Au-delà de la méthode #43

Dossier détaillé sur le kumitachi n°5

# 3 : la dernière attaque d’uchitachi est un yokomen

Il y a deux raisons essentielles à ce que la dernière frappe d’uchitachi dans le kumitachi n°5 soit un yokomen.

La première est biomécanique : quand, au départ de l’action, le sabre est positionné sur l’un des côtés du corps, il ne peut terminer son action que sur l’autre côté du corps, en vertu du principe de rotation de l’axe corporel. C’est au fond la définition de yokomen uchi, et c’est le suburi n°5 de l’aiki ken. Que la position de départ soit chudan ou gedan ne change rien à cette loi physique.

Autrement dit, il n’est pas possible de faire shomen uchi de manière naturelle (c’est à dire sans forcer le mouvement avec les bras) si le sabre commence sa course sur l’un des côtés du corps.

La deuxième raison est liée à la nécessité de tenir compte des ouvertures que l’on crée dans sa propre garde à chaque fois que l’on attaque (ne jamais oublier que toute attaque est une ouverture, et donc un risque). Si le sabre d’uketachi se trouve devant lui, uchitachi ne peut attaquer shomen sans se faire immédiatement transpercer la gorge avec tsuki. Dans le dernier mouvement du cinquième kumitachi, shomen uchi serait donc suicidaire.

Les choses sont donc bien faites, puisque l’action antinaturelle sur le plan biomécanique est précisément l’action qui serait dangereuse sur le plan martial: il y a coïncidence entre la nécessité biomécanique et la nécessité martiale. Cette coïncidence est d’autant plus remarquable qu’il ne s’agit pas d’un cas particulier du cinquième kumitachi, c’est la règle de toutes les techniques d’Aikido sans exception. Il s’agit là d’un aspect essentiel du mouvement d’Aikido, qui doit servir de point de départ à toute tentative de compréhension du cœur même de l’art d’O Sensei : la notion de riai.

Philippe Voarino, juillet 2016.

Commentaires

Bonjour Philippe,

merci pour ce dossier ,j ai enfin pu visualiser les tenants et aboutissants de ce Kumitachi qui jusqu a present restait trés abstrait . cdt Serge

je voulais ajouter l importance de la position des coudes lors des mouvements shomen et yokomen ,pour eviter les mouvements de l avant bras ,simplement regardez Mr Voarino faire ces deux mouvements distincts. cdt Serge

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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