Irimi Nage No Kaeshi Waza

Kaeshi Waza

Les contre techniques ne doivent être enseignées qu’à partir du moment où l’élève a acquis une bonne connaissance de l’ensemble des techniques de base, c’est-à-dire plus ou moins au niveau du 3ème dan.
Toute tentative de les enseigner trop tôt risquerait de désorienter un pratiquant dont la compréhension de l’Aikido est encore précaire.

Commentaires

Bonjour je souhaiterais poser une question à propos d’irimi nage.
Quels sont les origines de cette techniques ? Ses origines se trouvent-elles dans le ju-jutsu du Daito Ryu ?
Merci d’avance.
Cordialement, Maxime.

Pour répondre d’une manière sérieuse à cette question il est nécessaire au préalable de préciser certains points.

D’abord il faut se demander pourquoi la technique que nous appelons irimi nage porte ce nom. Serait elle par hasard la seule à mettre en oeuvre le principe d’irimi ? Bien évidemment non. Toutes les techniques d’Aikido mettent en oeuvre le principe d’irimi. Et l’on peut d’ailleurs dire sans se tromper qu’une technique exécutée sans irimi n’est pas de l’Aikido. Alors pourquoi le nom irimi nage ? Et bien tout simplement parce que la technique irimi nage illustre particulièrement bien le principe d’irimi. Dans cette technique, la notion d’irimi est démonstrative, elle est visible, même par un oeil non averti. Ce qui n’est pas le cas dans une technique comme ikkyo par exemple où le principe d’irimi est pourtant tout aussi présent.

Ensuite il est indispensable de comprendre que le principe d’irimi ne peut pas être mis en oeuvre si l’on n’utilise pas la position triangulaire (sankaku) des pieds appelée hanmi. Hanmi est la condition sine qua non d’irimi. Il se trouve que le Daito ryu utilise la position quadrangulaire (shikaku), le carré. Il ne peut donc pas mettre en oeuvre le principe d’irimi au sens où on entend ce principe en Aikido.
Et je vous remercie de votre question qui permet de mettre le doigt sur la raison fondamentale qui a mené à la séparation de Morihei Ueshiba et de Sokaku Takeda : Morihei Ueshiba a compris l’importance du principe d’irimi et compris qu’il ne pouvait pas mettre en oeuvre ce principe s’il conservait la position du Daito ryu. Il a modifié cette base fondamentale de l’école et adopté la position hanmi. Ce fut le moment de la rupture avec Takeda, et la naissance de l’Aikido qu’O Sensei allait progressivement mener à maturité dans les décennies suivantes. (Ceci permet d’ailleurs de comprendre au passage pourquoi le respect de la position hanmi dans la pratique de Aikido est capital.) Et voilà pourquoi - bien qu’O Sensei ait longtemps pratiqué le Daito ryu et doive beaucoup à Sokaku Takeda - l’Aikido ne peut pas être considéré comme une simple évolution ou modification du Daito ryu : l’Aikido est au sens propre radicalement différent du Daito ryu, c’est à dire différent à la base, à la racine.

Alors, je suis convaincu qu’il existe bien dans le Daito ryu une technique qui ressemble à ce que l’on appelle irimi nage en Aikido, mais la ressemblance est uniquement extérieure en ce sens que le principe d’irimi spécifique à l’Aikido ne peut pas y être respecté à cause de la position quadrangulaire des pieds. Cependant il est vraisemblable qu’O Sensei a utilisé cette base technique du Daito ryu et l’a retravaillée à partir du principe de l’Aikido pour en faire cette technique que nous appelons aujourd’hui irimi nage. Et dans ce sens - mais dans ce sens limité seulement - on peut dire que l’origine d’irimi nage remonte au Daito ryu.

Pour conclure, je voudrais rappeler cette parole d’O Sensei que la petite explication précédente permettra peut-être de mieux comprendre : "Ce que j’appelle aiki n’a rien de commun avec ce que l’on a appelé aiki jusqu’ici dans les arts martiaux." Cette phrase devient tout à fait claire si on la situe dans un tel contexte et si l’on n’oublie pas que le Daito ryu s’appelle dans sa formulation complète Daito Ryu Aiki Jujutsu.

Bonjour
Vous parlez du Hanmi comme fondement de l’Aikido et cela me convient .
Mais alors que dire des techniques en SUWARI-WAZA qui sont, je le crois, la suite logique , sinon les mêmes techniques, de l’Oshikiuchi ?

merci de votre réponse
cordialement

Bonjour Franck.

Le Japon médiéval était d’une grande violence. Afin de mettre un frein à cette violence et de permettre la vie en société, malgré cette nature violente du peuple japonais, le mode de vie à genoux s’est imposé. En effet, un homme est moins dangereux à genoux que debout. A la cour du Shogun, quand un homme se levait, il fallait qu’il dise pourquoi il le faisait.
La guerre ne se fait pas à genoux, l’homme combat debout. Cependant, vivre à genoux au quotidien développe incontestablement certaines qualités. L’individu découvre très vite que pour se déplacer efficacement dans cette position il est indispensable qu’il respecte le principe de l’unité corporelle : il apprend à se mouvoir autour de l’axe vertébral par rotation de toute la masse du corps ainsi unifié. De ce point de vue, il est incontestablement plus facile à l’homme de tricher quand il est debout, il peut alors aisément compenser une mauvaise unité corporelle par des mouvements indépendants des jambes. Voilà pourquoi, tout naturellement, O Sensei a jugé indispensable de construire la pratique de l’Aikido sur une préparation en suwari waza. L’étude des mouvements d’Aikido à genoux permet de prendre conscience plus rapidement des principes qu’il faudra ensuite appliquer debout. C’est une méthode d’étude utile à l’apprentissage. Mais il n’existe pas une corrélation exacte entre la position suwari waza et la position hanmi. Même si l’on peut travailler à genoux en étant légèrement de profil, on ne peut y parvenir dans les mêmes conditions qu’en tachi waza lorsqu’on est en hanmi.

Philippe Voarino

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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