Kajo #3

Voici donc la figure à laquelle nous sommes parvenus dans le dossier précédent :

Commençons maintenant par le commencement et appliquons scrupuleusement le tout premier point de l’enseignement de Morihei Ueshiba.

O Sensei a délibérément fait de ce point fondamental l’objet de la première phrase de la première page de la partie consacrée aux techniques sélectionnées de l’unique livre qu’il ait écrit, « Budo ». Ceci montre l’importance qu’il y attachait et le soin avec lequel nous devons l’aborder. Il explique :

(…) adoptez la position hanmi avec vos pieds écartés, ouverts à un angle de soixante degrés (…)

Deux lignes plus loin il insiste à nouveau sur cette absolue nécessité mais l’écrit cette fois de manière différente :

Chacun des deux pieds doit être ouvert à un angle de soixante degrés.

Il est bien écrit chacun des deux pieds: 

both the front foot and the back foot should be open at a sixty degree angle.
— page 39 de l’édition anglaise Kodansha International.

Louis Boileau et Emmanuel Charlot, les traducteurs de Budo en Français à partir de la version anglaise, n’ont pas vu cette nuance. Car en traduisant :

Le pied avant et le pied arrière doivent absolument être ouverts selon un angle de 60°.

ils ne font que répéter la première phrase d’O Sensei, alors que ce dernier avait ajouté volontairement dans la seconde partie de son explication cette précision importante.

Plaçons en effet sur la figure les deux pieds de tori selon les recommandations d’O Sensei, c'est-à-dire le pied droit dans un angle à 60° et le pied gauche dans un angle également à 60° :

Nous observons que si les deux pieds sont chacun dans un angle à 60° (secteurs 2 et 3), alors ils sont aussi entre eux dans un angle à 60° (secteur 1). Ce qui est une conséquence du fait que l’angle de 60° divise le cercle (360°) en six secteurs égaux.

Maintenant, nous devons dire que John Stevens, dans la traduction anglaise, a également pris certaines libertés avec le texte japonais.

En effet, O Sensei n’écrit pas du tout « adoptez la position hanmi », il écrit « adoptez la position roppo », comme cela peut être vérifié sur le texte original de Budo ci-dessous :

Il se trouve que le terme roppo veut dire « six directions ».

On voit en effet clairement sur la figure ci-dessous que tori dispose bien de six directions pour quitter l’axe d’attaque (en pointillés) d’un adversaire symbolisé par la flèche rouge.

Ne terminons pas ce dossier #3 sans relever ce qu’écrit O Sensei en note de la photo illustrant les explications qu’il vient de donner à propos de la position d’Aikido:

 Quand le mouvement se termine, il est essentiel que vos pieds soient toujours ouverts à un angle de 60°.

Autrement dit, en une petite douzaine de lignes, O Sensei a souligné à trois reprises, expliqué trois fois successivement, qu’il était essentiel d’utiliser l’angle à 60° au début comme à la fin du mouvement d’Aikido.
Peut-être serions nous bien avisés de faire attention à ce qu’il veut transmettre là avec autant d’insistance.

Après guerre, quand l’Aikido a commencé son expansion internationale, le terme roppo a disparu du langage pour être remplacé par hanmi. N’en concluons rien dans l’immédiat, mais notons dans un coin de notre mémoire que roppo était un terme qui attirait l’attention sur les notions de direction et d’angles, alors que hanmi indique simplement une ouverture du corps peu précise. Peut-être la claire vision de cette connaissance perdue aura-t-elle quelque intérêt à l’horizon vers lequel nous nous dirigeons.

Philippe Voarino, mars 2012.

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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