Erreur #8 - Shiho nage, projeter en créant un porte-à-faux sur le coude

Shiho nage : défaut qui consiste à projeter en créant un porte-à-faux sur le coude d’uke.

Voici le mouvement de sabre qui, appliqué à mains nues, a donné la technique que nous connaissons sous le nom de shiho nage. Ce mouvement est constitué de trois temps principaux :

  1. une coupe gyaku yokomen,
  2. une rotation,
  3. une coupe shomen (ces trois temps ne constituant en réalité qu’une seule et même spirale).

A mains nues, dans la projection appelée shiho nage, on reconnaît parfaitement ces trois temps principaux.

Comme on peut le voir sur cette séquence de 1938, c’est ainsi qu’O Sensei effectuait shiho nage.

Après être arrivé dans le dos d’uke, vous devez donc couper tout droit shomen uchi.

Si tori ne tourne pas suffisamment loin dans le dos d’uke, il est à la merci de la main libre d’uke, comme on le voit dans le premier temps de la séquence ci-dessus (cf. Erreurs courantes #6 et #7). Parce que tori est placé devant uke au moment où il coupe shomen, sa coupe crée un porte-à-faux très important sur le coude d’uke qui chute pour ne pas être blessé au coude. La chute est belle et photogénique, mais le problème c’est qu’avant ou pendant sa chute, uke peut assommer tori avec sa main libre.

Que vous fassiez omote ou que vous fassiez ura, vous ne devez jamais être à portée de la main libre d’uke. Vous devez terminer votre mouvement dans le dos d’uke. Uke doit être en déséquilibre du début à la fin.

Commentaires

Bonjour Monsieur Voarino.

Cet article me trotte dans la tête depuis quelques temps sans que j’arrive à mettre la main sur ce qui me dérangeait, en dehors de votre critique répétée de l’aikido de Kisshomaru Ueshiba qui est maintenant assez lassante.

Finalement, j’ai trouvé dans mes souvenirs d’où ma gêne venait. Il s’agit de la page 121 du volume 4 de la série Traditional Aikido de Morihiro Saito. Maitre Saito y présente une variation de Shiho nage avec la légende suivante : "projection dans la même direction. C’est Omote waza, qui correspond à la projection du partenaire dans la direction qui lui fait face".

A tout hasard, je vous est mis l’image extraite en ligne. On y voit très nettement un shiho nage avec porte à faux sur le coude de uke. Dois-je en conclure que ce n’est pas vraiment une erreur ?

A bien y regarder, je me permet de rajouter que dans ce mouvement, Morihiro Saito commet aussi les autres erreurs que vous soulignez :

  •  Il ne tourne pas dans le dos d’uke
  •  Il projète uke dans le mauvais angle
  • A voir les photos, ça me paraît être du ki no nagare.

    Si on prend en compte que shio nage, tel que ça m’a paru enseigné en kihon kotai, a pour but de faire chuter uke sur son arrière entre les pieds de tori ; que de cette manière la chute, si tori "coupe" pleine vitesse en plein déséquilibre arrière, se fait sur la tête ou les cervicales, au mieux une épaule parce que uke est contrôlé au niveau du bras sans pouvoir se retourner pour supliner... ce qui explique qu’en kihon kotai on pivote rapidement sous le bras de uke, phase "faible" de la technique, mais qu’on ralentit pour amener uke au sol, sans réelle projection mais avec un contrôle fort (idéalement).

    Pour effectuer shio nage vitesse réelle de bout en bout en y mettant la puissance, il faudrait alors que tori affaiblisse volontairement son contrôle en commettant l’erreur #8 qui laisse à uke la possibilité de se retourner pour supliner... ce qui permet d’encaisser l’impact au sol d’une projection avec des parties du corps moins fragiles que la tête ou les cervicales.

    En plus, ces photos datent des années 70, période à laquelle M Saito développait un aikido plus personnel avant de faire volte face dans les années 80 pour retourner à l’enseignement le plus strict de ce que OS lui avait lui-même enseigné. Pour l’anecdote, un sensei de Daito ryu a dit, lors d’un stage auquel je participais, qu’à cette époque le dojo d’Iwama avait au Daito ryu la réputation d’être plus dur que le Daito ryu lui même.

    Enfin, M Saito a désavoué certaines archives de sa pratique antérieure, y voyant des erreurs et, me semble-t-il, ayant demandé à les détruire.

    Il faut aussi juger un homme au résultat final de son travail car il est facile d’exhumer des archives montrant un état inachevé de progression, de recherche.

    Que penser alors de ceux dont la pratique paraît ne pas pas avoir changé en plusieurs décennies de pratique et d’enseignement ? Des génies qui ont tout compris tout de suite ? Tous ?

    Nicolas Doux

    je trouve assez rassurant de savoir que M.saito est tombé a une periode de sa vie dans les pieges de l aikido (en l occurence la recherche d une chute esthetique, l ego ?) et ait eu l intelligence de se remettre en question pour se recentrer sur ce qu il avait appris.
    alex

    Alors selon cette hypothèse, M. Saito aurait régressé, innové, personnalisé sa pratique, avant de revenir à sa pratique précédente ? Alors qu’il s’en est toujours défendu et a toujours plus ou moins critiqué ceux qui développaient des techniques personnelles ?

    C’est un peu tiré par les cheveux. La réponse la plus simple est tout simplement que sur ces livres il voulait enseigner ce qu’il avait reçu pendant son apprentissage auprès du fondateur (Traditionnal Aikido), et que c’est par la suite qu’il a fait évoluer sa pratique en essayant d’analyser les fondations de l’aikido et en dégageant ce qui lui paraissait important.

    DG,

    L’évolution - on peut mettre n’importe quoi derrière ce terme - de M Saito est difficile à analyser et expliquer, comme celle d’autres grands experts, sans être soi-même un "grand expert". Pour ma part je ne faisais qu’avancer une idée à partir des éléments et de l’expérience dont je dispose... fort modestes.

    En tout cas, l’aikido de M Saito a une vertu... la paradoxalité. Paradoxalité entre un système rigoureux et l’évolution de l’homme. J’apprécie son honnêteté puisqu’il a souvent explicité le contexte, les étapes, les raisons de son évolution. Autre paradoxe : en tant qu’individu, il me paraît - je ne l’ai pas connu personnellement - que c’est une évolution personnelle vers un aikido... universel ; l’homme a du changer pour retrouver ou tenter de retrouver ce qui est invariable et au delà de l’individu. Démarche résolument à l’inverse de l’approche occidentale de l’aikido qui parle d’épanouissement personnel, de création d’un aikido personnel. En Orient, toute démarche d’évolution a pour premier moteur la volonté personnel pour mieux "tuer" l’individualité ; encore un paradoxe.

    Pour en revenir à shio nage et aux photos que vous nous proposez, le point central me paraît bien être que c’est du ki no nagare ouvert pour permettre à uke de supliner. On y retrouve les points clefs, notamment la prise de déséquilibre arrière. La seule chose qui me "choque" c’est la 1ére photo (à partir de la droite) où les bras de M Saito me paraissent en arrière, mains plutôt derrière la tête, lors du passage sous le bras de uke.

    Ceci dit, je n’aurais pas voulu être à la place du dit uke.

    N. Doux

    S’il faut prendre l’oeuvre à la fin, de la vie du créateur, pourquoi l’aikido de M Saito n’est il pas celui de la fin de la vie d’O Sensei ?

    Bonjour DG.

    Ainsi que je l’ai déjà indiqué, je ne critique pas l’Aikido de Kisshomaru Ueshiba par esprit de vindicte ou pour me faire remarquer. Je critique cet Aikido – dans la limite que j’essaie constructive de mes capacités – parce que je n’ai pas moyen de faire autrement pour démontrer ce que je veux démontrer, c’est à dire que ce que l’on appelle généralement aujourd’hui l’« évolution » de l’Aikido n’est en réalité qu’une déformation de l’Aikido, fondée sur des erreurs accumulées, empilées les unes sur les autres par des générations de professeurs tous issus de la lignée Kisshomaru. Et à tout le moins, si vous trouvez déjà lassante la critique formulée dans ces quelques dossiers techniques, malheureuse goutte d’eau iconoclaste dans l’océan de l’Aikido « officiel », concevez que, pour moi, l’officialisation, l’institutionnalisation, la fédéralisation, la « ministérisation », depuis quarante ans, d’une vulgaire déformation de l’art incomparable d’O Sensei puisse être bien plus accablante encore.

    Votre remarque serait une confirmation supplémentaire, si besoin était, de ce que j’essaie de mettre en évidence : la généralisation d’une connaissance très approximative des bases, et les erreurs d’interprétation qu’entraînent nécessairement le flou et l’imprécision systématique dans l’enseignement de l’Aikido.

    Mettez-vous s’il vous plaît debout au centre d’une croix que vous avez tracée sur le sol avec deux bandes de scotch adhésif par exemple, en position hidari hanmi comme maître Saito sur son livre afin de comparer les choses.

    Shi-ho-nage, comme son nom l’indique (mot à mot quatre directions projection), mais comme n’indique pas du tout la manière dont il est généralement enseigné, est un mouvement qui permet de projeter uke dans les quatre directions de l’espace, c’est-à-dire, par rapport à tori, devant, derrière, à droite et à gauche. Parmi ces quatre directions possibles, il en est deux qui sont des exercices de base et qui doivent être travaillés comme tels. Il s’agit de ce qui est généralement connu sous le nom de shiho nage omote et de shiho nage ura. Shiho nage omote est une projection d’uke vers la gauche de tori. Shiho nage ura est une projection d’uke devant tori.

    Ce shiho nage omote de base et ce shiho nage ura de base projettent donc uke dans deux angles situés chacun dans le dos de ce dernier, à 90° l’un de l’autre. C’est le choix de ces deux angles de projection qui permet – et qui justifie – que tori parvienne loin dans le dos d’uke. C’est-à-dire à l’abri, avec une position de puissance maximum et sans porte à faux sur le coude d’uke.

    Restent donc deux directions de projection : derrière tori et à droite de tori. Ces deux directions de projection ne sont plus situées comme les autres dans le dos d’uke, dans son déséquilibre arrière, elles sont situées - et cette différence est capitale - dans son déséquilibre avant, ici également à 90° l’une de l’autre. C’est bien pour cette raison d’ailleurs que la chute d’uke est, dans ces deux cas, une chute avant et non plus une chute arrière comme dans les deux cas précédents.

    Ces deux dernières directions de projection débutent par une entrée identique : un passage omote, c’est-à-dire du côté de la poitrine d’uke (à la différence d’ura qui débute en passant dans le dos d’uke). Cependant, cette entrée omote est radicalement différente de la base omote. Elle consiste à élever le ken avec puissance au dessus de la tête (jodan), à pivoter et à couper une seule fois shomen derrière (ou yokomen si la direction de projection choisie est vers la droite). Alors que l’omote de base quant à lui est constitué de deux coupes successives : une première coupe yoko guruma, suivie d’une coupe shomen dans le dos d’uke.
    Dans ces deux dernières directions, on projette donc uke dans son déséquilibre avant, à partir d’une position omote de tori, c’est-à-dire sur l’intérieur d’uke. Dans une telle situation, il n’est pas possible :

    1– de ne pas être devant uke (par définition puisqu’on est obligé de se placer dans une telle situation si l’on veut projeter vers l’avant)
    2– de ne pas créer un porte à faux sur le coude de ce dernier (par nécessité dans une telle situation)

    Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que les photos de la page 121 du volume 4 de Traditional Aikido fassent ressortir ces points qui sont nécessaires, puisqu’il s’agit en effet de la projection vers l’arrière de tori. Vous constaterez que ces caractéristiques sont encore plus nettes à la page 123, ce qui est bien normal puisque il s’agit cette fois de la projection vers la droite dont l’angle est encore augmenté par rapport à la précédente. Les photos de maître Saito sont donc parfaitement correctes dans ces deux situations, et tout le débat qui s’est engagé sur ce thème n’est que la preuve d’une vision trop schématique de la grande complexité et de la grande richesse de l’Aikido.

    Ce qui n’est pas correcte en revanche, c’est que ces positions de corps et de coude, parfaitement justifiées dans les deux directions avant, puissent se retrouver dans les deux directions arrière où elles sont parfaitement injustifiées. Et je vous remercie, par votre question, de me permettre de faire comprendre ainsi de manière plus précise par quels glissements s’opère entre autres la déformation de l’art d’O Sensei : par perte de la connaissance de la raison précise pour laquelle une caractéristique technique est appliquée dans une situation particulière qui l’exige, on finit par appliquer cette caractéristique technique à toutes les situations indifféremment, y compris à celles qui ne l’exigent pas, et par rapport auxquelles elle devient au contraire dangereuse. C’est l’enseignement issu de Kisshomaru.

    Qu’est-ce qui est plus spectaculaire sur shiho nage, DG, une chute avant ou une chute arrière ? Une chute avant évidemment. Comment faire en sorte que tous les shiho nage soient spectaculaires ? En transformant tous les shiho nage qui devraient normalement entraîner une chute arrière (la moitié) de telle sorte qu’on les force eux aussi à entraîner une chute avant. Comment accomplir ce tour de passe-passe ? En restant devant uke et en mettant son coude en porte à faux systématiquement pour faire en sorte qu’il parte toujours en chute avant. Voilà, le spectacle est magnifique et le public applaudit. Seulement il y a un problème. La chute avant est imparable quand elle est exécutée comme le démontre maître Saito sur ses photos dans les deux directions avant, parce que la technique est conçue pour cela (notamment grâce à la phase d’entrée, difficile, qui en fait d’ailleurs une technique avancée), en revanche, quand le porte à faux sur le coude est appliqué dans une direction de projection vers l’arrière où il n’a rien à faire sinon du spectacle, le shiho nage peut être surpassé et contré avec une technique aussi simple qu’irimi nage par exemple.

    Dans les tout prochains cahiers techniques, vous pourrez trouver une étude de shiho nage selon les quatre directions.

    Philippe Voarino

    Merci pour votre réponse.

    Je note donc que ce que vous indiquez de manière générale comme des erreurs techniques ne sont en fait des erreurs que pour deux formes de shiho nage, mais pas pour les deux autres.
    Ne pratiquant moi-même généralement que les formes de shiho nage avec chute arrière, je constate d’après vos explications que même maitre Saito considérait les formes de shiho nage avec chute avant couramment pratiquées dans les fédérations non seulement possibles, mais aussi comme faisant partie intégrante du cursus.
    Peut-être à l’avenir intégrerai-je un peu plus ces shiho nage avec chute avant dans ma pratique, même si je n’aime pas ces situations de porte à faux sur le bras d’uke.

    Bonjour DG,

    En réponse à votre remarque du 17 avril. L’erreur que je relève dans l’exécution de shiho nage par le doshu consiste à confondre des éléments qui ne doivent pas être confondus. C’est-à-dire à projeter en chute avant alors que l’entrée du mouvement telle qu’elle est réalisée interdit de projeter en chute avant et exige au contraire une chute arrière. Ce n’est pas du tout cela que maître Saito considérait, selon votre expression, « comme faisant partie intégrante du cursus ». Cela, il considérait que c’était une erreur grossière, erreur née de l’ignorance des contraintes différentes inhérentes au mouvement shiho nage selon qu’il est exécuté dans l’une ou l’autre des quatre directions.

    Je rappelle que le nom même du mouvement shiho nage veut dire projection dans les quatre directions. Ce n’est quand même pas un détail. Un enfant de quatre ans comprendrait qu’avec un tel nom ce mouvement doit être pratiqué dans les quatre directions, et s’attendrait à l’étudier ainsi. Alors comment est-il possible que des fédérations entières ne se soucient pas, dans les programmes d’examen qu’elles mettent en place de prendre en compte cette réalité technique. Comment est-il possible que des professeurs d’Aikido enseignent shiho nage en projetant « comme ça vient » sans jamais insister sur les quatre directions. Comment est-il possible qu’un pratiquant d’Aikido avancé apprenne seulement d’un site internet qu’il y a quatre directions de projection sur shiho nage et admette tranquillement qu’il manquait une dimension fondamentale à sa pratique concernant ce mouvement.
    Tout ceci mériterait tout de même qu’on s’arrête un instant et qu’on réfléchisse un peu sur l’enseignement actuel de l’Aikido dans notre pays et ailleurs.

    Philippe Voarino

    Voilà bien longtemps que je tournais autour de cette question dans mon coin et enfin quelqu’un apporte une réponse claire...
    Merci.

    je suis désolé de trouver certains de vos commentaires atterrants.. premièrement parce que la critique et la polémique ne peuvent pas être acceptés dans ce domaine qui est le nôtre, mais de plus et surtout, vos critiques sont basés sur trois images fixes qui ne permettent pas de juger de la vitesse d'exécution et autres paramétres importants.. dans la série de trois photos du premier doshu, je doute fort que le uké ait le temps d'asséner un coup à son tori, sauf si l'action se passe au ralenti !, et paradoxe dans la série de trois photos présentant ô sensei et son uké, sensé "montrer la bonne forme ", il se trouve que la main gauche de uké semble tout à fait libre d'asséner un coup tout aussi bien.. on le voit d'ailleurs avec le poing fermé au moment ou ô sensei rentre en omoté sur lui . et pour finir, dans ce que vous présentez comme la bonne solution, il me semble quant à moi que vos deux mains sont derrières votre tête, donc dans une "mauvaise position pour exécuter shiro nage". cela dit comme je ne peux pas juger de trois images fixes, je ne me permet pas de vous juger non plus dans cette action.. au vu de ce qui apparait comme un mauvais placement, sans doute certain paramêtres me manquent ( vistesse d'exécution etc.. ) cordialement aïki.

    Depuis quand la critique n'est plus autorisée dans le domaine qui est le nôtre? Et par qui? Et au nom de quel dogme? Il y a une Inquisition quelque part? Le dogme nous aveugle. La polémique est bonne lorsqu'elle éveille la curiosité.

    L'argument de la vitesse d'exécution ne tient pas: plus tori ira vite plus le kaeshi de uke sera violent. Et sans même frapper il suffit d'agripper l'épaule et d'accepter le sutemi en quelque sorte créé par tori. Essaie c'est très drôle et ça te fera des copains dans les dojos.;-)

    Quant aux photos d'O sensei, je ne vois vraiment pas à quel moment uke a la moindre possibilité de contre. Ni sur celles dont tu parles puisque lorsque les mains sont en haut le demi tour est déjà effectué.

    Bonjour SDM.

    Je réagis comme Léon.
    Dans un système idéal vous avez raison. L’autorité est juste, l’autorité détient la connaissance du bien et du mal, elle sait ce qui est bon pour les hommes et l’applique avec probité dans l’intérêt général. Fou celui qui se lève contre l’autorité car il se lève contre le savoir et la justice.

    Mais il n’est pas besoin d’être agrégé d’histoire pour savoir que depuis le jardin d’Eden l’autorité des hommes a pris quelques libertés avec cette merveilleuse idée. Pensez une seconde aux monstruosités qui ont été commises au nom du principe d’autorité : pensez aux tortures de l’inquisition pour l’amour de Dieu, pensez aux camps d’extermination… L’abomination n’a pas été commise par des fous ou des sadiques, elle a été perpétrée au nom d’une autorité régulière, en toute bonne conscience, par des gens qui, comme vous, n’imaginaient pas que l’on puisse critiquer l’autorité, encore moins la contester.

    L’homme a peur, il est prêt à abdiquer son jugement pour qu’on le rassure et qu’on lui montre un chemin. Mais tous les chemins ne se valent pas. Et heureusement il ne suffit pas d’écrire Aikido Officiel en tête d’un ouvrage pour que tous l’acceptent et qu’on ne voit plus qu’une seule tête.Croire que le nom de Ueshiba ou le terme de Doshu suffisent à garantir la pérennité de l'Aikido d'O Sensei est une naïveté.
    Le seul Aikido devant lequel il faille plier genou n’est pas écrit dans un livre, mais dans la fibre de l’univers, et c’est celui-là qu’il faut trouver et qu'il faut suivre. Il n’y a pas de recette facile.

    Philippe Voarino

    PS : j'ai donné la priorité à ce post auquel il me paraissait important de répondre sans attendre, mais je n'oublie pas les questions techniques qui m'ont été posées et auxquelles je répondrai à mon retour du stage de Beyrouth pour ITAF Lebanon.

    Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


    L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

    Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


    La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

    Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


    Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

    Aikido art martial ou art de paix ?


    La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

    http://www.aikidotakemusu.org/fr/articles/erreur-8-shiho-nage-projeter-en-creant-un-porte-faux-sur-le-coude
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