui décompose les techniques pour mieux les apprendre, s’est éloigné de l’enseignement authentique du Fondateur. Egarement dans lequel ne se sont pas fourvoyés les uchi deshi de Tokyo…ça va sans dire !

Alors qui détient la vérité ?

Il ne fait pas de doute que le jeune Nobuyoshi ait appris à Tokyo les techniques « globalement ». Et l’on comprend alors qu’il les ait transmises à son tour de la manière dont il les a reçues, inscrivant par nécessité au fronton de son enseignement cette injonction devenu célèbre : « Volez ma technique ! »

Parce qu’il a appris exclusivement de la sorte et qu’il n’a pas connu d’autre expérience, il considère que « c’est une méthode d’apprentissage *(je dirais plutôt en l’occurrence absence de méthode) *qui n’a pas d’alternative et qu’il faut considérer comme inéluctable. » Pourtant tous les témoins de l’enseignement d’O Sensei à Iwama insistent sur le fait que le travail du Fondateur y était méthodique et accompagné de nombreuses explications, y compris sur les points de détail.

La réalité historique est complexe. Et il semble avéré aujourd’hui qu’O Sensei enseignait différemment selon les lieux et les élèves qu’il avait en face de lui.

Mais il est une chose en tout cas que Nobuyoshi Tamura ne peut pas savoir : c’est la manière dont O Sensei enseignait à Iwama. Tamura en effet n’est pas allé à Iwama plus de deux ou trois fois dans toute sa vie, et certainement pas dans le but de s’y entraîner. C’est moi-même qui lui ai fourni les clichés du dojo d’Iwama qui figurent dans son livre « Etiquette et transmission ». Tamura est un élève du doshu Kisshomaru et il n’a suivi l’enseignement d’O Sensei que lors des visites de ce dernier à Tokyo ou lors de ses voyages avec lui en qualité d’otomo (aide accompagnateur). Ces circonstances et sa proximité avec O Sensei dans ces moments furent une grande chance et doivent assurément être pris en considération. Mais cela ne l’autorise aucunement à parler de la manière dont O Sensei enseignait à Iwama, car il n’en a jamais fait véritablement l’expérience.

Qui peut raisonnablement contredire Nobuyoshi Tamura quand il affirme qu’une technique d’Aikido ne peut être exécutée que dans la globalité de tous les paramètres qui la constituent ? Saito sensei n’a jamais prétendu le contraire bien sûr. Le mouvement est un ou n’est pas mouvement d’Aikido, c’est une évidence.

Mais il y a une différence de taille entre l’exécution d’un mouvement dans l’unité réalisée de tous ses paramètres indispensables, et l’apprentissage de ce même mouvement.

Contrairement à ce que soutient Nobuyoshi Tamura, il est possible de décomposer pour comprendre et pour apprendre. Et il est possible de relier ensuite les divers éléments, dans une deuxième phase de l’apprentissage, quand vient le temps d’exécuter le mouvement en ki no nagare. Si l’on a pour souci d’acquérir les fondamentaux et de préserver leur connaissance, c’est cette méthode là qui est inéluctable.

Non que la méthode globale n’ait pas d’intérêt, elle doit même être préférée avec les enfants par exemple, parce qu’ils sont encore vierges et n’ont pas encore assimilé les mécanismes d’un apprentissage lié à la réflexion. Mais passé l’âge de 12 ans, la méthode globale est la garantie de fixer un certains nombres de défauts de manière irréversible. Et je ne vois malheureusement pas que l’enseignement issu du doshu Kisshomaru, transmis ensuite par Nobuyoshi Tamura et d’autres uchi deshi de Tokyo, ait permis d’éviter cette dérive, de respecter les fondamentaux et de préserver leur connaissance. Cette dernière affirmation, pour désagréable qu’elle puisse paraître à certains, n’est pas gratuite. Elle s’appuie sur des arguments développés longuement dans certaines rubriques de ce site, dont la rubrique Erreurs courantes.

Voilà donc écrit ce qui devait l’être. Car il est inscrit dans le cours naturel des choses que la haute montagne où il vit renvoie à l’aigle l’écho de son propre discours.

Je ne sais pas si le maître des nues emportera un jour le serpent dans ses serres pour le précipiter du haut des cieux dans quelque abîme. Mais en attendant le serpent est vigilant, et il garde le temple. Et l’aigle devra faire attention à ne pas avancer trop loin sur la voie de cette arrogance qui est son éternel péché, s’il ne veut courir le risque d’y laisser quelques plumes.

Philippe Voarino, Réquista, Vallée de l’amitié, le 10 août 2007

Commentaires

Bonjour Philippe,
pardonnez moi ma question un peu directe et pour le moment mon peu de commentaires, mais je suis quelque peu dubitative sur le sens de votre démarche et surtout son dessein. Que désirez vous vraiment montrer par ces propos ? Je n’ai aucune raison, pour l’instant :-D, de désirer écraser la tête de ce délicieux et si énigmatique animal qu’est le serpent, soyez en assuré. Je ne doute pas de la véracité de vos propos, j’imagine que comme tout pratiquant d’arts martiaux qui se respecte vous vous êtes longuement interrogé sur vous même afin de comprendre les raisons profondes de votre démarche et que vous attaquez dans la pleine conscience lumineuse de votre esprit, de votre âme et de votre coeur. Il est peu de raisons d’attaquer excepté en face d’un danger imminent, c’est ce que mes maitres et collègues des tatamis m’ont appris et surtout, offert, chacun à leur manière et suivant leur personnalité. C’est la raison pour laquelle, je prends la liberté, pardonnez moi mon audace, de vous demander de m’éclaircir vraiment sur les motifs de vos attaques. Je vous le demande comme une faveur, l’aikido est une grande famille, et je suis certaine que Maitre Saito, qui nous a quitté bien trop tôt vous conseillerait de me répondre, tout comme Maitre Tamura qui serait, j’en suis persuadée, heureux de grandir en revenant sur Ses fautes et sa vilénie dont vous faite son âme porteuse.
En espérant ne pas trop vous avoir importuné
Que tout vous soit clément
Emmanuelle Raymond

Bonjour.
C’est toujours un réel plaisir de lire vos interventions, le même plaisir que je prends à voir un film de Mr Bean ou revoir Hellzapoppin : L’absurdité à bonne dose possède une indéniable charge comique. De plus, la lecture de vos articles n’est pas sans évoquer les contes et légendes de mon enfance, où la pensée magique permettais de suppléer victorieusement à l’absence de logique et de bon sens….

Puis-je avancer quelques commentaires ?

Passons sur l’introduction sur le symbolisme de l’aigle. Le titre de l’article fait clairement référence au passage dans le corps du texte sur le regard d’aigle de Senseï Tamura.
Pourquoi aller chercher des symboles qui manifestement déforment la pensée originale de l’auteur ? Mon avis est que vous avez décidé de charger le portrait, et rester sur le terrain du symbole est sans risque, puisque, par définition, un symbole peux s’interpréter de différentes manières. Toutefois, je trouve que votre interprétation évoque plus la psychologie de bazar que la recherche universitaire, plus Elisabeth Tessier que Christiane Desroches Noblecourt. Par exemple, sur l’aigle en tant que symbole de l’apôtre Jean, voir ici :
http ://www.interbible.org/interBible/ecritures/symboles/2002/sym_021119.htm

Sur la symbolique de l’aigle bicéphale, voir ici : http ://antiquitatis-notae.univ-paris1.fr/clebrunaiglebicephale.pdf

Pour l’amalgame de l’aigle et du serpent, il n’existe que pour servir votre discours. On aurait pu amalgamer aussi bien l’aigle et le soleil, l’aigle et les dieux, l’aigle et la foudre, l’aigle et le lapin, l’aigle et le mouton, bref, tous les symboles (et ils sont nombreux !) associé à ce rapace.

Le passage sur la dualité aigle-serpent, là encore, est artificiel. Les pratiquants d’art martiaux sont généralement assez sensibles à l’aspect yin-yang. Paraphraser cette dualité permet de donner une apparence de profondeur à bon compte.

Quand on prend publiquement des positions, on prête le flanc à la critique.

Tout dépend du contenu : je gage que si un plumitif écris que le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest, il trouvera peu de contradicteurs. Critiquer implique de garder un certain contact avec la réalité.

Je suis bien placé pour le savoir car dans ma folie j’écris beaucoup.

C’est une bonne thérapie....

Nobuyoshi Tamura le sait également. C’est pourquoi, dans sa sagesse, il ne parle presque jamais.Il a même fait de son silence une force, car à celui qui n’exprime rien on prête généralement les plus hautes pensées. Et il déroge rarement à cette règle.

Aie, aie, aie.... Ici commence la thérapie..... Quelques phrases dont la première est au mieux discutable (A mon avis, Senseï Tamura pourrait tout aussi bien penser que ce n’est pas écrire qui prête le flanc aux critiques, c’est écrire des conneries... nuances....), et les autres totalement fausses :

  •  Senseï Tamura a écris deux livres, supervisé un troisième, fait un petit discours à la fin de chaque stage national, passe beaucoup de temps à chaque stage enseignants à répondre aux questions des profs FFAB, et pousse même à l’occasion la chansonnette.... Simplement, il ne convoque pas la presse et Internet à chacun de ses discours. Il faut faire la démarche d’aller chercher son enseignement..
  •  Le sage, c’est, à mon avis, celui qui se tait lorsqu’il n’a rien à dire.

    Qu’un personnage aussi avare de ses paroles, accorde une interview de neuf pages à un magazine grand public n’est donc pas un hasard.

    Première partie de phrase fausse, deuxième paranoïaque. La thérapie continue....

    C’est un acte délibéré dont le sens mérite d’être cherché.

    Improuvable (premier axiome de la logique : il est impossible de prouver que quelque chose n’existe pas). Réalité ou paranoïa ? Peu importe. Ce qui est important, c’est que ce genre d’argument (dénoncer les pensées ’secrètes’ de l’adversaire, ce qui est improuvable) n’est normalement pas employé par des débateurs sérieux, uniquement par des charlatans essayant de manipuler les gens Relire par exemple Schopenhauer ("de l’art d’avoir toujours raison")...

    Déguisée sommairement au milieu de quelques anecdotes, la raison de cette prise de parole n’est guère difficile à reconnaître.

    Deux-trois phrases au milieu de neuf pages..... !!!

    L’Aikido « officiel » craint l’enseignement de Morihiro Saito parce qu’il met en question l’autorité technique de l’Aikikai, au Japon comme en France et ailleurs. Et tout est mis en œuvre dans le petit monde de l’Aikido issu du Hombu dojo pour discréditer maître Saito et le travail de sa vie fidèle à l’héritage d’O Sensei.

    De mon point de vue ’basique’ de pratiquant de base, l’enseignement de Morihiro Saito, pour intéressant qu’il soit techniquement, porte en lui les propres germes de sa marginalisation. Il n’a nul besoin de Senseï Tamura ou du Hombu Dojo pour se discréditer à travers les prises de positions de certains de ses élèves (dont vous, mon cher Philippe), calquées sur l’attitude personnelle de Senseï Saïto. Mais c’est un autre débat.

    Je passe sur la commode fiction d’un aikido ’Officiel’. Quiconque à un peu voyagé est capable de se rendre compte qu’en dépit des efforts du Hombu Dojo pour harmoniser la nomenclature, l’Aikido est polymorphe Le Katate-dori Yonkyo pratiqué à Omiya (Japon) ne ressemble pas du tout au katate-dori Yonkyo de Los Angeles (USA). Je pense néanmoins que les deux sont fidèles à l’héritage de O Senseï de part leur but de répondre à la violence par l’amour (ce que Senseï Nocquet a superbement traduit en français par ’Le coeur épée’).

    Dans ce but, il n’y a pas meilleure arme que la désinformation, surtout quand elle émane d’un personnage ayant la stature historique de Nobuyoshi Tamura.

    Superbe absurdité, qui aurait un sens si elle CONCLUAIS une démonstration, ou bien était posée en hypothèse à démontrer. Mais mettre la charrue avant les bœufs permet de pallier à l’absence de bœufs....

    Qu’un tel pontife mette ainsi son poids dans la balance donne en même temps la mesure des craintes et tremblements de tout un empire bâti sur du sable, l’empire de l’Aikido moderne.

    Pontife, empire... Mais qui donc sera le Samson dont la solide poussée mettra à bas l’édifice ? Une idée pour le rôle ?

    Comme dis plus haut, l’absurde porte en lui sa charge comique...

    Les propos de Nobuyoshi Tamura dans cette interview constituent une attaque froide, sans sommation, et presque frontale, de l’enseignement de Morihiro Saito.

    Après le péplum, le film de tueur psychopathe... Jamais envisagé une cure de sevrage de ciné, Philippe ?

    L’absurde porte en lui sa charge comique... (Je l’ai déjà dis, non ?)

    Que l’interview de Senseï Tamura remette en question pas mal de dogmes de l’école Saïto, c’est exact (j’y reviendrai).
    De là à dire qu’il s’agit d’une volonté délibérée de nuire dans un but de suprématie d’école, c’est tout simplement, à mon avis, grotesque.
    Senseï Tamura témoigne, et si son témoignage vous donne des démangeaisons, argumentez sur les faits, par sur des suppositions gratuites et improuvables....

    En 1989....revenez plus désormais sur mes terres.

    Encore une fois, Philippe, j’envie vos merveilleux dons télépathiques. Si j’accorde volontiers la véracité des faits (la remise d’enveloppe d’argent comme cadeau est une tradition bien ancrée au Japon : pas de prise de tête pour savoir ce qui fera plaisir au récipiendaire), l’interprétation que vous faites tant de l’intention de Senseï Tamura que du refus de Senseï Saïto est invérifiable.
    Sans être un spécialiste en civilisation Japonaise, je peux facilement imaginer d’autres scénaris qui colleraient parfaitement aux faits, en commençant par le plus basique :

  •  Sempaï, acceptez cette contribution de la part d’un Kohai.....
  •  Kohaï, je ne peux accepter votre cadeau car je ne pourrai me décharger honorablement du ’giri’ causé par votre générosité....

    1 – Présentation de Hirokazu Kobayashi comme le sempai de Saito sensei.

    Vous parliez plus haut de désinformation, cher Philippe. Voyons donc un peu les faits :
    Senseï Saïto est né en 1928, Senseï Kobayashi en 1929. (Pour les maniaques du détail, environ 20 mois d’écart). Sans doute assez pour employer (avec réserves) les termes Kohaï et Sempaï (auquel cas Saïto aurait été le Sempaï de Kobayashi, et non l’inverse), mais pas assez pour justifier une suprématie technique du plus agé (Senseï Saïto). Surtout que Senseï Kobayashi n’est pas arrivé sans bagage martial en 1946 après de O Senseï (quel source pour la date de 1953 comme début de Senseï Kobayashi en Aikido ? Mystère...)

    Bref, deux jeunes gens ayant à peu près le même âge, compagnons d’études, dont l’un (Senseï Kobayashi) possède une expérience martiale ancienne (débute les arts martiaux à 7 ans), et l’autre une grosse volonté de systématiser les détails fugaces. Quoi de surprenant à leur entraide ?

    Peut être qu’un petit coup d’œil sur les dates (voir liens ci dessous) vous permettra de mieux comprendre ce que Senseï Tamura relate.

    Sources accessibles à tous :
    http://en.wikipedia.org/wiki/Hirokazu_Kobayashi_%28aikidoka%29http://en.wikipedia.org/wiki/Morihiro_Saito

    Faut-il avoir la cruauté de rappeler que Senseï Tamura parlant, lui, Japonais, il n’emploi pas dans l’article le terme Sempaï (très connoté en Japonais).Il n’est probablement pas nécessaire de comprendre la culture Japonaise pour faire de l’Aikido, mais quelques notions basiques évitent d’écrire des bêtises dans un titre de paragraphe.

    Peu après la mort de Kobayashi, Saito sensei me confia à Iwama une réalité qui est bien différente de celle suggérée dans cette interview.Je l’aurais gardée pour moi si le procédé médiatique de Nobuyoshi Tamura ne m’obligeait à rétablir ici la vérité : Hirokazu Kobayashi invita plusieurs fois Morihiro Saito à Osaka pour qu’il y enseigne l’aiki ken et l’aiki jo. Un jour Koba oublia de lui rembourser ses frais. L’aide apportée par Saito sensei à son kohai se termina ainsi.

    Passons sur le terme ’procédé médiatique’ et l’auto-justification (un peu enfantine à mon avis) "puisque c’est comme çà, vous allez voir ce que vous allez voir..." ; et que voit-on ?

    J’ai beau tourner et retourner cette anecdote dans tous les sens, je n’arrive pas à voir le lien avec l’interview. Quelle réalité est infirmée ? Les dates sont différentes.
    Pour le remboursement des frais, je peux affirmer sur l’honneur que la situation n’a pas changée depuis l’époque de Senseï Kobayoshi : il y a encore de nos jours des présidents de région étourdis ou débordés qui oublient de signer les feuilles de remboursement des cadres effectuant des stages de ligue. (Non, je ne donnerai pas de noms !!!! )

    2 – Présentation de Saito sensei comme quelqu’un qui ne consacrait qu’une partie de son temps à l’entraînement.

    Le lecteur peu habitué à la malice des présentations tendancieuses se reportera très utilement au texte original de l’interview, et jugera si en sortant la phrase de son contexte, en particulier en tronquant la suite (’...entraînement, notre situation était bien plus facile que la sienne’), on ne change pas totalement la teneur des propos. Triste procédé, vraiment....

    3 – Présentation de Saito sensei laissant entendre qu’il a modifié certains points fondamentaux, s’éloignant ainsi de l’enseignement authentique d’O Sensei.

    Passons sur l’anecdote des Boken. Il suffit de se reporter à l’interview pour lire que la position de Senseï Tamura est très éloignée de vos interprétations, Philippe. Lui au moins, il prend bien soin de dater son témoignage (’pendant ma période d’Ushi Deshi’). En bon français, ’O Senseï utilisait généralement...’ signifie ’O Senseï utilisait souvent’, pas ’O Senseï utilisait toujours’. La langue Japonaise traduite en Français est aussi précise et demande autant d’attention au lecteur que les phrases construites directement en Français .

    J’ai cru lire quelque part que la forme des boken utilisés par les élèves de Saïto est tellement spécifique qu’un de vos collègue a déposé une marque commerciale ’Iwama’. Peut-être devriez-vous l’inviter à déjeuner pour accorder vos violons sur le boken adéquat à votre pratique.

    Reste le paragraphe sur ’méthode globale’ contre ’pédagogie systématique’.

    Ici, Philippe, c’est vous qui parlez de condammation sans appel de la méthode Saïto... C’est tout de même un peu fort d’accuser Senseï Tamura de vos propres interprétations !!! C’est vous votre propre ennemi, pas Senseï Tamura.

    Et si Senseï Tamura témoignais juste de ce qu’il a vu et retenu de ses années auprès de O Senseï, sans malice mais au contraire avec rigueur et objectivité ?

    C’est si dur à admettre que votre seule réaction est d’attaquer ad personae ? Même si ce témoignage est recoupé par celui de l’ensemble des uchi-deshi d’après-guerre ?

    Quand vous avez la fièvre, vous cassez le thermomètre ?

    Quand Senseï Saïto dans son film ’Aiki-jo’ dis : "O Senseï était contre la pédagogie type 1,2,3’, vous criez à la manipulation des images ? Est-ce cela l’Aikido authentique d’O Senseï ? Une méthode pédagogique reconnue objectivement imparfaite par son créateur, qui conduit miraculeusement à un résultat parfait ?

    Lorsque Senseï Tamura écris "On doit garder les yeux grands ouverts et expérimenter ce qui semble intéressant, gardant le bon et rejetant l’inutile. C’est ainsi qu’il faut vivre. C’est ainsi que nous avons été éduqués par O Senseï, et nous étions en un sens encouragés à étudier, chercher et comprendre par nous-mêmes", criez-vous à l’imposture ?
    A.G
    Shodan Aikikai

  • Alexandre,

    Ton intervention est très intéressante, et ton analyse de l’article très détaillée...malheureusement sans doute trop...enfin assez en tout cas pour démontrer à quel point l’ignorance et la naïveté planne dans le monde de l’aikido dit « officiel ».

    Beaucoup, avant même de lire, n’auront d’autre désir que d’écraser la tête de la bête rampante

    Julien

    Bonjour

    Les contradicteurs de M. VOARINO sont souvent de grands intellectuels ou de grands analystes qui savent utiliser des expressions comme "premier axome de la logique" ou qui savent tirer toutes sortes de conclusions sur la base des photos dans l’ouvrage budo.

    Mais à la différence de M. VOARINO ils n’ont ni l’expérience ni les connaissances susceptibles de rendre convaincants leurs arguments.

    Quand verrons nous les gradés des fédérations participer à ce forum ? Quand verrons nous Daniel Toutain répondre aux articles de Ph. VOARINO ? Pourquoi aucun d’entre eux n’acceptent de participer au débat qu’anime M. VOARINO ? Est ce par pur mépris ou est ce pour ne pas faire d’écho à des faits bien embarrassants pour eux ?

    Matlamb

    je vois que M. Voarino a ses défenseurs !!! Mais où est votre argumentation messieurs ? Les attaques répétées de M. Voarino sont très partisanes tout de même, et pour ma part, j’apprécie la réponse de M. Gesp.
    Quant à vous, s’il s’agit simplement de critiquer les personnes en désaccord avec votre nouveau gourou, mais sans avancer quelque argumentation que ce soit, abstenez-vous ! Nous ne sommes pas dans une cour d’école où l’on villipande juste en criant en coeur "Ouuuuhhhhh il est méchant celui-là !!!".
    Pour ma part je ne suis ni un intellectuel, ni un partisan. Mon aïkido est celui que mon enseignant me transmet et qu’il s’est construit au fil de sa vie au travers de ses rencontres (52 ans de pratique et 35 ans d’enseignement). Tâchez d’être un minimum critique et de prendre conscience qu’au-delà de tout l’intérêt technique de ce site, il est également un vecteur d’attaques perpetuelles construit par M. Voarino et qui joue volontiers sur la victimisation de ce dernier.

    Greg,

    Nous constatons tout simplement, pour les argumentations je crois que les articles et les réponses de M. Voarino sont assez explicite.

    Julien

    Encore une fois, malheureusement, je ne peux que constater une forme de désinformation dans vos arguments historiques, M. Voarino. Désinformations qu’une lecture détaillée des articles historiques de S. Pranin aurait pu vous éviter... Je pense que vous gagneriez de la crédibilité dans vos attaques contre l’Aikikai si vous étiez plus précis sur les faits historiques.

    Quelques exemples :

    Sept ans d’entraînements quotidiens représentent environ 2000 heures de ken avec O Sensei comme partenaire quasi exclusif.

    Pour mémoire, cette période de sept ans à Iwama était peuplée de nombreux élèves vivant sur place : Kisshomaru Ueshiba, K. Tohei, G. Shioda, T. Abe, B. Tanaka, etc... Sans oublier qu’il faut retrancher une année et demie à ces 7ans : celle que M. Ueshiba a passée à Osaka à partir de l’ouverture du dojo de Bansen Tanaka. On ne peut donc pas parler d’entraînement en présence exclusive du fondateur.

    Deuxièmement Saito travaillait de nuit, ce qui lui permettait d’aider O Sensei dans les champs la journée et de s’entraîner avec lui, quand bien même il n’avait pas dormi de la nuit.

    Ce n’est pas ce qui ressort des interviews de M. Saito : il indique qu’il travaillait 24h d’affilée pour sa compagnie (chapeau !), puis bénéficiait de 24h de repos pour récupérer. Sauf à lui batir une légende de surhomme, on peut imaginer que M. Saito prenait quand même de temps en temps le loisir de dormir un peu...

    Pourtant tous les témoins de l’enseignement d’O Sensei à Iwama insistent sur le fait que le travail du Fondateur y était méthodique et accompagné de nombreuses explications, y compris sur les points de détail.

    La réalité historique est complexe. Et il semble avéré aujourd’hui qu’O Sensei enseignait différemment selon les lieux et les élèves qu’il avait en face de lui.

    Là encore, vous contredisez votre maitre : il indiquait lui-même qu’O Sensei était opposé à une pédagogie trop détaillée de type "1-2-3". Par ailleurs, d’autres témoignages comme celui de I. Isoyama indiquent que M. Ueshiba enseignait la même chose que ce soit à Tokyo ou à Iwama.

    Mais il est une chose en tout cas que Nobuyoshi Tamura ne peut pas savoir : c’est la manière dont O Sensei enseignait à Iwama. Tamura en effet n’est pas allé à Iwama plus de deux ou trois fois dans toute sa vie, et certainement pas dans le but de s’y entraîner.

    Il ne fait aucun doute que N. Tamura a étudié à Tokyo. Vous oubliez cependant les stages annuels qui se tenaient à Iwama et qui regroupaient les élèves du pays, ainsi que l’obligation qui était faite aux uchi deshi d’accompagner le fondateur à Iwama lors de ses trajets... à Iwama.

    Voilà quelques précisions parmi les plus rapides à formuler, je ne souhaite pas non plus argumenter des heures dans un sens ou dans l’autre, éprouvant un profond respect pour l’enseignement de ces deux maitres que sont M. Saito et N. Tamura.

    Bonjour Emmanuelle.

    Vous ne m’importunez nullement et c’est bien volontiers que je réponds à votre question sur le sens de ma démarche et de ce que vous nommez mon « attaque ».

    En Aikido, et dans la vie en général, toute action crée une réaction. C’est une loi immuable de notre monde. J’ai lu dans les propos de maître Tamura – j’ai cru comprendre que ce n’était pas le sentiment d’Alexandre Gesp auquel je répondrai ensuite – une critique appuyée de l’enseignement de maître Saito.
    Morihiro Saito a été mon maître, et j’ai à cet égard, je crois, le devoir de ne pas laisser abîmer son image quand on essaye de la déformer et de la flétrir.

    A l’action de maître Tamura dans cette interview au magazine Dragon a donc répondu ma réaction. Doit-on parler d’attaque et de contre attaque ? Je ne crois pas. Il y a simplement des actes qui en entraînent d’autres, et ainsi vont les choses sous le soleil. Il n’y a pas de haine et il n’y a pas de peur, il n’y a que la nécessité que les évènements imposent aux hommes qui ne choisissent pas de baisser les yeux.

    Mais par la grande douceur du ton qui est celui de votre question et dont je vous remercie, j’ai envie d’aller un peu plus loin et de vous dire encore ceci.
    L’Aikido n’est pas quelque chose que je fais dans ma vie : l’Aikido est ma vie. J’y consacre toute mon énergie, tout mon temps et le pauvre talent que monsieur Gesp veut bien me laisser. A coucher dans le lit de l’Aikido, on finit par voir ce que d’autres yeux discernent peut-être moins bien à cause d’une moins grande proximité. En conscience on doit alors se demander s’il faut laisser filer les choses vers leur pente naturelle qui n’est pas souvent la voie royale, ou s’il faut au contraire se lever et braver un court instant présomptueux le flot qui déferle et qui emporte tout sur son passage. Je n’ai pas de grande illusion Emmanuelle. Au fond j’agis plutôt de manière intuitive, bien loin hélas de cette « conscience lumineuse de l’esprit, de l’âme et du cœur » que vous me supposez, mais je ressens fortement qu’on ne fonde rien de durable sur le mensonge.

    Philippe Voarino

    Pour ma part, j’ai bien peur qu’en ne centrant sa vie que sur une activité, on finisse par oublier les autres. En outre, à travers votre fausse modestie, je m’interroge sur votre Ego. D’autant plus, que personne ne vous a demandé d’être le chevalier blanc défendant feu Maître Saïto, qui reste à ma connaissance très respecté par la communauté des aïkidokas
    Votre tournure de phrase est fort jolie, et nul doute que s’entretenir avec vous peut être fort intéressant, et certainement instruisant (en tout cas pour moi).
    Mais je désapprouve tous les aïkidokas qui lancent des querelles de clôchers entre les différents courants, qui jettent de l’huile sur le feu, car voyez-vous M. Voarino, à mon tout petit niveau, cette attitude est contraire à la philosophie qui devrait animer tout aïkidoka. Autant votre site est très intéressant, autant j’ai l’impression, comme à la lecture d’autres forums sur d’autres sites, tout aussi respectables, de me retrouver dans une coure d’école où batailleraient des écoliers pour savoir qui a la vérité vraie...
    J’ai la chance d’avoir un enseignant, qui pratique depuis 52 ans maintenant, et qui a un vrai respect, que ce soit pour Maître Saïto ou pour Maître Tamura, et qui surtout, est un monument d’humilité loin de tout esprit partisan.
    Le fait que votre vie soit dédiée à l’aïkido n’est pas un argument. Peut-être même cela vous éloigne-t-il du coeur de l’aïkido, comme le serait quelqun qui croyant méditer pour s’affranchir de son Ego, renchérirait son Ego en se prenant pour un "méditateur" (c’est tellement tendance !).

    Je suis persuadé que vous avez bien mieux à apporter à l’aïkido. Ce site en est d’ailleurs un début de piste !

    Bonjour Alexandre.

    Ainsi je vous ai fait rire. Tant mieux, les occasions de rire ne sont pas si nombreuses. Et si je ne suis parvenu qu’à cela au moins n’ai-je pas complètement perdu mon temps.

    Vous avez longuement développé vos critiques, et ce n’est pas moi qui vous jetterai la pierre. Quand on n’est pas d’accord on le dit. Je ne fais pas autre chose au fond. C’est peut-être d’ailleurs parce que j’y retrouve ma propre démarche que j’apprécie votre engagement, même si j’en suis la cible. Et puis il faut un certain courage pour venir ferrailler sur ce forum quand les tendances fédérales oscillent généralement entre l’apathie et l’hypocrisie. Respect donc.

    Ceci dit, le courage ne suffit pas toujours là où est requise la compréhension des arguments proposés.

    Tout d’abord les symboles. Je ne les ai pas inventés vous savez. N’importe quel dictionnaire de la mythologie ou de la symbolique vous confirmera que l’aigle et le serpent forment une paire d’opposés. J’ai évidemment joué là-dessus pour marquer mon opposition avec les propos de votre maître Tamura. C’était un clin d’œil. Il fallait le voir ainsi. Quel étrange tour d’esprit que de me reprocher l’absence d’une « recherche universitaire » sur la symbolique qui serait évidemment hors sujet et hors de propos dans un modeste éditorial.

    J’ai écrit qu’on prête le flanc à la critique quand on prend publiquement des positions. « Tout dépend du contenu : je gage que si un plumitif écrit que le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest, il trouvera peu de contradicteurs », dites vous. Je vous arrête illico. Je vous fiche en effet mon billet que si j’écrivais sur ce site une banalité du genre que vous dites j’aurais quand même le lendemain à peu près autant de contradicteurs que d’habitude. C’est pourquoi vous comprendrez que j’aie appris à recevoir les critiques avec une bonne dose de relativisme.

    Vous voulez à tout prix clouer le bec de ce serpent qui prétend que Nobuyoshi Tamura a su faire de son silence une force. Peut-être, avec moins de précipitation, auriez vous pu vous demander s’il n’y avait pas là une certaine admiration du serpent pour la sagacité de l’aigle, au lieu d’attribuer à ce dernier des talents littéraires qui – si vous connaissiez la genèse véritable des œuvres dont vous parlez – serait un sujet que vous éviteriez de préférence.

    Quand j’avance que l’interview de neuf pages d’un homme qui se confie rarement à la presse est un choix dont on peut rechercher le sens, vous brandissez le glaive de la logique pour me renvoyer sans espoir de salut au banc des charlatans, bateleurs et bonimenteurs. Croyez bien que ce n’est pas un lieu que je renie. Les chemins de la connaissance sont faits de telles étapes, et vous ne devriez pas les considérer avec mépris. On apprend dans les lieux les plus saugrenus, et dans les bas fonds aussi.
    Il se trouve que la logique est une étude de la vérité considérée sous son aspect purement formel. C’est comme si l’on définissait l’Aikido du point de vue exclusif de la forme des techniques. Je ne peux supposer que votre compréhension de l’Aikido s’arrête à cet aspect extérieur de la manifestation, et que vous ne puissiez imaginer que ce qui donne vie à la forme technique soit à rechercher au-delà de cette forme ou à travers cette forme. C’est pourquoi la logique doit toujours être accompagnée de l’intuition. L’histoire des découvertes scientifiques est l’histoire de cette intuition sous jacente à la logique. Et dans l’affrontement martial, dans le combat véritable, toute la technique du monde est sans effet s’il manque l’intuition de la situation. L’interview de Nobuyoshi Tamura dans ce magazine est elle aussi une forme dont la logique peut rendre compte jusqu’à un certain point évidemment. Mais cette forme, comme toute forme, est riche d’une vie qui l’anime et que la logique seule est impuissante à percevoir. Je connais bien mieux que vous votre maître croyez-moi, vous commettez une erreur si vous pensez pouvoir vous en tenir à la seule logique pour comprendre ce que son cœur exprime.

    « …la commode fiction d’un Aikido Officiel », dites-vous. Je me contenterai de répondre en donnant deux numéros : ISBN 2-84617-047-9 et ISBN 2-84617-060-6, deux livres écrits par Kisshomaru et Moriteru Ueshiba et portant tous deux le titre « AIKIDO OFFICIEL ».

    Quand j’écris « … il n’y a pas meilleure arme que la désinformation, surtout quand elle émane d’un personnage ayant la stature historique de Nobuyoshi Tamura », vous sautez de votre chaise sans lire plus loin et lancez d’un ton catégorique : « Superbe absurdité, qui aurait un sens si elle CONCLUAIT une démonstration, ou bien était posée en hypothèse à démontrer. » Mais, remontez je vous en prie sur votre chaise Alexandre. N’avez-vous donc pris garde que cette phrase se trouve dans l’introduction ? Et n’est-ce pas la fonction de l’introduction justement de présenter la thèse qui doit être développée et argumentée dans la démonstration qui suit. Il est vrai que je n’ai pas écrit ces trois mots « hypothèse à démontrer ». Pardonnez moi si j’ai cru que nous n’étions plus à l’école primaire.

    Quand j’écris (en introduction également) que « les propos de Nobuyoshi Tamura dans cette interview constituent une attaque froide, sans sommation, et presque frontale, de l’enseignement de Morihiro Saito », vous m’apostrophez de nouveau sans attendre la suite : « argumentez sur les faits, par sur des suppositions gratuites et improuvables.... ». Mais encore une fois Alexandre, un peu de patience. Les arguments sont dans le corps de la démonstration qui suit. Je vais finir par penser que – à l’image de ces correcteurs du baccalauréat fatigués par trop de copies – vous n’avez lu en tout et pour tout que l’introduction.

    Que vous ne puissiez voir dans la tentative de remise de l’enveloppe qu’un aimable cadeau de votre maître montre clairement le fossé culturel qui vous sépare encore d’une compréhension véritable de l’âme japonaise. Il est vrai que vous n’étiez pas présent et que vous n’avez donc pas pu apprécier le contexte de cet incident, et notamment, sur le moment, l’embarras et la tension, et plus tard les réflexions non équivoques de maître Saito. Je n’ai pas de dons télépathiques Alexandre, mais je vous assure que ce jour là ils n’étaient pas nécessaires.

    J’écris en titre de paragraphe : « Présentation de Hirokazu Kobayashi comme le sempai de Saito sensei », présentation que je reproche à Tamura précisément en ce qu’elle ne correspond pas (ce que je m’efforce de montrer par la suite) à la réalité. Le mot sempai est donc employé ici à bon escient et dans le sens qu’il possède en japonais. Il semble que vous ayez fait là une sorte de nœud dans votre interprétation, ce qui arrive quand, emporté par le désir de piéger son contradicteur, on lit avec un soin insuffisant.

    Vous semblez faire une grande confiance à Wikipedia. Quand il s’agit de chronologie, je préfère pour ma part chercher mes sources auprès de ceux qui ont démontré par leur recherches patientes et leur travail d’historien de l’Aikido ces trente dernières années, qu’ils étaient bien plus digne de foi qu’une rubrique sur le net que n’importe qui peut écrire ou modifier. Ainsi, dans son livre The Aiki News Encyclopedia of Aikido, Stanley Pranin écrit page 63 sous le nom de Kobayashi Hirokazu : « Began training in early fifties (1950’s) in Osaka », ce qui veut dire « Commença la pratique au début des années 1950 à Osaka ». Donc entre 1950 et 1955. J’ai écrit 1953 car je possède un autre document en japonais qui confirme cette date. Je le mettrai sur le site si vous êtes intéressé. Croire comme vous le faite que Kobayashi ait pu commencer l’Aikido avec O Sensei à Tokyo en 1946 est en plus contredit formellement par ce détail qu’entre 1941 et 1952 O Sensei n’a jamais enseigné à Tokyo. Pourquoi ? Essayez de bien comprendre ceci Alexandre : l’Aikikai était fermé pendant la guerre puis sous l’occupation américaine du Japon, la pratique de tous les arts martiaux fut interdite par les autorités américaines d’occupation à partir de 1945 et jusqu’en 1952, cette interdiction fut appliquée strictement dans toutes les grandes villes japonaises et sévèrement contrôlée. Comment faut-il dire cela pour qu’on accepte enfin de regarder ce fait et de comprendre ce qu’il implique dans l’histoire de l’Aikido ? Je confirme donc que Saito avait sept ans de pratique avec O Sensei à Iwama quand Kobayashi a débuté l’Aikido en 1953.

    Quand j’indique qu’Hirokazu Kobayashi invita plusieurs fois Morihiro Saito à Osaka pour qu’il y enseigne l’aiki ken et l’aiki jo, vous avez ce commentaire : « J’ai beau tourner et retourner cette anecdote dans tous les sens, je n’arrive pas à voir le lien avec l’interview. » Alors je vais vous mettre sur la piste de ce lien subliminal : contrairement à ce qu’indique Nobuyoshi Tamura, ce n’est pas Kobayashi qui aidait Saito à comprendre les armes, c’est Saito qui allait donner des cours à Kobayashi à Osaka.

    Pour relever le fait que Tamura présente Saito comme quelqu’un qui ne consacrait qu’une partie de son temps à l’entraînement, au contraire des uchi deshi de Tokyo, j’ai cité la phrase suivante de l’interview : « (Saito sensei) était en même temps conducteur de train et cela a dû être très difficile pour lui. Nous on ne travaillait pas et on ne se consacrait qu’à l’entraînement... ». « Triste procédé » dites vous que de couper une phrase. Vous avez raison, mais seulement si le sens en est altéré. En quoi la fin de la phrase « … notre situation était bien plus facile que la sienne. », coupée par moi uniquement pour éviter les longueurs inutiles, modifie-t-elle le sens de ce qui précède ? Je dirais même que c’est le contraire. Cette compassion feinte in cauda pour l’infortuné Saito fait ressortir en réalité l’hypocrisie de tout ce discours. "Il n’avait pas de chance le pauvre. Il ne pouvait que difficilement s’entraîner. Pas comme nous qui étions dans les conditions idéales à Tokyo." Il y a des manières d’être aimable et compatissant qui ne sont que le travestissement – respect des conventions oblige – de pensées moins amènes. Ce langage là restera toujours hermétique à votre fameuse logique. Il demande un peu de sensibilité.

    Cette expression de triste procédé, c’est moi qui vous la retourne maintenant, Alexandre, à propos du type de bokken utilisé par O Sensei. C’est vous qui tronquez en l’occurrence et ne présentez pas avec exactitude les propos de votre maître qui dit ceci : « Saito sensei a imaginé le bokken épais qui porte le nom d’Iwama. O Sensei utilisait généralement un magnifique bokken en kokutan plutôt fin de type Yagyu. » Dans votre présentation vous oubliez opportunément que ces deux phrases sont à la suite l’une de l’autre. C’est capital. Et il n’est pas besoin d’être expert en philologie pour comprendre qu’elles s’opposent : Saito sensei a imaginé le bokken épais qui porte le nom d’Iwama (à la différence d’ ) O Sensei (qui) utilisait…quelque chose de tout à fait différent bien sûr. Et la volonté d’opposer Saito à O Sensei est d’autant plus manifeste ici que le journaliste ne fait aucune référence à Saito dans sa question. Il demande simplement : « Quel type de bokken utilisait O Sensei ? » C’est Tamura qui amène délibérément Saito sur le tapis. Vous ne voyez là bien sûr de sa part qu’une association d’idées sans malice n’est-ce pas ?

    Reste pour terminer, et pour reprendre votre expression, l’opposition entre méthode globale et pédagogie systématique. Vous tirez argument du fait que Tamura ne fasse pas expressément référence à Saito en critiquant la méthode d’apprentissage qui consiste à décomposer les techniques, pour en déduire que toute arrière-pensée de sa part n’existe que dans mon imaginaire. Alors campons la scène. Deux méthodes s’opposent dans le monde de l’Aikido : la méthode globale et la méthode systématique. Le personnage le plus charismatique et le plus représentatif de la méthode globale est Nobuyoshi Tamura. Le personnage le plus charismatique et le plus représentatif de la méthode systématique est Morihiro Saito. Ces deux là se connaissent et s’opposent depuis toujours, tant sur le plan pédagogique que sur le plan politique. Etes-vous assez naïf pour imaginer que le meilleur représentant de la méthode globale puisse condamner publiquement et en des termes sans équivoque la méthode systématique sans avoir à l’esprit l’homme qui incarne au plus haut niveau cette méthode qu’il critique ? "Quoi ? C’est Saito qui enseigne 1,2,3 ? Ah bon ? Première nouvelle." Qui plus est,pouvez-vous imaginer que les professeurs d’Aikido qui ont connaissance de cette opposition de méthodes ne verront pas immédiatement dans cette critique de la méthode systématique une condamnation de celui qui la représente, c’est-à-dire Saito ? Vous qui êtes un logicien devez savoir ce qu’est un syllogisme : Socrate est un homme, les hommes sont mortels, donc Socrate est mortel. La méthode systématique fait erreur, Saito a créé la méthode systématique, donc… Facile n’est-ce pas ? Et on plus on ne se mouille pas. On est inattaquable. On ne l’a pas dit. D’ailleurs il y a des tas de gens qui affirmeront qu’on ne l’a pas dit. Sainte nitouche. Insinuation. C’est ça Alexandre, c’est très exactement cette attitude que je ne laisse pas passer, et c’est cette attitude que vous ne voyez pas, ou que vous ne voulez pas voir.

    Pour terminer sur cette opposition de méthodes d’apprentissage, je voudrais juste répéter une fois encore ce que j’ai déjà expliqué bien souvent : il n’existe pas de méthode sans danger. Mais sauf à ce que chacun refasse depuis le début le parcours d’O Sensei et réinvente l’Aikido à partir de rien – ce qui est hautement improbable – il faut bien que la connaissance de l’Aikido soit transmise d’une manière ou d’une autre. Cette transmission doit pouvoir s’effectuer sans que le savoir d’origine ne devienne totalement méconnaissable au bout de quelques générations. La méthode globale ne donne pas cette garantie parce qu’elle n’indique pas clairement où se trouvent les bases des formes techniques. La méthode systématique fournit cette garantie, mais elle ne garantit pas en revanche que ce savoir ne restera pas lettre morte, parce qu’il peut fort bien arriver qu’il manque encore, au bout du compte et des années d’entraînement, le souffle de la vie.

    J’ai choisi la méthode systématique parce que je sais qu’ainsi, dans le pire des cas, sera au moins préservée la connaissance purement technique de l’Aikido. Je n’ai pas choisi la méthode globale parce que je sais que dans le pire des cas il ne subsistera plus de l’Aikido d’O Sensei qu’un folklore approximatif, lointain vestige d’un Art magnifique à son origine.
    Vous répétez en effet après Nobuyoshi Tamura qu’il suffit d’ « expérimenter ce qui semble intéressant, gardant le bon et rejetant l’inutile ». Fort bien, mais sur quelle base garder le bon et rejeter l’inutile ? Sur quels critères ? Sur le bon sens qui est la chose du monde la mieux partagée ? Pourtant, quand on regarde vivre nos sociétés, on n’a pas vraiment le sentiment que c’est le bon sens qui les dirige. On aurait même plutôt froid dans le dos.

    Que chacun doive faire sa part de chemin, ouvrir ses yeux, son cœur et chercher toujours, personne ne le discute. Mais cela ne suffit pas encore, il faut aussi une méthode qui indique clairement la marche à suivre. Laisser penser à des hommes et à des femmes crédules qu’il suffit de s’agiter pendant des années sur un tatami, que tout viendra naturellement, que la providence pourvoira, et que l’ignorance technique se transformera spontanément en connaissance, n’est pas une attitude responsable, ce n’est peut-être pas non plus une attitude honnête. C’est là, pour le coup, qu’est utilisé le registre de la pensée magique que vous me reprochiez dans votre introduction Alexandre. Et c’est pour cela, ne vous déplaise, que oui, s’il faut vous répondre, je crie à l’imposture.

    Philippe Voarino

    Je vous arrête illico. Je vous fiche en effet mon billet que si j’écrivais sur ce site une banalité du genre que vous dites j’aurais quand même le lendemain à peu près autant de contradicteurs que d’habitude.

    Ou sont-ils tous ces détracteurs ?

    Anonyme, je vous invite a consulter les forums francophones dédiés a l’aikido ou les articles de certains sensei qui critiquent plus ou moins discretement "certains élèves français de maitre Saito".

    Alexandre

    Anonyme, je vous invite a consulter les forums francophones dédiés a l’aikido ou les articles de certains sensei qui critiquent plus ou moins discretement "certains élèves français de maitre Saito".

    Ces mêmes forums ou "certains élèves d’élèves français de maitre Saito" critiquent et insultent ouvertement d’autres senseis français et etrangers ? Je pense en avoir connaissances, ils sont peu nombreux (au nombre de un).

    Et il est vrai que le niveau de ces forums francophones dépassent dans l’ensemble en qualitée l’argumentation de julien ou matlamb.

    Anonyme

    Anonyme, contrairement à vous je vais assumer ce que j’ecris et lever les sous entendus de votre message.

    Oui il y a un forum, ou certains pratiquants, ceux que vous qualifiez comme les "élèves d’élèves français de maitre Saito", prennent la parole et ne mâchent pas leurs mots sur différents "Sensei".

    Si je dis cela c’est que j’en fais parti, j’ai par exemple recemment lancé un sujet sur le fait que la pédagogie de Noboyushi Tamura était inadmissible, bien entendu ce fut un sujet plus que polémique, je vous laisse imaginer (si vous n’avez pas lu le sujet) le bruit que cela a pu faire...

    Moi un 3ieme dan qui débute dans l’aikido, moi un simple pratiquant de province qui me permet de juger de la pratique d’un élève direct du fondateur.

    Le problème c’est que peu importe la validité de mon jugement et l’argumentation que j’apporterai, je ne touche qu’au côté technique de ce Monsieur (pédagogie, pratique, ...), jamais je ne touche à l’Homme. Et cela car je ne le connais pas, et que l’homme est peut être totalement différent de l’aikidoka.

    Maintenant face à cela, j’ai vu :

  •  Des enseigants qui interdisent à leurs pratiquants de venir à des stages TAI,sous peine de se voir refuser par la suite l’acces au dojo.
  •  J’ai vu des enseignants responsables techniques régionaux voir nationaux qui, à partir du moment ou ils apprenaient que moi ou un autre pratiquant, était élève de Philippe Voarino ou pratiquait au sein de TAI, prenait leur cours pour une cage de free fight, et cherchaient par la force et la violence à imposer leurs techniques.
    ...

    Et pourtant ces personnes ne sont jamais venu à un stage TAI et n’ont jamais pratiqué avec Philippe Voarino. Mais que voulez vous, il y a des personnes qui ont décidé de ne pas tomber dans la facilité, et de ne pas être redevable à une quelconque personne ou fédération...

    Et si TAI aujourd’hui n’est pas dans les associations "partenaires" des fédérations, ce n’est pas pour des raisons techniques, pedagogique, mais pour des histoires d’homme.

    Des Hommes qui un jour ont séparés leur chemin à cause d’une vision technique cette fois ci.

    Et ces histoires, ce passé entre ces hommes ressurgissent au hasard d’interview.

    Voilà la différence, c’est que l’aîkido n’est pas le monde de paix et d’amour que l’on promet au débutant lors de son inscription, l’aîkido est un microcosme de la société, avec tout ce que cela implique.

    Et je regrette ici d’avoir eu à prendre la parole. Et je regrette encore plus que face à la prise de parole de Philippe Voarino, pas une des personnes à qui il s’adressait n’a fait l’effort de répondre ouvertement sur ce forum (Daniel Toutain, Noboyushi Tamura, ...), il y a juste des pratiquants suffisament courageux et convaincu de pouvoir couper la tête du serpent d’un argument ravageur et qui osent sans se cacher prendre la parole...

    Matthieu

  • Matthieu,
    je vois que vous vous êtes trouvés entre victimes sur ce forum.

    Les gentils d’un coté, les méchants de l’autre
    et tout le monde se met dans le même groupe étrangement.

    Pauvre Phillipe, pauvre Matthieu,

    Anonyme

    Cash Advance Cash Advance

    Bonjour DG,

    Désinformation. Le mot est fort. On ne peut tout de même pas, à chaque fois que l’on répond à une question reprendre dans le détail tout l’historique de ce qu’on évoque. On ne peut pas être exhaustif en permanence. Il faudrait écrire des livres à chaque fois.
    Alors évidemment tout propos est attaquable de ce point de vue puisqu’on peut toujours stigmatiser la précision qui n’a pas été donnée et dire alors « Ce propos est partial puisqu’il manque telle et telle information. »

    Il n’est pas partial DG, il est partiel, c’est bien différent. Je n’ai jamais affirmé que Saito était tout seul à Iwama avec O Sensei entre 1946 et 1952. C’est vous qui me faites dire cela. Vous butez sur le terme de partenaire quasi exclusif que j’ai employé dans l’éditorial. Mais imaginez une seconde la situation suivante : Yehudi Menuhin se serait retiré du monde pendant sept année, et vous, en compagnie de deux camarades, vous auriez eu la chance de vivre avec lui et de recevoir chaque jour ses leçons de violon pendant tout ce temps. Ne pensez-vous pas que vous pourriez à bon droit déclarer que vous avez été, pendant ces sept années, l’élève quasi exclusif de Yehudi Menuhin ?

    La partialité consiste plutôt à livrer une information partielle en l’appuyant de telle sorte qu’on laisse penser qu’elle est intégrale. Pardonnez-moi, mais c’est très exactement ce que vous faites quand vous indiquez : « cette période de sept ans à Iwama était peuplée de nombreux élèves vivant sur place : Kisshomaru Ueshiba, K. Tohei, G. Shioda, T. Abe, B. Tanaka, etc... Sans oublier qu’il faut retrancher une année et demie à ces 7ans : celle que M. Ueshiba a passée à Osaka à partir de l’ouverture du dojo de Bansen Tanaka. »
    Si l’on doit en effet préciser l’information globale que vous donnez comme un argument, qu’en reste-t-il en réalité ?

    1 – Kisshomaru Ueshiba n’a vécu à Iwama pendant cette période qu’à l’occasion de séjours. Toutes ses biographies confirment qu’il vivait à Tokyo pendant la guerre et qu’il a même empêché plusieurs fois l’Aikikai de brûler lors des bombardements de la ville.
    Tout de suite après guerre et jusqu’en 1955, il fut employé d’une compagnie d’assurances, à Tokyo. Pendant cette période il ne pouvait donc rendre visite à son père que certains week-end et durant les courtes vacances des employés nippons.

    2 – Gozo Shioda a été hébergé quelques mois avec sa famille à Iwama dans l’immédiat après guerre parce qu’il n’avait pas de maison. Il s’est entraîné à cette occasion, c’est vrai, mais cela a duré peu de temps et il est parti vivre à Tokyo.

    3 – Bansen Tanaka a effectivement vécu et s’est entraîné à Iwama : en 1951, pendant un mois.

    4 – O Sensei a effectivement aidé Tanaka a démarrer son dojo à Osaka en 1952 et il a été absent d’Iwama à cette occasion : pendant quelques mois, pas un an et demi.

    Une fois donc l’information globale que vous avez donnée élaguée de ce qui doit être élagué pour être conforme stricto sensu à la réalité, il reste deux élèves à Iwama pendant cette période aux côtés de Saito : par ordre hiérarchique Koichi Tohei et Tadashi Abe. Ces trois là ont bien reçu d’O Sensei un enseignement quasi exclusif.

    Si vous reprenez mes différents articles vous pourrez constater que j’ai souvent indiqué moi-même qu’O Sensei n’enseignait pas sur le mode syncopé 1,2,3 et que cette méthodologie a bien été développée par Saito sensei pour répondre aux besoins d’un enseignement qui avait changé de nature.
    Saito a compris que les conditions de la transmission moderne de l’Aikido n’étaient plus celles d’un ryu de quelques élèves vivant au contact quotidien du maître, mais celles d’un enseignement de masse à des élèves géographiquement éloignés qui n’avaient plus avec le maître qu’un contact épisodique. Et il a tenu compte de cette variable nouvelle. Sinon, réfléchissez à ce point DG qui mérite quand même qu’on s’y arrête une seconde : pourquoi donc aurait-il imaginé une méthodologie en décalage avec la manière d’O Sensei qui l’avait amené jusque là où il se trouvait, et à laquelle il devait tant ? Par orgueil ? Par incompréhension ? Si c’était le cas, alors ce personnage ne mériterait pas le respect général dont il jouit et que vous-mêmes dites éprouver pour lui. C’est donc que la réponse est ailleurs. Dans ce ryu de quelques élèves internes devenus quasiment membres de la famille, O Sensei parlait volontiers et expliquait toute chose dans le détail, comme on le fait à ses propres enfants autour de la table familiale. Sa disposition d’esprit était bien différente à Tokyo où il n’enseignait pas à des élèves partageant sa vie quotidienne.
    Saito n’aurait pas voulu d’un autre enseignement que celui qu’il a reçu d’O Sensei. Mais quand les temps ont changé et que ce type d’enseignement n’a plus été possible parce que les conditions avaient changé également, il a fallu trouver le moins mauvais moyen, dans des conditions nouvelles et infiniment moins propice, de transmettre malgré tout l’Aikido. C’est l’origine de la « méthode Saito ». Et il n’y a là aucune contradiction.

    Enfin DG, vous indiquez que les élèves de Tokyo qui avaient obligation d’accompagner le Fondateur, et notamment à Iwama, y suivaient certainement quelques cours à cette occasion. Ce que vous perdez de vue en disant cela, c’est qu’O Sensei ne voyageait pas de Tokyo vers Iwama pour ensuite revenir à Tokyo. O Sensei quittait Iwama pour se rendre à Tokyo et il revenait ensuite à Iwama où se trouvaient sa maison et sa femme Hatsu. Est-il si difficile d’admettre cela : O Sensei vivait à Iwama, il y avait son foyer régulier. C’est là que sa femme l’attendait, lavait son linge et lui cuisinait son plat préféré au retour de ses déplacements. Alors si un élève devait l’accompagner pour porter ses bagages, ce qu’on appelle en japonais otomo, c’était au départ d’Iwama jusqu’à Tokyo, et il revenait ensuite avec lui à Iwama. Ce n’était donc pas un uchi deshi de Tokyo. Autrement dit, ce n’était pas la ville qui allait à la campagne, c’était la campagne qui allait à la ville. O Sensei, en 1941, à l’âge de 58 ans, a décidé de quitter la ville et de s’installer définitivement à la campagne. Il y a vécu le reste de ses jours. Et on ne peut pas comprendre l’histoire de l’Aikido si on refuse d’accepter ce fait.
    Cependant, afin que vous ne me fassiez pas à nouveau, DG, le reproche d’être incomplet, j’ajouterai qu’il est vrai qu’entre 1952 et 1969 le Fondateur a beaucoup voyagé et enseigné en d’autres lieu, mais cela toujours à partir d’Iwama qui était sa résidence permanente.

    Philippe Voarino

    Bonsoir Philippe,
    tout d’abord, merci d’avoir répondu à mon message.Je vous avoue que je ne suis pas une fervente "participante" des forums de discussion surtout en matière d’aikido, discipline s’il en est, qui n’a nullement besoin du verbe pour exister. Parler à un aikidoka sans avoir le lien des ondes , me semble assez fourvoyant et pour tout dire absolument contraire à tout ce qui fait la grandeur de l’aikido. J’aime écrire sur l’aikido et "échanger", mais je vous avouerais que les polémiques me semblent si...illusoires justement, quant à se prévaloir de détenir, soi, la vérité...j’ai le sentiment que nous ne pratiquons pas la même discipline. Si l’Aikido est votre vie Philippe, vous vous devez donc, si vous lui accordez du prix, d’être honnête surtout avec vous même et de plutôt chercher la vérité en vous plutôt que dans les souvenirs de votre maitre, fut il une personne hors du commun comme le fut Maitre Saito, que j’aurais tant aimé rencontré, ne serait ce qu’une fois. Un maitre est celui qui vous offre le plus grand des joyaux : votre capacité à vous trouver, vous, et à ne plus chercher à le "séduire" lui, à ne plus vouloir lui ressembler à lui. En agissant de la sorte, en trouvant des attaques à l’encontre de votre maitre dans les propos de Maitre Tamura, vous montrez que vous n’êtes pas libre. Après tout, quand bien même Maitre Saito et Maitre Tamura ne s’estimaient pas beaucoup, quand bien même, l’un aurait été injuste à l’encontre de l’autre, en quoi cela vous concerne t il ? Maitre Saito avait sa vie, tout comme Maitre Tamura, ils étaient assez grands pour se débrouiller de leurs différents. C’était leur vie, pas la vôtre. Je trouve que vous dépensez de l’énergie à vous battre contre des moulins à vent et toute cette énergie est celle que vous dérobez aux tatamis et à vos élèves pour leur enseigner ce que justement votre Maitre vous a offert de plus noble. N’est ce pas vous Philippe qui êtes dans le mensonge ? dans la démarche, je veux dire ? Sans doute que derrière votre réaction à une attaque qui n’en est pas une pour tout le monde se cache autre chose de vous que vous préférez ne pas admettre, ne pas voir. Vous ne détenez pas plus la vérité que quelqu’un d’autre. ce que vous avez vécu avec Maitre Saito est votre histoire et ce que vous avez tiré vous est personnel. Je constate à quel point toute vérité est "relative" et est soumise à notre propre vécu, notre propre histoire. Je suis pour ma part très proche de l’enseignement de Toshiro Suga. Ce qu’il m’a donné est à mon sens inestimable,et ses cours furent plus que déterminants tant pour ma pratique que pour ma vision de coeurde cet art martial. Pourtant, j’ai quelquefois entendu des commentaires quasi opposés à mon vécu concernantson enseignement, sa personnalité...Est ce moi qui ai raison ? Sont ce les autres ? Ni moi, ni eux je crois. j’aime ce que donne Toshiro Suga, ses amitiés ou inimitiés ne me touchent pas. Je n’aimerais pas plus quelqu’un qui l’aime si ce quelqu’un ne me touche aps par ailleurs, cela est tout. Et je ne vis pascomme uneattaque quelqu’un qui conteste son enseignement. Toshiro Suga est un grand garçon qui sait se défendre. Je lui fais confiance. Faites confiance à la mémoire de Maitre Saito, de là où se trouve son âme, il me semble qu’il saura quoi faire, et je suis persuadéeque vous lui offrieriez un bien plus noble cadeau en vous efforçant de donner à l’Aikido ce que vous avez de plus lumineux : votre amour inconditionnel pour cet art martial et non ces interprétations avilissantes, qui ne grandissent personne, surtout aps vous.Et c’est ce qui est le plus préjudiciable je pense. A ne voir toujours que le mal, vous abîmezvotre coeur...Et par la même, votre pratique...
    Quetout vous soit clément. J’éspère que ce message ne vousfut aps trop fastidieux..je ne suis peut être pas toujours très claire, mais enfin...
    Bien à vous
    Emmanuelle Raymond

    Bonjour Greg,

    Vous connaissez certainement la légende de ce grand maître de la cérémonie du thé défié un jour par un samouraï. Lui qui n’a jamais tenu un sabre doit se battre en duel. Il prend alors conseil auprès d’un grand maître du sabre qui lui dit ceci : en face de votre adversaire, emplissez-vous du même esprit qui vous anime pendant la cérémonie du thé. Arrive le jour du duel, les deux adversaires se font face, et au bout d’un court instant le samouraï renonce au duel. Le maître du thé, qui n’avait pourtant jamais combattu irradiait la puissance et la sérénité.
    C’est une fable bien sûr, mais l’enseignement est le suivant : on ne peut faire qu’une chose véritablement bien, mais cette chose vous permet ensuite de comprendre toutes les autres choses. Car tout est dans tout et partout. Quel sens aurait donc sinon la notion d’unité qui doit vous être de tant de prix si vous faites de l’Aikido ?
    Pas de risque donc, en faisant bien une activité, d’oublier toutes les autres comme vous le craigniez. En revanche, quand un homme disperse son énergie dans des activités multiples et éphémères, le risque existe qu’il ne s’intéresse qu’à leur aspect le plus extérieur. On peut se donner l’illusion d’être très actif en restant à la surface et ne pénétrant jamais le cœur des choses. C’est la boutade de Woody Allen : « Je pratique une méthode de lecture rapide. J’ai lu Guerre et Paix de Tolstoï en une heure. Ça parle de la Russie. »

    Personne ne m’a demandé de prendre la défense de maître Saito, dites-vous. Mais on ne demande jamais rien aux hommes des choses vraiment importantes. Ils se déterminent et agissent en fonction de leur conscience. Si un inconnu sous vos yeux crache au visage de votre mère, personne ne vous demande de prendre sa défense. Mais peut-être le ferez-vous quand même. Personne n’a demandé à Jean Moulin de résister à l’occupation. Il l’a fait, c’est tout. Si vous attendez, pour faire quelque chose, qu’on vous le demande, rien de ce que vous ferez ne viendra jamais de vous. Et le sens de ce mot si cher à l’esprit français ne vous sera jamais connu : liberté.

    Enfin, dites-vous, querelles de clocher, de cour de récréation … J’ai pensé comme vous Greg. Pendant mes dix premières année de pratique, je n’ai jamais discuté quoi que ce soit avec qui que ce soit. La seule chose importante était la pratique. La pratique était la solution à tout. Je pensais avec naïveté que transpirer copieusement sur un tatami suffisamment d’heures par semaines suffirait à trouver, ou en tout cas permettrait d’avancer dans la bonne direction. J’ai avancé comme ça jusqu’au jour où je me suis trouvé devant un mur. Devant ce mur, j’ai vu beaucoup de mes camarades baisser les bras et arrêter pour toujours l’Aikido. Pourquoi ? Parce que dans ce long parcours, accompli pourtant sans ménager ni les efforts, ni le temps, ni l’enthousiasme, il avait manqué une chose essentielle : le sens de ce que nous faisions. Or suivez-moi moi bien maintenant parce qu’il est important de bien comprendre cela : ce qui donne sens à la pratique de l’Aikido n’est pas une donnée extérieure à la technique, ce n’est pas une quelconque conception intellectuelle venant « interpréter » la technique, ce qui donne sens à la pratique de l’Aikido se trouve dans la technique elle-même. C’est pourquoi la technique ne peut pas dévier d’un iota. Or la technique, telle que nous l’avions apprise pendant une dizaine années, était incapable de nous faire accéder au sens de la pratique de l’Aikido. C’est pourquoi tant d’amis sont restés sur le bord du chemin. Je ne cherche pas à vous convaincre de quoi que ce soit, je décris une expérience que vous n’avez peut-être pas vécue. Comme je suis têtu, je ne lâche pas facilement, j’ai voulu y croire encore et je suis parti au Japon. J’ai trouvé dans la technique de Saito le sens qui manquait complètement à ce qu’on m’avait enseigné jusque là.
    Résumer d’un coup de cuillère à pot, en disant querelle d’école, la réalité de cette opposition profonde entre un enseignement qui ne fournit pas les clefs et un enseignement qui les fournit, est le genre de simplification qui empêche de comprendre. Il ne s’agit pas d’une rivalité plus ou moins secondaire entre deux manières de se taper les fesses sur un tapis. Il s’agit de l’Aikido. Et l’Aikido est une chose sérieuse. Je sais aujourd’hui de manière certaine que pendant mes dix premières années de pratique on ne m’a pas appris l’Aikido. C’est ainsi. Je n’en fais pas une histoire, mais je le dis fermement parce que j’estime que je dois cela à tous ceux qui sont aujourd’hui, sans le savoir, dans la situation où je me trouvais moi-même.
    Ici vous pensez peut-être aussi que personne ne m’a demandé mon avis, mais je vous ai répondu sur ce point.

    Quant à l’ego, je crois qu’il ne faut pas en faire un problème. A la question « Qui parle ? », Jacques Lacan répondait « Ça parle ». Mais Ça n’est qu’une autre façon de dire Je. Si l’homme n’était plus que le vecteur neutre d’une vérité transcendante qui s’exprimerait par sa bouche, il deviendrait difficile d’aller faire ses courses. La multitude des sentiments qu’un homme éprouve participe à ce qu’il est, à ce qu’il pense et à ce qu’il dit. Et les choses sont bien ainsi. Le fanatisme de la vertu n’est qu’une forme de romantisme, normal pendant la jeunesse d’un individu et pathologique quand il s’installe dans l’âge mûr. L’ego a plus d’un tour dans son sac. Vous devriez éviter les jugements à l’emporte pièce du style « Le fait que votre vie soit dédiée à l’aïkido n’est pas un argument. Peut-être même cela vous éloigne-t-il du coeur de l’aïkido… ». Voyez qu’une telle phrase, en toute logique comme dirait notre ami Alexandre, pourrait aussi bien s’adresser à celui qui plus que quiconque a consacré sa vie à l’Aikido pour en chercher le cœur : Morihei Ueshiba.

    Philippe Voarino

    Rebonjour Philippe,
    je vais faire preuve d’un grand égo sans doute et de pas mal d’arrogance...Mais je voulais vous faire parvenir un petit texte sur les arts martiaux. Un petit texte tout simple que j’avais rédigé suite à la lecture d’un article sur le bien fondé ou non des compétitiions "martiales". voilà.
    Bien à vous et très bon dimanche
    Emmanuelle Raymond

    ETRE LE PLUS FORT ????

    Tamura Sensei disait un jour : » En Occident, pour savoir ce qu’est une fleur, vous analysez tout d’elle, vous mesurez, vous comparez ; en Orient, nous essayons de devenir cette fleur. »
    Ces simples et poétiques petits mots devraient à eux seuls parvenir à nous faire comprendre combien est limitée l’approche de la compétition dans les arts martiaux. Mais combien aussi, elle occupe de plus en plus de place, au point de risquer de pervertir la véritable noblesse du message de ces arts séculaires et oh combien salvateurs pour tout prétendant que chaque homme représente à accéder au plein épanouissement de son Humanité.

    Aborder la compétition dans la pratique martiale et faire reposer son apprentissage sur ce précepte ne me semble pas juste et bien inapproprié, mais il peut se concevoir qu’un débutant, à plus forte raison s’il est un enfant, ait besoin de cette motivation pour se « dépasser » comme il est coutume de dire et appréhendée sur le mode ludique et exclusivement sur ce mode- ci en insistant bien sur l’importance du respect de l’autre, après tout, pourquoi pas. « Etre le plus fort » a de tout temps eu un pouvoir énergétique sur l’âme humaine qui encore aujourd’hui me laisse pantoise, coite, éberluée, voire, certains jours de lassitude : médusée !!!! Mais soit, si cette perfide petite phrase peut permettre d’apprivoiser une pratique qui parfois impressionne le néophyte…Mais plus la pratique martiale s’intègre à nos réflexes, plus elle nous fait devenir fluide, mobile, plus notre corps est docile et souple, notre gestuelle accueillante et bienveillante à l’égard de nos partenaires, fine, sociable, plus cette idée d’être le plus fort devrait se dissoudre afin de laisser notre cœur grandir serein et sans obstacle. Si tel n’est pas le cas, si malgré notre pratique nous persistons à envisager notre art comme un moyen d’être mieux que l’autre, plus fort que lui, et que cela nous stimule, alors la pratique va se calquer sur ce dessein, les techniques s’appauvrir et les arts martiaux ne seront alors plus que des sports de compétition où corps, esprit et cœur ne seront plus en harmonie.
    Je sens déjà les réflexions poindre le bout de leur nez, acides et rigolotes, provocantes et caustiques : » Alors les arts martiaux c’est s’asseoir en lotus et ne rien faire pour ne blesser personne :-DDD ???? Ce ne sont pas des arts de la guerre ??? Et faire la guerre, ce n’est pas avoir le dessus sur nos adversaires ?? » Les arts martiaux opèrent comme des vaccins pour l’humanité et c’est en cela qu’ils sont des arts du combat, des arts de la guerre, oui, et Dieu merci, employons nous du mieux que nous le pouvons pour qu’ils gardent leur phénoménale puissance dynamique. Ne pervertissons pas leur prodigieux messages. Ils ont permis, permettent et permettront encore, je le souhaite du plus fort de mon humanité naissante, de faire face à l’hostilité de nos congénères en nous donnant le pouvoir de la reconnaître justement parce que nous avons la pleine conscience de la porter en nous aussi. Nous possédons en chacun de nous une part ténébreuse et belliqueuse et l’accepter c’est nous donner le pouvoir de nous en servir pour des causes justes. Car nous sommes tous faillibles et si aujourd’hui je peux me prévaloir de ne vouloir que le bien et de m’y employer, je ne sais quelles dispositions de cœur va m’offrir demain. Un accident de parcours est si vite arrivé ; nous ne sommes que des hommes, et faillir fait partie de notre code génétique. Qui sait si demain, parce que j’ai eu mal, parce que j’ai eu peur, je ne vais pas me mettre à attaquer mes voisins, à leur vouloir du mal, à les menacer ??? Personne…Alors, je serais sauvée de ma violence si un pratiquant d’arts martiaux me fait comprendre que cette énergie des ténèbres, je peux la retourner de manière positive grâce à la pratique ; et en m’emmenant vers ce moi volcanique qui bouillonne, en me permettant de le reconnaître et de l’apprivoiser, en le faisant sortir de moi, c’est un peu des autres qu’il me permettra de sauver. En cela, les arts martiaux sont aussi et surtout des arts de la paix.

    Tamura Sensei avait dit cela aussi, bien plus simplement, comme à son habitude. J’ai souvent considéré ses paroles comme des haîkus dont la puissance de suggestion n’a de cesse de se distiller en mon âme au fur et à mesure que les années passent. Il avait dit dans le soleil d’un petit matin de l’est, sereinement posé sur un tatamis, pareil à un nénuphar à la surface de l’eau, son hakama méticuleusement disposé autour de lui comme les feuilles de cette élégante et troublante fleur d’eau, que « les techniques en aikido ne visaient pas tant à détruire son adversaire qu’à montrer à son partenaire que ce qu’il fait n’est pas le Bien. »
    En m’interrogeant aujourd’hui, très modestement, sur l’essence des arts martiaux et sur le bien fondé de ne pas les fourvoyer par les obscurs desseins de la compétition, je me dis qu’ils nous offrent la responsabilité salutaire de parvenir à absorber la puissance de destruction d’un congénère mal intentionné, puisque nous avons le pouvoir de la transformer en énergie de lumière et de la lui renvoyer comme telle afin de nous grandir l’un et l’autre.

    Emmanuelle Raymond

    Merci de votre réponse Philippe.

    Un grand merci également à Emmanuelle Raymond : fort joli texte.

    c est pas de l aikido que tu devrais faire mais du catechisme.....amen Emmanuelle

    Bonsoir,
    je prends note du commentaire, fort judicieux et d’une rare subtilité. Amen Anonyme.
    Emmanuelle Raymond

    Merci pour votre réponse, M. Voarino : elle me permet de mieux comprendre votre point de vue.

    Malheureusement, il apparaît que vous avez une vision assez inexacte de l’histoire, dans la mesure où l’on s’en tient aux faits, et non aux passions :

  •  "Kisshomaru Ueshiba n’a vécu à Iwama pendant cette période qu’à l’occasion de séjours. Toutes ses biographies confirment qu’il vivait à Tokyo pendant la guerre et qu’il a même empêché plusieurs fois l’Aikikai de brûler lors des bombardements de la ville." . Puis-je vous rappeler que la capitulation du Japon a eu lieu en 1945 ? Après cette date, Kisshomaru Ueshiba a réparti son temps entre Tokyo et Iwama. Même M. Saito indiquait pratiquer régulièrement le sabre avec le fils du fondateur...
    2 - Là je vous fait crédit : G. Shioda est resté 2 mois à Iwama.

    3 et 4 - Effectivement, B. Tanaka est resté 1 mois à Iwama pendant la construction de son dojo. En revanche, M. Ueshiba est allé inaugurer son dojo à Osaka et a effectivement logé à Osaka pendant un an et demie, en revenant en de courtes occasions à Iwama. Je vous rappelle que c’est à cette occasion que M. Saito s’est vu privé de voyage de noces : il devait garder seul le dojo d’Iwama...

    Pour les considérations plus générales que vous formulez, il s’agit d’une interprétation possible des faits. Mais il existe d’autres interprétations possibles, que vous choisissez apparemment de ne pas considérer.
    Voici la mienne : M. Ueshiba est quelqu’un qui voyageait beaucoup avant guerre pour visiter ses élèves (comme son professeur S. Takeda), et aussi suivre son mentor dans les activités de la secte Omoto. En 1942, très affaibli physiquement, et sans doute peu à l’aise avec la guerre, il se retire à Iwama où il a fait construire une ferme. A la fin de la guerre en 1945, toute pratique martiale est interdite. Il est donc plus sur de rester à Iwama pour pratiquer en toute discrétion à la campagne, et M. Ueshiba rassemble là-bas pour des périodes plus ou moins longues ses anciens élèves avec qui il reprend contact petit à petit : Shioda, Tohei. Son fils travaille à remettre d’aplomb le dojo de Tokyo et à faire autoriser la pratique de l’aikido, mais partage son temps avec Iwama où il vient s’entraîner régulièrement. Pour des raisons pratiques, il transfère le QG officiel de l’Aikikai à Iwama.
    De nouveaux élèves commencent à arriver à Tokyo (Tada, Arikawa), et les anciens élèves venus séjourner à Iwama doivent reprendre leurs activités pour subvenir à leurs besoins, tandis que Kisshomaru Ueshiba doit prendre un emploi pour nourrir la famille.

    C’est à ce moment là que M. Ueshiba recommence à voyager : il n’y a plus autant d’activité à Iwama. Il reprend contact avec ses élèves d’Osaka, de Wakayama et du Kansai (Tanaka, Sunadomari, Hikitsuchi...), et recommence à les visiter. Il séjourne ainsi un an et demi chez Tanaka à Osaka (où de nouveaux élèves apparaissent, dont Seiseki Abe) pour l’inauguration de son dojo, tout en retournant régulièrement à Tokyo et Iwama, et en continuant à rendre visite à ses autres élèves. La période 1951 - 1955 voit relativement peu de monde à Iwama : les seuls élèves sont les jeunes locaux (Saito, Isoyama...).

    Lorsque Kisshomaru Ueshiba peut enfin quitter son emploi en 1955 pour se consacrer à plein temps à l’Aikikai, M. Ueshiba augmente sa fréquence de visite à Tokyo et réparti son temps entre Tokyo, Iwama, et ses visites à ses élèves dans les autres régions. Il se fait accompagner régulièrement par les uchi deshis de Tokyo qui lui servent de Otomo.

    Sur la période suivante, à partir des années 60, il semle qu’il continue à voyager, en particulier chez Seiseki Abe à Osaka pour apprendre la calligraphie (il y aurait passé au moins 10 jours par mois). Sa maladie limitera par la suite sa mobilité.

  • Bonjour Emannuelle,

    Vous avez dit une chose très juste dans votre message : « … j’ai le sentiment que nous ne pratiquons pas la même discipline ». Effectivement. Et la différence qu’il y a entre vous et moi, c’est que moi j’ai pratiqué cette discipline que vous faites aujourd’hui, et pendant plus de temps peut-être que vous ne le ferez jamais, puis j’ai fait de l’Aikido. Pour comparer deux choses, il faut les connaître suffisamment bien l’une et l’autre. Et pour choisir entre une seule chose il faut s’appeler Coluche et en faire un sketch.

    Pourquoi ramenez-vous à une opposition de personnes un débat sur l’Aikido livrant un certain nombre d’arguments et de documents sérieux ? Mon action ne consiste pas à brandir l’étendard de Saito contre l’étendard de Tamura, elle consiste à produire des éléments objectifs susceptibles de permettre à chacun de se faire la meilleure idée possible de la réalité historique et technique. Ne souhaitez-vous pas la connaître ? Pensez-vous qu’il n’est pas important de savoir ce que faisait exactement O Sensei ?
    Je vous donne un exemple Emmanuelle : aujourd’hui tout le monde parle des armes de l’Aikido comme d’une évidence. L’aiki ken et l’aiki jo sont au programme technique des fédérations françaises, des professeurs qui n’ont jamais été élèves de près ou de loin de Saito enseignent les kumitachi, san ju ichi no jo et produisent des vidéos d’armes. Très bien, très bien, on a fini par accepter l’idée qu’O Sensei faisait de l’Aikido avec des armes. On a fini par l’accepter. Mais cette idée n’allait pas du tout de soi quand – avec beaucoup de naïveté – je l’ai présentée à la FFAB à mon premier retour d’Iwama en 1987. Les armes à l’époque c’était shomen, tsuki, et trois ou quatre awase. Le programme était tellement squelettique qu’on demandait aux candidats à l’examen d’Aikido de démontre des techniques de sabre muso shinden ryu : une école de Iaido sans aucun rapport avec l’Aikido. Si un empêcheur de tourner en rond comme Saito n’avait pas bousculé l’Aikikai, si Voarino, Guerri,et Toutain, ses élèves en France, n’avaient pas secoué la barque tranquille de la routine fédérale, vous Emmanuelle, vous, auriez appris l’Aikido persuadée toute votre vie que ce n’était qu’un art à mains nues. Vous auriez fait, sous le nom d’Aikido, quelque chose de tout à fait différent de ce que faisait le Fondateur. Cela vous est-il donc indifférent ?

    Quel enfant aime qu’on lui casse son beau jouet ? Aucun. Mais la vie c’est comme ça, ça fait mal. Pourquoi penser que l’autre, parce qu’il vient bousculer vos croyance, est bon à psychanalyser ? A ce compte, vous devriez psychanalyser Jésus-Christ qui a dit qu’il était venu apporter l’épée, et non la paix. Encore un qui n’avait pas la sagesse de se taire. Voarino a mal vécu la mort du père. Tout s’explique. Et ça évite de répondre à ses arguments. C’est facile.
    En effet, dans l’analyse que vous faites des raisons inconscientes et évidemment pathologiques de mon action – merci docteur – vous oubliez tout simplement une chose essentielle : les arguments techniques. A l’appui de ce que j’affirme, je n’ai pas que des paroles. Vous trouverez dans la partie technique de ce site un très grand nombre d’éléments montrant et démontrant la réalité du problème dont je parle. Encore faut-il prendre le temps de bien vouloir les considérer, plutôt que de s’arrêter à quelques idées reçues accrochées trop vite au détour d’une phrase mal comprise.

    Au lieu de raisonner sur le concret, de penser dans la matière, dans la technique, la tête dans les nuages peut-être, mais les pieds sur le bon tatami des vaches, vous partez dans des considérations générales sur la Vérité. Vérité que nul ne possède ou que tout le monde possède, ce qui revient au même. Sur la relativité des choses qui fait que personne n’a tort et que tout le monde a raison… Je suis loin de penser comme vous Emmanuelle, mais admettons une seconde que j’accepte de vous suivre sur cette route. Me voici cheminant tranquillement, une fleur enfin glissée dans le canon de mon stylo, empli de ma nouvelle croyance qu’il n’y a pas de vérité, pas de mensonge, pas de vrai, pas de faux, pas de bien, pas de mal…on peut faire la guerre en Irak ou ne pas la faire, tout se vaut, question de point de vue, « chacun son vécu » comme vous dites… et voilà tout à trac que vous torpillez dans le message suivant ma confiance toute neuve. Un nénuphar dans le soleil du petit matin, écrivez-vous, a dit que : « les techniques en Aikido ne visaient pas tant à détruire son adversaire qu’à montrer à son partenaire que ce qu’il fait n’est pas le Bien ». Mais alors Emmanuelle, ce nénuphar sait donc, lui, où est le Bien et ce qu’est le Bien ? Avec un grand B en plus ? Il sait donc aussi que le mal est du côté de cet adversaire qui attaque ? Alors ce nénuphar détient la vérité Emmanuelle ? Mais n’est-ce pas justement le contraire de ce que vous m’avez dit quelque ligne plus haut : « Vous ne détenez pas plus la vérité que quelqu’un d’autre. » Autrement dit, personne ne détient la vérité sauf ceux qui la détiennent.

    Vous êtes pétrie de contradictions, Emmanuelle. Non pas parce que vous n’êtes pas intelligente ou pas sensible, c’est tout le contraire, mais parce que vous vous payez de mots. Vous fantasmez sur les idées, vous les agitez sans jamais les raccrocher à quelque chose de concret. Vous spéculez, chose très nécessaire, mais à condition que la spéculation naisse de l’opératif, ce garde-fou qui évite la divagation. L’opératif en Aikido se trouve dans la technique, et quand la technique est exécutée de manière conforme, le spéculatif qu’elle engendre n’égare pas l’homme et lui ouvre au contraire des portes qu’il ne soupçonnait pas. C’est pourquoi il est si important que la technique d’O Sensei ne soit pas modifiée.

    Haro sur les certitudes, d’accord. On ne peut pas parler de la Vérité en général, d’accord. Mais on peut et on doit parler de telle ou telle vérité. Si l’on fuit toujours la prise de responsabilités, on finit par sombrer dans le ridicule de ces étudiants qui, éternellement incertains de leurs connaissances, ne s’engagent plus jamais sur rien : « il semblerait qu’existe en Ile de France une ville nommée Paris, on dit que ce serait la capitale de la France, certains prétendent qu’y coule la Seine, on y trouverait la tour Eiffel… » A quoi sert de parler si c’est pour ne rien dire ? Il est légitime de faire valoir ses idées Emmanuelle, c’est en confrontant ses idées, en les frottant à celles des autres que l’homme avance. Le contradicteur n’est pas mon ennemi, c’est mon ami le plus cher. Vous parlerais-je sans cela ? Et cet enseignement là est directement issu de l’Aikido : quand uke me tient sincèrement, sans complaisance, il me permet de voir où se trouve la faiblesse de ma technique et donc de m’améliorer, c’est mon meilleur ami ; quand il me tient avec mollesse et chute sans que je l’ai vraiment projeté, il m’empêche de voir où ma technique est imparfaite, il m’empêche de progresser, c’est mon pire ennemi.

    Pour conclure je tiens à vous rassurer, l’énergie que je consacre à ce site n’est pas celle que je dérobe aux tatamis et à mes élèves : c’est celle que je dérobe aux soirées inutiles devant la télévision, et c’est un très grand bien, c’est aussi le temps que je dérobe au sommeil, mais je le fais volontiers. Car tout ce travail de clavier fait partie, au même titre qu’ikkyo ou shiho nage, de l’Aikido auquel je crois. Cet Aikido là ne s’arrête pas comme vous semblez le penser à la bordure du tatami. Si l’Aikido se résumait à faire plus ou moins bien quelques galipettes sur un tapis, à quoi bon servirait d’y consacrer tant d’efforts ?
    Vous m’avez fait un très grand compliment et je vous en remercie. Vous avez écrit : « Je trouve que vous dépensez de l’énergie à vous battre contre des moulins à vent. » N’oubliez pas, sauf le respect que je vous dois, que vous faites partie des moulins. Si Don Quichotte n’a au fond guère d’illusions, il se bat quand même par idéal. C’est la condition de l’homme. Et à tout prendre je préfère les valeurs et la folie de ce chevalier fantasque aux vertus terre-à-terre de Sancho Pança.

    Philippe Voarino

    Bonjour Philippe,
    merci d’avoir pris le temps de répondre à mon mail. A sa lecture, je pense très honnêtement que je n’ai pas ma place sur ce forum. Vous semblez avoir une bien singulière approche de mon vécu de l’aikido mais sans doute me suis je bien mal exprimer. Donc, j’en resterais là. Ce texte était vraiment un petit cadeau en quelque sorte, humble et sans doute dérisoire mais qui ne visait en aucune façon votre façon de voir. Vous avez raison, sans doute ai je plein de contradictions que je ne vous imposerais donc plus.
    Bonne pratique
    Emmanuelle RAymond

    L’aïkido à l’échelle de l’absolu dépasse certainement les querelles d’écoles ou de savoir s’il existe quelqu’un qui pourrait être le garant de l’aïkido pur (Ai Ki Do) ou d’un aïkido à l’échelle de la connaissance universelle (sans ironie). Comme le fondateur l’a montré, ce type d’aïkido est concret et ne rentre pas dans un genre que l’on pourrait apeller (pour faire de l’humour noir) un aïkido "mistico-gélatineux".

    "Aikikai" "Iwama" sont des appellations qui sont utiles pour l’organisation, mais ne correspondent pas toujours (ou entièrement) à la transmission "maître disciple".

    L’aspect technique n’est pas un critère de reconnaissance d’un enseignement authentique, c’est le sens qui préside à la pratique ou l’enseignement (des techniques ou non) qui compte. À cette échelle, ça ne marche pas dans les deux sens...

    L’attribution traditionnelle d’un diplôme de grades est attribué dans des circonstances particulières que nous ne comprenons pas totalement. Les circonstances peuvent changer dans le bon ou mauvais sens, personne est infaillible. Une transmission authentique n’est que l’affaire de deux personnes (dans l’absolu, il n’y a pas de comparaison possible avec les autres) et la notion d’organisation administrative n’a pas sa place ici.
    Ce qui vient d’être dit ne veut pas dire qu’il faut être contre la technique, les diplômes ou autres choses.

    Sans faire la guerre à la notion de méthode, est ce qu’il est possible de neutraliser l’ignorance métaphysique (dans le sens : Ai Ki Do) par une méthode quelconque ?

    En fin de compte, la pratique de "l’aïkido juste" devrait être probablement la conséquence d’une conscience apaisée.

    Bonjour DG.
    Je réponds à votre post du 10 septembre. A deux ou trois mots près, j’aurais pu écrire tout ce que vous écrivez. Permettez-moi simplement de nuancer vos propos sur quelques points :

    « M. Ueshiba est quelqu’un qui voyageait beaucoup avant guerre pour visiter ses élèves (comme son professeur S. Takeda), et aussi suivre son mentor dans les activités de la secte Omoto. En 1942, très affaibli physiquement ( je n’ai pas d’information précise sur ce point) , et sans doute peu à l’aise avec la guerre, il se retire à Iwama où il a fait construire une ferme. A la fin de la guerre en 1945, toute pratique martiale est interdite. Il est donc plus sûr de rester à Iwama pour pratiquer en toute discrétion à la campagne, et M. Ueshiba rassemble là-bas pour des périodes plus ou moins longues ses anciens élèves avec qui il reprend contact petit à petit : Shioda, Tohei. Son fils travaille à remettre d’aplomb le dojo de Tokyo et à faire autoriser la pratique de l’aikido, mais partage son temps avec Iwama où il vient s’entraîner régulièrement (la régularité est rendue difficile par le fait qu’il vit et travaille à Tokyo et que le trajet entre Tokyo et Iwama prend à l’époque plus de 3 heures). Pour des raisons pratiques, il transfère le QG officiel de l’Aikikai à Iwama (le Hombu Dojo était en toute logique à Iwama parce qu’O Sensei vivait à Iwama). De nouveaux élèves commencent à arriver à Tokyo (Tada, Arikawa), et les anciens élèves venus séjourner à Iwama doivent reprendre leurs activités pour subvenir à leurs besoins, tandis que Kisshomaru Ueshiba doit prendre un emploi pour nourrir la famille.
    C’est à ce moment là que M. Ueshiba recommence à voyager : il n’y a plus autant d’activité à Iwama (il n’y en a jamais eu énormément, O Sensei n’y avait que quelques élèves, le dojo était grand comme un mouchoir de poche). Il reprend contact avec ses élèves d’Osaka, de Wakayama et du Kansai (Tanaka, Sunadomari, Hikitsuchi...), et recommence à les visiter. Il séjourne ainsi un an et demi chez Tanaka à Osaka (où de nouveaux élèves apparaissent, dont Seiseki Abe) pour l’inauguration de son dojo, tout en retournant régulièrement à Tokyo et Iwama (pour de longues périodes malgré tout pendant cette année et demie), et en continuant à rendre visite à ses autres élèves. La période 1951 - 1955 voit relativement peu de monde à Iwama : les seuls élèves sont les jeunes locaux (Saito, Isoyama...).
    Lorsque Kisshomaru Ueshiba peut enfin quitter son emploi en 1955 pour se consacrer à plein temps à l’Aikikai, M. Ueshiba augmente sa fréquence de visite à Tokyo et répartit son temps entre Tokyo, Iwama, et ses visites à ses élèves dans les autres régions. Il se fait accompagner régulièrement par les uchi deshis de Tokyo qui lui servent de Otomo.
    Sur la période suivante, à partir des années 60, il semble qu’il continue à voyager, en particulier chez Seiseki Abe à Osaka pour apprendre la calligraphie (il y aurait passé au moins 10 jours par mois). Sa maladie limitera par la suite sa mobilité. »

    Votre vision des évènements me paraît juste DG, et vous remarquerez que je ne la nuance que sur des points qui ne sont pas fondamentaux. Mais il existe une limite à notre connaissance que nul ne pourra franchir : personne n’a jamais comptabilisé les déplacements d’O Sensei avec une précision qui permettrait de définir exactement le temps qu’il a passé ici ou là. La seule manière de se repérer, au-delà du témoignage toujours imprécis des uns et des autres, est donc de considérer les grands jalons de cette histoire. Il en est un sur lequel vous passez un peu vite à mon avis, c’est le fait que le domicile régulier d’O Sensei était à Iwama. Que le Fondateur ait fait de nombreux séjours en divers endroits du Japon à l’occasion de ses voyages, séjours longs comme à Osaka, fréquents comme à Tokyo… n’est pas quelque chose qui me semble contestable. Mais O Sensei était en ces divers endroits en visite et quand il rentrait chez lui, c’était à Iwama où sa femme l’attendait comme l’inspecteur Colombo. Cela a son importance.

    Reconnaissez que cet aspect des choses, comme d’ailleurs tout ce que vous avez dit avec justesse dans votre post, est bien loin de l’histoire de l’Aikido telle qu’elle nous a été racontée en Occident pendant plusieurs décennies. Toute la connaissance à laquelle vous êtes parvenu aujourd’hui, vous l’avez arrachée à la vérité historique malgré la chape de plomb de l’histoire officielle. Vous avez déboulonné patiemment à force de recoupements le mythe et la statue du Commandeur de l’Aikido siégeant immuablement à Tokyo entouré de ses "fils spirituels". Et c’est parce que vous avez fait ce travail que vous avez pu y voir clair. Mais voyez aussi autour de vous combien de pratiquants sont encore victimes de ce mythe qui ignore superbement la réalité de l’établissement définitif d’O Sensei à Iwama à partir de 1942 et de ses pérégrinations incessantes à travers le Japon à partir de 1952.

    Philippe Voarino

    Merci pour votre réponse, M. Voarino.

    D’abord quelques précisions :

  •  L’affaiblissement physique de Morihei Ueshiba en 1942 : de nombreux témoignages vont dans ce sens. Il était semble-t-il déjà malade avante 1942 et son neveu Inoue assurait pour partie les cours dans le dojo mais aussi à l’extérieur. On peut d’ailleurs voir sur les photos de cette époque un vieillissement rapide de O Sensei, ainsi que des variations de corpulence. Je n’ai pas de recoupements de témoignages sur l’origine de son problème physique, mais j’ai lu qu’il pourrait avoir relevé à la place de Degushi un défi avec un religieux indien. Ce défi aurait consisté à boire le plus possible d’eau salée, ce qui nuit au métabolisme.
  •  Les déplacements fréquents de Kisshomaru à Iwama : cela semble être avéré, même si je n’ai pas d’information très précise. L’une de mes sources est cette interview de Morihiro Saito où il indiquait pratiquer souvent les suburis avec d’autres élèves, dont Kisshomaru. Kisshomaru lui-même évoquait ces déplacements. Sans oublier les stages d’été (gashuku ?) qui se tenaient chaque année à Iwama, voire plusieurs fois.
  •  Iwama, lieu de résidence : c’était clairement le lieu que Morihei Ueshiba avait choisi comme domicile de fin de vie. Mais cela n’est pas contradictoire avec le fait qu’il n’y résidait qu’en partie. J’ai cité ses visites à ses élèves disséminés, mais il a aussi été évoqué des visites à des personnalités éminentes hors du monde de l’aikido : il a maintenu des contacts avec d’autres domaines des arts martiaux, mais aussi dans les arts plus "philosophiques".
    Ces précisions étant faite, j’aimerais revenir à votre vision d’une histoire "officielle" de l’Aikido. Vous l’aurez compris, je ne crois pas à cette vision manichéenne du monde de l’Aikido, qui opposerait un Aikikai tout puissant à des ilôts de résistance. Et pourtant, j’appartiens à un petit groupe pas forcément en odeur de sainteté auprès de feu Kisshomaru.

    Kisshomaru ueshiba a publié une biographie très documentée de la vie de Morihei Ueshiba, quoi fait référence. C’est une vision de l’histoire. D’autres visions peuvent apparaitre, et Stanley Pranin a lui aussi fortement contribué à les partager en mettant à disposition un riche contenu historique sur son site. Mais personnellement, je n’ai jamais senti de "chape de plomb" qui m’imposerait une vision unique de l’aikido et de son histoire : des points de vue différents, oui, mais aussi une certaine ouverture.

    Je n’apprécie pas forcément l’idéalisation d’un demi-Dieu O Sensei qui peut parfois apparaitre par endroits, tout comme je n’apprécie pas les visions à sens unique des élèves de différents maitres d’aikido qui veulent défendre chacun leur courant...

  • Petite précision qui me titillait : la période où Kisshomaru Ueshiba a du travailler pour subvenir aux besoins de sa famille s’étend de 1949 à 1955. 1949 correspondant aussi à l’interdiction de pratique des arts martiaux au Japon.

    Bonsoir DG .

    « …je n’apprécie pas les visions à sens unique des élèves de différents maîtres d’aikido qui veulent défendre chacun leur courant... » … écrivez-vous.

    Sans doute vais-je vous surprendre, mais sur ce point, comme sur ceux que j’ai indiqués dans mon post du 20 septembre, permettez-moi de vous dire à nouveau que notre convergence est grande.

    Je suis tout comme vous peu réceptif à l’esprit de clocher, à la promotion fanatique d’un courant, bandeau sur les yeux, sous prétexte que c’est comme Obélix la marmite dans laquelle on est tombé un jour par hasard.

    Mais voyez-vous, c’est amusant à relever, la raison qui m’anime à penser comme vous est à l’opposé de celle qui détermine chez vous ce choix identique.
    En effet, si je suis contre l’esprit de clocher, ce n’est pas en vertu de la tolérance d’un certain pluralisme démocratique fashion, qui laisse croire que chacun détient spontanément une part de vérité, et que tous les courants se valent et sont légitimes. C’est au contraire en vertu du principe qu’il n’y a qu’un Aikido, et que cet Aikido n’est pas susceptible d’être modifié par des courants.

    Vous commettez une profonde erreur d’appréciation en pensant que je défends le courant Saito ou Iwama ou Takemusu, ou que sais-je ? Je ne défends pas un courant. Je défends les principes qui, si on les respecte, font que l’on peut parler d’Aikido et qui, si on ne les respecte pas, empêchent que l’on parle d’Aikido. J’ai expliqué cela bien des fois. Et je ne le fais pas en pontifiant du haut de ma chaire, je le fais en montrant, en démontrant, en discutant, en acceptant la contradiction (vous en êtes la preuve vivante) et en y répondant. Je ne crois pas que ce soit la définition du dogmatisme.

    Il y a mille ans, des hommes ont dressé vers le ciel des Cathédrales. Ces monuments qui sont notre fierté, classés au patrimoine de l’humanité, admirés chaque année par des millions de touristes, croyez vous qu’ils auraient vu le jour si les hommes qui les ont élevés n’avaient pas détenu un savoir dont ils étaient certains ? Croyez-vous qu’il y avait dans un tel domaine place pour des courants et des interprétations fantaisistes ? Le Roman et le Gothique ne sont pas des courants, ce sont les étapes d’un savoir aussi certain et aussi solide que la pierre. Aucun architecte du Moyen-Âge n’aurait songé à créer un courant d’architecture qui ne tienne pas compte des lois de la physique. Le malheureux aurait fini enseveli sous les décombres de son projet avorté.

    Pourtant aujourd’hui, en Aikido, un professeur n’a pas deux ans d’ancienneté qu’il modifie déjà sans vergogne et sans aucun souci des orincipes ce qu’a créé O Sensei. Courant truc, courant machin, courant chose…Et on trouve encore à ces braves gens de l’humilité ! Bravo, joli tour de passe-passe. Le seul problème c’est que le savoir n’est pas une chose démocratique. Dans ce domaine, et depuis toujours, celui qui sait sait, celui qui ne sait pas ne sait pas. On ne fait pas un sondage d’opinion pour réparer sa chaudière. La démocratie ne se situe pas à ce niveau. La démocratie se trouve dans la liberté que l’on donne à celui qui ne sait pas d’apprendre. Et là elle a sa place. Mais encore faut-il que celui qui doit apprendre veuille bien le faire. Quand celui qui ne sait pas se mêle au contraire d’enseigner et parvient à faire passer la précarité de son savoir pour un courant, alors il faut se faire du souci pour la connaissance.

    Voilà pourquoi, DG, défendre un courant, quel qu’il soit, est la dernière de mes préoccupations. Mais pour comprendre cela, peut-être faut-il regarder un peu plus loin que les étiquettes trop vite collées qui dispensent de considérer les actions des hommes avec un peu d’attention.

    Philippe Voarino

    Bonjour,

    je me permet juste d’envoyer un petit mesage à l’adresse de monsieur Alexandre GESP :

    Cher Alexandre,

    Auriez-vous oublié que vous êtes le webmaster de aikido34.org ? (en tout cas, c’est ce que précise le site)

    car ce pauvre petit site n’a pas été remis à jours depuis belles lurette (même pas la page des stages)

    alors si je peux me premettre, vous devriez sincèrement un peu vous en occuper plutôt que de "croiser le fer" avec Mr Voarino.

    a bon entendeur

    ps : je m’excuses pour cette irruption qui n’a rien à voir avec l’article

    à Anonyme,

    loin de moi l’idée de défendre M. Gesp, mais je ne vois vraiment pas l’intérêt d’une telle intervention : absolument hors sujet, et qui n’intéresse personne ! Prenez donc la peine de vous abstenir la prochaine fois.
    Je préfère les débats contradictoires (on est pas obligé d’être d’accord avec tout le monde et s’en expliquer est intéressant tant que cela reste argumenté)qu’offre ce site à des interventions aussi pauvres que la votre.

    PS : soigné vautre ortografe !

    bonjour Greg,

    Je vous rassure, il n’y aura pas d’interventions de ce genres.

    Ce débat fort intéressant peut continuer (je l’espère en tout cas)

    amicalement

    ps : Greg, ne vous donnez pas la peine de répondre à cette intervention, c’est inutile

    "à son compte toutes les frustrations de l’élève Saïto, ses demandes de
    > reconnaissances, sa rivalité avec le fils charnel de O Sensei." !!!

    Bonsoir Philippe,

    Comme tout enseignant, M. Ueshiba connaissait les différences de "pratique" de ses élèves.

    Connaissez-vous des récits de son point de vue sur ces différences entre ses élèves (dont son fils) et de sa vision de la pérennité du résultat de ses recherches ?

    Note : J’ai bien conscience que son point de vue n’est pas connu clairement sinon le sujet ne ferait pas débat.

    Pourquoi n’a-t-il écrit une sorte de "testament" ?

    Donc si on accepte Morihiro Saito, est-on soumis à la question, à l’autodafé ? Excommunié, schismatique ou hérétique ?
    "et pourtant elle tourne..."

    http://www.yagyu-shingan.com/index.php ?PageID=402&SRubID=52&RubID=5
    la photo du plus vieux bokken iwama ? ^^

    philippe voarino, bonjour
    Sans grade de l’aikido, je consulte toujours votre site avec beaucoup d’intérêt. J’ai mis longtemps à comprendre physiquement qu’uke devait avoir une relation spécifique avec tori qui n’est pas celle de l’assaut de karaté, qu’en développant cette attitude on devait accéder à une meilleure liberté et pouvoir progresser dans la pratique des techniques. Votre image de l’aigle et du serpent reliant le ciel et la terre est très forte. D’autre part, les deux sont nécessaires et aucun des deux n’a plus raison que l’autre. Peut être avons nous besoin de l’un et de l’autre et aussi qu’ils s’affrontent de temps à autre. Merçi pour votre article courageux qui nous plonge aux racines de l’aikido.

    Bonjour, bonne et heureuse année à toutes et à tous,

    Je viens de découvrir cette interminable controverse, montagne accouchée d’une souris. J’ai tout d’abord été bien triste de voir que ce pauvre Philippe était devenu paranoîaque, lui qui nous avait habitué à prodiguer de sages conseils utiles à nous tous, pratiquants d’Aïkido.

    Oh, bien sûr ! dans un premier réflexe j’ai été bien tenté de sourire à l’analyse pertinente et drôle qu’Alexandre a su faire pour dédramatiser la situation. Mais ce n’aurait pas été, je l’avoue, très charitable. Je me suis donc abstenu.

    Cependant, si je devais retenir une chose au sujet de ton texte, Philippe, ce serait, aussi contradictoire que cela puisse paraître, l’éclair de lucidité que tu a exprimé en parlant de ta folie, comme si tu avais frôlé à ce moment le satori. La suite de ton écrit nous a prouvé que non.
    Allez Philippe, oublie le reste, retourne à l’essentiel, à la pratique...

    Longue vie à Tamura Sensei, et à tous les Sensei.

    Bonjour pdouchet.

    Quand vous qualifiez la controverse de l’Aigle et du Serpent de « montagne accouchée d’une souris » vous me faites beaucoup d’honneur. J’aurais donc mis au jour un fait important comme une montagne ? Je pense, vu la teneur générale de votre propos, que vous vouliez plutôt dire que c’était la montagne qui avait accouché d’une souris, ce qui est exactement l’inverse de ce que vous avez écrit, et le sens dans lequel on utilise généralement cette expression.

    Bref, que diable Voarino nous importune-t-il avec ces considérations minuscules ! Vous avez raison pdouchet, ce sont de petites choses que ces inexactitudes de Monsieur Tamura : une imprécision ici, un sous-entendu là, un mensonge par omission plus loin encore. Pas de quoi fouetter un chat n’est-ce pas ? Vous oubliez simplement ceci : il n’y a pas de grand soir de l’erreur, c’est par glissements progressifs que l’on finit un beau jour assis à côté du Tao. Mettre le doigt sur les choses, même insignifiantes, qui ne sont pas acceptables porte un nom, cela s’appelle la rigueur intellectuelle.

    Pour conclure comme vous sur le mode incantatoire pdouchet, je souhaiterai donc longue vie à ceux qui font preuve d’une certaine rigueur. Quant aux autres je ne leur souhaiterai rien, ils n’en ont pas besoin, ils font généralement de vieux os… plus solides que l’ennui.

    Philippe Voarino

    Bonjour Philippe,

    Puisqu’il faut vous expliquer les choses deux fois lorsqu’il y a subtilité pour éviter une interprétation polémique, c’est bien la souris (votre polémique) qui a accouché d’une montagne, sous-entendu montagne d’emails (cf cet interminable enchaînement d’argumentation un peu stérile du présent forum, bien que certaines précisions historiques soient fort intéressantes).

    Enfin (je parle pour moi) Voarino ne m’importune pas, il me distrait. Vous illustrez bien la pensée de Pierre Desproges, lorsqu’il disait "On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui". C’est dommage...
    J’aurais pu utiliser aussi : ’Lorsque le sage montre la lune ..." mais çà me semble éculé, trop facile et insultant, ne traduisant pas le respect que je vous porte au-delà de nos présents échanges.
    Sincèrement,

    Le lapsus de votre premier message, Mr Douchet, permettez que je vous l’explique ...

    Je vous rappelle que le lapsus est considéré comme l’émergence de désirs inconscients, qui auraient dus être censurés par le Surmoi et qui ont malgré tout trouvé un moyen de s’exprimer.

    En écrivant « la montagne accouchée d’une souris », vous signifiez exactement l’inverse de l’expression courante « la montagne a accouché d’une souris « .

    Cette inversion, qui peut vous paraître malencontreuse ou accidentelle, a pour moi un sens tout autre … et me dévoile l’arrière plan de vos pensées.

    Dans votre lapsus clavis, la souris représente Philippe Voarino, sa supposée petitesse, son insignifiance surtout en regard de la Montagne, à la fois symbole de Nobuyoshi Tamura et de l’importance du sujet évoqué, les petites manipulations de l’histoire ou les oublis commodes du maître de la FFAB.

    Votre lapsus m’apprend donc votre volonté de rabaisser Philippe à des proportions minuscules, de l’insulter pour être parfaitement clair.

    Vous etes bien le digne élève de Tamura d’ailleurs lorsqu’il s’agit d’insulter et de dénigrer par le biais de vagues allusions, de phrases à double sens, voulues cette fois.

    Il vous reste néanmoins beaucoup de chemin à parcourir pour l’égaler en ce domaine, Nobuyoshi Tamura étant généralement beaucoup plus fin et insidieux que vous lorsque vous déclarez par exemple : "Puisqu’il faut vous (Philippe Voarino ) expliquer les choses deux fois lorsqu’il y a subtilité"

    Votre lapsus m’apprend aussi, et cela est plus intéressant, que vous admettez en votre for intérieur la véracité des accusations portées.

    Je m’intéresse ici à la symbolique de la montagne, toujours synonyme de transcendance et de REVELATION, et particulièrement dans la tradition chrétienne.

    C’est sur une montagne en effet que Moïse reçoit les tables de la Loi, c’est également depuis la montagne que Jésus donne à son peuple une loi nouvelle.

    En fait de révélation, il s’agit bien en l’occurrence de celle des petits arrangements d’avec la vérité dont est coutumier votre Maître en tout Nobuyoshi Tamura.

    J’espère, Mr Douchet, comme Philippe Voarino le fait de votre propre aveu, vous avoir distrait et non importuné de ma prose.

    Enfin, je termine sur un petit conseil, un lapsus résulte toujours d’un relâchement de l’attention.

    Prenez bien donc garde que ce relâchement passager ne vous porte préjudice en dévoilant les coulisses de votre esprit …

    Oh là là ... Mais il s’agirait alors d’un complot ? Chérie, j’ai rétréci Philippe Voarino. Mais sa garde rapprochée m’a démasqué.

    Arrêtez le délire, je fais appel à votre bon sens. Vous souvenez-vous que pour O Sensei le but ultime de la pratique est le non-combat ?
    Pourquoi recherchez-vous alors systématiquement la polémique et l’affrontement ?
    De quoi avez-vous peur pour faire autant de bruit et convoquer Moïse et Jésus-Christ ? Qu’on ne prenne pas votre Champion pour l’héritier légitime de l’Aikido ?

    bonjour à tous et bonne année !

    Une année qui commence bien avec tous ses débats, ses prises de becs, ses échanges cinglants qui montrent que l’Aikido est un sujet qui constitue pour beaucoup une véritable passion !

    Pour ma part, l’aikido ayant été un peu mis de coté pendant les fetes, j’en ai profité pour lire, notamment un livre en rapport avec mon travail. Ce que j’y ai lu m’a beaucoup éclairé et j’aimerais faire part d’une de "mes" découvertes à Philippe Voarino.

    C’est au sujet de la gestion du changement. L’auteur rappelle que face à tout changement que l’on veut favoriser, la situation classique est de voir 20% de personnes favorables au changement, 60% d’indécises, 20% d’opposant. Il souligne ensuite l’erreur commune qui consiste à consacrer 60% à 80% de son énergie à convaincre les opposants, 20 à 40 % de son énergie pour les hésitants et de 0 à 20 % seulement pour les enthousiastes.

    Je me trompe peut etre, mais au sein de ce forum, je constate que les réponses les plus longues de M. VOARINO concernent les opposants. Quand on voit à quel point les débats ne progressent pas avec eux, c’est une energie un peu gachée.

    J’en viens à la conclusion de l’auteur (Laurent CAUDRON) qui conseille de consacrer de 20 à 60% de l’énergie aux enthousiastes qui vont être le relais du changement. LEs hésitants, qui par nature demande à etre convaincu, le seront par les enthousiastes et doivent recevoir au moins 20% de l’énergie pour les encourager. En conséquences les réfractaires doivent recevoir le minimum d’attention au départ. Soit ils finiront par accepter par imprégnation soit ils se braqueront et resteront sur leur position.

    J’espere que ces quelques réflexions pourront aider M. VOARINO et ceux qui comme lui veulent faire bouger les choses.

    Bonne année à tous (Meme aux éleves de Tamura et Tissier ! :)

    Bonjour pdouchet.

    Chacun commet des erreurs, moi le premier. Et je revendique le droit à l’erreur. L’expérience au fond n’est qu’une somme d’erreurs. Les erreurs sont un élément de la progression d’un individu. A une condition toutefois, c’est que l’individu soit capable de reconnaître ses erreurs lorsqu’elles sont passées et de les tenir pour telles. Torturer la réalité pour essayer de la faire coller avec l’erreur que l’on vient de commettre est une manifestation de l’ego qui refuse obstinément d’avoir tort. C’est une tentative qui ne trompe personne et surtout pas celui qui en est l’auteur.

    Jean-François Potiez a mis le doigt de manière plus appuyée que moi sur ce qui était de votre part – je le pense également – un lapsus, et il en a tiré certaines conclusions. Pourquoi vous débattre comme un poisson hors de l’eau pour tenter de faire croire que ce qui est n’est pas. Acceptez au contraire cette erreur comme une étape et transformez la à votre avantage. C’est alors que vous serez parfaitement aiki. C’est le message d’O Sensei et de l’Aikido. Si je m’écarte trop d’uke en effectuant uchi kaiten nage, je ne persiste pas dans le geste initial, je transforme mon mouvement en uchi kaiten ikkyo. De la sorte, la phrase de votre post « Vous souvenez-vous que pour O Sensei le but ultime de la pratique est le non combat ? » sera davantage qu’une simple parole. Car au lieu d’être utilisée comme une épée dirigée vers les autres, cette épée sera tournée contre vous-même pour couper ce qui vous empêche encore d’appliquer la maxime à votre propre réflexion.

    Ce faisant vous comprendrez que le non agir n’est pas la passivité. Le non combat dont vous parlez ne consiste pas à s’asseoir sous un arbre et à attendre que passe le monde. Cette dernière idée est une erreur majeure d’interprétation de l’art d’O Sensei. Le non combat c’est l’action en conformité avec les lois universelles, ce n’est pas l’inaction. C’est pourquoi discuter avec des gens qui ne partagent pas vos façons de voir ne revient pas, comme vous le laissez entendre, à « rechercher systématiquement la polémique et l’affrontement ». J’ai eu par exemple un échange sur ce forum avec Alexandre Gesp dont les idées sont fort éloignées des miennes. Mais Alexandre Gesp avançait des arguments. A un argument on peut répondre, et du débat sortent souvent des éléments que l’on n’avait pas vus auparavant. Quand, à la place des arguments, on ne trouve que des sous entendus à la limite de la correction, il est difficile d’avoir un échange constructif.

    Philippe Voarino

    Matlamb, merci infiniment pour cette fabuleuse synthèse :D
    Bonne année à tous les pratiquants de bonne volonté :p

    Bonjour matlamb.

    Et merci pour nous avoir fait profiter de votre lecture du livre de Laurent Caudron. Je ne dispose pas d’informations me permettant d’avoir un avis sur la thèse de cet auteur et je ne m’aventurerai donc pas à commenter les pourcentages et les statistiques qu’il donne et la conclusion qu’il en tire. Mais je voudrais faire deux remarques.

    La première c’est que je n’ai pas choisi de répondre plus longuement aux « opposants ». Je n’ai pas choisi de m’occuper d’eux de manière privilégiée. Ce que j’ai décidé en revanche, c’est de répondre à tous ceux qui posent des questions sur le forum, à tous sans exception. Il se trouve que les « opposants » écrivent davantage que les « enthousiastes ». C’est ainsi. Je consacre par conséquent davantage de temps à leur répondre. C’est mathématique.

    La deuxième remarque, c’est qu’« opposants », « sympathisants », « indécis », quels que soient ceux auxquels je réponds, je ne cherche pas à les convaincre. Pendant longtemps c’est vrai j’ai voulu convaincre. L’Aikido est tellement merveilleux qu’on veut convaincre la terre entière de cette merveille. Quoi de plus naturel n’est-ce pas ? C’est la marque de la jeunesse. Avec le temps on découvre pourtant que ce désir de convaincre n’est pas si innocent et généreux qu’il en a l’air. Et qu’il ressemble fort à une volonté d’exercer sur l’autre une certaine forme de puissance dont la connaissance ne serait au fond que le prétexte. L’ego se réfugie parfois jusque dans les replis les plus secrets de ce que nous appelons en toute bonne foi la sincérité.

    Alors me direz-vous, si ce n’est pas pour convaincre, pourquoi continuer à batailler pour défendre certaines idées, pourquoi stigmatiser certains comportements, pourquoi enseigner ceci plutôt que cela, pourquoi vouloir montrer et démontrer le bien fondé des mouvements du Fondateur et, à l’opposé, l’ineptie des dérives auxquelles nous assistons aujourd’hui ? Pas pour convaincre matlamb, mais pour transmettre. On peut parfaitement transmettre sans avoir au cœur le désir de convaincre. Pendant les trois petits tours que fait un homme entre sa naissance et sa mort, il a peu de temps pour recevoir et apprendre, et moins de temps encore pour transmettre ce qu’il a reçu. La vie m’a placé là où elle m’a placé. J’ai eu la chance de recevoir un enseignement. Je ne ferais pas ma part des choses si je gardais pour moi, si je ne m’efforçais pas de passer à d’autres ce qui ne m’appartient pas. Il se trouve que cette transmission, à certains points de rencontre avec le monde, et surtout le monde actuel, est parfois facteur de polémique. A cela je ne peux rien. Et il se trouve donc des « réfractaires » comme vous l’écrivez.

    Le débat avec ces réfractaires n’est tout bien réfléchi peut-être pas aussi stérile qu’il en a l’air. Et je m’écarte sur ce point de la théorie de Laurent Caudron. Peut-être en effet les opposants systématiques resteront-ils toujours sur leurs positions, mais le dialogue qui s’instaure avec eux est comme une scène dont les spectateurs sont à la fois les enthousiastes et les indécis. Sur cette scène les enthousiastes peuvent conforter leurs arguments, et les indécis peuvent puiser de quoi fonder leur jugement. De ce point de vue le débat avec les réfractaires me paraît constructif.

    Philippe Voarino

    Monsieur Voarino,
    Je comprends votre envie de rétablir certaines choses. Mais ne croyez-vous pas que l’invective sur des personnes physiques nommément nommées provoque réactions, vous obligeant à multiplier vos explications devant tant d’émois, mais dans le même temps vous écarte au final du but. En deux mots, si vous explications n’était pas liées à une comparaison à d’autres hommes, votre message n’en serait-il pas plus respecté ? Ne peut-on pas faire passer sa Vérité, en interrogeant l’Histoire mais sans heurter l’Homme ?
    Amitiés.

    Bonjour ofzelip.

    Invective… comme vous y allez ! Je n’invective personne. Vous ne trouverez ni insulte ni violence verbale dans mes propos. En revanche vous avez raison quand vous dites qu’appeler un chat un chat provoque parfois des réactions démesurées. Mais qu’y puis-je ? Ce sont les hommes qui font l’histoire, petite ou grande. Alors comment parler de l’histoire sans parler des hommes qui la font ? Certains considèrent par exemple que Napoléon était un héros et d’autres que c’était un dictateur sanglant. Que penseriez-vous d’un historien qui, sous prétexte de ne pas offusquer les uns ou les autres, raconterait les guerres napoléoniennes sans prononcer une seule fois le nom de Napoléon ? Ce serait tout de même un peu étrange non ? Il serait condamné à manier la périphrase à n’en plus finir. Un certain Corse qui fut proclamé empereur des Français… Et moi comment dois-je dire ? Un certain Japonais qui fut porté à la tête de l’Aikido français… ? Pour éviter de déplaire, est-ce qu’on ne court pas le risque alors de tomber dans l’hypocrisie ?

    Philippe Voarino

    Très juste. J’ai employé ce terme dans son éthymologie première - "s’emporter contre - s’élancer contre" (Le Robert - Dictionnaire historique de la langue française), mais j’avoue que ce terme est mal choisit.

    Les hommes font l’histoire et les vainqueurs l’écrivent :-).
    Quand à cet historien, je serai en droit de me dire qu’il a choisi un autre angle d’écriture que celle de la pensée dominante, et pourquoi pas ? On peut, peut être, écrire cette histoire sans prononcer le nom de Napoléon, en parlant des autres hommes, et en transcrivant cette histoire à travers la vie de ces autres hommes ? Peut être ? Je ne suis pas connaisseur à ce point de l’Histoire. Mais j’ai déjà entendu des propos d’historien allant dans ce sens...

    Quand aux périphrases, elles reviennent au même, non ? Puisqu’on cite sans citer - "Un certain Japonais qui fut porté à la tête de l’Aikido français" - pas besoin de mettre de nom, on l’envisage très bien...

    Et l’idée n’est pas de déplaire ou d’être hypocrite. Je crois même sentir, à travers vos propos, que cela ne vous chagrinne pas le moins de monde de déplaire, éventuellement, si c’est la condition pour préciser votre vision.

    Mon idée est plutôt de dire, comment peut-on rester dans un idéal d’harmonisation (et pas seulement lorsque je fais tai no henko), si dans le même temps je sais que les propos que je tiens, publiquement, vont prêtés à de vives réactions parfois même démesurées ? Ils peuvent entraîner du conflit. Est-ce Aïki ? Ne suis-je pas en train de favoriser un décallage entre mes convictions et une réalité, que je présente mais qui va contre ?

    Je profite de votre forum pour vous poser la question, mais je suis conscient que cette question pourrait également être posée à beaucoup d’autres personnes... Donc cela n’a rien de personnel.

    Amicalement

    http://bafinfo.org/en/aikido/o-sensei/ - http://www.leroidragon.fr/2015/02/le-roi-dragon-n5-mustapha-osensei-le.html -d'apres liens ,il semble que lors de demonstartion O SENSEI n'utlisait pas toujours le meme ken que celui mis sur votre site .il y a d'autres photos ou le ken utilisé n'est pa le ken lourd .

    Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


    L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

    Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


    La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

    Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


    Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

    Aikido art martial ou art de paix ?


    La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

    http://www.aikidotakemusu.org/fr/articles/le-jeu-de-laigle-et-du-serpent
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