1er Kumijo

Un kumijo est un exercice d'assemblage de suburi. Il est donc indispensable de bien posséder les suburi avant d'entamer l'étude des kumijo. Dans le cas contraire l'exercice est sans profit.


uchi jo : tsuki no kamae
uke jo : shizen tai


uchi jo : tsuki
uke jo : gaeshi tsuki


uchi jo : frappe sans reculer


uchi jo : tsuki
uke jo : jodan gaeshi...


...uchi


uke jo : renzoku uchikomi sur le tsuki d'uchi.

Commentaires

Bonsoir Philippe,

Serait-il possible d’avoir des éclaircissements sur la position des pieds ainsi que sur l’attitude à avoir lors d’un tsuki sachant que, contrairement au ken, on se situe "à côté" de son jo et que donc le pied avant ne se trouve pas dans l’alignement de la frappe mais forme un angle avec celui-ci affectant ainsi la position hanmi. Cependant ce point de détail est source de division quand il s’agit de déterminer cette angle ainsi que l’attitude à adopter. En effet, si cela peut paraître anodin c’est parce que l’on m’a affirmé bec et ongle, lors d’un cours, que les deux pieds devaient être quasi "perpendiculaire" à la ligne d’attaque, et donc plus de hanmi, ainsi que les deux jambes fléchis lors de la frappe. Etant troublé, surtout lorsque l’on me dit que Me Saito adoptait cette position, je pose la question afin de savoir ce qu’il en est réellement et si quelque chose m’aurait échappé sur la pratique du jo.

Merci.

Khalil

Je me permet de proposer cette photo de Hito-Hiro Saito Sensei en guise de réponse partielle : http://www.aikibukikai.free.fr/galerie_diapo/pages/img566.html
Elle date des années 80, ce qui est amusant puisque aujourd’hui dans le groupe Iwama Ryu France,lequel suit Hito-Hiro Saito Sensei, les personnes gardent exactement la même position qu’en tai-jutsu.

Bien cordialement

Bonsoir Khalil,

Avec le ken le pied avant est dirigé exactement dans l’axe du tsuki. Avec le jo effectivement le pied avant ne peut pas être exactement dirigé dans l’axe du tsuki à cause de la position du jo sur le côté du corps (sauf à se contorsionner bien sûr). C’est pourquoi le pied avant "décroche" légèrement de la position hanmi dans ce cas très précis. S’il faut donner une valeur angulaire pour la position du pied avant, disons qu’elle se situe entre 30 et 45° par rapport à l’axe du jo. C’est un écart par rapport auquel le ventre peut encore être dirigé vers l’action en cours, c’est à dire vers le point d’impact. L’angle à 90° est trop important car dans un tel cas le ventre ne peut plus être dirigé vers l’impact. Le ventre doit toujours être dirigé vers l’action car c’est lui qui guide et c’est lui qui est la source de la puissance. Les véliplanchiste ont bien compris cette nécessité. Au début de la planche à voile, les arceaux en caoutchouc destinés à bloquer les pieds étaient tous deux perpendiculaires à la planche. Ca ne marchait pas bien. Alors on a modifié la position de l’arceau avant et on l’a mis dans un angle qui est identique à celui que doit avoir le pied avant quand on fait tsuki avec un jo. Le ventre se trouve ainsi dans l’axe directionnel de la planche et peut la conduire. La position dans les deux cas est bien la même, la seule différence est qu’au lieu d’avoir un jo dans les mains, on a un wishbone.
Il y a une différence toutefois : en planche à voile c’est la jambe avant qui est tendue puisque elle transmet une pousée chargée de résister à la poussée du vent. En jo c’est le contraire, c’est la jambe arrière qui est tendue au moment de l’impact parce qu’elle transmet une poussée qui détermine la puissance de percussion.

Une dernière chose enfin : ce n’est que dans tsuki que le pied avant "décroche", dans les frappes shomen et yokomen exécutées avec le jo, la position hanmi doit être aussi rigoureuse qu’avec le ken.

Dans l’espoir d’avoir prochainement la possibilité de participer à un stage TAI, mes tentatives en vue de commencer l’étude de quelques suburis restent infructueuses. Je bute en particulier sur choku tsuki.
Comment obtenir une action synergique du déplacement des pieds, et par conséquent des hanches..., et des mains tout en sortant de la ligne d’attaque ?
Doit-on vraiment se servir du jo à la manière d’une "queue de billard", ou "essorer la serpillère" en fin de mouvement ?
L’analogie de la queue de billard m’amène à ramener les hanches de face ce qui ne correspond pas au principe irmi tenkan. Et si la hanche gauche fait irimi, comment la main droite peut-elle transmettre de la puissance ? L’action de la main gauche se borne t-elle à viser ou imprime t-elle une vrille juste avant l’impact afin d’accentuer l’effet pénétrant initié par la main droite ? Dans ce cas, l’analogie de la serpillère s’avère inopérante puisque les mains interagissent dans des sens opposées ? Je reste dans la confusion et ne parvient pas à séparer "le bon grain de l’ivraie".
Peut-être ne suis-je pas le seul lecteur de ce site à me poser ce genre de questions ?
Auriez vous l’amabilité monsieur Voarino de décrire ce mouvement, ou du moins l’action des mains. J’accorde beaucoup de crédit aux informations que vous partagez avec les internautes.
Mathieu J, vos conseils, ou ceux de tout autre pratiquant disposant de de renseignements fiables et qui prendra la peine de me répondre, sont les bienvenus. Merci pour votre aide.
Amicalement Kakuto.

Bonjour Kakuto.
J’ai promis il y a déjà quelque temps de réaliser des cahiers techniques sur les suburi de jo. Mais je n’ai pas encore eu le temps de faire les photos nécessaires. Ce sera donc mon prochain travail.

En attendant, je peux au moins vous dire qu’il n’y a pas d’effet serpillière dans les tsuki de l’Aiki jo.

Philippe Voarino

Bonjour Maître,

Il n'y a pas de parade en aikido. Si c'est toujours le cas est ce que cela signifie qu'il n'y a pas non plus de parade dans l'esprit de travail des kumijo ?

Autrement dit, dans le cas du premier kumijo, le mouvement de "parade" de uchi jo sur le gaeshi tsuki de uke jo est-il en fait une frappe au poignet ?

Faut il alors considérer que le premier mouvement de uke jo dans les deuxième et troisième kumijo est également une frappe et non une parade ?

Bonjour phil.

Si vous avez compris cela vous avez compris beaucoup. Les kumijo et les kumitachi ont été conçus par maître Saito comme des exercices. L'erreur serait de les prendre pour ce qu'ils ne sont pas, et de croire qu'on a là une réalité martiale. Dans la réalité martiale, chaque frappe est terminale. Mais pour développer l'habileté corporelle, il faut que deux, trois, quatre... mouvements puissent être enchaînés et répétés autant de fois que nécessaire. Enchaîner deux, trois, quatre mouvements dans la même direction, c'est à dire avec le même adversaire, n'est possible qu'au moyen de la convention qui consiste à transformer en parade ce qui est en réalité une frappe au corps.

Si vous reprenez tout le programme des armes de l'Aikido à la lumière de cette explication, vous verrez les implications et vous ne pourrez plus jamais regarder les kumijo et kumitachi que comme des exercices qui ont leur utilité pédagogique évidemment, mais qui renferment aussi le danger bien connu de confondre le moyen avec le but.

En Aikido il n'y a pas de parade, il y a irimi.

Philippe Voarino

Bonjour Maître et merci d’avoir répondu aussi rapidement. A vrai dire je m’attendais un peu à votre réponse mais si j’ai posé ces questions c’est avant tout parce qu’encore très récemment j’ai eu l’occasion de travailler le premier kumijo et l’enseignant nous l’a démontré en reculant pour parer le gaeshi tsuki….je voulais donc être « rassuré ».

Mais à vrai dire le kumijo n’est qu’un prétexte pour reprendre contact avec vous. Après votre série sur les kajos qui m’avait fortement marqué je vous avais précisé que le moment venu je souhaitais vous entretenir de la garde au jo. En relisant les questions anciennes de certains correspondants (2006/2007), après avoir fait un petit détour par le forum ITAF où visiblement la garde au jo suscite des controverses, après avoir comparé les positions de plusieurs Sensei dans la pratique au jo et après avoir étudié votre série sur les suburis de jo un doute persiste en moi.

Je vous prie de m’excuser si je suis un peu long mais j’aime bien développer les choses. Je vais partir du postulat que la position que certains pratiquants appellent jo hito e mi et qui consisterait à avoir les pieds ouverts à 60° mais le corps de profil par rapport à l’axe du jo c'est-à-dire avec le hara orienté perpendiculairement à la frappe est aberrante.

Je vais tenir compte maintenant de votre série sur les suburis de jo où si je ne me trompe pas vous placez vos pieds en hito e mi notamment au début et à la fin des mouvements mais en plaçant votre hara dans la direction de l’action engagée (c’est d’ailleurs la position hito e mi qui vous permet de le faire) et ce, que ce soit sur une frappe (ex 6ème suburi de jo) ou sur un tsuki (ex 1er suburi de jo).

Enfin un constat, mais ce constat est relayé par vos réponses aux post de 2007 dans la rubrique 1er kumijo, lorsque l’on est en garde en tai jutsu ou en ken no kamae les pieds ne sont pas dans la position hito e mi. Il existe de nombreux documents photographiques (je sais que l’on peut interpréter des photos de différentes façons mais il s’agit là d’une position de départ donc « fixe ») montrant le fondateur ou d’autres sensei dont Maître Saïto dans la position chudan no kamae avec le pied avant parallèle à la ligne d’attaque. C’est d’ailleurs cette position qui est adoptée par tous les pratiquants que j’ai pu observer.

Ceci m’amène à vous poser plusieurs questions mais en fait elles sont liées.

La position de départ que vous adoptez dans les suburis de jo est elle une position que vous avez développé personnellement afin de contraindre le pied avant à ne pas s’orienter vers l’intérieur ce qu’il a naturellement tendance à faire lorsque l’on est en garde au jo ?

Si ce n’est pas le cas comment justifier alors la différence observée dans la garde de départ entre le 6ème suburi de jo où le jo s’utilise comme un ken et le 2ème suburi de ken?

Enfin d’une façon générale cela pose le problème de l’existence ou non d’une garde unique en tai jutsu, aiki ken et aiki jo…et à priori les pieds ne sont pas dans la position hito e mi au départ du mouvement dans les deux premiers cas. Vous précisez d’ailleurs dans kajo 23 que c’est la prise d’angle (à 23°) qui d’une certaine façon « donne vie » au mouvement par la prise de la position hito e mi des pieds. N’y a-t-il donc pas un non sens à être directement en hito e mi avec le pied avant vers l’extérieur en garde au jo?

Bonjour phil.

Vous vous attendiez un peu à ma réponse et je m'attendais un peu à votre analyse ci-dessus qui est parfaite, et à sa conclusion qui est logique.

N’y a-t-il donc pas un non sens à être directement en hito e mi avec le pied avant vers l’extérieur en garde au jo?

Oui, parfaitement. Et pour la raison suivante, qui est fondamentale et que je vous remercie de me donner l'occasion d'exposer ici brièvement :

En Aikido, la garde de départ est toujours hanmi parce que c'est la garde qui permet de partir instantanément dans l'une quelconque des six directions, soit avec le pied avant, soit avec le pied arrière. Dès l'amorce du mouvement, la garde hanmi est immédiatement relayée dans les six directions par la position hito e mi parce que cette position est la conséquence nécessaire de la rotation irimi-tenkan. Autrement dit, dès que l'on quitte hanmi, il n'y a plus qu'hito e mi, et ce jusqu'à la fin du mouvement, avec le ken, le jo ou à mains nues, quel que soit le mouvement, et tout le temps... C'est une règle absolue, règle clairement énoncée par O Sensei dans son livre "Budo".

Pourquoi alors cette série de photos avec une garde jo en hito e mi ? Parce que je pense comme Descartes qu'on ne redresse pas un bâton tordu en le mettant droit, mais plutôt en le tordant dans l'autre sens. Il se trouve que la position hito e mi est quasiment inconnue de l'Aikido moderne alors qu'elle est en réalité la seule position d'Aikido en mouvement, l'autre position, hanmi, étant purement statique. Devant ce constat, j'ai voulu mettre l'accent et j'ai braqué le projecteur sur hito e mi, fut-ce au prix d'un accroc à la réalité.

Ce procédé est peut-être contestable, mais il a je crois le mérite d'amener à la prise de conscience. Et je signale pour ma défense que j'ai un précurseur célèbre dans l'emploi de cette "méthode marteau" : il s'agit de Gozo Shioda qui a martyrisé toute sa vie les genoux de tous ses élèves pour qu'ils adoptent hito e mi à l'arrêt, alors qu'il savait pertinemment que cette position n'avait de réalité et de légitimité qu'en mouvement. Shioda voulait attirer l'attention de ses élèves sur l'importance majeure de la position hito e mi, et à travers elle sur le principe irimi-tenkan qui en est la cause.

Philippe Voarino

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

http://www.aikidotakemusu.org/fr/articles/1er-kumijo
Copyright TAI (Takemusu Aikido Intercontinental)