Au-delà de la méthode #5

Kata dori men uchi shiho nage

Vidéo # 5 : explication de l’utilisation des hanches

Attention : ce n’est pas uke qui frappe men uchi, c’est tori qui doit le faire, au moment précis où uke se saisit de son épaule.

La seule manière pour tori de délivrer une puissance aiki (c’est à dire une puissance née de la rotation des hanches), est d’effectuer cette frappe de la manière qui est démontrée sur la vidéo. Si tori frappe au contraire en revers de la main, à la manière d’un uraken, il ne peut mettre en œuvre aucune rotation véritable des hanches, et le fait nécessairement avec la force de l’épaule, et en demeurant dans la ligne d’attaque. Son action est alors à contresens, de faible puissance, « téléphonée » (on la voit venir), et surtout elle ne permet pas à tori de quitter dans le même temps sa position dangereuse.

Dans un premier temps, la hanche avant (la hanche de l’épaule saisie) est donc directrice (irimi) dans la frappe circulaire en uppercut. Elle est en rotation vers l’avant, et la hanche arrière est tenkan (en rotation vers l’arrière).

Dans un deuxième temps, après l’absorption de l’énergie d’uke, le travail des hanches s’inverse, la hanche arrière devient à son tour la hanche directrice, la hanche irimi (en rotation vers l’avant). A partir de ce moment, elle est directrice jusqu’à la fin du mouvement, jusqu’au moment de la projection d’uke au sol. Ceci est fondamental, il n’y a plus d’autre inversion des hanches : dans kata dori men uchi shiho nage, et contrairement à ce qui est souvent pratiqué, il n’y a, du début à la fin, qu’une seule inversion des hanches.

Philippe Voarino, juin 2015

Commentaires

Bonjour Senseï Cela fait maintenant plusieurs années que je suis l'évolution du site et des articles techniques qui y paraissent, j'ai suivi ces explications de la méthode Saito à laquelle je suis passé complètement il y a 2 ans et devenu pour moi une base incontournable, à l'évolution "au delà de la méthode" que je situe tout à fait. Par contre une question me taraude : "A partir de quand doit -on commencer à travailler "au delà de la méthode" ? " dès le début par exercices réguliers ? ou à partir du 2eme voire 3eme Dan comme le conseillait Saito Shihan ? D'autre part, autre question, un autre senseï disciple de Saito semble également s'intéresser au delà de cette méthode : Stanley Pranin Senseï. Il publie depuis qq temps des cahiers techniques en vidéo mettant en parallèle les déplacements d'O Senseï vus en vidéo ou dans budo avec une évolution du travail fait par Saito et notamment la "zone theory of aikido"que personnellement je trouve bien expliqué et intéressant. Ce travail est il complémentaire du vôtre, parallèle ou autre ? Comment le voyez vous? Merci pour vos réponses Cordialement Amaël

bonjour Philippe, Vous dites qu'une frappe URAKEN n'est pas efficace mais dans un UCHI KAITEN c'est bien une rotation très puissante via HITOEMI qui me permet de passer a travers UKE et de sortir de la ligne d'attaque a partir de la, il me parait évident que je peux faire la technique men UCHI rotation a gauche ou a droite, a condition que je fasse men UCHI bien entendu. Maintenant un MEN UCHI URAKEN qui serai bloqué par UKE pourrai devenir grâce a la poussée de UKE, votre technique. Les sollicitations habituelles quand t'a elles semblent complètement irréelles. Cordialement/Gilles

bonjour Philippe ,

puis je vous demander si vous pouvez expliquer un travail d apo geri avec l application du carré aprés le triangle han mi , je m exprime mal navré ,mais la vision réel du mouvement en spiral de cette exercice codifié qu est apo geri

merci et pardon pour l explication scabreuse Serge

Bonjour Aikiker.

Il faut commencer à travailler au-delà de la méthode quand la méthode est acquise, qu'elle est connue parfaitement. Le problème de l'enseignant qui parvient au-delà de la méthode, est qu'il n'a que très rarement un public parfaitement préparé à recevoir son enseignement. S'il attend que ce public soit prêt et que toutes les conditions idéales de transmission de son enseignement soient réunies, il risque de ne jamais enseigner ce qu'il a compris. L'adéquation parfaite des divers paramètres d'une bonne transmission des connaissances est rarement réalisée. Il faut pourtant semer, sans quoi rien ne se passe jamais. Il faut parier qu'un grain tombera bien où il faut, et il poussera.

Stanley Pranin est un ami de longue date, et il livre dans ses cours des informations souvent pertinentes, mais ce que j'ai vu de ses leçons d'Aikido sur le net ne me permet pas de penser qu'il ait compris que le déplacement d'O Sensei obéissait à une règle très précise, toujours égale à elle-même dans les différentes situations, et que cette règle unique était la réponse véritable à tous les problèmes. En un mot, qu'il n'y a pas différentes recettes, mais au contraire une seule réponse.

Philippe Voarino

Bonjour Gilles.

Je n'ai pas dit qu'une frappe uraken n'était pas efficace. On peut assommer un homme avec uraken. J'ai dit en revanche que la frappe uraken n'était pas conforme au principe aiki pour deux raisons.

La première raison, c'est que le principe irimi-tenkan n'est pas respecté : si la hanche droite est devant par exemple, elle ne peut pas frapper de la gauche vers la droite "en revers", parce qu'elle n'a aucune course. Si elle doit frapper, elle ne peut le faire que de la droite vers la gauche "en coup droit", pour parler comme au tennis. Et la technique uchi kaiten nage (toujours à partir de migi hanmi) n'est pas une frappe en revers de la hanche droite, c'est une frappe en coup droit de la hanche gauche, et c'est seulement cette puissance de rotation délivrée par irimi-tenkan qui permet de traverser uke. Le bras droit en revers est parfaitement incapable de réaliser cette action.

La deuxième raison, c'est que toute action d'Aikido doit réaliser simultanément deux choses : frapper et quitter la position dangereuse. J'insiste sur le terme simultanément. Frapper en uraken ne permet pas de quitter la position dangereuse dans le moment très précis de la frappe. La compréhension de ce phénomène est capitale, c'est une clef de l'Aikido. Si je frappe uraken, inévitablement, dans le temps très précis où mon poing touche sa cible, mon dos reste exposé à l'adversaire qui est derrière moi.

Philippe Voarino

Bonjour Serge.

La position hanmi de départ du mouvement est triangulaire, tout comme la position finale qui est un retour à la position de départ, et je crois qu'il n'est pas nécessaire de revenir sur cet élément connu.

Ce qui est moins connu, c'est que le mouvement en rotation des hanches, à partir de cette position hanmi, amène les appuis du corps (les pieds donc) dans une position carrée. Ce moment est l'apogée de l'action, et le corps s'y trouve au maximum de sa stabilité, et surtout au maximum de l'amplitude de la course des hanches. Ceci est essentiel pour la frappe qui ne peut en aucun cas avoir lieu dans la position hanmi.

Or, cette rotation des hanches dessine un cercle autour de l'axe corporel.

Le triangle, le carré et le cercle sont donc unis dans une même rotation. C'est seulement dans cette circonstance que l'on peut parler d'Aikido. Ceci est vrai pour le travail d'happo giri, mais également pour tous les mouvements d'Aikido sans exception.

Philippe Voarino

Bonjour Philippe,
J'entends ce que vous dites mais cela ne fonctionne que si vous êtes attaqués et simultanément !!

Imaginons que malheureusement l'attaque arrive de derrière sans prévenir et s'en ai fini.

Alors que, dans le même cas, si je n'attends pas l'attaque et que je prends l'initiative via un shomen.

Si je passe d'un hamni a un autre, mon centre passe d'un coté de uke a l'autre coté, des que mon centre passe de l'autre coté (grâce a hitoemi) ensuite ma jambe est entrainée naturellement par ma rotation cependant a la fin de ce mouvement je suis sorti de la ligne mais de dos a l'attaque d’où l'intérêt d'un pivot immédiatement après( happo giri). Je le pratique comme cela depuis un certain temps et cela fonctionne car le moteur reste la rotation des hanches donc puissance et stabilité comme vous dites.

je pars sur ce principe : si je subi une attque c'est yokomen (votre deplacement) si j'attaque c'est shomen donc pour resumer si je pivote a gauche ou a droite suivant mon hamni ce sera shomen ou yokomen.

mon yokomen etant une frappe en rotation a partir de la jambe en avant comme dans votre demonstration

cordialement. GILLES

re, d'ailleurs dans la video,; le deuxieme temps de men uchi dont le debut la premiere coupe de SHIHO NAGE, nous observons bien cette fameuse coupe shomen qui permet aussi de sortir de l'axe, cette coupe est la meme et tres puissante grace a la rotation dont hitoemi est la fin

re-cordialement gilles

Merci Philippe,

je comprends le principe et la condition a respecter pour réaliser "le mouvement d Aikido" dans le respect de ce triangle carré le cercle dans la rotation des hanche . cordialement serge

bonsoir Philippe, pour reprendre votre explication "si la hanche droite est devant par exemple, elle ne peut pas frapper de la gauche vers la droite "en revers", parce qu'elle n'a aucune course. Si elle doit frapper, elle ne peut le faire que de la droite vers la gauche "en coup droit", et bien pour parler comme au tennis. justement le service est bien d'une incroyable puissance et il se fait bien comme un uraken effectivement la rotation est plus courte mais bien presente!! d'ailleurs shomen dans ma vision des choses doit etre frappé comme un service de tennis,pour avoir fait du tennis, le coup auquel vous faites alusion serait plutot une frappe defensive apres avoir subi un debordement en lob(je tourne le dos a l'adversaire. ce n'est pas un hazard si les frappes au tennis correspondent aux frappes aiki, puissance, stabilité et mobilité sont necessaires, une autre chose interressante c'est la position sankaku pour le receveur qui precede la position hamni, hamni etant la position de frappe. bonne nuit.cordialement. gilles

Bonjour Philippe, comment peut-on alors donner de la puissance à tori ,lors de l'exécution de shomen uchi ikkyo omote en migi hanmi : "et c'est seulement cette puissance de rotation délivrée par irimi-tenkan qui permet de traverser uke. Le bras droit en revers est parfaitement incapable de réaliser cette action." Il s'agit pourtant de la meme position de départ migi hanmi . cordialement

Bonjour Gilles.

Le service du tennis, c'est effectivement le deuxième suburi de ken de l'Aikido, mais je ne vois pas qu'il y ait là un uraken, puisque c'est alors la hanche arrière (droite) qui est directrice, et que la rotation s'effectue bien de la droite vers la gauche.

Philippe Voarino

Bonjour be02;

C'est bien pourquoi, en migi hanmi, la frappe shomen uchi ikkyo (de la part de tori) doit être comprise comme un shomen dévastateur en rotation vers l'avant à partir de la hanche arrière (gauche), et non pas comme un shomen en uraken sans rotation à partir de la hanche avant (droite).

C'est le tegatana gauche qui frappe de bas en haut et en rotation de la gauche vers la droite. Le tegatana droit ne fait que contrôler le poignet droit d'uke qui se présente comme une tangente à cette rotation. Il n'a dans ce mouvement qu'une faible puissance (une puissance tenkan en réalité puisqu'il est, lui, dans une phase de rotation vers l'arrière, de la gauche vers la droite). La puissance irimi est délivrée par le côté gauche, et on peut vérifier que c'est bien le bras gauche de tori qui prend le contrôle du corps d'uke en saisissant son coude droit. L'essentiel du contrôle d'uke s'effectue par l'intermédiaire de son coude

Ce genre d'explication, be, vous permettra de mieux comprendre ce que j'ai voulu dire dans l'éditorial "A rebours" : dans la plupart des cas, nous avons mis l'Aikido la tête en bas, et nous comprenons les mouvements et les exécutons à l'envers de ce qu'ils sont en réalité. C'est la raison pour laquelle l'Aikido, tel qu'il est pratiqué aujourd'hui ne peut pas fonctionner.

Il faut entièrement relire les mouvements d'Aikido et corriger notre interprétation.

Philippe Voarino

bonsoir Philippe, je ne suis plus votre raisonnement, revenons au parallele tennis aikido, ma main gauche au service place la balle comme un uraken au visage aussitot apres le service frappe de toute sa rotation de la meme façon que je coupe sur le bras de uke, ensuite ma jambe droite avance comme ni no suburi donc je passe bien de hidari hamni a migi hamni, hidari hamni est bien le moment du debut de la coupe, hitoemi la fin de celle ci et migi hamni le moment ou j'ai recuperé ma dynamique de rotation. Votre coupe ne correspond pas a un service pour moi, ce serai interressant d'avoir l'avis d'autre personne.cordialement.gilles

Merci beaucoup Philippe pour votre réponse très précise . J'ai "compris" (à mon niveau) votre explication détaillée .J'ai une autre question concernant encore shomen ikkyo omoté ; il m'arrive selon la "force de résistance" d' Uke, de ne pas pouvoir le controler par ce coude . En effet si Uke se "fige" , et qu'il contracte son coude ,il se trouve dans une position stable et il y a opposition..je ne peux ni soulever, ni dévier ou décentrer son coude . Je sais qu'il y a des limites à la résistance d'Uke, sans quoi on ne pourrait appliquer aucune technique, mais c'est frustrant quand meme. Ou est-ce vraiment l'effet de l'attaque surprise en shomen de Tori qui déstabilise la structure d'uke. Mais dans ce cas-là, j'ai remarqué que Uke se protège de la menace du shomen au visage, en rapprochant son bras de son corps, ce qui rend le controle du coude et du bras toujours difficile.. Dans l'idéal, je voudrais désolidariser l'avant bras du corps de Uke , chose qui est plus facile à faire en suwari waza par exemple. Merci pour votre aide be02

bonjour Philippe, je vais presenter les choses autrement partons de migi hamni mais changeons la raquette de main , la fameuse frappe uraken peut etre vue comme un revers au tennis c'est bien la hanche arriere qui frappe mais c'est la main droite qui delivre la frappe puiissante. Vous parlez des hanches mais pas du vrillage et du dévrillage de la ceintures scapulaire(partie haute du corps) par rapport aux hanches(bassin) c'est peu etre a cause de cela que nous avons du mal a nous comprendre.SALUTATIONS.GILLES

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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