Kajo #8

La division du cercle selon des secteurs d’angle de 60° définit six rayons ou trois diamètres. Nous avons vu, au fil des dossiers précédents, que les deux premiers diamètres matérialisent l’axe ikkyo –●– shiho nage pour le premier, et l’axe nikyo –●– kote gaeshi pour le second.
Il n’est pas impossible que le troisième diamètre nous réserve quelques surprises lui aussi.

Reprenons notre attaque shomen uchi et voyons si nous ne disposons pas d’une explication technique d’O Sensei qui permettrait de matérialiser ce troisième axe.

Il en existe une, il s’agit de sankyo ura.
Regardons d’abord les photos d’O Sensei :

On voit clairement sur la photo 2 la position d’O Sensei par rapport à l’axe d’attaque d’uke, il est dans le dos de ce dernier, sur son côté droit.

A partir de cette photo, O Sensei explique avec précision la suite du mouvement. Il écrit en effet dans Budo qu’il y a trois actions nécessaires à partir de ce moment, il faut :

  1. reculer la jambe gauche,
  2. contrôler le coude droit d’uke avec la main droite en gyaku te (mains en sens contraire),
  3. amener uke au sol vers la droite.

Dans la série de photos qui suit on peut voir les phases manquantes dans la série de photos d’O Sensei : la photo 2 illustre le recul de la jambe gauche et le contrôle du coude droit d’uke en gyaku te, les photos 3 et 4 illustrent l’amené au sol vers la droite.

Ce qui nous intéresse pour l’instant, c’est l’angle dans lequel cette technique doit être exécutée. Nous pouvons le vérifier sur les photos ci-dessus en prenant comme repère sur la photo 1 le grand miroir qui est à l’arrière plan. Son montant vertical est dans un angle de 60°par rapport à l’axe d’attaque d’uke. On constate sur les photos 2, 3, 4, 5 que c’est bien l’angle dans lequel s’effectue le contrôle d’uke vers l’arrière droit.

Revenons aux photos d’O Sensei. Peut-on vérifier de la même manière si l’angle dans lequel il exécute sankyo ura est bien celui-là, ce qui, ajouté à ses explications, serait une confirmation ?

Ce moyen existe par la volonté des kami.

Sur la photo 1 d’O Sensei on s’aperçoit en effet qu’il y a une différence dans la couleur des tatamis, ligne de partage entre tatami neufs et tatamis plus anciens sans doute. Les deux pieds d’uke sont à ce moment sur les tatamis neufs.
Sur la photo 3 qui est prise exactement dans le même angle, on constate qu’uke est immobilisé au sol sur les tatamis anciens vers l’arrière droit par rapport à sa position initiale.
Prenons comme point de repère à l’arrière plan le montant vertical du panneau qui est à gauche du kamiza car il se trouve par hasard qu’il est lui aussi dans un angle de 60° par rapport à l’axe d’attaque d’uke. On voit que c’est dans cet angle qu’uke a été amené au sol vers l’arrière droit et que la position hito e mi des pieds d’O Sensei sur la photo 3 est parfaitement dans l’axe de ce montant, c'est-à-dire à 60°dans l’arrière droit de l’attaque.

Nous pouvons donc préciser tout cela sur notre figure :

Et nous ajoutons ainsi un nouvel élément sur la figure de référence qui nous suit depuis le début:

Commentaires

Bonjour Maître,

Sur la figure que vous nous présentez à chaque démonstration vous placez sankyo ura à 30° et non à 60° par rapport à la ligne d’attaque. Dans votre propos vous nous dites que sankyo ura se développe à 60° sur la droite par rapport à la ligne d’attaque. C’est 60° ou 30° ?

Par ailleurs sur Kajo 7 vous indiquez la direction de kote gaeshi comme étant orientée à 180° par rapport à celle de nikyo, mais s’agit – il d’une forme ura de kote gaeshi ? En effet je ne comprends pas car comme on le voit sur les photos utilisées pour votre démonstration sur cette technique (Cf erreurs courantes) la direction finale du mouvement est bien une direction ou l’on revient sur la ligne dans le déséquilibre arrière de uke, en ayant certes une rotation vers l’extérieur mais cela ne semble pas être une direction ou l’on s'écarte de la ligne d’attaque en lui tournant le dos comme sur la figure que vous présentez sur kajo 7 ?

Bonjour phil.

Les lignes sur lesquelles se trouvent les techniques ne se définissent pas comme des lignes à 60° par rapport à la ligne d'attaque. Ce sont les 3 diamètres qui partagent le cercle en six secteurs d'angle à 60°. Il y a donc 4 directions à 30° par rapport à la ligne d'attaque et 2 directions à 45° par rapport à la ligne d'attaque, mais dans le cercle ces 6 directions sont définies par des angles constants de 60°.

Il existe une forme ura pour les techniques suivantes seulement : ikkyo, nikyo, sankyo, yonkyo, gokyo et shiho nage. Il n'existe donc pas de forme ura de kote gaeshi.

Philippe Voarino

bonjour maitre Vous vouliez dire 2 direction a 90° au lieu de 45° pour nikkyo et kote gaeshi. Je reviens sur la question de phil le lun, 09/04/2012 - 18:54 concernant la position a 90 °, pour arriver à nikkyo nous ne pouvons pas rentrer nikkyo directement a 90° de l'attaque ? cordialement gmd

Bonjour Philippe, La principale difficulté lorsque j'enseigne et le pourquoi du comment d'un technique ( même si une de mes premières réponses est de signaler l'importance de comprendre la logique des déplacements). On peut effectivement trouver un grand nombre de raisons.

Après réflexion, peut-on dire que Ikkyo, Nikkyo, Sankkyo, Yonkkyo et Gokkyo sont en adéquation durant la phase montante d'une attaque (ou du déplacement de Uke) et donc que Shiho nage, Kote gaeshi, Kaiten nage et directement, Irimi nage (rotation inverse) durant la phase descente d'une attaque? En ce qui concerne Omote et Ura, La considération de ses formes prend son sens par le nombre de Uke autour de Tori. Omote devient dangeraux si Tori est encerclé et Ura permet de conserver les Uke face à Tori.

Je ne sais pas si je suis clair... Et surtout si la question est de circonstance...

Cordialement

Bonjour Maître, c’est encore moi.

Une question amenant une réponse et cette réponse soulevant de nouveau une interrogation je me permets d’intervenir encore.

Merci à GMD de relayer ma question du 9 avril, j’y rajoute un élément. Rentrer directement pour réaliser nikyo supposerait en plus dans l’absolu de préméditer le nikyo ce qui me parait peu compatible avec l’idée communément répandue, mais est elle juste, d’engager ikkyo puis éventuellement de faire évoluer la technique en nikyo en changeant l'angle.

Je me permets également de relayer le propos de Thomas à propos des formes omote et ura et j’espère que si vous répondez à cette question cela permettra par la même occasion d’éclairer son questionnement encore que je fasse l’impasse sur le moment ascendant ou descendant de l’attaque.

Vous dites qu’il existe une forme ura uniquement pour ikkyo nikyo sankyo yonkyo gokyo ainsi que pour shiho nage donc implicitement pas pour les autres formes. La question est tout simplement pourquoi ? Il existe bien une forme irimi et une forme tenkan de kaiten nage et de irimi nage ? Pourquoi le concept omote et ura ne peut-il pas leur être appliqué ? et ce si l’on considère que la forme ura offre la possibilité d’interposer un premier uke face à un second uke potentiel comme dans la forme ura de ikkyo ?

Bonjour GMD, Thomas, phil.

Je réponds en une seule fois à vos questions qui se recoupent.

1- Autant pour moi GMD, l'axe nikyo kote gaeshi c'est bien sûr 90° par rapport à la ligne d'attaque et non pas 45°.

2- Non, nikyo omote n'est pas réalisé directement à 90°. L'angle d'entrée initial est toujours celui d'ikkyo omote. C'est à la fin de la descente et de la saisie en enroulement du poignet qu'est atteint l'angle à 90°.

3- L'axe ikkyo-shiho nage délimite deux demi-sphères ou disons deux demi-cercles pour simplifier les choses. Quand je suis en hanmi, face à l'attaque, la ligne de mes épaules est dans cet axe. Toutes les techniques qui sont dans mon dos sont omote (ikkyo, nikyo, sankyo, yonkyo, gokyo, shiho nage). Si elles sont derrière moi elles sont donc devant uke. Je les exécute donc devant uke.

Mais par le moyen du déplacement tai no henka je peux quitter la demi-sphère dans laquelle je me trouve et exécuter ces mêmes techniques à 180° de leur emplacement initial. Elles sont à nouveau dans mon dos, mais cette fois-ci elles sont également dans le dos d'uke, elles sont ura, et je les exécute donc derrière uke. C'est cette possibilité d'inversion d'une technique qui lui confère son caractère omote ou ura.

Il est vrai qu'on peut faire des techniques comme kote gaeshi ou irimi nage par exemple en tournant (tenkan) un peu plus ou un peu moins. Mais quelle que soit l'ampleur de la rotation, ces techniques s'exécutent toujours dans le dos d'uke et jamais devant lui. Elles n'ont donc pas de caractère réversible. On pourrait dire qu'elles ne sont qu'ura, mais ce serait faux dans la mesure où ura ne prend son sens que par rapport à omote. Autrement dit pas d'ura sans omote. Kote gaeshi est kote gaeshi, point. Irimi nage est irimi nage, point. Tenchi nage est tenchi nage, point. Il ne faut surtout pas confondre ura avec tenkan et omote avec irimi.

Philippe Voarino

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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