Au-delà de la méthode #17

KI MUSUBI NO TACHI (4)

Temps 1 à 4

Nous avons vu dans « Au-delà de la méthode #16 » que le gyaku yokomen du temps 2 se termine par un freinage final de la coupe du temps 1, qui oblige le corps à adopter cette position caractéristique du sabre (lame vers le haut).

Le caractère un peu particulier de cette frappe est rendu nécessaire par le besoin de couper le troisième adversaire qui attaque maintenant uketachi sur son coté droit du fait de la nouvelle situation.

On s’aperçoit que les 4 temps du ki musubi no tachi en ligne sont intégralement conservés : il s’agit bien, dans la vidéo ci-dessus, des mêmes quatre frappes qui sont pratiquées dans le cadre de la méthode Saito, sans aucune modification.

Mais on peut désormais comprendre la logique de ce mouvement éminemment martial, dès lors qu’il est ainsi exécuté en rotation, alors qu’il était auparavant impossible de comprendre la logique martiale de quatre frappes successives sur le même adversaire, dans la version linéaire de la méthode.

Philippe Voarino, octobre 2015.

Commentaires

Bonjour Maitre

Encore merci pour ces explications qui me permettent de corriger et d'éclairer mon travail.

Dois je comprendre que les attaques viennent des quatre directions mais ne sont pas simultanées.

Les temps 3 et 4 correspondent aux deux dernières attaques qui ne peuvent être immédiates dès le début en raison de la sortie deTori du cercle des attaquants suite aux temps 1et 2. . Cela je le conçois.

Aité coupant l'attaquant de gauche qui est le plus rapide puisqu'il l'attaque par le premier suburi et subi alors le temps 1 , cependant je ne comprends pas comment l'attaquant de face armé comme Tori en troisième suburi puisse être encore ken en l'air tout au long du déplacement de ce dernier et se trouve coupé avant de descendre son arme . Soit;l'attaquant de face était bien dans un rythme logique et la vitesse insuffisante de Tori ne lui permet plus d'exécuter correctement le deuxième temps et nous sommes comme à 15seconde , soit il attend pour que Tori passe sa menace de "tsuki"! ce qui serait anormal!

Dois je penser au contraire que partant comme cet attaquant en troisième suburi Tori travaille plus rapidement que ses adversaires et arrive à exécuter les deux temps en continuité avant que l'attaquant de face ne puisse descendre son ken? Sur la video ce dernier reste intentionnellement bras en l'air dans l'attente du temps 2 et cela me parait anormal

Certainement une incompréhension de ma part m'induit cette interprétation et je vous serez gré de m'éclairer . Avec mes respectueux et sincères remerciements

Sur "au de la de la methode 16 ", l'attaquant de face est dans un temps plus réaliste et la coupe se fait alors au dessus de son ken et le gyaku yokomen du temps 2 est réaliste sans rechercher la situation de coupe du ki musubi. Est cela la bonne interprétation
Mes remerciements

bonjour Philippe,comme le souligne Noumea, il y a des zones d'ombre, car les ukes présent ne prennent pas l'initiative simultanement, dans votre demonstration vous prenez l'initiative sur la gauche et du coup aite de face ne sait plus ce qu'il doit faire.L'itiniative est impossible sans une coupe hitoemi et celle que vous faites n'est viable qu'en réponse a une attaque.Coupe et deplacement ne font qu'un ça c'est le point sur lequel je suis entierement d'accord avec vous pour le reste vos reponses ne repondent pas concretement aux questions,et apparement je ne suis plus le seul a me poser des questions.Sans votre aide nous en serions encore a faire du catalogue mais le doute n'est pas permis a ce point de l'etude et je ne peux appliquer votre theorie aveuglement si le rouage bloque a un moment.Un bon moyen de clarifier la situation c'est ken en mousse et protection et la assurement la réalite rattrape ou non la fiction.Cordialement.gilles

Philippe, si vous regardez image par image de la 55 a la 58 secondes vous observerez que la coupe est bien presente sur le premier uke mais le deuxieme ne subit qu'un hamni une position de reception de votre part avec, je vous l'accorde une poussée dû a celle ci mais en aucun cas une coupe avec de la hanche. ce qui nous ramene a ma theorie, sur ki mussubi no tachi, coupe hitoemi sur aite d'en face ou YOKOMEN comme vous faites si aite(d'en face) m'a surpris par son attaque mais l'idée que AITE me surprenne me derange car celui dans mon dos pourrait deja m'avoir transpercé, donc shomen direct d ema part sans se poser de question, si je decidais comme vous le faites de m'en prendre a aite de gauche, il n'aurait qu'a tendre ses bras et faire tsuki pour m'enpaler proprement.cordialement.gilles

Bonjour Philippe, Le premier et second mouvements se produisent en un temps, OK! pourquoi le troisième et quatrième en deux temps? Et surtout pourquoi le quatrième en ligne? Pourquoi le quatrième ne serait-il tout simplement pas une "pique" en rotation vers la droite en shita kara ue made? Comme on le voit très souvent au ken. Le principe de Riai nous montre que ce soit en Tai jutsu et buki waza chaque mouvement et identique. Le troisième et quatrième mouvements sont alors en un temps. Certes nous n'avons plus réellemnt la forme du ki musubi no tachi mais nous sommes passé du côté purement martiale. Nous n'attendons pas l'attaque pour attaquer.

Bien Cordialement, Thomas

Bonjour Noumea.

Dans l’art d’O Sensei, c’est certain, et il l’a lui-même expliqué, tous les adversaires attaquent en même temps. Cela veut dire qu’ils sont tous dans le même élan, et globalement dans le même moment. Mais cela ne veut pas dire qu’ils sont tous dans la même fraction de seconde. Certains facteurs liés aux caractères différents des individus et aux émotions empêchent une simultanéité parfaite de leurs attaques : une plus ou moins grande agressivité, la colère, la peur, le doute, une concentration imparfaite...

Ensuite et surtout, il ne faut pas perdre de vue que tori n’attend pas l’attaque des uke pour agir : il sollicite cette attaque. Cette sollicitation prend la forme d’un départ à peine anticipé de la part de tori, et si l’on regarde bien, cela est visible sur la vidéo. La coupe du temps 1 du ki musubi, qui vise l’uke de gauche, traverse brutalement et avec kiai le champ visuel de l’uke qui est devant. Il est normal que l’attaque de ce dernier soit alors freinée des quelques dixièmes de secondes nécessaires à ce que la coupe de tori arrive sur sa gorge.

Je voudrais à ce sujet faire observer ceci, que je n’aurais peut-être pas remarqué si Gilles, par sa question (à suivre), n’avait attiré mon attention sur le temps de la prise de vue : la coupe des deux adversaires de gauche et de devant s’effectue en à peine une seconde (55s à 56s sur la vidéo), à partir d’un départ arrêté. En rapport avec un temps d’action si court, les quelques dixièmes gagnés sur uke suffiront à faire la différence, et à « passer » sur lui le deuxième temps de la coupe.

Philippe Voarino

Bonjour Gilles.

Aux temps 56s, 57s, 58s, le corps n'est pas du tout en hanmi, ou alors nous n'avons pas la même définition de hanmi. Hanmi est une position triangulaire des pieds. Dans la vidéo, sur les temps ci-dessus, les pieds sont de manière assez évidente en carré. C'est le passage par cette position carrée qui permet à la hanche droite d'être active, et au corps d'être stable.

Mais attention, les temps 57s et 58s ne sont déjà plus que la fin du mouvement, l'action de la hanche droite s'y termine, et si l'on veut observer l'action de cette hanche, ce n'est pas là qu'il faut la chercher. L'action de la hanche droite se situe bien plus tôt : au moment même de la coupe, c'est à dire dans le temps 56s. Et si tu reprends le visionnage image par image, tu verras qu'on ne peut pas nier l'action de cette hanche à ce moment très précis, et fondamental puisque c'est celui où doit être développée la puissance maximale.

Philippe Voarino

Bonjour Thomas.

Le premier et le second mouvement peuvent se faire en un temps parce que je suis au départ dans une position qui m'autorise à tourner entre mes deux adversaires. La rotation peut alors les couper tous deux en un seul mouvement.

Après avoir coupé le deuxième adversaire, je suis en revanche parvenu à une position telle qu'il ne m'est plus possible de trouver mon chemin entre les deux adversaires arrivant désormais sur mon côté droit et avec un angle beaucoup plus fermé. C'est pourquoi je fais le choix de couper le troisième sur l'extérieur, en m'éloignant de la sorte du quatrième.

Pourquoi en ligne (en hanmi) sur le quatrième ? C'est très simple : parce qu'uke n'a pas attaqué. Si tu observes bien, tu verras qu'il est, pied gauche devant, beaucoup trop loin pour avoir un espoir de m'atteindre sur ce pied. Pour m'atteindre, il aurait fallu qu'il avance franchement le pied droit. C'est d'ailleurs en rapport avec cette nécessité qu'uke est intercepté dans la méthode pied droit devant sur le dernier temps du ki musubi no tachi.

Comme irimi-tenkan est la rotation qui permet d'entrer dans l'attaque d'uke, tu comprends bien-sûr que s'il n'y a pas d'attaque, il n'y a par voie de conséquence pas d'irimi-tenkan possible. Si irimi-tenkan n'est pas possible, la seule option qui reste est le travail linéaire (c'est le suburi). Et si l'on est dans un travail linéaire, on est nécessairement en hanmi.

Dans ce dernier temps de la vidéo, uke fait mine d'attaquer, mais sans avancer et venir ainsi jusqu'au maai qui rendrait son attaque dangereuse, et donc authentique. Comme il n'attaque pas, il m'oblige soit à ne pas bouger (ce qu'il aurait peut-être été préférable que je fasse), soit à compenser le pas qu'il ne fait pas en avançant moi-même, et en retrouvant ainsi un maai correct. Mais tu as très bien vu que cette dernière action est linéaire et donc artificielle, et qu'elle est incongrue par rapport à tout le reste de l'exercice qui parle au contraire de la réalité aiki et qui démontre irimi-tenkan.

Philippe Voarino

Merci Sensei J' étais encore dans un travail en Go no sen ! Effectivement Tori doit prendre l'initiative Cela éclaire la video

Il ne reste qu' à vous remercier de toutes ces informations complémentaires C'est incroyablement logique et explicatif

Il ne reste qu' à vous remercier de toutes ces informations complémentaires C'est incroyablement logique et explicatif

BONJOUR Philippe, a la 56eme seconde la coupe est bien la justement, puissante sans constestation mais la fin ne peu etre qu'une recuperation de votre dynamique car faire une deuxieme coupe montante durant cette phase me semble impossible car votre hanche droite a deja servi.Par contre comme vous le faites plus tard dans la video a partir de 1mm33 la situation est diffferent et me conviens tout a fait car vous ne faites pas reelement de coupe mais juste un deplacment en vue de faire une coupe avec cette hanche droite sur le deuxieme.Sur le fond je suis d'accord avec vous et justement faire deux coupe en 1 temp me semble irreelle.Sans compter que avancer votre hanche droite meme en rotation dans le premier temps pour couper le premier est illogique sachant qu'un tsuki de sa part vous stopperait net donc même sans faire d'attaque décalé je ne vois pas de réalité martiale dans cette demonstration juste des Ukes se mettant au diapason de votre attaque.Pour en venir au fait que prendre l'initiative de l'attaque ne me semble possible que face a soi et avec hitoemi(coupe vers l'exterieur, omote) et couper vers l'interieur repondra a une attaque(coupe vers l'exterieur ura).voila comment je vois cela hitoemi sur celui d'en face pour ouvrir l'arme et eviter un tsuki puis dans le meme temps rotation (a droite du premier) pour venir placer la coupe tsuki sur le deuxieme (a droite du premier) donc ma hanche gauche pour ouvrir le premier la hanche droite pour couper le deuxieme mais la premiere coupe n'est pas appuyée car sinon je frene ma vitesse de rotation et m'enpeche de surprendre le deuxieme, cette situation n'est possible qu'en mode attaque simultané ce a quoi je n'adhere pas (meme si cela arrange tout le monde) je ferai plutot, une coupe par une coupe avec deux cas possible j'attaque hitoemi ou taino henka si je recois une attaque, simple et logique me semble t'il.respectueusement.gilles

Bonjour Gilles.

Je parle bien du temps 2 de la seconde 56, qui coupe le deuxième uke en remontant. La puissance que délivre la hanche droite à ce moment est suffisante pour couper une tête. Tu es libre de ne pas le croire bien sûr, mais c'est pourtant la réalité.

Il importe peu que l'on attaque l'adversaire de gauche de droite, de devant ou de derrière en premier. Ce qui importe c'est de comprendre que le déplacement est toujours le même, quel que soit le quartier du cercle dans lequel on se rende. O Sensei ne se déplaçait pas selon la sensation du moment, il avait un système de déplacement. Ce système de déplacement inclut effectivement hito e mi, mais il ne se résume pas à cela. Sans compréhension de ce système, tout randori demeure artificiel.

Philippe Voarino

je pense que c est encore plus visible ici ,epaules hautes ,bras crispes et sternum bloqué . cdt.serge

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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