Erreur #9 - Tenchi nage, projeter uke dans le mauvais angle

Tenchi nage : défaut qui consiste à projeter uke dans le mauvais angle.

Pour tenchi nage, vous devez aspirer uke une main vers le ciel, une main vers la terre. Vous allez utiliser cette mise en mouvement d’uke vers l’avant pour entrer et le projeter dans son déséquilibre arrière. Vos bras doivent être en arc de cercle.

Attention, le mouvement du corps est double : la jambe avant entre tout droit en diagonale dans le dos d’uke, mais en même temps l’axe du corps et donc tout le buste travaillent en rotation. Cette rotation a pour effet de projeter uke vers l’intérieur de votre corps, et pas tout droit devant vous. Pendant la projection aussi vos bras doivent être en arc de cercle.

Si tori entre correctement sa jambe arrière en diagonale mais qu’il pousse uke droit devant, comme sur les photos ci-dessus, il n’y a aucune rotation de l’axe du corps, les bras de tori ne respectent pas la position en arc de cercle de kokyu ryoku, uke chute loin devant tori, hors de son contrôle, et il ne peut l’amener au sol avec puissance et contrôler comme c’est possible avec la rotation de l’axe du corps.

Commentaires

M. Voarino,

j’ai beaucoup de respect pour le travail que vous effectuez via ce site et comme de nombreuses personnes, je suis assidu à sa fréquentation.
Une chose cependant me chiffone. Montrer la bonne direction à suivre est louable. Pointer du doigt ceux qui empreintent la "mauvaise" direction ne me paraît pas être "exemplaire". Pourquoi ne pas montrer vous même sur photo les erreurs à ne pas commettre plutôt que d’utiliser des photos mettant en oeuvre des personnes connues ?
Merci encore pour le temps que vous consacrez à ce site et croyez que vos enseignements trouvent un écho.

Bonjour Greg.

Merci pour votre réaction. Je suis heureux qu’une telle question arrive enfin. Je commençais à penser que les pires couleuvres pouvaient être servies et avalées sans que cela suscite le moindre bronchement. Tout de même, les pratiquants de nos fédérations réalisent-ils bien que le modèle choisi dans ces rubriques techniques pour démontrer l’erreur à ne pas commettre est le professeur des professeurs de leurs professeurs ? Et que cette circonstance n’est pas sans conséquence sur ce qu’ils apprennent chaque jour dans leur dojo ?

Voyez-vous Greg, ce n’est pas le cœur en fête que j’ai commis le crime de lèse-majesté. Ce n’est pas non plus pour me faire un nom à la manière d’Erostrate d’Ephèse, d’autant plus que les gens qui brûlent les temples finissent généralement mal. J’ai d’abord envisagé, comme vous le suggérez, de démontrer les erreurs moi-même sur les photos. Mais je me suis rapidement rendu compte que je n’étais pas très crédible dans ce rôle. Les clichés, et spécialement ceux pris en dynamique, manquaient de vérité. On ne peut pas former son corps et son esprit d’une certaine manière pendant des décennies et avoir ensuite une véritable authenticité en démontrant le contraire des réflexes que l’on a lentement incrusté dans sa chair pendant tout ce temps. Aussi paradoxal que cela paraisse, il faut une certaine vérité dans l’erreur pour que l’erreur puisse être mise en scène et critiquée pour ce qu’elle est.

Dans un deuxième temps, je me suis donc dit qu’il me suffirait de puiser dans les mémentos techniques des fédérations pour trouver d’authentiques illustrations des erreurs techniques que je voulais mettre en évidence. Je me suis donc fendu de quelques achats de livre mettant en scène ceux qu’on appelle les « Cadres Techniques Nationaux » (on voit que je ne suis pas le dernier à apporter ma contribution à la prospérité des fédérations).

A la lecture de ces ouvrages m’est revenue en mémoire toute une manière de faire de l’Aikido qui était celle de mes débuts auprès de maître Tamura. J’ai donc repris, après toutes ces années, les livres illustrés des démonstrations techniques de maître Tamura. En les feuilletant, s’est imposée à moi avec beaucoup de force la constatation suivante : les erreurs des CTN, dont j’étais sur le point d’utiliser l’image pour ma rubrique sur le site TAI, n’étaient pas leurs erreurs. Elles étaient « copiées-collées » les erreurs de leur professeur. Ces erreurs avaient été transmises d’une génération à la suivante avec une fidélité tout à fait remarquable, et une telle pérennité m’étonne encore à l’heure où j’écris.

Cette constatation me fit réfléchir. Et j’eus la curiosité de reprendre certains livres de Kisshomaru Ueshiba en ma possession pour vérifier si, par hasard, le même phénomène ne pouvait pas être également retrouvé entre Tamura et son professeur Kisshomaru. Au fur et à mesure que les pages tournaient, je pus vérifier l’identité des erreurs techniques de maître Tamura avec celles du fils d’O Sensei. La filiation était flagrante. Les erreurs de Tamura étaient celles de Kisshomaru. Soit dit en passant, ceci est un argument de poids pour éclairer ceux qui pensent encore que Nobuyoshi Tamura reçut un enseignement régulier du Fondateur.

En revanche, ainsi que l’établissent à mon sens les photos que j’utilise, un fossé sépare la pratique de Kisshomaru de celle de son père Morihei, alors qu’une telle différence n’existe pas entre les techniques telles qu’elles sont démontrées par O Sensei et telles qu’elles sont enseignées par Morihiro Saito.

A ce point de ma réflexion Greg, ce qui m’est apparu c’est que l’erreur n’est pas un aléa, un simple élément conjoncturel lié à l’égarement bien naturel d’un débutant qu’il suffirait de conseiller pour qu’il trouve le bon geste. Non, l’erreur est structurelle, elle se trouve dans le corps même de l’enseignement qui est aujourd’hui transmis avec le sceau de la vérité et de l’authenticité, avec le sceau de l’autorité. Dès lors, essayer de traiter l’erreur à la marge, en surface, en donnant quelques bons conseils, reviendrait à appliquer de la pommade sur un cancer. La racine de l’erreur est dans l’autorité elle-même. Il n’est donc pas possible de traiter cette erreur sans toucher à l’autorité qui la cautionne.

Dans un tel contexte, deux choix seulement s’offraient à moi. Le premier était de ne rien dire et ne rien faire, de ranger mes crayons à jamais au prétexte qu’on ne déboulonne pas les statues. C’est le choix des Japonais qui placent la valeur de la convention sociale au-dessus de la valeur même de l’art. Le deuxième était d’agir, de démolir une bonne fois le rideau de fer de toute cette mascarade, avec au cœur le sentiment que la valeur de l’Aikido d’O Sensei est au-dessus de la valeur des conventions et de toutes les églises qui viennent faire fonds de commerce sur le dos du sacré. Il est vrai que brûler publiquement la bulle du Pape valut à Luther l’excommunication. Mais on a le droit de placer l’autorité de l’original avant l’autorité d’une copie trompeuse. C’est mon choix. Et bien évidemment chaque fois que l’on choisit et que l’on agit on s’expose à l’incompréhension et à la critique. Faut-il pour cela ne jamais choisir ?

Philippe Voarino

M. Voarino,

Merci pour votre réponse. Je comprends vos arguments. Loin de moi l’idée que votre intention ait été de brûler le temple de l’aïkikaï afin d’asseoir votre nom ! Mon questionnement provient simplement de cette lassitude que doivent ressentir de nombreux pratiquants face aux guerres de clôcher que mènent trop souvent certains hiérarques des instances fédérales.

J’attends avec impatience que la liste des erreurs courantes se rallonge !

Greg

On assiste tout de même à une évolution d evotre discours... Sur un des premiers artciles vous voyez chez maitre Tamura les pints clefs enseignés par maitre Saito et la seule chose que vous lui reprochiez était le manque de pédagogie... Aujourd’hui vous lui reprochez des erreurs techniques...

Je ne connais que partiellement la génèse de l’aïkido. Je connais encore moins bien la filiation des maîtres d’origine japonaise, hormis ce que je peux en lire ici ou là. Un point cependant m’interpelle concernant Maître Tamura. Mon professeur, âgé de 74 ans, et qui a suivi pendant des décennies l’enseignement de Maître Noro pui de Tamura, laisse entendre que Tamura a suivi très longtemps O’Sensei. Loin de remettre en question ses propos, au contraire, je trouve même parfois des propos corroborants ses dires (ici une interview de maître Toshiro Suga) :
"[...]Quand j’ai rencontré maître Tamura la première fois je me suis dit : « C’est bizarre ce qu’il fait. » Cela me semblait bizarre parce que je n’avais pas appris les choses comme cela parce que déjà à l’Aïkikaï les techniques déviaient de celles de Osenseï. Je ne comprenais pas du tout au début et je n’avais absolument pas l’intention de changer ce que j’avais appris. Cela m’a donc pris trois ou quatre ans pour comprendre son travail.

Maître Tamura est, à mon avis, celui qui a vraiment préservé les techniques d’Osenseï. Au centimètre près. Il était même critiqué par les jeunes uchi-deshis de l’époque qui l’appelaient « copie conforme » de Osenseï. En suivant maître Tamura j’ai compris ce qu’était réellement l’Aïkido. J’ai pu apprendre ce que Osenseï enseignait. Et pour mon étude c’était un moment très intéressant dans la construction de ma technique.[...]". Source : http://aikido.smartbrawl.com/show-blog.post/msid-9169/

D’autre part, et heureusement pour moi, les techniques telles que vous les montrez, sont conformes à celles qui me sont enseignées. Peut-être sont-elles distinctes des techniques de l’aïkikaï, mais vous tenez les vôtres de Maître Saïto, une référence en la matière, et mon professeur tient les siennes des maîtres Noro et Tamura. J’en viens à la conclusion qu’ils pratiquaient le même aïkido.

Ne vous méprenez pas, je ne suis pas affirmatif dans mes propos. Je m’interroge, c’est tout.

Bonjour Philippe Voarino,
Je suis fidele a ce site qui m apporte beaucoup dans ma pratique et vous remercie pour l attention portee aux questions. Je reste attentif aux remarques concernant Maitre Tamura.A vrai dire, je ne l ai jamais rencontre,si plus es,vu sur quelques rares videos. Personnellement, j ai commence l Aikido pour plusieurs raisons, aussi differentes soient- elles ; et l une d elles fut par curiosite, suscitee de par les recits rapportes dans ma jeunesse, d un oncle qui avait appris l Aikido avec M.Tamura a Nice, dans les annees 70.
D autant que je m en souvienne, il ressortait, selon ses dires, un Aikido vraiment martial,efficace, dans un contexte structurel et d organisation assez "pauvre".
Ma surprise fut grande quelques annees plus tard, lorsque,lui montrant les mouvements que j avais alors appris,celui ci les discreditait, qualifiant l aikido actuel d inefficace ,denue de sens,voire inutile.
Bref, vous comprendrez alors mes doutes, interrogations...j ai etudie dans divers cours d aikido, cherchant alors la vraie direction, mais c est beaucoup d efforts pour peu de resultat.Et qui peut se vanter de rencontrer l Aikido Authentique, si il n en a pas la moindre idee finalement....et je parle en connaissance de cause.
Conclusion, peut-on se construire son propre aikido a partir d experience aupres de differents professeurs ?
De plus ,a titre personnel et pour eclaircir ma curiosite,ayant lu votre parcours, pourriez-vous me decrire les conditions d enseignements de M Tamura a cette epoque ?
Merci d avance.be02

Un commentaire à faire.
L’aikido consiste à faire une technique appropriée à une situation donnée
L’attaque n’étant jamais la même, la réponse n’est pas la même non plus.
Laurent.

Laurent bonjour.

Il est courant aujourd’hui d’entendre ou de lire cette fameuse phrase : "O’Sensei ne faisait jamais deux fois la même technique."

Mais à mon avis il faut essayer de comprendre ce qu’il voulait dire.

Aujourd’hui, le plus souvent ceux qui utilisent cette phrase sont ceux qui pour palier à un manque évident de base technique, se rassure, rassure leurs élèves, en pretextant que même le fondateur ne pouvait pas refaire deux fois la même technique, et donc par conséquent qu’il n’est pas nécessaire de passer par un apprentissage méticuleux de celle-ci.

C’est un discour qui permet à de nombreux dojos de ne pas fermés aujourd’hui.

Et pourtant croyez vous qu’O’Sensei n’était pas capable de refaire deux fois la même technique ?

Croyez vous qu’il n’était pas capable de refaire ikkyo, shiho nage, irimi nage ?

Je pense sans aucun doute qu’il n’avait pas de problème avec cela, et que la confusion provient du niveau de compréhension.

Quand la majorité des professeurs pensent en terme de technique, 0’Sensei pensait en terme de prinicpes. Pour O’Sensei la technique n’était pas une fin en soi, d’ailleurs ne doit on pas l’oublier ?

L’oublier, aller au-delà oui mais pas au prix de ne pas s’y interesser dans un premier temps.

Pour pouvoir l’oublier, il faut l’avoir assimiler et pour l’assimiler il faut la répéter, et pour la répéter elle nécessite des bases sur lesquelles se reposer.

Et j’en profite de parler de la technique pour en venir à Noboyushi Tamura, Greg vous parlez de lui, en terme de copie d’O’Sensei, mais l’avez vous déjà vu pratiqué ?

La ressemblance est loin d’être frappante, je dirai même que Tamura ne respecte pas le "peu de chose" qu’O’Sensei a mis noir sur blanc et sur lesquels nous pouvons nous reposer.

Il suffit de le voir faire un shiho nage, un ikkyo, pour se rendre compte qu’il n’applique pas les principes d’O’Sensei qu’il est pourtant si fier d’énoncer en rythme : shisei, kokyu, kamae, maai...

Alors que dire si ce n’est que certains professeurs auraient peut être du passer plus de temps à réfléchir pour comprendre qu’il est tout à fait possible de faire deux fois la même technique car celles ci sont tout à fait logiques. Et que la technique n’étant pas une fin en soi il est normal en tant que socle, elle se doit d’être construite de manière solide.

Matthieu

Bonjour LdB.

J’espère vivement que l’évolution de mon discours est une conséquence de mon évolution tout court. Je confirme que j’ai été frappé, lors de mon premier retour d’Iwama, de constater que je voyais enfin ce que faisait maître Tamura, alors que dix années passées à le suivre n’avaient pas réussi à m’ouvrir les yeux. Les bases que j’avais apprises de maître Saito me permettaient de reconnaître ses déplacements, un peu si vous voulez comme si j’avais enfilé des lunettes spéciales qui me permettaient de voir Tamura évoluer dans un film au ralenti. C’était très étonnant. Je pense que je n’aurais pas pu avoir ce sentiment si Tamura avait alors fait quelque chose de complètement différent de ce que j’avais appris chez Saito. Incontestablement, je retrouvais certains fondements connus, et, dans le choc que furent pour moi ce moment et cette prise de conscience, j’ai eu tendance à juger identique ce qui était en réalité seulement proche.

Le temps a passé, des années, et au fur et à mesure que je maîtrisais mieux le matériel acquis à Iwama, il m’est apparu avec évidence que la ressemblance que j’avais trouvée au premier abord était en réalité une apparence, qu’elle dissimulait des points de divergence profonds mais qui ne sont pas aisés à discerner à la première lecture. C’est d’ailleurs dans cette difficulté réelle de décryptage qu’il faut voir l’origine du lieu commun selon lequel tous les « styles » d’Aikidos se valent.

Ces points de divergence entre une pratique respectueuse des points clefs de l’Aikido et une pratique qui s’en écarte, alors même qu’elle donne le change au premier abord, sont désormais ce que j’essaie de mettre en lumière.

Philippe Voarino

Bonjour M. Voarino,

Pour réaliser tenchi nage, vous indiquez préalablement qu’il faut aspirer uke. Ce mouvement d’aspiration est-il à mettre en relation avec le 2ème suburi de ken ?

J’en profite pour poser une question plus théorique. Il existe un lien organique entre les mouvements aux armes et à mains nues , vos explications dans ce domaine étant toujours limpides. Toutefois comment peut-on être certain qu’une trajectoire optimale lors d’une coupe au sabre le sera toujours pour un déséquilibre lors du travail à mains nues ?

Merci

Bonjour Greg.

Toshiro Suga est un Japonais qui a débuté la pratique de l’Aikido à l’Aikikai à la fin des années soixante. Quelques mois plus tard, il a quitté le Japon pour venir vivre en France où il est devenu élève de Tamura. Si cela vous intéresse, vous pourrez juger de ses capacités, à l’époque, dans le James Bond intitulé Moonraker. Toshiro y joue le rôle de l’affreux Chang qui se fait défenestrer par Roger Moore. On peut dire sans exagérer que tout ce que Suga connaît en Aikido il l’a appris de Tamura. Son passage éclair à l’Aikikai en tant que débutant, à une époque où O Sensei était malade et proche de sa fin, ne lui donne pas qualité, à mon avis, pour comparer l’Aikido d’O Sensei, qui n’a été pour lui dans le meilleur des cas qu’une image fugitive, à celui de son professeur Tamura.

Noro et Tamura ont reçu le même enseignement à la même époque à l’Aikikai. Tamura un peu plus longtemps que Noro qui a commencé l’Aikido en 1955 et est arrivé en France en 1961, 5ème dan après cinq ans d’Aikido. Tous deux eurent pour professeur principal Kisshomaru Ueshiba, et O Sensei comme professeur épisodique uniquement. Je ne doute pas que l’un et l’autre aient « volé » certaines choses à O Sensei et notamment une certaine image de la pratique de l’Aikido en ki no nagare. Mais les erreurs techniques que j’essaie aujourd’hui de mettre en évidence dans la pratique de Kisshomaru, et le prolongement de ces erreurs que j’ai pu relever dans la pratique de maître Tamura, me rendent impossible de dire comme vous le faites, avec un point d’interrogation il est vrai, que Noro et Tamura pratiquent le même Aikido que Saito.

Philippe Voarino

Bonjour beo2.

Si votre oncle faisait de l’Aikido à Nice dans les années 70 et suivait maître Tamura, nous avons sans doute pratiqué sur les mêmes tatamis. Quel est son nom ? Sa réaction en tout cas ne m’étonne pas. J’ai déjà expliqué dans un article que vous pourrez lire sur ce site et qui s’appelle « C’est notre pays ! », dans quel contexte l’enseignement de l’Aikido a évolué en France à partir du début des années 80.
Vous demandez si l’on peut construire son Aikido à partir de l’enseignement de différents professeurs. Je dirai que oui, mais que cela dépend évidemment des professeurs que l’on suit. Et je pense à cette petite phrase assassine que maître Saito répétait souvent : zéro plus zéro égalent zéro. Une somme d’erreurs ne mène pas à l’Aikido.

Philippe Voarino

`Bonjour Philippe Voarino,
Pour repondre a votre question, mon oncle s´appelait Yves( pour etre precis:cheveux longs a l´epoque, un peu type asiatique et d´origine hongroise)Si ca vous dit quelque chose,pourriez-vous me dire combien de temps il a pratique,bref ce dont vous vous rappellez.C´est tres important pour moi.Merci pour votre attention en tout cas.

be02

Bonjour Christophe.

Toute aspiration en Aikido est un travail tenkan. Dans cette mesure, il y a bien une relation entre l’aspiration de tenchi nage et le deuxième suburi de l’aiki ken. La rotation de l’axe vers l’arrière, l’inspiration, le retrait de la hanche, le sentiment d’aspiration… tout cela est identique. Attention toutefois, les bras montent un peu moins haut dans tenchi nage, ils sont un peu plus écartés, la jambe recule moins…

« Comment peut-on être certain qu’une trajectoire optimale lors d’une coupe au sabre le sera toujours pour un déséquilibre lors du travail à mains nues ? » Cette deuxième partie de votre question est très intéressante parce que vous mettez avec elle le doigt sur l’extraordinaire notion de riai qui est au cœur de l’Aikido, et sur le génie d’O Sensei qui a su la mettre en évidence en créant cet art. La réponse est que c’est toujours le cas, pourvu que l’on respecte les règles de l’Aikido, et pourvu que l’on ne mélange pas à l’Aikido des techniques d’armes venues d’autres écoles, qui n’ont pas avec le tai jutsu ce lien de riai . C’est pourquoi il faut mettre un soin tout particulier à ne pas s’écarter des bases techniques. Je parle bien ici des bases techniques, je ne parle pas de shisei, kokyu, kamae, maai... qui sont des bases d’une autre nature. Ce sont les bases techniques de l’Aikido qui permettent de comprendre cette fantastique relation de complémentarité entre les divers mouvements d’Aikido, avec ou sans armes.

Philippe Voarino

Bonjour Maître,

J’ai quatre questions, elles sont plus ou moins liées entre elles, concernant plus particulièrement la projection du uke liée à l’exécution de Tenchi nage.

Sur les photos montrant le fils du fondateur réalisant Tenchi nage le uke est repoussé et chute semble t-il en réalisant une chute arrière classique.Je suppose que ce type de chute est impossible à réaliser si Tenchi nage est correctement effectué ?

La vidéo vous montrant réalisant la technique semble le confirmer puisque votre uke est contraint de chuter différement.Comment qualifiez vous cette chute ? S’agit-il d’une chute latérale ?

Ma troisième question vous paraîtra sans doute un peu anachronique car l’aikido ne s’apprend pas par correspondance mais se pratique, cependant quel conseil pouvez vous donner pour effectuer ce genre de chute correctement ?

Ma dernière question sera directement liée à la précédente. On ne peut concevoir cette chute qu’avec un niveau de confiance et donc de pratique suffisant. Dès lors quelles recommandations pouvez vous donner
afin d’effectuer progressivement Tenchi nage avec des débutants ?

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

http://www.aikidotakemusu.org/fr/articles/erreur-9-tenchi-nage-projeter-uke-dans-le-mauvais-angle
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