Forum libre

Le forum du site TAI est un lieu d’échanges et de discussions techniques sur l’Aikido.

Depuis que je réalise les dossiers techniques, j’ai répondu à un grand nombre de questions très diverses émanant de pratiquants au niveau technique extrêmement varié. J’ai découvert qu’il n’y a pas de question inintéressante. Chacune d’entre elles apporte un point de vue original qui offre des éclairages différents sur des problèmes dont on croit trop vite avoir fait le tour. Parfois certaines questions permettent de véritables découvertes et ouvrent des horizons que l’on ne soupçonnait pas. Chacun participe ainsi à sa mesure à ce vaste travail de recherche qui a pour objet la compréhension de l’Aikido d’O Sensei.

Dans les dialogues qui nous rapprochent ou nous opposent, il faut toujours garder à l’esprit combien il est difficile de traduire avec des mots l’aspect technique d’un art aussi complexe que l’Aikido. Il peut arriver que l’on se trompe dans l’interprétation d’une question ou d’une réponse. Mais on finit par se comprendre, pourvu que chacun accepte de considérer l’idée proposée en inspectant et en respectant scrupuleusement l’argumentation qui l’accompagne. Tout va bien tant que chacun fait preuve de prudence et de bonne volonté dans l’interprétation de la pensée de l’autre. On peut évidemment être sensible ou pas aux arguments avancés, on peut les rejeter, mais il faut alors le faire au nom d’une argumentation qui soit elle-même acceptable.

Une chose en revanche est inacceptable sur le forum TAI, c’est que les arguments d’une personne ne soient pas pris en considération dans la réponse qui lui est adressée, et que lui soit opposé un discours d’autorité ne tenant aucun compte de tous les efforts mis en œuvre par cette personne pour exprimer son point de vue. Le discours d’autorité est la mort du dialogue, et le forum alors n’a plus de raison d’être. Peut-être la position que j’occupe m’autoriserait-elle parfois à recourir à ce moyen pour abréger certaines discussions redondantes, mais je me suis fait une règle de ne jamais tomber dans cette facilité par respect pour les questions qui me sont posées.

Ce soin que j’apporte à toujours argumenter mes démonstrations et à ne pas me retrancher derrière un dogmatisme facile, s’est retourné contre moi dernièrement et m’a transformé, de manière assez ironique, en victime de ce discours d’autorité que je réprouve et que je m’interdis d’utiliser.

Philippe, m’a-t-on écrit en conclusion d’un échange technique long et argumenté, l’évolution de votre enseignement n’est que la conséquence des limitations physiques qui s’installent avec l’âge, votre travail de recherche n’est en réalité que le résultat de l’incapacité de votre corps à produire autre chose désormais que les mouvements que vous proposez.

Ce point final irrévocable, qui tombait ainsi comme un couperet sous la forme d’un diagnostique médical catégorique, non content de faire vieillir mes abattis avant l’âge, supposait en outre que j’étais devenu myope à renverser les taupes, puisque ne m’était même plus reconnue la capacité de distinguer un mouvement correct d’un mouvement incorrect.

La science médico-sportive sur internet ne souffrant aucune contradiction, puisqu’elle est évidemment aussi définitive qu’elle est sommaire et mal informée, balayait ainsi, sans scrupules et en quelques lignes, l’expérience de 37 ans de pratique et d’enseignement, balayait Iwama et la transmission directe de maître Saito, balayait confiance, grades et diplômes par lui accordés, balayait les analyses détaillées des documents irréfutables d’O Sensei, balayait les centaines de dossiers techniques argumentés du site TAI, balayait les milliers de lecteurs fidèles qui s’y intéressent dans le monde, et balayait au passage toute la discussion sérieuse et argumentée qui avait précédé ce coup de sang médical. La pensée médico-sportive unique faisait le ménage. La science avait trouvé l’explication de l’évolution de Pévé, c’était simple … c’était l’arthrose. L’affaire est donc entendue, le verdict est tombé, il n’y a rien à ajouter. Merci Docteur.

Que doit faire le professeur d’Aikido passé 50 ans ? Doit-il, comme nos présidents de la république, publier son bulletin de santé ? Doit-il le mettre en musique et le chanter comme Sim ou Brassens ? Pour que ma vision de l’Aikido soit crédible, faut-il tomber jusqu’à dire que mes lombaires vont bien, que mes épaules sont encore raisonnablement souples, que mes coudes se sont bien remis des méchants shiho nage qu’ils ont reçus dans le passé. De peur d’être disqualifié à vie pour l’enseignement, dois-je passer sous silence qu’il m’arrive de me lever la nuit pour pisser quand d’aventure je prends une tisane le soir ? Pauvre maître Saito qui ne comprenait plus rien à l’Aikido dans les dernières années de sa vie puisque l’état de ses hanches et de ses genoux l’empêchait à cette époque de réaliser bon nombre de techniques.

Tout cela est dérisoire bien-sûr, et j’allais écrire que ce type d’argument est d’une grande indigence, mais ce serait faire encore trop d’honneur à ce genre de propos. Ce n’est tout simplement pas un argument. C’est le genre de peau de banane qu’on lance avec agacement quand précisément on ne trouve plus aucun argument qui convienne, et ça ne mérite pas réponse.

Si je réponds en revanche avec soin à chaque objection technique véritable, sans ménager ni mon temps ni mon travail, c’est que je considère ce travail comme le prolongement nécessaire de l’enseignement très difficile et très exigeant que je donne désormais sur le tatami. Cet enseignement s’appuie sur la méthode Saito pour montrer ce en quoi elle n’est qu’un outil, et ce pour quoi elle a été conçue : comprendre l’Aikido d’O Sensei, et le pratiquer.

Je comprends qu’il soit difficile de concilier cette démarche de recherche avec la pédagogie classique et nécessaire de l’enseignement du dojo et des normes fédérales. J’admets parfaitement toutes les incompréhensions sincères liées à cet exercice périlleux, j’y suis préparé et j’y répondrai autant qu’il est nécessaire, dans la mesure de mes possibilités. C’est mon travail. Mais une chose n’est pas justifiable, c’est que le problème fondamental qui est posé – en quoi la méthode peut-elle et doit-elle être dépassée – soit écarté, éludé par des explications sans aucun fondement technique.

Un commentaire gratuit et réducteur comme celui de l’explication médicale, revient à brandir le joker scientifique à mauvais escient, à seule fin d’éviter – parce qu’il gêne – le problème de fond, et c’est une malhonnêteté intellectuelle. Un tel commentaire est aussi fort suspect dans la mesure où il traduit un attachement à des certitudes qui sortent leurs griffes lorsqu’elles sont mises dos au mur, démontrant ainsi qu’elles ne tolèrent pas d’être remises en question. Peut-être même faut-il voir là l’expression d’un conservatisme qui ne veut pas dire son nom, et qui défend en réalité une position sociale.

Le forum TAI est un lieu de liberté, il n’y a pas de modérateur, il n’y a pas de censure, et par les temps qui courent, ce n’est pas si fréquent, et doit être apprécié comme il convient. La tenue et la qualité de ce forum dépendent entièrement de ceux qui l’utilisent. Mais la liberté n’est pas l’anarchie, elle exige des hommes responsables et des esprits justes. L’ordre et la véritable modération apparaissent alors naturellement comme le résultat de la conscience de chaque utilisateur. Il n’y a pas de place en ce lieu pour une attitude qui ne soit pas dictée par la sincérité, le respect des arguments de l’autre, et la recherche de l’intérêt général.

Philippe Voarino, mars 2014

Commentaires

Salut Philippe et le reste du monde.....

ton article me semble très à propos, encore une fois, pleine de Coeur, c'est en effet, l'épreuve de réalité après tous les bouleversements que tu avais promis en fonction de tes recherches et évolutions personnelles, dont bons nombres ne peuvent être discutables mais d'autres certainement toutes aussi discutables....ce qui manque à mon avis, c'est surtout, la rencontre de tous les protagonistes de cette histoire sur un tapis pour vérifier ou corriger....et surtout prendre du Plaisir à pratiquer ensemble, celui qui aurait la définition du monde serait tout aussi bien le Maitre que l'Ignorant.... Au delà de tout celà il faut bien argumenter et rester dans la mesure du possible, comme l'Aiki demeure en occident, une activité physique et rationnelle.... d'un autre côté, la jeune génération,en charge de l'enseignement national et de ce qui va suivre dans les années à venir, et ce, même bien formée par le maître, peut se sentir déstabilisée voir remise à zéro ou perdue pour certains d'entre-eux....la cohérence d'un enseignement doit pouvoir être clairement définie, d'abord pour les pratiquants que nous accueillons, nos débats sont secondaires pour les débutants, ils recherchent quelque chose de fiable et de durable....les schismes passés de l'aikikai,iwama,yoshinkan,...sont -ils aussi bons que tels à reproduire?????

Bien à vous

Eric

Bonjour Philippe

Je réponds dans le texte

Une chose en revanche est inacceptable sur le forum TAI, c’est que les arguments d’une personne ne soient pas pris en considération dans la réponse qui lui est adressée, et que lui soit opposé un discours d’autorité ne tenant aucun compte de tous les efforts mis en œuvre par cette personne pour exprimer son point de vue. Le discours d’autorité est la mort du dialogue, et le forum alors n’a plus de raison d’être.

Philippe, m’a-t-on écrit en conclusion d’un échange technique long et argumenté, l’évolution de votre enseignement n’est que la conséquence des limitations physiques qui s’installent avec l’âge, votre travail de recherche n’est en réalité que le résultat de l’incapacité de votre corps à produire autre chose désormais que les mouvements que vous proposez.

Ce point final irrévocable, qui tombait ainsi comme un couperet sous la forme d’un diagnostique médical catégorique, non content de faire vieillir mes abattis avant l’âge, supposait en outre que j’étais devenu myope à renverser les taupes, puisque ne m’était même plus reconnue la capacité de distinguer un mouvement correct d’un mouvement incorrect.

Depuis quelques cahiers techniques, vous parlez et argumentez pour expliquer vos mouvements par des explications qui ont trait à la biomécanique. Or mon dernier message car c’est de celui-là dont il s’agit ici traite de ce sujet et contrairement à ce que vous laissez croire ici, est loin de se poser comme argument d’autorité et donne des explications sur la logique sous jacente à mes dires

La science médico-sportive sur internet ne souffrant aucune contradiction, puisqu’elle est évidemment aussi définitive qu’elle est sommaire et mal informée,

Vous demandez un peu plus loin le respect de votre travail, alors je vous demanderai de même, si vous avez lu quelques ouvrages de biomécaniques ou réfléchis en « analyste du mouvement » depuis quelques mois, cela fait prêt de 10 ans que je me forme et travail sur ce sujet. J’ai parcouru l’Europe pour travailler et me former, j’ai suivi des formations reconnues dans le monde entier et travailler avec des spécialistes de la posture et du mouvement. Cela fait partie de mon travail quotidien

Donc si vous pensez que tout cela provient d’informations provenant d’internet vous vous trompez, en ce sens je vous demanderai d’appliquer aux autres les conseils que vous donnez

balayait ainsi, sans scrupules et en quelques lignes, l’expérience de 37 ans de pratique et d’enseignement, balayait Iwama et la transmission directe de maître Saito, balayait confiance, grades et diplômes par lui accordés, balayait les analyses détaillées des documents irréfutables d’O Sensei, balayait les centaines de dossiers techniques argumentés du site TAI,

Ironie de la situation, vous m’accusez de balayer les dossiers techniques que vous avez écrit, la méthode de Maître Saito alors qu’au contraire c’est vous qui le faites (et qui l’avez ouvertement annoncé sur le site) et moi qui cherche à conserver ce travail que vous avez fait depuis des années

balayait les milliers de lecteurs fidèles qui s’y intéressent dans le monde, et balayait au passage toute la discussion sérieuse et argumentée qui avait précédé ce coup de sang médical. La pensée médico-sportive unique faisait le ménage.

La science avait trouvé l’explication de l’évolution de Pévé, c’était simple … c’était l’arthrose. L’affaire est donc entendue, le verdict est tombé, il n’y a rien à ajouter. Merci Docteur.

Je comprends qu’il n’est jamais agréable de s’entendre dire ou de lire que l’on n’a manque de mobilité, mais vous ne pouvez rejeter tous les arguments qui ont été donnés simplement car cela vous a piqué au vif

D’autre part comme je le développerai plus loin, je n’ai jamais sous entendu que vous étiez « vieux / trop vieux »

Que doit faire le professeur d’Aikido passé 50 ans ? Doit-il, comme nos présidents de la république, publier son bulletin de santé ? Doit-il le mettre en musique et le chanter comme Sim ou Brassens ? Pour que ma vision de l’Aikido soit crédible, faut-il tomber jusqu’à dire que mes lombaires vont bien, que mes épaules sont encore raisonnablement souples,

Là est le problème, vous parlez de vos épaules encore raisonnablement souples… En biomécanique (car c’est le sujet qui nous intéresse ici) il faut considérer deux choses quand on parle du mouvement

- Chaque articulation a une physiologie propre lui conférant un certain nombre de degré de liberté et une amplitude dans chacun de ceux-ci

- Le corps est un système complexe, unique qu’il faut envisager comme une entité unique. Et ainsi que tout est lié je vous renvoie au principe de tenségrité initialement développé en architecture et repris dans l’étude holistique du corps.

Que ce soit l’âge, mais également les habitudes, les travaux réalisés, les blessures, …, tout cela fait qu’il est possible petit à petit de perdre le bon fonctionnement de nos articulations (à 20 comme à 70 ans) et alors si tôt que l’on ne dispose plus de la complète mobilité d’une articulation, le corps dans sa grande intelligence va composer pour tout de même permettre la réalisation du mouvement demandé

Ainsi en perdant de la capacité physiologique à lever le bras et cela pour diverses raisons, le corps va mettre en place des chaînes de compensations pour permettre alors de réaliser ce mouvement. Le problème alors c’est qu’on a l’illusion de pouvoir réaliser le mouvement

Et c’est là la différence entre deux choses qui interviennent dans la réalisation d’un mouvement : l’efficience et l’efficacité

L’efficience renvoie à la stratégie qui permet de réaliser un mouvement - Performance, c'est-à-dire succès dans la réalisation du mouvement - Economie d’énergie - SECURITE qui est lié à la mise en action SANS entraîner de compensations

L’efficacité quand à elle c’est le succès dans la réalisation d’un mouvement QUELQUE SOIT LE MOYEN mis en place pour y arriver

L’étape suivante est l’échec… Les stratégies de compensations ne permettent alors plus la réalisation du mouvement coûte que coûte

Aujourd’hui vous levez vos bras. Mais pouvez être sur de le faire sans aucune compensations ? Car je le répète sans cela tout vos arguments biomécanique sont caduques

Pour annoncer remettre les choses à l’endroit, vous expliquez et souhaitez poser comme vérités des argumentations biomécaniques. Or pour que celles-ci puissent être recevables et plus encore deviennent « vérités universelles » il faut déjà s’assurer que vous puissiez faire « autrement ». J’entends par là que l’on peut comparer deux mouvements quand ceux-ci peuvent être réalisés avec toute la mobilité fonctionnelle et physiologique.

Sinon les mouvements ne sont que des solutions de replis face aux compensations que le corps met en place pour vous donner l’illusion que vous pouvez toujours lever vos bras

que mes coudes se sont bien remis des méchants shiho nage qu’ils ont reçus dans le passé. De peur d’être disqualifié à vie pour l’enseignement, dois-je passer sous silence qu’il m’arrive de me lever la nuit pour pisser quand d’aventure je prends une tisane le soir ? Pauvre maître Saito qui ne comprenait plus rien à l’Aikido dans les dernières années de sa vie puisque l’état de ses hanches et de ses genoux l’empêchait à cette époque de réaliser bon nombre de techniques.

Tout cela est dérisoire bien-sûr, et j’allais écrire que ce type d’argument est d’une grande indigence, mais ce serait faire encore trop d’honneur à ce genre de propos. Ce n’est tout simplement pas un argument. C’est le genre de peau de banane qu’on lance avec agacement quand précisément on ne trouve plus aucun argument qui convienne, et ça ne mérite pas réponse.

**Ces arguments sont donc selon vous d’une grande indigence et ne mérite pas de réponse… Je vous remercie tout de même d’avoir écrit plusieurs pages pour répondre :-) **

Contrairement à ce que vous pensez c’est là tout le problème, on parle en Aïkido de mouvement dont l’outil est le corps. Et si votre corps ne vous permet pas de réaliser certains mouvements alors vous ne pourrez pas le faire.

Et certains vont développer un Aïkido « sans force », quel avantage pour eux qui n’en ont pas… Bien souvent il faut réaliser que l’on ne choisit pas de faire, d’utiliser son corps d’une façon ou d’une autre, de pratique d’une façon ou d’une autre.

On n’a tout simplement pas le choix de faire autrement, car faire autrement demanderai bien trop de compensations au corps et entraînerai des blessures, échecs immédiats.

Les mots sont aisés pour expliquer les choses mais le corps ne ment pas. Faites le test, coller votre dos contre un mur lever les bras tendus, vos bras arrivent à monter toucher le mur, sont tendus contre vos oreilles et vous n’avez pas mobilisé votre colonne ? Si ce n’est pas le cas alors vous compensez

Et cela n’a pas forcément à voir avec l’âge, je connais, travaille avec des personnes de 20 ans qui ont déjà perdu énormément de mobilité et à l’inverse des personnes de 60 ans qui contre les effets du temps ont su conserver une grande mobilité.

Il serait peut être alors intéressant de s’interroger sur les Aiki Taiso, sur les « immobilisations », … sur tous ces exercices que l’on travaille sans vraiment en comprendre le sens et dans lesquels on met des connotations ésotériques, martiales… Il est impensable y voir de simples exercices de mobilité, quelle vulgarité, quelle simplicité

Si je réponds en revanche avec soin à chaque objection technique véritable, sans ménager ni mon temps ni mon travail, c’est que je considère ce travail comme le prolongement nécessaire de l’enseignement très difficile et très exigeant que je donne désormais sur le tatami. Cet enseignement s’appuie sur la méthode Saito pour montrer ce en quoi elle n’est qu’un outil, et ce pour quoi elle a été conçue : comprendre l’Aikido d’O Sensei, et le pratiquer.

Je le répète on ne peut pratiquer que ce que notre propre corps nous autorise à faire… C’est même là notre autonomie dans la vie. Pour qui n’arrive plus à se baisser, faire tomber sa carte de crédit au sol à la caisse d’un supermarché devient un calvaire, … Pratiquer oui, mais comment ?

Un commentaire gratuit et réducteur comme celui de l’explication médicale, revient à brandir le joker scientifique à mauvais escient, à seule fin d’éviter – parce qu’il gêne – le problème de fond, et c’est une malhonnêteté intellectuelle. Un tel commentaire est aussi fort suspect dans la mesure où il traduit un attachement à des certitudes qui sortent leurs griffes lorsqu’elles sont mises dos au mur, démontrant ainsi qu’elles ne tolèrent pas d’être remises en question. Peut-être même faut-il voir là l’expression d’un conservatisme qui ne veut pas dire son nom, et qui défend en réalité une position sociale.

En effet c’est un commentaire gratuit, en d’autres circonstances il aura été facturé comme un acte professionnel :-) Et vous trouvez cela malhonnête :-) Plutôt que mes certitudes dos au mur, je vous encourage à mettre votre dos au mur… Vos arguments ne gênent pas le moins du monde, vous avez appelé aux questions et à la remise en cause j’en ai profité... Vous m’accusez de défendre une position sociale et faire preuve de conservatisme, je vous accuse de souffrir à la lecture des arguments biomécanique d’une image de soi, de vous qui gêne. Il n’est pas agréable de se confronter à ces propres limites d’autant plus quand c’est un autre qui met le doigt dessus. Mais heureusement rien n’est définitif dans ce domaine. Encore une fois j’encourage à voir certains exercices pratiqués par le fondateur comme des exercices « thérapeutiques », je ne voudrai pas vous faire l’affront de parler d’exercices de mobilisations, étirements, … qui ont trouvé une reconnaissance dans le monde du sport, des activités corporelles, comme dans le monde médical au sens large.

Le forum TAI est un lieu de liberté, il n’y a pas de modérateur, il n’y a pas de censure, et par les temps qui courent, ce n’est pas si fréquent, et doit être apprécié comme il convient. La tenue et la qualité de ce forum dépendent entièrement de ceux qui l’utilisent. Mais la liberté n’est pas l’anarchie, elle exige des hommes responsables et des esprits justes. L’ordre et la véritable modération apparaissent alors naturellement comme le résultat de la conscience de chaque utilisateur. Il n’y a pas de place en ce lieu pour une attitude qui ne soit pas dictée par la sincérité, le respect des arguments de l’autre, et la recherche de l’intérêt général

Toutes mes années de pratique ont été dictées par la sincérité et la recherche, vous le savez je n’ai jamais mâché mes mots et n’ai jamais su « joué le jeu ». La pratique a toujours plus compté que tout à mes yeux. Comme vous le laissez sous entendre, à vos yeux mes interventions manquent de sincérité, d’arguments, de respect,

Alors rassurez vous ceci est le dernier message que vous aurez de ma part.

En espérant me tromper sur l’état de vos épaules… Bonne pratique.

Matthieu

Matthieu,

Je vais retenir de ton message cette phrase : «La pratique a toujours plus compté que tout à mes yeux.» Et je passerai sur les grossiers contresens que tu commets sur plusieurs de mes propos (science sur internet, gratuit…), et à cause desquels tu renvoies le débat à un plan personnel qui est sans intérêt.

A travers toi, je voudrais aujourd’hui m’adresser à tous ceux qui sont susceptibles d’éprouver le désarroi dans lequel tu te trouves actuellement et qui est symptomatique d’une situation.

J’avais averti.

Ce que j’ai vu, et ce que j’essaie de faire voir, ce n’est pas ma vision, ce n’est pas mon interprétation sur tel ou tel point technique. C’est infiniment plus grand, c’est le passage entre deux univers : l’univers de maître Saito, qui est un univers scolaire, et l’univers de maître Ueshiba qui est l’univers de la réalité de l’Aiki.

Encore une fois, le deuxième n’est sans doute pas accessible sans le premier, mais on ne peut pas condamner le deuxième au nom du premier. Cela n’était pas le souhait de maître Saito, il l’a dit de manière très claire, et j’étais présent ce jour là à Iwama.

Aujourd’hui, nous sommes parvenus à une situation qui peut sembler paradoxale, mais qui était prévisible : ce qui est défendu contre moi avec acharnement, avec violence presque, c’est mon propre enseignement, celui que j’ai donné dans le passé, celui que je t'ai donné Matthieu, comme si j’étais brusquement devenu fou et qu’il faille mettre à l’abri du pyromane les bijoux de famille.

Qu’on se rassure, je ne brûle pas ce que j’ai adoré. Je ne commets pas cette indignité. Maître Saito a dans mon cœur et dans mon esprit la plus haute place. Je ne mets pas son travail à la poubelle. J’ai au contraire un immense respect pour ce travail, et il me semble lui donner son sens le plus haut. Car maître Saito a fait ce qu’il a fait dans le but, qu’un jour, des gens comme moi soient en mesure de faire ce que je fais aujourd’hui : retrouver grâce à lui la vérité de l’Aikido du Fondateur. C’était son souhait, le sens de sa vie, sa mission. Je respecte donc sa volonté, plus encore je l’exécute, et les signes que je reçois me font penser que je ne fais pas fausse route.

Mon enseignement passé n’était qu’une étape. Refuser cette idée, et s’accrocher contre moi à cet enseignement – au prix même d’attaques personnelles sur mon état de santé quand les arguments techniques ont été épuisés – est un signe qui ne trompe pas. C’est le signe de l’incompréhension. Et c’est le signe du désarroi devant la nécessaire remise en question des connaissances.

Je comprends que la difficulté de ce qui est désormais proposé à l’étude puisse entraîner une réaction de rejet, je comprends aussi que les enseignants puissent se trouver placés en porte-à-faux devant leurs élèves, et j’ai décidé de donner prochainement des indications précises et sans équivoque, quant à ce que je crois bon pour la transmission de l’Aikido.

Il y a en effet différentes manières de prendre en compte ce que j’apporte aujourd’hui, mais le refus pur et simple est une impasse. Car il ne s’agit plus désormais de l’enseignement de Voarino – je ne suis rien par rapport à ce que je mets en lumière – il ne s’agit plus de l’enseignement de Saito, il ne s’agit même pas de l’enseignement de Ueshiba, qui est le plus formidable des passeurs de relai, mais qui a dit lui-même qu’il n’a pas inventé l’Aikido. Non, ce dont il s’agit, c’est de la vérité impersonnelle et éternelle de l’Aiki qui s’exprime. Toutes les raisons qu’on peut trouver pour la combattre sont mauvaises, il faut au contraire lui ouvrir le cœur et l’esprit.

Depuis que je fais de l’Aikido, j’entends dire qu’il faut « oublier la technique ». Qui a atteint ce stade ? Comment atteint-on ce stade ? Je défriche aujourd’hui une voie concrète pour que cette proposition ne reste pas un vœu pieux. Cette voie est pleine de joie, il faut en accepter aussi les épreuves, et peut-être les douleurs. C’est la seule que je connaisse pour parvenir là où il faut parvenir.

Philippe Voarino

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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