François BAYROU et l’Aikido ?

Existe-t-il une âme des peuples ? Les épisodes de l'histoire peuvent-ils nous livrer les signes permettant de comprendre qu'un pays suive un destin de préférence à un autre ?

Quand on s'intéresse au caractère du peuple français à travers les âges, on est frappé par la constance avec laquelle s'exprime chez lui cette qualité qui est la marque particulière de son esprit : la critique. Le peuple de France est plus qu'un autre animé par la vertu de contradiction. L'insurrection des Bagaudes gauloise contre l'occupant romain, les grandes jacqueries du 14ème siècle contre les seigneurs féodaux, la Fronde, la révolte cévenole des Camisards, 1789, la Révolution de 1848, la Commune de Paris, l'affaire Dreyfus, la France Libre et la Résistance... En France la contestation est une nature. Pierre Dac a résumé ce tempérament en une boutade : « Je suis contre tout ce qui est pour, et pour tout ce qui est contre. » Toute action entraîne un choc en retour et l'esprit français ne se définit jamais aussi bien que dans la réaction, l'esprit dit « réactionnaire » n'étant qu'un cas particulier de cette faculté. Le peuple de France n'est vraiment lui-même qu'aux heures les plus sombres et les plus tragiques. Il a besoin d'obstacles, il faut sur sa route que se lèvent les orages. C'est alors qu'il révèle son côté lumineux.

Que les orages viennent à manquer et l'énergie intuitivement réactive de ce peuple est frustrée des moyens nécessaires à son activité. Depuis la décolonisation, dernier grand chantier national, le peuple français est privé du climat nécessaire à la plénitude de son caractère. Sans qu'il y prenne garde, l'abondance et le confort de l'après-guerre l'ont plongé dans une torpeur de l'esprit qui ne correspond pas à la mission de ce peuple. Sa force historique naturelle s'est métamorphosée en ressentiment. La mauvaise humeur endémique des Français, que rien ne semble jamais satisfaire, est une conséquence de l'absence momentanée d'objectif véritable. Quand l'individu ne sait plus à quoi il est utile, il perd le sens de sa place dans la création. Et la consommation est l'ennemi de la création qui, dans toutes les sociétés, a besoin d'obstacles pour s'épanouir. L'esprit français, condamné à la seule perspective de produire sans but des biens matériels et d'en jouir sans fin, étouffe et désespère. Un homme ne vit pas que de pain. Il peut s'amuser ainsi un instant, mais tourne ensuite son énergie contre lui-même. Que fut mai 68 sinon un sursaut de vigueur et de santé, un élan naïf pour soulever le pesant couvercle ? Tentative inaboutie. Avec le recul, la deuxième moitié du vingtième siècle apparaît comme une période ténébreuse : la France en guerre souterraine contre la France. La gauche contre la droite et vice versa. La lutte des classes au pays de cocagne. Prenons garde, parce que le pire chaos n'est pas nécessairement dans la rue, il est dans la conscience de tout un peuple qui a réduit la complexité du monde jusqu'au ridicule, jusqu'à penser qu'il pouvait exister un parti de la vérité et un parti de l'erreur, et point d'autre issue que la victoire de l'un sur l'autre. Voilà où se situe le désordre véritable. Et qu'on brûle des voitures dans quelques banlieues n'en est pas la pire conséquence.

Ce désordre n'étonne pas celui qui a parcouru la voie que propose l'Aikido pour comprendre le monde. Il ne l'inquiète pas non plus outre mesure. Tout évènement porte en son sein le germe de son contraire, et par bonheur « quand les Etats tombent dans le désordre, apparaissent les fonctionnaires loyaux ». La Voie, de toute chose fait naître l'opposé. Il ne s'agit pas de disputer sans fin pour savoir si la gauche est plus humaine ou si la droite est plus compétente. Il s'agit de comprendre qu'on ne peut gouverner un pays si manque l'humanité ou si manque la compétence. L'Aikido démontre que la dynamique du corps humain n'a pas davantage son origine dans la hanche droite que dans la hanche gauche. Le mouvement naît de la rotation de l'axe vertébral qui entraîne côté droit et côté gauche en synergie. Si j'entre dans la sphère de mon adversaire, c'est tantôt parce que la droite pénètre et que la gauche s'efface, tantôt parce que la gauche pénètre et que la droite s'efface. Dira-t-on alors que droite et gauche sont opposées ? Oui d'un certain point de vue. Mais si l'on regarde comme il convient on comprend que c'est justement par cette opposition qu'elles sont complémentaires et peuvent œuvrer ensemble à un objectif commun.

Tout comme le corps humain, la France a besoin d'une colonne vertébrale. Le mouvement qui naît à la périphérie, à gauche, à droite, à l'extrême gauche ou à l'extrême droite est une agitation sans lendemain. Le mouvement authentique ne peut naître qu'au centre. Car aussi multiples que soient les problèmes auxquels un gouvernement doit apporter des solutions, c'est au centre que chacun a sa racine. C'est donc à partir du centre qu'il faut traiter chacun, à l'image de la loi que le corps humain doit respecter pour que l'homme puisse se mouvoir avec l'énergie de l'univers.

Voilà comment la pratique de l'Aikido peut éclairer la vie publique. Bientôt les Français vont désigner leur Président, celui qui deviendra le symbole de l'axe autour duquel s'ordonnera et tournera leur pays tout entier. Il est de toute première importance que cet homme là soit « aiki ». C'est à dire qu'il incarne l'union des énergies contraires de notre pays. Et cette union là ne consiste pas à ménager la droite, à ménager la gauche, et à vivre à l'étroit dans l'espace exigu que laisserait un tel compromis. Cette union là ne peut être un éclectisme. C'est tout le contraire, c'est une synthèse des forces contradictoires mais complémentaires du peuple français. Car c'est de la synthèse uniquement que peut naître la dynamique authentique, le mouvement juste, mouvement qu'il faudrait bien se garder de confondre avec les gesticulations partisanes.

L'intolérance et le sectarisme sont un aveuglement. Que le discours des prétendants traduise à des degrés divers un fanatisme politique de ce type ne laisse pas présager que les conflits à l'œuvre au sein du peuple français seront résolus dans le respect de l'harmonie et de l'équilibre des forces qui le traversent. C'est pourtant une grande faiblesse de croire que l'on peut résoudre l'opposition en la dominant par la force. Ce genre de victoire est éphémère. Ce n'est pas ce que propose l'Aikido. La vérité n'est pas un monolithe dressé contre l'erreur. La vérité sans l'erreur n'existerait pas plus que la lumière sans les ténèbres. Il n'y a pas un parti de la vérité et un parti de l'erreur. Il devrait y avoir un parti de la réalité. La réalité est un équilibre de contraires qui concourent à l'harmonie du monde dans lequel nous vivons. Avoir raison contre est une défaite. Il faut œuvrer pour avoir raison avec. Les lois de la connaissance et de l'action existent, elles sont unifiées mais nous apparaissent sous des formes diverses. Et cette pluralité d'apparences, qui les rend peu lisibles, est pour l'homme source d'erreur. Les lois sont cachées au cœur même des choses. C'est là qu'il convient de les reconnaître. C'est là qu'il convient de gouverner, en complétant partout avec à propos ce qui manque ou ce qui est en trop. Dans le changement et l'adaptabilité. Avec pour dogme, s'il en faut un, l'ouverture d'esprit, un esprit libre qui ne fasse pas un problème de notions relatives comme la droite et la gauche.

Diogène se promenait en plein jour sur l'Acropole une lanterne à la main. Il disait « je cherche un homme ». Le bon maître me pardonne ce plagiat, mais moi aussi je cherche un homme. Un homme capable de percevoir où se trouve en vérité le centre des choses, et de s'y placer pour agir. Un homme qui se situe là où l'Aikido indique qu'il faut être si l'on veut agir en conformité avec les lois immuables qui régissent l'action en général, et l'action politique en particulier. Un homme pour la France qui en a besoin.

Philippe Voarino, 11 février 2007

Commentaires

Philippe,

Je ne reviendrai pas en détail (cela prendrait plusieurs pages) sur les nombreuses inexactitudes et raccourcis simplistes de cet article. Pour faire simple je n’en réfuterai que quelques uns :

Critique, contradiction et contestation sont trois choses très distinctes et ne s’engendrent pas l’une l’autre aussi aisément que tu le suggères.

L’Angleterre a décapité Charles 1er cent quarante quatre ans avant Louis XVI, les Américains ont fait la guerre de sécession et les féodaux japonais se sont combattus pendant 1000 ans. Dit-on d’elles que ce sont des nations contestataires ?

Le peuple de France n’est pas vraiment lui-même qu’aux heures les plus sombres. Ne parle-t-on pas de la "Douce France" chantée par Trenet, de sa gastronomie de ses paysages magnifiquement mis en valeur pas sa population, de son architecture et de bien d’autres choses encore. Tout cela a-t-il été produit dans des temps tragiques ? Certainement pas.

La décolonisation ne fut pas un "grand chantier" mais une grande tragédie avec deux guerres extérieures à la métropole (Indochine et Algérie) et des troubles extrêmement graves à l’intérieur. Je ne parle pas des malheurs associés à tous ces évènements.

Nous vivons mieux que nos ancêtres grâce au progrès matériel et celui ci n’est absolument pas incompatible avec les valeurs non matérielles. Il ne tient qu’à chacun de ne pas se laisser aller et de profiter du temps libre généré, j’insiste, par la modernité, pour se cultiver physiquement, intellectuellement et spirituellement. D’ailleurs peu d’entre nous seraient capables de revenir à la bougie ou à la traction animale.

La première moitié du 20ème siècle avec ses deux conflits mondiaux me semble bien plus ténébreuse que la première.

Tu cites une phrase du Tao : « quand les Etats tombent dans le désordre, apparaissent les fonctionnaires loyaux » ». L’URSS de 1917 à 1989, la Chine Mao, la France de Vichy ont-elles générées des fonctionnaires loyaux ?

J’arrête là cette énumération pour revenir au coeur de ton article.

Où est-il le centre ? Celui d’aujourd’hui n’est pas celui d’hier. Est-ce que les centristes d’il y a 50 ou 100 ans, auraient toléré le pacte d’union civile (signé en mairie) pour les homosexuels avec adoption d’enfants à la clé ou la dissolution de la constitution française dans la jungle des règlements de la commission européenne qui, je le rappelle, n’est pas démocratiquement élue.

L’UDF, dont François Bayrou est le président, a toujours été au centre droit, une grande partie de ses députés actuels ont été élu avec les voix des électeurs de l’UMP. Voilà maintenant ce parti qui glisse à gauche et François Bayrou de déclarer qu’il prendrait un premier ministre de gauche en cas de victoire. Et André Santini d’être suspendu de son parti pour être encore de droite et déclarer soutenir Nicolas Sarkozy. En réalité, tout cela reste de la basse politique et Mr Bayrou vire à gauche car il sait que camper sur les plates-bandes du parti socialiste est sa seule façon de réussir un coup. Vous avez dit girouette ?

Comme le dit Jean d’Ormesson dans le Figaro du 1er mars "c’est un homme du sérail qui se bat contre le sérail" , je ne pense pas qu’il soit l’homme providentiel qui réconciliera (fusionnera ?) la droite et la gauche. D’ailleurs, il est bon que le débat démocratique vive avec des partis ayant des positions et des idées distinctes. Le malaise français ne vient pas de la lutte de la droite contre la gauche, mais du fait qu’il n’y a plus d’idées à gauche et plus de volonté à droite, même si cette analyse est elle même un peu simpliste.

L’école est malade de ne plus assumer un minimum d’autorité, les banlieues sont abandonnées aux caïds (excellent article dans un "Express" récent), le lien social et le bien commun sont régulièrement distendus et rongés par tous les communautarismes. Les gens ne se définissent plus en priorité par le fait d’être français mais pas le fait d’être de gauche, de droite, femme, homosexuel(le), musulman, noir, descendant de ceci ou de cela et la liste n’est pas exhaustive. Les causes sont multiples et complexes, les solutions à mon avis évidentes mais douloureuses et la guérison, si elle intervient, sera longue.

Voter au centre simplement parce que c’est le centre n’est pas une démarche responsable à mon sens. D’autant que le centre, comme je l’ai montré, peut glisser d’un côté comme de l’autre. A quoi sert d’avoir une colonne vertébrale fonctionnelle si la tête qui la dirige ne l’est pas ?

Je crois qu’il vaut mieux décider de ses choix politiques sur la base d’une réflexion approfondie étayée par la lecture, l’étude et le développement du sens politique. L’Aïkido ne peut résoudre tous les problèmes et toutes les questions qui se présentent dans la vie quotidienne, en tout cas pas d’une façon aussi simpliste. La vie d’un Dojo et la vie d’un pays ne sont en aucune façon comparable, est-il besoin de rappeler une telle évidence ?

Bonjour François,

L’« esprit critique », n’est pas une expression que l’on retrouve dans de nombreuses langues « en Français dans le texte » par l’effet du hasard. C’est la reconnaissance par d’autres peuples d’une particularité de l’esprit français dont on ne peut pas ne pas tenir compte sans passer à côté d’une certaine vérité de notre pays. Ceci ne veut pas dire bien entendu que d’autres nations n’aient pas elles aussi leur lot de contestation, de querelles et de guerres.

Je ne prétends pas davantage que rien de bien ne puisse se faire dans les périodes de paix, je dis seulement que ce sont les obstacles qui forgent valablement et durablement le tempérament des hommes. Tant mieux si les périodes de calme leur permettent ensuite de mettre en œuvre les qualités qu’ils ont acquises aux heures difficiles. Mais je dis aussi qu’il y a dans les périodes de calme le germe d’un renversement radical de tendance et que, de ce point de vue, l’absence notable d’enthousiasme de notre époque est un paramètre auquel nous devons porter une attention toute particulière.

Loin de moi l’idée de condamner le progrès matériel dont il est superflu de dresser la liste des avantages, mais il faut accepter la rose avec ses épines. La perte du monde spirituel est le prix à payer. Et ce prix doit être payé quand bien même le « temps libre généré par la modernité » permet-il une certaine forme de culture artistique ou intellectuelle.

J’ai parlé de la décolonisation. Il est évident que l’Histoire porte avec elle son cortège de tragédies et de malheurs, mais elle n’en façonne pas moins pour autant l’identité des peuples. Les hommes souffrent bien sûr, mais la caravane de l’Histoire passe. Dans la marche des civilisations le sentiment n’a aucune place.

Que la France de Vichy ait généré des fonctionnaires loyaux est une réalité ne s’opposant aucunement au principe du monde qui veut que toute chose donne invariablement naissance à son contraire. C’est par résistance, par réaction donc au principe et au gouvernement de collaboration avec l’envahisseur que sont apparus les fonctionnaires loyaux. Je ne parle donc pas ici, il va de soi, d’hommes comme Pierre Laval. Je parle des hommes et des femmes qui se sont levés quand la France était à terre. Je parle de Jean Moulin, je parle de Charles de Gaulle, de Lucie Aubrac et de tant d’autres dont l’histoire n’a pas retenu le nom. De ces derniers, s’il est une seule chose que personne ne peut contester, c’est bien la loyauté justement.

Si l’Aikido consiste uniquement à retourner un coude ou un poignet, je veux bien admettre qu’il ne peut être d’aucune aide en matière de réflexion politique. En revanche, si l’Aikido est bien l’étude, à travers le corps humain, du principe général de fonctionnement de l’énergie dans l’univers, il me semble légitime d’essayer de comprendre comment et dans quelle mesure ce principe peut s’appliquer aux multiples domaines de notre vie quotidienne, la vie politique entre autres. Cette étude ne me paraît pas déplacée. C’est en tout cas le message que nous a laissé O Sensei.
S’il est vrai que le microcosme est conçu sur le même modèle que le macrocosme, alors la notion de centre, qui est une clef fondamentale dans la compréhension de l’Aikido, doit nécessairement avoir une contrepartie au plan de la société et de la vie politique.

Mais cet éditorial n’est pas pour autant le discours d’un partisan. Je ne brandis aucun drapeau. Nulle part, dans tout le texte, n’apparaît le nom de François Bayrou. Et si je l’ai mis dans le titre, je l’ai fait à la manière d’un clin d’œil, en prenant soin de le faire suivre d’un point d’interrogation. Comment pourrais-je avoir un avis sur un homme que je ne connais pas ? Et d’ailleurs cette dernière reflexion me laisse bien songeur sur le sens et la validité d’une élection au suffrage universel.

Je pense moi aussi qu’un débat constructif peut naître d’idées distinctes. Mais il n’est pas nécessaire que de telles idées se situent de part et d’autre d’une ligne Maginot. Si l’on prend pour exemple le corps humain, où se trouve donc la vérité de la vie ? Dans le cœur, dans le cerveau, dans les poumons, dans le foie, dans les reins … ? La vie n’est en réalité en nul lieu, elle est dans l’énergie qui permet que s’harmonisent les milliards de cellules de nos divers organes, rendant ainsi possible pour un temps un équilibre dynamique. Dans le processus de vie, les organes ne sont pas en compétition les uns avec les autres, ils sont en synergie.
Pareillement, la vie de notre société ne dépend pas de la victoire de certaines idées au détriment de certaines autres, dans une alternance mécanique rythmée par les changements de majorités politiques. Elle réside dans l’équilibre de ces idées différentes au sein même des solutions qui doivent être apportées aux problèmes du monde économique et social. Je ne vois pas que l’opposition manichéenne stérile de frères ennemis, que nous avons vécue au cours de ces trente dernières années, ait apporté de solutions véritables aux problèmes réels de la société française dans le monde moderne.

Philippe Voarino

Cher monsieur Voarino

En aïkido comme en politique, il faut se méfier des apparences... Et des erreurs courantes ! Je vous rejoins sur le point qui veut que l’Aïkido soit applicable dans ce type de domaine, mais il convient là encore de ne pas tomber dans les pièges de la pensée dominante.

L’échiquier politique actuel ne signifie plus rien, le PS, l’UDF et l’UMP n’ont en réalité que très peu de points de divergences sous leurs querelles de surface, leurs candidats sont tous des européistes, partisans d’un super état européens dans lequel les technochrates méneront la danse et sur lequel les citoyens comme nous n’auront plus prise... Notre pays est sur le point de perdre son indépendance, Chirac n’a même pas put baisser la TVA en 5 ans et nous laisse un pays en crise : 7 millions de pauvres, 14 millions de travailleurs pauvres dans une France fragmentée qui ne croit plus, à juste titre, en ses dirigeants.

Vous êtes un monton noir, monsieur Voarino, dans le domaine de l’Aïkido, vous avez choisi de vous en tenir aux vérités du Takemusu, vous faisant de nombreux ennemis car vous remettez en question un système basé sur des mensonges et donc, les intérets mercantiles de certains.
En politique, c’est à peu près pareil, à la différence que les intérets risqués par une remise en question éventuelle sont si considérables que les tenants de ce système le défendront coûte que coûte, quitte à se débarasser physiquement de leurs opposants ou à les marginaliser...
Sachant que la droite, la guauche et le centre sont les tenants d’un système qui s’alternent le pouvoir depuis 30 ans (lUDF ne fait pas exeption) et que ces gens exercent un pouvoir sur tous les médias de notre pays (excepté internet), alors je vous le redis : Méfions nous des apparences.

Aurelien

http://www.syti.net/Topics2.html

Bonjour Aurélien.

L’expérience que j’ai pu avoir de la société Aikido me fait dire, comme vous, que les comportements qu’on y rencontre donnent une bonne idée, toutes proportions gardées, de ce qui se passe à la tête de l’Etat. Je n’ai jamais eu trop d’illusions dans le domaine politique, et je n’ignore pas que tout changement véritable n’y intervient jamais que par la conjonction de grands évènements de l’histoire et l’avènement d’hommes d’exception. Je n’ai pas le sentiment que la société française soit parvenue à un tel tournant des siècles. Mais dois-je pour autant m’épargner quelques coups d’épée dans l’eau ?

Au fond, ce que je fais en Aikido est-il bien différent ? Vous dites que je suis comme un mouton noir, on pourrait dire aussi un pot de terre contre un pot de fer. J’égratigne un peu l’« Aikido moderne », c’est mon rôle, mais l’Aikido moderne rigole doucement. Les colonnes de ce temple ne craignent pas mes pauvres moyens. Où est en définitive le sens de ce que nous faisons les uns les autres ? Voilà la question. Certaines passions font marcher les hommes : l’ambition, la cupidité, la compassion, la haine, la peur, l’orgueil, l’envie, l’amour, le désir de puissance…En attendant de trouver la mienne, j’avance sur ce chemin de l’Aikido que je ne regrette pas d’avoir emprunté un jour.

Philippe Voarino

Bonjour Phillipe

Je vous qualifie volontier de mouton noir de l’Aïkido, terme affectueux et tout à votre honneur, car il faut des hommes comme vous. Il faut des "Jean Moulin" courageux, à contre courant, qui ne craignent pas de se faire taper dessus et de recevoir la totalité de la violence des adversaires...

Vous formez aujourd’hui les enseignants de demain, vous permettez à ces tresors de survivre et de manière complètement désinteressée, ceci n’est pas un coup d’épée dans l’eau !

Le temps rend toujours justice à la vérité et aux hommes justes et ce n’est pas parcequ’un chemin parait "moins payant" au premier abord qu’il faudrait systématiquement s’en détourner, vous le savez mieux que moi. Des petits actes naissent parfois des échos démesurés et le TAI sera peut être semblable au papillon qui déclenche un ouragan sur un autre continent juste en battant ses petites ailes...
Je vous laisse sur cette note plus poétique, j’ai beaucoup de respect pour les vrais aïkidoka et je pense me rendre à votre stage d’Ericourt en Mai prochain.

Bonne continuation !

Aurelien

Bonjour Phillipe,

Pourriez vous détailler ce qui se passe au niveau des hanches lorsque l’on lance une attaque shomen uchi d’aïkiken ?
J’essaie de travailler les armes de mon côté et j’aimerai me dépouiller de tout réflex superflu en me posant cette question simple : "Comment attaquer" ?

En vous remerciant d’avance...

Aurélien

Bonjour Aurélien.

En Aikido il y a deux positions des pieds : hanmi et hito e mi. Si vous prenez par exemple la garde de base avec le ken : migi hanmi (pied droit devant donc), le triangle rectangle formé par vos pieds a pour côtés perpendiculaires l’avant intérieur de votre pied gauche et l’intérieur de votre pied droit. C’est pourquoi on appelle cette position omote sankaku (trois angles recto si vous voulez). Au moment de la coupe avec le ken, le pied arrière opère une insensible rotation vers l’arrière autour du talon du pied avant. C’est la position hito e mi. Le triangle rectangle formé par vos pieds a désormais pour côtés perpendiculaires l’arrière intérieur de votre pied gauche et l’extérieur de votre pied droit. C’est pourquoi on appelle cette position ura sankaku (trois angles verso). La rotation de l’axe vertébral du corps entraîne, dans ce cas, la hanche gauche vers l’arrière et la hanche droite vers l’avant. Par voie de conséquence, la hanche gauche entraîne à son tour la jambe et le pied gauche jusqu’à cette position hito e mi. Ce n’est donc pas le pied qui se déplace, c’est la hanche qui déplace le pied.

La très grande ouverture du corps offerte par la position hito e mi est la clef d’irimi. C’est elle qui permet à la fois de sortir de la ligne d’attaque et d’entrer dans la garde d’aite. Mais cette position comporte un danger : celui de tirer votre ventre vers l’arrière. Votre ventre n’est alors plus dirigé vers le centre de votre action, c’est-à-dire vers la cible que vous coupez. Ce défaut doit absolument être évité. Et c’est bien toute la difficulté justement de cette position hito e mi (en hidari hanmi plus encore qu’en migi hanmi), de présenter de profil un corps dont le ventre doit cependant être dirigé vers l’avant. Le mouvement d’Aikido développe la souplesse du bassin.

Philippe Voarino

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

http://www.aikidotakemusu.org/fr/articles/francois-bayrou-et-laikido
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