Kote gaeshi – Erreur stratégique

Quand vous avez quitté correctement le centre de toutes les attaques, vous ne pouvez projeter uke en revenant vous placer dans la forêt des poings, des lances ou des sabres de vos adversaires, comme s’ils n’étaient pas là.

Entouré par un groupe d’ennemi, pensez qu’ils n’en font qu’un seul, et quand vous n’en voyez qu’un seul, pensez qu’ils sont plusieurs (…) apprenez comment combattre seul contre la multitude (…) - O Sensei, Budo

Il faut au contraire tenir compte de toutes les directions et continuer la projection vers le dos d’uke, ce qui correspond à son déséquilibre naturel et vous éloigne en même temps de vos autres adversaires.

Commentaires

Quelle drole d’idée que de revenir se positionner de telle sorte !
Meme sans avoir a faire a plusieurs assaillants , uke tout seul peut , dans cette position frapper avec son poing libre voire meme reprendre son equilibre . Seule la contraite sur le poignet peut eventuellement l’amener au sol .
j’ai toujours appris , qu’apres avoir "decidé" d’un centre , on doit utiliser le deplacement d’uke pour le desequilibrer et utiliser ce desequilibre pour l’amener au sol . Uke doit se deplacer sur le perimetre du cercle ainsi decrit , Tori doit en etre le centre . Cette description est bien schematique , mais le principe est bien la . En aucun cas l’on doit se repositionner par rapport au poignet d’uke (sur kote gaeshi) .
Cela , comme toujours , parait evident . Merci à Philippe de corriger toutes ces erreurs "evidentes" , mais que l’on rencontre tous les jours dans les dojo .

Geher

Bonsoir Geher

Pour vous cela semble naturel, et tant mieux. Mais je pense qu’il est facile de dire ben oui ; quand on a les photos et les explications sous yeux.

Moi ce que je retire de cet article et qui n’est pas si naturel, c’est bien la mise en avant de l’idée défendue par O’Sensei :

"Le bujutsu est un art dans lequel on apprend à combattre seul contre la multitude. Il est donc absolument nécessaire de s’entrainer toujours avec l’esprit attentif et le corps en alerte, prêt à recevoir les adversaires venus des quatre et des huit direction"
BUDO p42

Et cette idée n’est pas si naturelle que ça dans la pratique de bien des pratiquants qui se permettent de faire des techniques parce qu’il n’y a qu’une attaque et de vous répondre quand vous les interrogez :
"Avec plusieurs adversaires je ferai autrement..."

Alors peut être que le point important est peut être de dire :

Si une technique n’est pas réalisable face à plusieurs adversaires alors ce n’est plus de l’Aikido. Et ainsi remettre certaines choses en place, comme de croire que tout est aiki...

Matthieu

Bonsoir

Je voudrais approfondir un peu, ce que j’ai evoqué lors de précédentes réponses à savoir le niveau de pratique.

J’entends par la que l’apprentissage de l’AIkido doit respecter des étapes pour pouvoir conduire à une compréhension profonde des choses.

Et chaque étape doit être comprise avant de pouvoir passer à la suivante qui n’est pas une totale nouveauté mais un "approfondissement", un "affinement" de la précédente.

Par exemple cet article, et peut être que cela est passé inaperçu, se place dans la catégorie des erreurs stratégiques, et non plus des erreurs courantes.

Pourquoi alors faire deux catégories ?

Cela renvoie à deux niveaux de pratique différente :

- l’erreur courante renvoie au niveau strictement technique

- l’erreur stratégique renvoie à une disposition d’esprit à
avoir lors de la pratique.

Et si l’on peut dire que le niveau supérieur est "l’approfondissement" du niveau inférieur, il faut aussi prendre conscience que le niveau supérieur n’existe que par les conditions crées au niveau inférieur.

Pour être clair, la pratique face à quatre adveraires, est un stade plus évolué par rapport à l’apprentissage kotai de la même technique, mais l’apprentissage de la technique doit être le support de cette pratique supérieure au travers de détail mis en place grâce à l’étude des détails techniques (sortie de la ligne d’attaque, effacement du corps possible grâce à de bon déplacement basés sur la position hanmi, ...).

Et à considérer la technique comme une finalité (efficacité...) et non plus comme un outil, l’aikidoka ne depassera jamais le stade de l’apprentissage primaire : la technique pour la technique et l’aikido devriendra (est devenu) un catalogue.

Certains penseront certainement sans me répondre que je ne fais qu’enfoncer des portes ouvertes, et que comme cet article ce que j’écris est une évidence.

Malheureusement il est facile de constater que l’Aikido aujourd’hui souffre de nombreuses incompréhensions.

Des constats tels que :

- la mise en place d’un échauffement préparatoire aux
techniques.

- la pratique dynamique dès la ceinture blanche.

- ....

Tout cela, permet de voir que l’Aikido a été l’objet de recherches commerciales pour sa promotion et non de recherches de fond pour sa compréhension.

Matthieu

Enfin quelqu’un qui tient un discours de bon sens sur Kote Gaeshi (comment "traduire" l’expression d’ailleurs ?). Bien des fois je me retiens de ne pas lancer le poing, le genou vers les cotes ou la machoire de Tori... mais cela ne se fait pas : les gens s’énervent.

Une des photos d’O Sensei dans le livre d’André Noquet est explicite : tori enroule le poignet très à distance et dans le déséquilibre arrière... sinon on est totalement ouvert.

Bien des "techniques" sont en fait extrèmement dangereuses quand on ne les comprend pas...

Un jour un shodan m’a expliqué que je devais apprendre le respect parce que j’avais gentiment chatouillé ses cotes avec mon genou sur Shiho nage... que faire ?

Bien à vous.

Bonjour Débutant,

Kote gaeshi signifie renverser le poignet et l’avant bras. C’est la description de la partie la plus visible de l’exercice.

Que faire dites-vous ? La seule chose à faire est de trouver un professeur compétent.

Philippe Voarino

Et si les autres adversaires sont dasn la direction arrière de uke, un peu sur les coté (si on prend l’avant de uke comme le nord, donc une plage allant de sud est à sud ouest) ?

Bonsoir kal.

Je pense que vous voulez dire : s’il y a d’autres adversaires dans le dos de tori une fois qu’il a pris sa nouvelle position à 90° après le déplacement initial. Autrement dit, si – en plus des quatre adversaires du départ – d’autres adversaires arrivent de la droite ou de la gauche une fois que tori a quitté le centre des quatre premiers adversaires vers la droite ou vers la gauche.

Dans un tel cas, la meilleure solution était d’utiliser le déplacement initial pour sortir dans un autre angle, c’est-à-dire auprès d’un autre des quatre premiers agresseurs. Par exemple celui qui était au départ à sa gauche si les nouveaux adversaires arrivent de la droite.

Si tori n’a pu faire cela pour une raison ou pour une autre et qu’il est désormais pris de court, il a la possibilité malgré tout de terminer son kote gaeshi en augmentant sa rotation et en transformant le déplacement initial à 90° en un déplacement au-delà de 180° qui lui permettra de projeter uke entre ses nouveaux adversaires et lui. C’est le grand intérêt du principe tenkan de permettre ce genre de rotation. On pourrait opérer de même avec la technique irimi nage par exemple.

Tori peut aussi modifier sa technique au dernier moment et projeter uke vers les nouveaux adversaires en utilisant un mouvement comme ude kimenage par exemple, ou soto kaiten nage ou encore koshi nage qui est par définition le mouvement permettant de « traverser » uke dans une situation de ce genre et de se retrouver de l’autre côté.

Au-delà de huit adversaires, tori peut aussi prendre ses jambes à son cou. Ce n’est pas la solution la moins sage quand elle est possible.

Philippe Voarino

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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