Le déplacement d’O Sensei #9

Les six directions extérieures

Les 3 dernières directions extérieures sont initiées par le pied arrière

Direction extérieure n°5

Dans la direction extérieure n°5, aite, l’adversaire, vient de la gauche :

La position d’un homme en hanmi définit autour de lui un cadran composé de quatre zones ou secteurs naturels :

La direction extérieure n°5 est illustrée ici par cette entrée d’O Sensei sous le bras d’uke à partir d’une saisie ushiro eri dori (Budo 1938).

On peut vérifier que cette rotation extérieure envoie la jambe arrière et tout le corps vers l’arrière, dans le secteur avant gauche (I) d’O Sensei.

Et on s’aperçoit alors qu’il y a bien une différence d’angle fondamentale (90°) entre cette direction extérieure n°5 et la direction extérieure n°4 du dossier précédent (cf. Déplacement d’O Sensei #8).

O Sensei y utilisait en effet la même rotation vers l’arrière, mais pour aller cette fois dans son secteur arrière gauche (IV) :

Cette constatation survient comme la confirmation de ce qui a été expliqué dans Déplacement d’O Sensei #8 : les six directions ne sont pas uniquement la solution de l’Aikido aux attaques de groupe, auxquelles elles seraient en quelque sorte « réservées », les six directions sont en réalité la totalité du déplacement de l’Aikido, dans toutes les situations, avec ou sans armes, et quel que soit le nombre d’adversaires.

Mais nous pouvons désormais ajouter l’enseignement nouveau et capital suivant :

Pour une même direction d’attaque d’aite, tori a la possibilité d’emprunter plusieurs types d’irimi parmi les 12 (6 + 6) qui sont à sa disposition.

Nous venons en effet de voir qu’à partir de la même saisie ushiro eri dori, O Sensei a utilisé deux directions extérieures : la direction extérieure n°4 et la direction extérieure n°5.

Peut-être pouvons-nous chercher un peu plus loin dans cette voie pour y découvrir éventuellement des directions supplémentaires. Et c’est bien ce qui se produit avec ce nouvel ushiro eri dori :

En effet, on voit clairement, sur les deux photos ci-dessus, qu’O Sensei avance cette fois sa jambe arrière vers l’intérieur, ou si l’on préfère vers l’avant, grâce à une rotation intérieure (ce détail est même précisé dans le texte de Budo). Et cette entrée lui permet maintenant d’accéder à son secteur avant droit (II).

Il utilise de ce fait la direction intérieure n°5.

(Rappel : la numérotation des directions intérieures 4 et 5 a été inversée dans ces dossiers, il faut donc consulter Déplacement d’O Sensei #3).

Il se trouve encore dans le livre Budo un quatrième et dernier exemple d’ushiro eri dori exécuté par O Sensei :

O Sensei tourne également ici vers l’intérieur, mais cette fois avec sa jambe avant. Cette entrée lui permet cette fois de se rendre dans son secteur arrière droit (III). Il utilise dans ce cas la direction intérieure n°3.

Le déplacement d’O Sensei dans les quatre situations ci-dessus, et par rapport à la direction unique d’attaque ushiro eri dori, peut donc être schématisé comme suit :

Cette attaque ushiro eri dori est la seule et unique qui soit ainsi démontrée quatre fois de suite dans tout le livre du Fondateur. Il semble clair qu’O Sensei n’a pas agi ainsi sans raison. Ces 4 photos techniques successives, qui désignent les 4 secteurs naturels, ne sont pas une coïncidence : elles résultent du choix délibéré de présenter ces quatre entrées parce qu’elles illustrent et mettent en évidence les quatre zones possibles de déplacement.

O Sensei a choisi de montrer dans son livre comment il est possible, à partir d’une même direction d’attaque, de se rendre dans les quatre parties du cadran naturel qui entourent l’homme quand il se tient debout en position hanmi. Ceci n’est pas l’effet d’un hasard, ceci est une information fondamentale, livrée là volontairement par le fondateur de l’Aikido, à la destination de tous ceux qui seront capables de la voir.

C’est donc O Sensei lui-même qui a ainsi démontré que tori peut répondre à une attaque venue d’une seule direction, par l’utilisation de quatre déplacements différents – au moins – sur les douze qui sont à sa disposition à partir de la position hanmi.

J’écris « au moins » pour la raison suivante : à partir d’une position hanmi, le principe d’analogie qui est au cœur de l’Aikido, exige – puisqu’il est possible de répondre à des attaques venues des quatre et des huit directions selon 12 déplacements – qu’il soit possible également de répondre selon 12 déplacements, à une attaque venue d’une direction unique.

Autrement dit, les 12 déplacements peuvent-être utilisés, dans leur intégralité, aussi bien par rapport à une attaque venue d’une direction unique, que par rapport à des attaques venues de toutes les directions.

Ou encore, pour dire les choses simplement et de manière claire : pour toute attaque d’aite, il existe en Aikido 12 manières de se déplacer – c'est-à-dire de faire irimi – à partir de la position hanmi.

Pour l’exemple ushiro eri dori qui nous a occupés ici, il n’y a donc pas seulement 4 possibilités de déplacement… il y en a 12.

Je laisse le soin à chacun, à partir de ce qui a été expliqué depuis le début de cette étude sur les six directions, de découvrir les 8 autres possibilités que je n’ai pas le temps de présenter ici de manière exhaustive.

Egalement, j’engage chacun à tenter de retrouver ces 12 possibilités sur chacune des techniques d’Aikido qu’il a l’habitude de pratiquer en n’exploitant généralement que deux ou trois de ces possibilités.

Si l’on veut comprendre l’Aikido, et le pratiquer véritablement, ce n’est pas le travail qui manque.

Philippe Voarino, juin 2014

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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